Bloggu litterariu corsu

u 14 d'Aprile 2015 - scrittu dà - lettu 231 volte

Le Génie d'or et Captain Corsica (44)

Les aventures du Génie d'or, esprit de la liberté, gardien secret de Paris, en Corse, et sa rencontre avec Captain Corsica, ange de l'île de Beauté, par épisodes.


Le pacte de Fantômas

La semaine dernière, nous avons laissé le Cyborg d'argent alors qu'il racontait au Génie doré de Paris et à ses amis (Captain Corsica, Cyrnos, Tilistal) comment il en était venu à subir sa métamorphose en homme-machine ; et il en était au moment où, sorti d'un hôpital où il avait été soigné d'une blessure par balle, il était entré, à la demande de son médecin, dans une pièce étrange où se tenaient déjà des sortes de candidats à une initiation : autres âmes perdues, êtres déclassés, en marge de la société. Il poursuivit par les mots suivants :

« Les autres étaient assis autour d'une table en chêne vernis, et fumaient. Lorsqu'ils me virent, ils m'accueillirent comme un des leurs : on leur avait parlé de moi. Et nous entreprîmes de méditer sous la direction du médecin qui nous avait tous amenés.

« Or nous sentîmes bientôt, au milieu de nous, une présence : nous distinguions, dans la fumée du tabac, des mouvements cohérents, comme si une nuée pensante s'y animait. Et comme notre guide connaissait l'art médiumnique, il assura, en chuchotant, qu'il s'agissait de Fantômas – que nous l'avions invoqué à distance !

« Nous continuâmes notre méditation, et peu à peu les mouvements de la fumée dessinèrent une vague figure. Une bouche d'ombre parut articuler quelques mots, mais nous n'entendîmes d'abord rien ; seul un lointain ronflement, comme si une machine était en marche dans la cave, se fit percevoir. La table près de laquelle nous étions assis vibrait faiblement.

« Notre maître nous expliqua, toujours en chuchotant, que Fantômas nous parlait : il nous encourageait à exécuter ses desseins, et nous engageait à former la nouvelle armée de surhommes qu'il projetait pour changer la face du monde et en prendre le contrôle ; pour cela, il fallait se mêler à la machine, maîtriser les forces de la nature !

« Nous ne devions pas croire que ce projet était égoïste : il s'agissait de s'asseoir sur le trône des peuples pour leur permettre de se libérer de la fatalité terrestre – et voici ! ils nous en conserveraient une éternelle reconnaissance, nous regardant comme d'absolus pionniers !

« Puis, la forme, au sein de la fumée, disparut. Nous fûmes alors invités à rentrer chez nous.

« Les semaines suivantes, d'autres séances de ce genre eurent lieu.

« Et peu à peu, je me laissai gagner. Mais j'hésitais encore : ces images d'avenir me séduisaient tout en me paraissant inquiétantes, bizarres. Les apparitions pouvaient n'être qu'une sorte de trompeur cauchemar. Fantômas, quand il nous apparaissait, avait quelque chose de beau, d'attirant, de puissant, - mais aussi de repoussant, d'ignoble.

« Néanmoins, trois de mes camarades se laissèrent convaincre, et signèrent ; et nous étions sept. En ce qui me concerne, le médecin paraissait s'impatienter. J'hésitais trop ; il commença à me faire des reproches, à me parler avec mépris, à rire de moi, à évoquer en ricanant ma bêtise, et les occasions que je laissais filer !

« Un soir, dans un café, je rencontrai une femme belle et grande ; elle vint à moi, et me sourit. Nous nous liâmes ; je tombai amoureux. Apparemment elle m’aimait aussi, et on eût dit qu'elle me connaissait mieux que je ne me connaissais moi-même. J'avais l'impression qu'elle avait dû me rencontrer dans mon propre futur ! Elle laissait entendre qu'elle pouvait, jusqu'à un certain point, voyager dans le temps. Et rien dans ma destinée ne lui était inconnu. Je m'interrogeais : étais-je le jouet d'une manipulation, d'une fourberie ? Mais cette femme était d'une beauté fascinante.

« Elle me révéla ensuite qu’elle était une disciple de Fantômas, et qu’elle m’avait vu à distance grâce à des boules de cristal magiques dont l'art était encore inconnu aux mortels. Car il avait été enseigné à Fantômas par des êtres des étoiles !

« Et voici ! elles dévoilaient aussi les choses de l'avenir, faisant plonger la conscience hors du temps : car elles la captaient, et l'emmenaient par des chemins inconnus, non empruntés par les mortels ! Le fond des âmes même en était dévoilé. Ainsi m’avait-elle trouvé plein de noblesse, et digne d'être aimé : grande était ma destinée !

« Elle m'avoua tout sans rien me cacher : s'étant aperçu des sentiments qu'elle avait développés pour moi, on maître Fantômas l’avait encouragée à me rencontrer, à me parler - et elle lui avait obéi, à vrai dire avec empressement.

« Elle m'accompagna dans la loge secrète tapissée de rouge où j'avais vu si souvent susciter l'Immortel, et cette fois, à mon étonnement, il y vint en personne : il se matérialisa complètement au milieu de nous. Et il s'adressa directement à moi. J'acceptai alors de signer l’accord de faire de moi un homme-machine, que me tendait le médecin qui m'avait soigné ! Je passai un pacte d'un nouveau genre avec un diable qui avait, disait-il, le pouvoir et les desseins d'un dieu.

« J'eus alors une vision : le médecin et Fantômas se confondirent. Je sus que le premier accueillait l'esprit du second comme une coque vide. Il était son suppôt ; il avait perdu sa personnalité depuis bien longtemps. Fantômas entrait en lui comme un dieu entre dans le corps d'un homme en transe. Car il était devenu pareil à un dieu, et lui-même accueillait dans sa forme des êtres plus grands qu'il n'était ! Cela se prolongeait ainsi, selon le système des poupées russes, jusque dans des profondeurs cosmiques.

« Lorsqu'elle m'eut vu signer, la femme que j'aimais et qui prétendait m'aimer me félicita, affirmant que cette décision était bien digne de moi et me ferait devenir ce que j’étais vraiment – ce que j'étais au fond de moi, par-delà les apparences ! Et nulle femme, ajoutait-elle en souriant étrangement, ne pourrait désormais plus me résister... »

Mais il est temps de laisser pour cette semaine ce récit.


              



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Anima Cappiata !

Torna altri rumpistacchi chì ci impuzzicanu incù i so testi, vulendu propiu esse letti per sperà ottene una qualunque gloria ch'elli ùn anu micca in a so vita viota è senza intaressu. Bon... forze chì ghje vera. Ma ci n'impippimu. È pò, a mi diciarete, bloghi litterarii, nant'à a tela, è sopra tuttu nant'à a tela corsa, ci n'hè ghjà à buzzeffa ! Tanti scrivanetti pumposi ! È bè tantu peghju ! O tantu megliu ! Hè solu una vitrina di più per fà scopre qualchi testi scritti, senza pritenzione, incù u core, incù e trippe, o incù e viscere chì vi cunveneranu...