Bloggu litterariu corsu

u 3 di Farraghju 2015 - scrittu dà - lettu 235 volte

Le Génie d'or et Captain Corsica (34)

Les aventures du Génie d'or, esprit de la liberté, gardien secret de Paris, en Corse, et sa rencontre avec Captain Corsica, ange de l'île de Beauté, par épisodes.


Le drame du Génie d'or

La semaine dernière, nous avons laissé Captain Corsica et le Génie d’or alors que le premier venait de faire part de ses pensées morales les plus intimes auprès du second, finissant son discours par une allusion à la nature de ce dernier - d’avoir son cœur dans le Ciel et son corps sur Terre.  

« Ah! s’exclama le génie de Paris, tu me connais donc bien, tu as entendu parler de moi. Sans doute ton père Cyrnos, dont le regard pénètre les cieux, t’a-t-il dit maintes choses me concernant. Car je sais qu’il fréquenta ma chère Dame, au temps jadis : la reine pour laquelle j’accomplis sur Terre cette noble mission, pour laquelle je combats les méchants qui s’en prennent à Paris, ainsi qu'aux cités qui lui sont chères !

« Mais vois-tu, Captain Corsica, il est une différence, entre toi et moi : c’est que tu es né sur Terre, parmi les mortels, quoique par tes parents tu sois de plus haute origine, et n’as découvert la patrie céleste que sur le tard - une fois devenu adulte. Pour moi, j’ai d’abord vécu parmi les immortels, à l’écart de la terre périssable, où je ne suis venu qu’ensuite. Et il en résulte que je me sens chez moi dans le royaume d'or de ma Dame céleste - tandis que je me sens ici un étranger. Cela va même plus loin : je ressens ce séjour comme plein d’obscurité, de froid - comme une grande nuit qui me dévore. Autour de moi je sens mille haleines fétides, j'entends mille ricanements infects - et sur ma peau perçois des aiguilles qui me fouillent, me tourmentent, m'assaillent !

« Je souffre, lorsque je suis sur Terre - et c’est une grande tâche, que m’a demandée ma reine Iliutil (car tel est son nom). Parmi les miens, je suis heureux, vaque à d’ordinaires occupations. Il est vrai que les dieux m’éblouissent ; mais je suis habitué à leur présence, et ne les regarde point si souvent : ils sont pour moi comme de la lumière au sommet d’une montagne. Ils vivent dans des palais où je ne suis guère convié ; seule ma Dame s'y rend, une fois par lunaison. Or elle en revient pour délivrer une sagesse insoupçonnée - qui comble mon cœur, ravit mon âme, illumine ma pensée, et me donne du feu pour agir comme elle le demande. La vie est bénie, en ces hauts lieux, et c’est ici bas que je me sens oppressé, ôté à moi-même, que je me noie dans une mer d'obscurité - aux portes du néant !  

« Crois bien que si je n’avais pas un péché lourd à payer, une faute profonde à réparer, je ne serais pas là, devant toi. Il me faut me racheter d’un crime que j’ai commis - et que je tairai, car il est un secret de ma destinée. La souffrance que je subis m'est une pénitence, et me purifie : une tache m’a souillé, et plongé dans l’abîme. J'en ai été miraculeusement sorti, on est venu me chercher, et à présent le corps que j’ai reçu me protège, m'empêche de m'enfoncer dans les ténèbres – en même temps qu'il me permet d’accomplir ce par quoi je pourrai quelque jour prochain regagner les cieux !  

« Or, l'un des enjeux de ma mission est d’apprendre à aimer les hommes, à trouver en moi une joie plus profonde et plus subtile que celle de ma pure vie spirituelle, lorsque je leur rends service - et, comme toi, répands parmi eux la justice, la liberté, l’amour ! En ce sens, je te rejoins - et même je t’envie : car mon être ne sera nettoyé de ses taches qu’au moment où en moi la joie de faire le bien l’emportera sur la peine que je ressens d’être arraché à ma terre de naissance. Ce sera un moment où je te ressemblerai davantage, en vérité !

« Mais, oh ! pour le présent, quelle douleur, lorsque je songe à ma Dame - et comme cette douleur est renouvelée, lorsque je distingue l’éclat de son royaume au travers de la fumée des sacrifices et des vapeurs des fautes humaines ! Comme à travers un treillis, les beautés de la cité céleste m’apparaissent - et mon cœur se serre, les larmes jaillissent de mes yeux à la façon d'un torrent.

« Hélas, ce souvenir une fois de plus m’oppresse ; et un bouillonnement se presse à mes lèvres, et voici ! un chant veut sortir des portes qu'elles représentent, submerger ces barrières ! »  

Mais, ô lecteur, le chant qu'alors effectivement entonna le Génie d'or est long, et il ne pourra être donné que la semaine prochaine.


              



Dà leghje dinù
1 2

Negru | Rossu | Biancu | Ghjallu | Critica | Feuilleton




Anima Cappiata !

Torna altri rumpistacchi chì ci impuzzicanu incù i so testi, vulendu propiu esse letti per sperà ottene una qualunque gloria ch'elli ùn anu micca in a so vita viota è senza intaressu. Bon... forze chì ghje vera. Ma ci n'impippimu. È pò, a mi diciarete, bloghi litterarii, nant'à a tela, è sopra tuttu nant'à a tela corsa, ci n'hè ghjà à buzzeffa ! Tanti scrivanetti pumposi ! È bè tantu peghju ! O tantu megliu ! Hè solu una vitrina di più per fà scopre qualchi testi scritti, senza pritenzione, incù u core, incù e trippe, o incù e viscere chì vi cunveneranu...