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u 3 di Lugliu 2014 - scrittu dà - lettu 123 volte

Le Génie d'or et Captain Corsica (5)

Les aventures du Génie d'or, esprit de la liberté, gardien secret de Paris, en Corse, et sa rencontre avec Captain Corsica, ange de l'île de Beauté, par épisodes.


La fosse noire

Le Génie d'or et Captain Corsica (5)
Dans le dernier épisode de cette intrigante série, j’ai laissé le héros Solcum, génie lunaire ayant pris forme humaine, sur la cime de l’Alcudine, en Corse, là où l’horrible Fantômas lui avait dit, en langage occulte, disposer d'une base.

Or, dès qu’il se fut posé sur ce plateau qui couronne le célèbre sommet de l’Alta Rocca, le héros vit une trappe s’ouvrir dans la roche grise ; un être étrange en sortit tout droit, comme s'il pouvait voler.

Il portait une grande cape noire, lui recouvrant tout le corps, et un masque cuivré se tenait à la place de son visage. On ne distinguait pas ses membres, comme si sa robe n’était qu’une obscurité rendue palpable par quelque art noir. D’une voix qui semblait venir de très loin - du fond d’un puits, par exemple -, il dit : « Vaillant Solcum, toi qu'on nomme le Génie d'or, je suis là ! Tu me vois. Viens me chercher ! » Puis il disparut dans la trappe en faisant entendre un ricanement sinistre.
 
Le héros s'avança jusqu'au bord du trou creusé dans le roc : il était resté béant. Il y plongea le regard, mais même à ses yeux d’Immortel, étrangement, les ténèbres demeuraient complètes. Une malfaisance inouïe semblait les habiter. Solcum lui-même sentit comme un frisson le parcourir : il percevait une puissance qu'il ne connaissait, ne mesurait pas, et qui pouvait être supérieure à la sienne. L'épouvante semblait avoir pris corps, au sein de cette noirceur. Une puanteur affreuse d'ailleurs monta jusqu'à ses narines ; il se demanda qui pouvait bien en être l'auteur. Il distingua ensuite, au fond de la fosse, de fines lueurs rouges. Elles semblaient le regarder - yeux pleins de malice. Le Génie d'or avait, jadis, connu l'abîme ; il en avait combattu les monstres ; mais rien de comparable ne s'était présenté, au cours de ses batailles, de ses pérégrinations dans le monde des ombres. En tout cas le souvenir ne lui revenait pas, d'avoir rencontré une présence aussi lourde, aussi forte. La personnalité de l'être qui se tenait tapi là lui échappait.

Il ne douta pas, cependant, qu'il ne vînt de ce royaume qu'on dit de l'Orc. Les peines qu'il avait vécues dans la guerre qu'il y avait menée lui revinrent en mémoire : de vieilles douleurs se réveillèrent. Il pensait en avoir fini avec ces créatures immondes ! Toutefois était-il revenu sur Terre, à la prière de Charles de Gaulle, pour affronter celles qui, apparemment, étaient parvenues à sortir de leur prison, à briser les chaînes que lui et ses compagnons leur avaient mises. Car l'heure de leur retour avait sonné, et c'était une chose connue, dans le monde des demi-dieux, auquel il appartenait.

Ainsi était-il prêt à toutes les batailles ; il ne reculerait pas devant ce péril, qu'il devinait plus grand qu'il l'avait prévu, en incarnant la pensée du héros de la France libre. D'ailleurs, quand il avait fallu, dans sa prime jeunesse, se dresser contre son propre roi, devenu mauvais, il l'avait fait : guidé par la lumière du Christ, il n'avait pas hésité à se retourner contre les démons ses anciens frères, et à se ranger du côté d'un roi juste, qui était l'ami des hommes. Alors avait-il manqué d'être détruit ; mais on était venu le sauver d'en haut, l'arracher à son destin, et il en gardait une reconnaissance éternelle à l'auteur de ce bienfait, la dame d'or, princesse de l'aurore. Depuis, n'était-il pas son plus fidèle chevalier ? Or, elle l'avait envoyé accomplir cette dangereuse mission. Rien n'était plus précieux, à ses yeux, car cette dame était d'une insoutenable beauté, elle était pareille aux anges ; et il l'aimait, d'un amour profond et secret, mais qui n'en était que plus grand.

Il lui fallait donc garder l'âme ferme, et descendre dans ce puits obscur, et affronter le danger qui s'y cachait – dût cela lui coûter la vie !

Dans le moment où il venait de prendre cette décision, il entendit une seconde fois l'ignoble ricanement de celui qui se faisait appeler Fantômas, et dont il ignorait tout. Il s'avança, et se laissa tomber dans les ténèbres. Le pouvoir de son bâton l'empêchait de choir à la façon d'une pierre : il pouvait alléger son corps à volonté. Ce bâton, en effet, lui avait été donné par sa dame, comme son armure, et de génie lunaire, ainsi, était-il devenu en partie solaire : il s'était amendé, et il avait été racheté ; il avait subi une métamorphose. Il était devenu autre, et plus grand : un esprit divin se tenait en lui.

Il entendit soudain un sifflement, aigu et affreux. Ses oreilles en furent meurtries : une haine atroce semblait le porter dans les airs. Puis il vit le bout d'une patte crochue, effilée comme une lance, se jeter sur lui. Il n'en avait eu aucune prescience, contrairement à ce qu'il en était d'habitude : il avait le pouvoir de deviner ce qui se passerait dans l'instant d'après, il voyait le futur proche – et parfois, s'il entrait en méditation, le futur lointain. Mais ce pouvoir semblait s'être éteint, en ce lieu maudit. Il n'eut pas le temps d'éviter le coup : seulement celui d'amortir sa violence en se jetant en arrière. Il n'en fut pas moins projeté à plusieurs mètres, jusqu'à heurter brutalement la paroi de pierre qui se tenait derrière lui, et qui était comme le mur de cette chambre occulte.

Sonné, il sentit sa conscience se détacher de ses membres, et se laissa glisser le long de cette paroi - le temps de se reprendre. Parvenu sur le sol de la vaste salle, il ordonna, en pensée, à l'émeraude qui servait de pommeau à son bâton de s'allumer, comme elle en avait le pouvoir, afin de diffuser une clarté suffisante pour distinguer ce qui l'avait frappé. Elle s'exécuta, ayant en elle un esprit planétaire. Dans l'orbe de ses rayons,
Solcum alors vit une chose qui le fit véritablement trembler, lui, le génie céleste !

Néanmoins, ce dont il s’agit ne pourra être dit que dans un prochain épisode.


              



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Anima Cappiata !

Torna altri rumpistacchi chì ci impuzzicanu incù i so testi, vulendu propiu esse letti per sperà ottene una qualunque gloria ch'elli ùn anu micca in a so vita viota è senza intaressu. Bon... forze chì ghje vera. Ma ci n'impippimu. È pò, a mi diciarete, bloghi litterarii, nant'à a tela, è sopra tuttu nant'à a tela corsa, ci n'hè ghjà à buzzeffa ! Tanti scrivanetti pumposi ! È bè tantu peghju ! O tantu megliu ! Hè solu una vitrina di più per fà scopre qualchi testi scritti, senza pritenzione, incù u core, incù e trippe, o incù e viscere chì vi cunveneranu...