Bloggu litterariu corsu

u 27 di Ghjugnu 2014 - scrittu dà - lettu 320 volte

Raijin Le maître de la pluie.

Le maître de la pluie.

On m'appelle Raijin, c’est le dieu du tonnerre et des éclairs au Japon. Je porte ce nom depuis que je suis gamin, depuis que ma mère et moi avons été foudroyés lors d'un orage et que celle-ci est morte et moi miraculeusement épargné.


@ federi bernardini
@ federi bernardini

Ça fait deux semaines que j’écoute les bulletins météo sur la radio locale. Deux semaines que j’attends la pluie. Pas un crachin breton, ni une fine pluie britannique, moi j'espère une averse drue, épaisse comme un édredon, ou chaque goutte, lourde  comme une balle de chrevotine, semble vous déchirer la peau. Cette pluie nécessaire au travail que j’allais effectuer n’arrive plus, ce qui a le don de m'exaspérer. Des jours et des jours de soleil hivernal. Ce maudit climat méditerranéen me retarde. Sur mon île, à cette époque, j’aurais accompli le travail en deux ou trois jours. Quand enfin un météorologue annonce sur les ondes, une dégradation salvatrice venant de l'est pour le surlendemain. Portées par un vent violent, de fortes précipitions devraient s’abattre sur Bastia. A tel point que la region sera placée en alerte orange.

Je ne peux espérer meilleures conditions et je m’attelle alors à définir minutieusement le programme de  ce mercredi et fignole les derniers détails. Je suis perfectionniste, mais avec ce genre de travail il vaut mieux ne rien laisser au hasard, même pas le temps.

Le mercredi matin le ciel est déjà gris, le vent souffle par intermittence. Vers midi l’horizon se noircit davantage et le vent se renforce sensiblement. Les averses débutent sur la mer. On peut voir le rideau de pluie avancer vers nous, poussé par les rafales. En fin d'après midi  le déluge s’abat sur la ville. J'attends un moment que l’obscurité nocturne envahisse la ville. J’enfile alors une combinaison de travail noire, jetable, en polypropylène, une paire de basket usagée et un vieux caban noir ainsi qu'un bonnet kaki récupérés à la croix rouge. J'ai l'air d'un clodo. Je prends le petit sac à dos avec mon matériel que j’ai préparé la veille, j’attache mon outil de travail sur le côté, sous le pan du long manteau et je pars à pied rejoindre mon chantier.

L’avantage des averses nocturnes c’est qu’elles vident les rues des passants et que les quelques rares inconscients qui restent, se contentent de marcher vite, tête baissée, pour regagner un abri. Depuis les voitures on ne distingue que quelques silhouettes furtives zigzag sous l'ondée. La pluie garantit l’anonymat, aucun risque d’être remarqué. Je marche donc incognito, ne cherchant pas à éviter le ruisseau qui dévale maintenant les rues et submerge les trottoirs, quand j’arrive enfin devant le portail de la rue des Terrasses.

Avant d’entrer je regarde alentour, la rue est déserte. J’entre donc, le porche est sombre. Je dépose mon sac et à l’aide d’une pince multifonction je démonte l’interrupteur de la minuterie et provoque un court circuit pour la mettre hors service. Dans le sac je récupère une paires de chaussons de protection et des gants de latex que j’enfile, puis je sors mon outil de travail de son étui. Je replace le sac sur le dos et j’attaque la montée des escaliers, dans le noir, le mur me servant de guide, marche après marche. Le chantier se situe au 3 ème étage, porte de gauche, sur place mon client s’y trouve. A cette heure il doit écouter de la musique comme à son habitude.

Je reste un moment devant sa porte, immobile, pour m’habituer et situer les bruits environnant. Rien que du très banal, des télés au volume trop fort, des cris d’enfants, un mari qui gueule. De derrière la porte me parviennent les notes d’une musique  classique, sans doute du Chopin. Je tape trois fois, assez fort et m’écarte sur le côté. Tout allait se dérouler très vite. La musique s’interrompt, et le silence s’installe. Puis le son de quelques pas, feutrés, qui se rapprochent. Un souffle présent à moins d’un mètre. Et le bruit caractéristique d’un automatique qu’on arme. Un léger frottement contre le bois de la porte. Mon client est juste derrière. Il doit maintenant jeter un coup d’oeil par le judas, c’est humain, son arme le rassure, c'est ce qui le perdra. Je soulève mon sabre et d’un coup sec l’enfonce dans la porte, à 60 centimètres environ sous l’emplacement du judas. Juste après le craquement du bois, j’entends un râle, je l’ai touché. Je tourne et retourne la lame dans ma main et la retire enfin. Le corps fait un bruit sourd en tombant. Je patiente quelques minutes pour m’assurer que tout est fini et je redescends les escaliers, sans me précipiter. J'essuie le sabre avec un chiffon et le range. J'enlève les chaussons et les gants et ressors sous la pluie battante. La rue est toujours aussi vide et sombre. Une demie heure après je me trouve chez moi, sur mon tatami, à manger quelques sushis accompagnés d’un verre de bon vin blanc. Il n'existe plus aucune trace du clochard qui se baladait sous la pluie. Je passe une bonne nuit.

Quelques jours plus tard, à la radio, un journaliste parle d’un membre de la mafia corse, en cavale, qui avait été assassiné à l’aide d’une arme blanche, une épée ou un katana selon les premières constatations. dans un appartement à Bastia, certainement la planque où il se chachait ces dernières semaines. C’est l’odeur qui avait alerté les voisins; les pompiers qui avaient retrouvé le corps sans vie de Matteo Forconi. Il parle aussi de la vague sans précédent d’assassinats dans le milieu corse qui semble ne pas s’arrêter.
 

Je suis connu sous le nom de Raijin. Raijin c’est le dieu du tonnerre et des éclairs dans la mythologie nippone, pays dont je suis originaire. Je suis tueur professionnel et je travaille pour qui me paie bien, sans poser de question. Mon travail est efficace, sans bavure et discret. Je suis expert en plus d’une centaine d’armes et moyens d’éliminer les personnes.

Mais si je suis ici, à des milliers de kilomètres de mon pays c’est que l’histoire que j’ai entendue m’a intrigué. Mon commanditaire, un vieil homme à la chevelure blanche, au regard bleu sombre et à la peau tannée par le soleil, a voulu me la raconter avant que j’accepte ou je refuse sa proposition. Il m’a expliqué qu’il ne lui restait que très peu de temps à vivre et que son but était de nettoyer la Corse des mafieux, des malfrats, des politiciens véreux et corrompus, des spéculateurs et de tous les autres petites frappes, trafiquants et délinquants en tout genre, qui selon lui, avaient transformé son paradis en enfer. Il avait établi une liste de 200 personnes à éliminer. Comme il ne pouvait prendre un tueur sur place, il était venu me trouver.

Je ne sais pas comment il a eu connaissance de mon existence, ni comment il s’est procuré la somme colossale que je lui ai demandée pour toutes les exécutions et encore moins comment il a trouvé les renseignements sur les clients. Néanmoins j’ai accepté et il a payé.
 

Aujourd’hui avec l’élimination de Forconi, mon contrat se termine, la liste est close et je retourne dans mon pays après deux années passées en Corse. J’attends dans l’aéroport mon vol pour Paris. Je n’ai pas revu le vieil homme depuis, les renseignements sur les cibles me parvenaient par la poste tout simplement. Je ne sais pas si il est toujours en vie, ni si ces exécutions pourront changer l’avenir de son pays. Mais les rumeurs les plus folles courent. L’une d’elle, la plus crédible raconte que ….

... ce point rouge sur ma poitrine.



              



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Anima Cappiata !

Torna altri rumpistacchi chì ci impuzzicanu incù i so testi, vulendu propiu esse letti per sperà ottene una qualunque gloria ch'elli ùn anu micca in a so vita viota è senza intaressu. Bon... forze chì ghje vera. Ma ci n'impippimu. È pò, a mi diciarete, bloghi litterarii, nant'à a tela, è sopra tuttu nant'à a tela corsa, ci n'hè ghjà à buzzeffa ! Tanti scrivanetti pumposi ! È bè tantu peghju ! O tantu megliu ! Hè solu una vitrina di più per fà scopre qualchi testi scritti, senza pritenzione, incù u core, incù e trippe, o incù e viscere chì vi cunveneranu...