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u 30 di Lugliu 2014 - scrittu dà - lettu 135 volte

Le Génie d'or et Captain Corsica (9)

Les aventures du Génie d'or, esprit de la liberté, gardien secret de Paris, en Corse, et sa rencontre avec Captain Corsica, ange de l'île de Beauté, par épisodes.


Glorieux fils de Cyrnos

Au sein du dernier épisode de cette insolite série, nous avons laissé notre héros, le Génie d'or, au moment où, se voyant déjà dans le ventre d'un horrible monstre, il vit surgir, devant lui, le gardien secret de l'île de Beauté – l'insigne, le glorieux Captain Corsica !

 

Il était, dit-on, le fils de l’ogre Cyrnos et de la dryade Pénélopella. Il vivait parmi les mortels depuis que sa mère l’avait abandonné – lorsque, ayant été séduite par un prince de la mer, elle l'avait laissé derrière elle sur la plage. Car un triton l'avait vue, alors qu'elle marchait sur le rivage, au soleil couchant, et l'avait trouvée belle ; il l’avait appelée, et elle avait ouï sa douce voix, et, oubliant tout le reste, fascinée par ce son plein de musique qui venait du large, elle s’était enfoncée dans l’eau, et à jamais avait disparu. On la vit, ensuite, gagner un royaume plein d'éclat, au fond de la mer ; mais la vision n'en montra pas davantage. On ne sait si elle avait gagné un trône, ou était devenue une simple esclave d'un être des profondeurs.

 

Plus tard le héros avait été découvert par une simple mortelle du village de Borgo qui venait, incidemment, de perdre son fils propre, d’une mort subite. Elle l’avait emporté chez elle, puis élevé - et c’est ce qui avait fait de lui un homme parmi les hommes : car d’abord avait-il été diaphane, transparent, léger, presque semblable à une vapeur, à peine visible - mais le lait de cette femme avait conféré à ses membres une épaisseur qui le fit enfin ressembler à un mortel : il épanouit les lignes de son corps jusqu'à les remplir de chair au sens le plus physique - ce qui, précisément, lui permit de vivre dans l'espace périssable.

 

Sans doute, il demeurait mince, et fin ; mais sa vigueur n’en était pas moins énorme, car spontanément les éléments lui obéissaient, et prolongeaient ses gestes, sa voix, son regard : il avait ce pouvoir ; aussi les apparences étaient-elles trompeuses. Il en prit peu à peu conscience, et put de sa parole, ou même simplement de l’œil les commander à distance, sans avoir besoin d'effectuer des gestes : il lui suffisait de se concentrer. Mais le geste demeurait souvent nécessaire, au sein de l'action, car il demeurait pleinement homme. D'ailleurs, même en état de concentration, son pouvoir était loin d'être absolu : au-delà des rayons que jetaient ses yeux, rien ne se soumettait à sa volonté, et en-deçà, nombre d'esprits contraires demeuraient réfractaires à ses désirs. Il n'en était que le maître relatif, mais ses facultés n'en étaient pas moins étonnantes.

 

De son père tenait-il cette puissance occulte ; dès l’enfance, elle s'était manifestée en lui, et cela avait suscité autour de sa personne bien des peurs. L'envie voire la haine des autres enfants ou des parents, qui conseillaient qu'on ne s'approchât pas de lui, qu'on ne recherchât pas son amitié, s'étaient peu à peu développées. Certains le nommaient même fils du diable, et le jugeaient d'autant plus dangereux qu'il était d'une beauté fascinante : son nez d'aigle, ses yeux brillants, ses traits fins, son visage long, ses boucles dorées absorbaient le regard. Quelques-uns racontèrent qu'il était d'une très noble origine, le fils méconnu d'un prince.

 

Au reste, il était d'ailleurs toujours disposé à bien faire ; aussi la méfiance qu'il inspirait était-elle tempérée dans quelques familles, notamment celles à qui il avait rendu des services. On ne savait pas toujours, en ce qui le concerne, sur quel pied danser : était-il à la fin du diable, ou de Dieu ? D'aucuns le prétendaient hypocrite, mais n'avait jamais rien pu démontrer. Il supportait patiemment les rebuffades qu'il subissait : à peine de la tristesse se percevait alors dans ses yeux ; mais on ne l'entendait ni gémir, ni ne le voyait se mettre en colère.

 

Il s'exprimait bizarrement, avec une sorte d'accent, comme si le corse fût sa seconde langue, et aussi le français. Et surtout il parlait toujours de choses inhabituelles - comme s'il vivait dans un autre monde, peuplé d'êtres inconnus : on le disait farci de mauvaises lectures.

 

Mais lorsqu'il eut guéri de leurs maux plusieurs personnes en posant sur elles ses mains et en murmurant d'incompréhensibles mots tirés d'une langue que nul ne reconnut, on le prit tout bonnement pour un sorcier, quoiqu'on fût content de l'avoir, puisqu'il utilisait ses pouvoirs à bon escient. On songea à d'illustres guérisseurs du temps jadis, et on pensa que peut-être il en descendait en secret, qu'ils lui avaient transmis leur pouvoir. On se mit à dire qu'il irait loin, dans la vie, s'il usait de ses facultés dans le bon sens ! Peut-être espérait-on le voir partir de Borgo : car on l'encourageait, d'une certaine manière, à déployer son action bienfaisante sur une scène plus large, à Bastia, sur le continent ! Est-ce que la Corse même n'était pas trop petite, disait-on, pour contenir les talents inhabituels, insolites ? On aurait voulu que rien ne vienne interrompre le train ordinaire de la vie. La question même de l'origine de ces pouvoirs inquiétait, mettait mal à l'aise : l'ombre du démon demeurait.

 

Que l'enfant se réveillât souvent très tôt et s'empressât de contempler la mer illuminée par le soleil levant, qu'il semblât alors voir des formes vivantes merveilleuses, dans la lumière de l'aube, et même converser avec elles - soit depuis la fenêtre de sa chambre, soit dans le pré qui jouxtait sa maison -, achevait de le faire considérer comme un être à part, qui n'avait pas toute sa place dans la société du petit bourg, et qui ne pourrait s'y insérer, s'y marier. La vérité exacte, en tout cas, nul ne la devina jamais : car il n'était fils ni de Satan, ni d'un riche étranger, mais de l'ogre Cyrnos et de la dryade Pénéloppella !

 

Or, lorsqu'il fut devenu adolescent, sa mère lui apprit les conditions dans lesquelles elle l’avait trouvé - et qu’il n’était pas issu de son sein propre, et que le lait qui l’avait nourri avait été destiné à un autre ; cela l'étonna grandement, au début, mais en son cœur, il perçut bientôt qu'il l'avait toujours su. Il se souvint avoir, dans les montagnes, entendu une voix l'appeler par son nom, et qu'il lui avait semblé qu'elle fût familière, grave et douce comme celle d'un père. Parfois s'était-il dit qu'il percevait l'être profond de la nature ; mais à présent il croyait deviner qu'il s'agissait bien de celui qui l'avait engendré.

 

De plus en plus souvent, il partit seul dans les montagnes, dans les forêts, et il lui sembla que les animaux le regardaient d'un air d'intelligence, et qu'ils cherchaient à lui parler. Un jour, un milan royal s'envola devant lui, et tourna quelque temps dans l'air ; il pensa qu'il cherchait à se faire suivre de lui, et c'est ce qu'il entreprit d'exécuter. Finalement le jeune homme trouva une porte, au fond d'une grotte où s'était engouffré l'oiseau avant de disparaître parmi les ombres, et il la poussa ; de l'autre côté se trouvait un pays merveilleux, avec en son centre un palais, qui était celui de son père Cyrnos. Il y entra, et tout lui fut révélé par l'auguste homme qui l'accueillit, et qui s'avéra être le roi. En lui il reconnut ses traits, nobles et majestueux, car Cyrnos était tel qu'un géant, d'un certain point de vue ; et en ses yeux une sagesse profonde luisait. Sa barbe le montrait encore jeune, car elle demeurait blonde, dorée ; mais il avait atteint l'âge mûr, aux yeux de son fils. Son autorité le lui permettait ; car, en vérité, il était immortel : il ne pouvait vieillir qu'au bout de nombreux milliers d'années !

 

Autour du jeune Captain Corsica, les hommes qui habitaient avec son père se rassemblèrent, et en firent l'un d'eux ; alors il reçut ses pouvoirs, et sa mission. Telle, en effet, était la volonté des dieux ! Pont entre les mondes, il devait racheter ses aïeux des fautes qu'ils avaient commises en fuyant le ciel divin et en devenant les ogres haïs de la légende humaine, mangeurs d'enfants et violeurs de femmes ; il devait, en se consacrant à la justice, à l'amour, à la liberté, et en servant sur terre ces trois divinités, donner aux hommes le pouvoir de se conduire eux-mêmes, et de devenir dieux à leur tour, anges. Il devait, en quelque sorte, sacrifier son propre peuple pour permettre aux hommes de grandir ; et cela, en vérité, rouvrirait aux siens la porte des cieux ! Sa nature d'homme mortel, acquise au cours des années qu'il avait passées à boire le lait de sa nourrice, le désignait en particulier pour cette tâche, autorisait à croire qu'il était le seul réellement qualifié à la remplir. Il le comprit, et l'accepta.

 

Ce qui s’ensuivit, cependant, sera dit une autre fois.



              



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Anima Cappiata !

Torna altri rumpistacchi chì ci impuzzicanu incù i so testi, vulendu propiu esse letti per sperà ottene una qualunque gloria ch'elli ùn anu micca in a so vita viota è senza intaressu. Bon... forze chì ghje vera. Ma ci n'impippimu. È pò, a mi diciarete, bloghi litterarii, nant'à a tela, è sopra tuttu nant'à a tela corsa, ci n'hè ghjà à buzzeffa ! Tanti scrivanetti pumposi ! È bè tantu peghju ! O tantu megliu ! Hè solu una vitrina di più per fà scopre qualchi testi scritti, senza pritenzione, incù u core, incù e trippe, o incù e viscere chì vi cunveneranu...