Bloggu litterariu corsu

u 4 di Ghjugnu 2018 - scrittu dà - lettu 157 volte

Les Singes du futur


Journal de bord : 265e jour de la 6e année
 
LES SINGES DU FUTUR, C’EST COMME ÇA QU’ILS NOUS APPELLENT.
 
Je ne sais pas comment on en est arrivés là, ça s’est passé si vite, des lois ont été votées au Parlement mondial interdisant la circulation des personnes ayant refusé un implant RFID « pour le bien de tous », comme ils disent. Ma femme, mes trois enfants et moi… ils nous ont placés dans une réserve, sorte de parc protégé pour les gens comme nous, qui avons refusé le progrès, un peu comme les Indiens d’Amérique.
La puce géolocalise son possesseur, analyse ses fonctions cardiaques, vérifie que tout va bien. Il y a même un micro à l’intérieur et tout ce que l’on dit est analysé par un algorithme pour détecter d’éventuelles menace pour la société « au cas où », c’était trop pour moi, c’était trop pour ma femme, et ce n’est pas ce que l’on voulait pour Marie, Zoé et Luc, notre petit dernier.
 
Journal de bord : 10e jour de la 7e année.
Le progrès, on n’était pas contre, nous autres, mais pas à tout prix. Seulement, la sécurité sociale et le droit d’accès aux villes est maintenant réservé à ceux qui ont accepté l’implant. Au début, ce putain d’implant c’était juste un effet de mode, un truc pour les bourgeois, mais ça c’est démocratisé, et au bout de dix ans la moitié de la population mondiale l’avait accepté… d’ailleurs le terrorisme a chuté drastiquement, les mouvements de protestation aussi, bizarrement.
 
Journal de bord : 300e jour de la 8e année.
Les fraudes aussi ont diminué, plus moyen de mentir à son patron, ni même de s’arranger avec les assurances, tout est contrôlé, et ça ne rend pas le monde forcément plus facile ni juste. Beaucoup de personnes se sont retrouvées à payer des amendes, à être emprisonnées, ou licenciées brusquement.
 
Journal de bord : 145e jour de la 9e année.
Les conditions de vie ici sont médiocres, on dirait une image d’archive des favelas du Brésil il y a soixante ans. Ils ont même construit un immense grillage militarisé avec des drones de combats pour nous séparer de la ville *ricanements*. Nous avons à peine l’eau potable, quand elle veut bien couler, et l’on doit se contenter des invendus de la ville; des camions jettent tout dans une fosse chaque semaine. Ça donne souvent lieu à des émeutes. D’ailleurs je crois que c’est fait exprès : j’ai vu plusieurs drones filmer les scènes, parfois je les entends qui rôdent au-dessous de nos cabanes en taule. Je crois qu’ils tournent une émission de téléréalité sur nous, ou c’est peut être une expérience scientifique… quoi qu’il arrive, hier j’en ai abattu un, ça leur fera les pieds.
 
Journal de bord : 5e jour de la 10e année.
Luc a maintenant dix ans, il est malade, il n’arrête pas de tousser. Je suis allé supplier auprès du « Grand Grillage », mais personne n’a daigné me répondre *sanglot* hormis par des tirs de sommation. Nous n’avons pas d’antibiotiques, même pas un hôpital de fortune. J’en viens presque à regretter notre décision, je me déteste *soupir*.
 
Journal de bord : 50e jour de la 10e année.
Je m’appelle Rosa et mon mari s’est suicidé après la mort de notre enfant. J’ai trouvé ses enregistrements, j’ai décidé de continuer… quand je le fais, j’ai l’impression qu’il est encore avec nous. Et puis qui sait, peut-être qu’un jour, quelqu’un trouvera ses archives.
 
Journal de bord : 234e jour de la 12e année.
Je ne sais pas comment je vais faire avec Marie et Zoé, vingt ans et dix-sept ans… ce ne sont encore que des enfants, et moi je m’affaiblis de jour en jour, j’ai vieilli, et je crois que je suis anémiée. Certains de mes ongles sont tombés et mes cheveux aussi. Si Marc me voyait… Marc … *sanglot*
 
Journal de bord : 30e jour de la 18e année.
*voix nouée* Maman est partie hier matin marcher dans les bois. Je crois qu’elle ne reviendra pas. Elle m’a dit que je trouverai tout ce dont j’avais besoin dans le coffre de Papa. J’ai cru pendant un instant leur en vouloir, mais je comprends leur décision.
Nous sommes peut être les singes du futur, mais nous au moins, nous mourrons libres.


              



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Torna altri rumpistacchi chì ci impuzzicanu incù i so testi, vulendu propiu esse letti per sperà ottene una qualunque gloria ch'elli ùn anu micca in a so vita viota è senza intaressu. Bon... forze chì ghje vera. Ma ci n'impippimu. È pò, a mi diciarete, bloghi litterarii, nant'à a tela, è sopra tuttu nant'à a tela corsa, ci n'hè ghjà à buzzeffa ! Tanti scrivanetti pumposi ! È bè tantu peghju ! O tantu megliu ! Hè solu una vitrina di più per fà scopre qualchi testi scritti, senza pritenzione, incù u core, incù e trippe, o incù e viscere chì vi cunveneranu...