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u 3 di Ghjenaghju 2017 - scrittu dà - lettu 356 volte

La chasseresse


Le vent soufflait, s’insinuant dans les branches des arbres. La brume descendait peu à peu des sommets, glissant sur le flanc de la montagne. Elle se faufilait au milieu des bouleaux et des châtaigniers. Les ronciers et les lierres étaient secoués au rythme des bourrasques. Les feuilles des arbres entamaient depuis quelques jours une étrange danse. Elles flottaient silencieusement dans les airs avant de toucher le sol. C’est ainsi qu’au milieu des pierres, de la terre et des fougères, finissait leur course effrénée, au pied d’un muret. À peine quelques pas derrière cette ligne de pierres, une silhouette se dessina furtivement. Apparaissant de nulle part, son arc bandé et une flèche encochée, elle émergea de la brume, dévoilant à chaque pas un détail de plus. C’était une femme ; elle était enveloppée dans une veste marron déchirée et déteinte. Des yeux verts et brillants scrutaient le sol à la recherche d’une trace de pas, vérifiant chaque brindille, chaque buisson pour distinguer la plus insignifiante goutte de sang. Ses oreilles dissimulées sous un bonnet, à l’abri des morsures du froid, guettaient le petit bruit qui indiquerait la présence de son gibier. La chasseresse avançait lentement, faisant en sorte d’être discrète. Elle remontait une piste. Ce qu’elle chassait n’était pas une bête bien difficile à débusquer. Elle savait précisément ce que c’était ; elle l’avait blessé. Son gibier avait réussi à lui échapper, mais quelle importance, il saignait. Elle savait que ce n’était plus qu’une question de temps avant qu’elle ne le retrouve. Elle se préparait au pire, l’animal était sournois. Chaque branche cassée, chaque goutte de sang la rapprochait de lui. Sa traque la menait petit à petit vers les hauteurs. Le terrain devenait de plus en plus abrupt et rocailleux. Les pierres couvertes de mousse glissaient, la terre couverte de feuilles mortes et d’humus éprouvait la chasseresse au fil de son ascension. Bientôt la végétation se faisait de plus en plus rare et il n’y avait presque plus de brume. Cela aura pu faciliter la tâche de la jeune femme, mais il en était autrement. Il n’y avait plus aucun signe de son gibier. Plus rien, comme si ses blessures avaient miraculeusement cicatrisées. Et pour simplifier sa tâche, la nuit commençait à chasser le soleil, l’enveloppant minute après minute d’un voile d’obscurité, donnant ainsi au ciel une couleur orange. De rage, elle crispa son poing sur le bois de son arc, elle risquait de le perdre. Elle marqua une pause, guettant un signe qui lui indiquerait quelle direction prendre. Elle s’arrêta et se tint droite comme un I. S’il était là elle finirait fatalement par l’entendre, elle ne pouvait se permettre de laisser son gibier lui échapper. Elle focalisa toute son attention sur le vent : c’était le soir, elle savait qu’il descendait. Elle avait le vent pour elle et ça, c’était un gros avantage. Il soufflait fort, prenant sa source au point culminant, il glissait sur la roche en murmurant, puis s’aventurait dans les sous-bois pour leur conter ce qu’il voyait. La chasseresse connaissait son langage. De par son silence, elle le questionnait et tout naturellement il lui répondit, lui apportant le souffle endolori d’une bête tapie derrière un pin, non loin d’elle.

Le vent soufflait fort en ce gris matin d’octobre. Les feuilles mortes tourbillonnaient dehors tandis que les ramures oscillaient de gauche à droite comme de vulgaires fétus de paille. Le fond de l’air était humide. Chaque fois qu’elle expirait, un nuage de vapeur venait se former devant elle. Portée par le froid, elle entra dans ce qui semblait être un petit village de montagnards. Elle déambula sans trop prêter attention aux regards méfiants et indiscrets que lui lançaient les habitants aux visages creusés et sévères. Ils se terraient à l’abri de la bise dans des maisons bâties avec des fragments de roches et des rondins de bois, ressemblant quelque peu à des chalets. Elle marchait à la recherche d’un bar ou de tout autre endroit où elle aurait pu se réchauffer. Elle croisa les yeux d’une vieille femme qui la fixait à travers la vitre de sa maison. Ils étaient de la même couleur que le cuivre. Elles se fixèrent le temps d’une seconde qui s’écoula comme une éternité avant que la braconnière n’entre dans une des habitations.
Lorsqu’elle fit irruption à l’intérieur il n’y avait que deux hommes. L’un d’eux se tenait appuyé sur le comptoir et remplissait des bocaux avec ce qui semblait être du ragoût. Physiquement, c’était un genre d’ours ; une énorme barbe, des cheveux frisés lui tombant jusqu’au cou. Il portait une sorte de veste en laine qui recouvrait une chemise rouge aux manches retroussées, révélant d’énormes bras poilus. Le second homme lui tournait le dos, il était assis devant le foyer d’une cheminée et semblait lire. Elle examina l’endroit du regard après avoir fermé la porte. C’était une sorte de réfectoire. La pièce était carrée. Au milieu, la cheminée, de taille importante, devait sûrement servir à réchauffer tout le village lors d’assemblées ou autres événements. Autour, des tables en bois noir, disposées çà et là avec quelques chaises. Au fond, le comptoir. La pièce était faiblement éclairée par quatre fenêtres situées l’une en face de l’autre, des deux côtés du bar.
Elle se frictionna les épaules et fit deux pas en direction de celui qui semblait être le gérant de l’établissement avant qu’il n’émette un grognement en pointant du doigt ses botte, couvertes de boues. A contrecœur, elle dut sortir les frotter contre un morceau de palissade fixé au sol. En sortant elle fut assaillie par le froid qui fit voleter ses cheveux. Elle tapa des pieds sur le bout de ferraille et s’engouffra à l’intérieur. L’ours lui sourit. Elle s’avança vers le comptoir sur lequel elle déposa deux lapins.
 - J’aimerais de quoi me nourrir et un toit pour passer la nuit.
L’homme la dévisagea avant d’examiner les lapins d’un air sévère. Il redressa la tête dans sa direction et lui sourit à nouveau.
 - Ma foi, je n’y vois pas de problème, un peu de ragoût vous conviendrait-il ?
 - Je ne suis pas contre un repas chaud.
Elle tourna les talons et alla s’asseoir à une table non loin de la cheminée. Elle prit le temps de souffler. Cela faisait près d’une semaine qu’elle n’avait pu profiter d’un tel confort. Tandis qu’elle prenait le temps d’apprécier ce moment elle observa plus en détails l’auberge. L’endroit n’était pas récent ; la peinture sur les murs s’était tellement effritée qu’on aurait juré qu’il n’y en avait jamais eu. Le plafond ressemblait à une grotte dont le fond serait tapissé de poutres couvertes d’une poussière grisâtre auxquelles pendaient des stalactites de toiles d’araignées. Les tables, quant à elles, avaient été rongées par le temps et les rudes coutumes d’hommes peu délicats.
Pendant qu’elle examinait, la pièce son regard fut attiré vers le second homme. Il n’avait soufflé mots depuis qu’elle était entrée et n’avait porté aucune attention à sa présence. Il semblait comme absorbé par sa lecture, ne se souciant guère de ce qui se passait autour de lui. De temps en temps, il se saisissait d’un morceau de noix reposant dans une assiette posée sur une table à sa droite. L’homme était enveloppé dans un manteau sombre et troué.
L’aubergiste arriva près d’elle et lui déposa son repas fumant sous le nez accompagné d’un "bon appétit". Ce qu’il appelait ragoût était composé de racines, de quelques maigres pommes de terre et de petits bouts de viandes, sûrement du rat. Elle porta une première cuillère à sa bouche, mastiqua rapidement pour ne pas se brûler. C’était trop chaud. Elle laissa son dîner le temps qu’il refroidisse. Elle ouvrit sa besace et en sorti un livre. Un vieux roman, étonnamment bien conservé au vu de ce qu’il avait dû traverser. La couverture était en cuir finement travaillé, de plus, aucune page ne semblait cornée ou déchirée. Lorsqu’elle l’ouvrit, elle put respirer l’odeur du vieux, celle des histoires et des souvenirs qui y sont liés. L’homme qui demeurait au coin du feu devait y être sensible lui aussi car il se retourna vers l’inconnue. Il toussota avant de refermer une sorte de roman qu’il posa près de son assiette. Il se releva et vînt à la rencontre de la chasseuse.
 - Excusez-moi de vous déranger mais, viendriez-vous de l’Ouest ?
Elle aurait pu l’ignorer mais elle n’était pas contre un peu de compagnie.
 - Non, je viens du Nord. Pourquoi cette question ?
Il tira une chaise et s’assit auprès d’elle.
 - Parce que j’en viens, j’avais espéré que vous en étiez aussi. Par les temps qui courent, parler de ce qui a été autrefois peut faire le plus grand bien.
La chasseresse le dévisagea d’un air compatissant et distant à la fois. C’était un jeune homme, il devait avoir le même âge qu’elle, peut-être plus, peut-être moins. Il avait des cheveux noirs en bataille et était rasé de près. Ils se fixèrent quelques secondes, laissant s’installer un silence gênant.
 - Voudriez-vous vous installer au coin du feu avec moi, il y fera meilleur j’en suis sûr. lui demanda-t-il d’un regard insistant et amical.
Elle l’observa un moment. Une part d’elle voulait refuser car elle était harassée. L’autre part fut tentée d’accepter. Après tout, elle aurait tout le temps de manger plus tard. Elle était au chaud et pour une fois qu’elle avait l’occasion de discuter, il eût été dommage de refuser. Elle finit par écouter la deuxième voix. Elle garda son livre à la main et suivit son interlocuteur près de la cheminée.
 - J’ai cru voir que vous lisiez, c’est assez rare de nos jours.
 - J’imagine que oui, les gens n’ont plus vraiment le temps de se préoccuper de ce genre de choses. Je crois qu’on cherche avant tout à se remplir le ventre
 - Bien évidemment, mais il y a d’autres moyens de se nourrir.
 - Moui c’est possible, mais si c’est pour parler de nourriture spirituelle, je préfère retourner à mon ragoût de rat.
Il la fixa incrédule pensant qu’elle était sérieuse. Il chercha au fond de ses pupilles tandis qu’elle ne disait rien. Puis elle se mit à rire. Il rit à son tour. Ils rirent ensemble, au rythme des crépitements du feu dévorant les bûches.
 - Et toi, tu lis aussi, il me semble ? Pourquoi ?
 - C’est assez indiscret comme question, répondit-il en esquissant en sourire. Mais avant que ne nous perdions dans une discussion qui risque fort d’être passionnante, voudrais tu que je t’offre une boisson chaude, ou un alcool peut-être ?
 - Je ne serais pas contre un café.
Il se tourna vers l’ours.
 - Vous nous mettrez deux cafés, lui demanda-t’il en levant deux doigts.
 - Donc, tu viens du Nord ?
Ils se mirent alors à converser de tout et de rien. Elle lui expliqua qu’elle venait de loin. Elle lui racontait toute sorte de choses sans trop entrer dans les détails. Par expérience, elle avait appris à se méfier des gens. Moins ils en savaient mieux c’était. Elle n’avait pas de vrai chez elle. Voilà bien des mois qu’elle arpentait le monde, se déplaçant d’une région à une autre, comptant de son habileté à la chasse pour se nourrir et, quand elle le pouvait, se payer une nuit au sec. Autrefois, elle avait été étudiante. Et puis lorsque la guerre a frappé elle avait compris que ce que lui avait transmis feu son père lui permettrait de s’en sortir. Elle connaissait tout des différentes chasses possibles et imaginables. Elle savait comment faire un arc, quel bois utiliser, les bons procédés pour approcher un daim, de quelle façon on s’y prend pour concevoir un piège à lapin.
Lui, en revanche, parla longuement de lui, de sa vie passée et de ce qu’il était devenu. Il avait été romancier à une autre époque. Il était passionné de littérature, cela elle l’avait remarqué à sa façon de parler, peu commune en cette période bien douloureuse. Aujourd’hui, il n’était plus grand-chose, il avait longtemps erré dans le pays avant de finir par s’installer dans ces montagnes. Il survivait comme il pouvait, faisant quelques besognes à droite et à gauche pour ramasser trois sous. À peine de quoi pouvoir manger, ce qui était un luxe que peu de gens pouvaient s’offrir.
Ils étaient deux vagabonds qui vivaient au jour le jour. Elle, de par son savoir et lui de par la chance. Au fil de leurs échanges, le temps passait, elle commençait à se prendre d’affection pour lui. Il n’avait rien de bien extraordinaire mais son histoire la captivait. Elle avait à quelques occasions eu la possibilité de converser avec d’autres personnes, au gré de ses étapes. Toutes avaient leur propre passé et leur propre présent, toutes avaient suivi un chemin différent. Des pompiers devenus bûcherons, des secrétaires transformés en colporteur. Mais lui, il avait gardé la même existence, se reposant sur la chance, n’ayant toujours connu que le strict nécessaire.
L’après-midi passait et elle finissait par se laissait aller au fil de la conversation. Il lui expliqua comment il s’était retrouvé ici, sans rien, et s’était fait accepter par les villageois qui le considéraient désormais comme un membre à part entière de leur communauté. Il lui avait suffi de rendre des petits services, jour après jour. Au départ, les gens étaient réticents à se laisser aider par cet étranger. Puis, jour après jour, ils se laissèrent faire, lui permettant de s’immiscer dans leur quotidien. Il restait parmi eux le temps de gagner suffisamment pour s’en aller et, fatalement, recommencer jusqu’à ce que la chance l’abandonne. Il lui narra la routine qui l’encerclait en ce lieu et son besoin de plus en plus impérieux de s’enfuir.
Elle avait du mal à le comprendre, elle qui au final était libre de prendre la mer sans avoir de port d’attache. Elle allait de village en village, de montagne en montagne, évitant les grandes routes, ayant pour seul compagnon son livre. Elle n’osait s’établir. Avec ses talents de chasseresse, elle n’aurait eu aucune peine à abandonner cette existence de nomade, se trouver une maison et tout recommencer. Mais elle n’en voulait pas, elle craignait que tout recommence, que tout s’effondre à nouveau. Elle évitait de s’habituer aux choses. Elle qui n’avait laissé la place dans son voyage qu’à un livre, et au droit de s’octroyer une fois tous les sept jours une nuit dans un lit chaud.
Le feu donnait des signes de faiblesse. Seules quelques braises rougeoyaient encore. L’aubergiste sortit de la bâtisse permettant au vent de s’engouffrer à l’intérieur en hurlant. Il secoua les vêtements des deux jeunes gens et fit claquer les rideaux. Il rentra une poignée de secondes après avec trois énormes bûches dans les bras. Il les déposa à terre, près de la porte d’entrée et en ramassa une dont l’écorce se fragmenta. Il la saisit et la jeta dans le feu. Il y eut un crépitement puis les flammes ressortirent timidement, grignotant craintivement le bois. L’air satisfait, il se frotta les mains pour se réchauffer. Il regarda à côté de lui et se rendit compte qu’il dérangeait les deux jeunes gens qui lui sourirent maladroitement. Comprenant qu’il était de trop, il disparut derrière ses bocaux.
Le vagabond constata qu’elle ne possédait pas un bagage conséquent. Elle n’avait l’air de posséder qu’un arc, un couteau, sa besace et son vieux bouquin. Il se posa alors la question de savoir pourquoi un seul ? Elle qui était toujours sur la route devait lire pour passer le temps. À la longue, parcourir les mêmes pages, lire les sempiternelles lignes devait être lassant. Tourmenté par cette supposition il l’interrogea. Elle le dévisagea puis serra le roman dans ses mains, et tourna le regard vers la cheminée.
 - C’est tout ce que j’ai. Il me rappelle qui j’étais et d’où je viens. C’est un recueil de nouvelles. Une vieille édition que mon père m’a offert peu de temps avant de… elle prit une profonde inspiration. Sans ça je ne serais plus grand-chose.
Elle se leva et retourna s’asseoir à sa table "J’en ai trop dit" pensa-t-elle. Elle observa son repas. Elle avala une cuillerée. C’était froid. Elle fixa le ragoût, elle avait perdu l’appétit. Elle pensa à son père, mais elle ne se rappelait plus de son visage. Elle voulut y repenser. Elle tâtonna sur sa droite avec sa main ; elle ne trouvait plus son livre. Elle pensa l’avoir oublié au coin de la cheminée, se retourna pour demander à l’inconnu de le lui rendre. Il n’y était plus. Le livre non plus. Prise de panique, elle se saisit de ses affaires et se précipita, haletante, vers la sortie. En ouvrant la porte, elle reçut un coup de poing dans le ventre accompagné d’un "désolé". Elle tomba à genoux, pliée en deux par la douleur et cherchant son souffle.
Le jeune homme prit la fuite. Elle redressa la tête avec un rictus de haine et de tristesse. Il l’avait manipulée et s’enfuyait avec son passé. Elle se remit sur pieds, ignorant la souffrance et encocha une flèche. Elle le suivit de l’œil espérant qu’il finirait par s’arrêter. Mais il n’en fit rien et s’éloignait peu à peu, rétrécissant sur la ligne d’horizon. Il ne lui laissait pas le choix ; elle décocha sa vengeance. La flèche siffla et s’enfonça dans le dos du voleur. Il tomba en gémissant. Pensant que tout était fini, elle marcha vers lui. Elle regrettait ce qu’elle avait fait. C’était la première fois qu’elle tirait sur un homme. Ses mains tremblaient et elle fut prise de nausée. C’est alors que, contre toute attente, elle le vit se relever et disparaître dans les bois. La chasse débuta.

Elle s’arrêta et se tint droite comme un I. S’il était là, elle finirait fatalement par l’entendre. Elle ne pouvait se permettre de laisser son gibier lui échapper. Elle focalisa toute son attention sur le vent. Comme c’était le soir, elle savait qu’il descendait. Elle avait le vent pour elle, et ça, c’était un gros avantage. Il soufflait fort, prenant sa source au point culminant, glissait sur la roche en murmurant, puis s’aventurait dans les sous-bois pour leur conter ce qu’il voyait. La chasseresse connaissait son langage. De par son silence, elle le questionnait et tout naturellement il lui répondit, lui apportant le souffle endolori d’une bête tapie derrière un pin, non loin d’elle. Prudente, elle se tenait prête à tirer à mesure qu’elle approchait. Elle enjamba un tronc d’arbre couché en travers de deux rocs. Dissimulé derrière un roncier, au bord d’une falaise, il était là, adossé à un pin. Il saignait abondamment. Il tenait le livre dans sa main gauche et un couteau dans la droite.
 - Rends-le-moi… s’il te plaît…
Il râla et soupira.
 - J’aurais essayé… ne m’en veux pas trop… il en a toujours été ainsi. Je pensais pouvoir m’en sortir en le revendant… J’aurais pu avoir de quoi quitter cet endroit. Mais voilà j’ai joué et j’ai perdu. Je ne te demande pas de me pardonner, je t’ai poignardée en me comportant ainsi.
Elle se retint de pleurer face à cet homme brisé, sa chance l’avait abandonné. Il s’arc-bouta et réussit au prix d’un terrible effort à se relever. Il brandit son couteau et dans un ultime sursaut fit deux pas dans sa direction, pointant sa lame vers elle. La chasseresse le supplia de ne rien en faire mais il était comme sourd. Elle ferma les yeux et laissa filer sa flèche. Il y eut comme un impact. Lorsqu’elle rouvrit les yeux, son visage était comme apaisé. Elle distingua un sourire avant qu’il ne chute. Il alla s’écraser en contre-bas de la falaise, le livre avec lui. Elle vit ses pages danser dans le vent et s’éparpiller au gré des caprices de la bise. Sa vie venait de prendre fin en même temps que celle du vagabond. Lui avait péri comme il avait vécu. Elle, en tentant de sauver sa vie, s’était condamnée, effaçant à tout jamais son passé. Elle lâcha son arc, s’assit là où se tenait le jeune homme peu de temps auparavant et elle regarda le soleil s’effacer derrière les montagnes.
Dante Gabriel Rossetti - Beata Beatrix.
Dante Gabriel Rossetti - Beata Beatrix.


              



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