Bloggu litterariu corsu

u 20 di Ghjugnu 2016 - scrittu dà - lettu 348 volte

Gordon Evans

Et si nous étions tous, finalement, dans le noir ?


Le Sauveur

Francisco Goya - Le colosse.
Francisco Goya - Le colosse.
Ici, à Gordon Town, tout est triste. Cela fait des années que je n’ai pas vu un seul rai de lumière inonder cette terre. Des années que, pour seul horizon, mes yeux embrassent la pénombre d’une vie terne et désolée. Nous tous, ici, avons oublié la chaleur et le bonheur d’une journée illuminée par l’astre céleste. Les gens ne se parlent plus, ne se regardent plus, ne se touchent plus. On n’y voit presque plus rien. Nous sommes devenus tous à moitié aveugles. Plus rien ne vit ici. Les animaux sont morts, les oiseaux sont partis en des lieux qui, eux, jouissent encore de la clarté. Les plantes, privées de photosynthèse, se sont éteintes les unes après les autres. Du coup, les odeurs de la nature ont disparu. On en a eu connaissance grâce aux livres ou les films d’autrefois avant qu’ils ne soient interdits. Heureusement nous avons de grands chimistes. Ils ont recréé les odeurs de certaines fleurs avec des produits de synthèse. Enfin, c’est ce que l’on prétend. Personne n’a jamais senti ni vu une fleur depuis plusieurs siècles. L’on ne peut donc en aucun cas s’assurer que les diffuseurs d’odeurs géants dans la ville emplissent l’air d’une senteur proche de ce que les gens reniflaient jadis. Pour vivre, nous devons en permanence avoir sur nous des lampes torches. Les rues sont équipées de grands projecteurs afin d’assurer un semblant de luminosité. Et le froid… Vous n’imaginez pas le froid qu’il fait ici! Des années que l’on se chauffe à l’électricité en permanence. Les centrales nucléaires ont poussé tels des champignons. Le teint des gens est constamment blafard. L’avantage c’est que nous nous ressemblons tous. Tous sommes devenus « blancs ». Mon voisin de palier me ressemble comme deux gouttes d’eau. Blafard, chauve, sans sourcils. Nous sommes semblables, seule ma paire de lunettes me différencie de lui. Sans elle, on nous confond souvent. Les femmes sont chauves aussi, rachitiques et blafardes. Tous les mêmes! Sans exception! Bien sûr avant ce n’était pas ainsi. Je le sais! J’ai découvert il y a quelques années une vieille photographie scolaire. Je suis instituteur. Cette relique du passé je l’ai dénichée enfouie, oubliée sous un tas de vieux papiers lorsque j’ai rangé le local d’archives. Une main y avait griffonnée 2015… Il y a cent ans… Le monde d’avant, celui que l’on ne connaîtra plus semblait être l’inverse. Les enfants sur cette photo ont des cheveux, des blonds, des bruns, des noirs, des blancs, des petits, des gros, des grands. Une vraie palette humaine. Des mélanges de couleurs, d’odeurs, de gens, de genres, de tout ! Et puis le soleil brillait encore et très haut à cette époque. La photo avait été prise en extérieur, derrière le groupe on distingue des arbres. Sur un livre, j’ai même vu une photographie d’une étendue d’eau, au bord de laquelle il y avait du sable… La légende donnait « Plage de Lacanau ». On y voyait des gens se baigner, jouer sur le sable. Ils souriaient, certains s’embrassaient, se tenant par la main alors qu’ils déambulaient sur le rivage. Nous, il nous est inconcevable de nous imaginer sur une plage baignée de chaleur, inenvisageable de caresser du regard une fleur ou un arbre, chimérique de sentir la moindre odeur naturelle, si ce n’est celle de la peur. Quand je pense à ce que j’enseigne à mes élèves aujourd’hui ! S’ils savaient la réalité telle qu’elle était avant. J’imagine parfois la vie de nos aïeux. Les familles déambulant en ville le jour, parfois même, ils avaient dû avoir chaud ! Chaud ! J’ai lu ce mot dans le dictionnaire mais n’ai jamais ressenti cette sensation sur mon corps. Bien sûr je me suis brûlé, oui, mais la chaleur ne peut pas que résulter dans la douleur ? Tous semblaient vivre ensemble. Tous disparates mais tellement ensembles! Certains même se mariaient avec des gens d’origine différente. Ils étaient riches de leurs échanges et de leurs dissemblances. Pourtant, on nous a toujours dit que ce monde était une infamie. On nous raconte, et je l’enseigne, qu’à cette époque la jalousie, la peur de l’autre, la haine de celui qui n’est pas comme nous avait causé leur perte. Et qu’ainsi, le gouvernement avait mis fin à toute homogénéité de la population. Il les avait sauvés! Gordon EVANS était un héros. Si ce n’était pour ses actions salvatrices, nous ne pourrions aujourd’hui vivre en paix. D’après les écrits officiels, un homme était venu. Personne ne le connaissait. Il s’appelait John TSICSAF. Apparu une journée de printemps, comme apparaissent les oiseaux, sans prévenir, il était différent de tous les autres. Il se paraît de couleurs sombres. Son pantalon, souvent en coton épais, était d’un noir impénétrable. Il portait toujours une chemise en été ou une redingote de laine épaisse l’hiver. Toutes deux de couleur brune. A son arrivée il s’installa dans un quartier de la ville. Il fut vite intégré parmi les citoyens qui accueillaient sans rechigner toute personne montrant la volonté de vivre auprès d’eux. Il se montrait très discret, les gens ne savaient que très peu de choses sur lui, un fait très singulier dans cette communauté. D’habitude, tout le monde vivait ensemble. Malgré de nombreuses tentatives de ses voisins, M. TSICSAF restait éperdument seul. Il ne semblait pas vouloir se mélanger aux autres. Le soleil brillait comme à l’accoutumé dans cette région. Le ciel était sans nuage et les gens vaquaient à leurs occupations. John, lui, était assis sur le perron de sa petite maison et regardait le monde passer. Il observait avec attention les faits et gestes de ses congénères. Après plusieurs heures, il remarqua, que malgré leur politesse mutuelle, certains habitants étaient cependant moins salués que les autres. Il décida d’observer ce phénomène plus en avant. Il scruta avec attention un homme seul se tenant proche d’une vielle porte en bois, il était chauve et dépourvu de sourcils. Il était appuyé contre le mur de soutien de la porte. Les gens le regardaient à peine. Il interpréta cette attitude comme le signe que son temps était enfin venu ! IL redonnerait à cet homme, et à tous les autres comme lui, leur dignité. John le vit se diriger vers un bar non loin de là. Il le suivit. Dès son entrée, il s’aperçut que l’homme semblait solitaire. Il paraissait moins aisé que les autres habitants du quartier. Assis seul à une table, il plongeait les yeux dans un verre d’alcool bon marché. Il s’approcha de lui
 
 - Bonjour.
L’homme solitaire leva les yeux vers lui. Il le dévisagea. Il lui rendit son salut poliment, puis, semblait attendre l’explication de cette visite inattendue. John TSICSAF le regardait de ses yeux pénétrants. Après quelques instants, il entama une conversation :
 - Je me présente John TSICSAF, à qui ai-je l’honneur ?
Il regarda John avec étonnement. C’était la première fois qu’on lui adressait la parole depuis de nombreuses années.
 - Gordon EVANS…
 - Gordon, vous me semblez bien morne. Vous permettez ?
Disant cela, John TSICSAF, indiqua d’un mouvement de la tête la chaise qui se trouvait face à Gordon. IL s’assit sans attendre la réponse.
 - Vous trouvez ça normal cette situation ?
Gordon le regardait d’un air hagard. Il semblait ne pas comprendre le but de cette diatribe.
 - Par… Pardon… Je, je, je ne comprends pas.
 - Vous trouvez ça normal que vous soyez là, assis sur une chaise dans un bar à boire de l’alcool frelaté, alors que d’autres sont debout, marchant vers la vie ?
Gordon fut surpris d’une telle entrée en matière…Il se montra un peu agressif.
 - Ma vie ne vous regarde pas à ce que je sache…
 - Certes, cependant, j’estime que des gens comme vous devraient avoir ce qu’ils méritent.
 - Ah ?… Et les gens comme moi méritent quoi au juste ?
 - Tout dépend… Dites-moi, vous êtes là depuis longtemps ? Je veux dire dans cette ville ?
 - Depuis toujours, j’y suis né.
 - Alors vous méritez tout !
Gordon fronça les sourcils. Son air indiquait que John avait enfin trouvé les arguments convaincants.
John TSICSAF regarda alors autour de lui. Puis il reprit
 - C’est un beau quartier ici non ? De belles maisons, de nouveaux commerces….
Gordon semblait interloqué, il ne voyait pas où John voulait en venir.
 - Oui, effectivement, c’est un nouveau quartier…
John l’interrompit.
 - Et les habitants ne sont pas originaires d’ici j’imagine ?
 - Non, la plupart sont arrivés en ville lors de sa construction.
 - Donc, vous voulez dire que de nouveaux arrivants ont plus de droits que vous…Vous qui êtes originaire d’ici… Je me trompe ?
Gordon fut surpris… Il hésitait. Puis d’une voix tremblante il dit :
 - Oui… J’imagine, je n’avais jamais pensé à ça en ces termes.
 - Vous trouvez ça normal ?
 - Je ne sais pas… Je crois que ce sont les aléas de la vie…
 - Les aléas de la vie ? Vous ne croyez pas que vous mériteriez plus que tous ces nouveaux venus ?
 - J’y peux rien…
 - Si… Bien sûr. Il faut vous trouver un portevoix…
 - Un portevoix ? Et vous pensez à qui ?
 - A moi…
 
 
Gordon commençait à se dire que cet inconnu n’avait peut-être pas tort. Que finalement, il méritait plus que la plupart de ces gens. Que les personnes de souche devraient avoir plus de droits que les autres. Que peut-être… Peut-être…
John le sorti de sa réflexion. Il lui dit.
 - Regardez-moi comme vous êtes habillé. Vous méritez mieux. Vous valez mieux que la plupart d’entre eux…
Gordon avait les larmes aux yeux. Il s’observa. Il réalisa à quel point ses vêtements élimés lui donnaient un air honteux. Il pleura. John le prit par la main.
 - Venez, je vais vous donner des vêtements neufs. Mais à une condition. Que vous parliez de moi à vos semblables.
Gordon accepta et John le conduisit chez lui. Là, il lui donna un pantalon noir et une chemise brune.
 
Le lendemain, le soleil était un peu voilé. Quelques nuages étaient apparus faisant baisser la température de quelques degrés. Les habitants en furent un peu surpris et interloqués. Ils n’étaient pas habitués à voir des nuages dans le ciel. Les enfants en profitèrent pour y imaginer des formes.
 
Lorsqu’il sortit de chez lui, John trouva Gordon. Il portait les vêtements neufs qu’il lui avait donnés la veille. Avec lui se trouvaient cinq autres personnes. John les fit rentrer. Il écouta leurs histoires. Ils avaient tous des problèmes. Il leur promis de les représenter. Il leur dit de ne pas s’inquiéter, qu’il trouverait des solutions. Il leur tint le même discours. Que tous méritaient plus que ces nouveaux habitants de ce nouveau quartier. Ils l’écoutèrent avec attention et promirent, à leur tour de parler de lui. Il leur donna à tous, un pantalon noir et une chemise brune. Lorsqu’ils furent habillés, ils sortirent dans la rue. Les gens étaient toujours aussi nombreux et toujours aussi bariolés. Ils se souriaient cependant un peu moins. Le ciel s’était un peu plus obscurci depuis la matinée. Il devenait gris et les nuages grossissaient.
 
Alors que tous parlaient de John à leur entourage, celui-ci fut le témoin d’un incident en ville. Les gens n’étaient pas habitués à une lumière blafarde obstruée par un voile nuageux. C’était pour eux, un spectacle étrange et, certains commençaient à marcher le nez en l’air afin de s’assurer que la pluie n’allait pas tomber. Un habitant du nouveau quartier avait percuté, malencontreusement, une jeune femme originaire de la ville. John saisit cette opportunité. Il déclama haut et fort à qui voulait l’entendre que les nouveaux habitants n’avaient aucune morale, qu’ils étaient dangereux pour la société. Que si on les laissait percuter les femmes en ville, c’était alors, la porte ouverte à tout et à la perte des valeurs qui avaient fondé cette région ! Les gens l’écoutaient. Certains partaient en soufflant, d’autres ne prêtaient pas attention. Cependant, une partie était restée. Parmi eux, certains acquiesçaient. Les plus virulents choisirent de le suivre. Il les amena chez lui, et eux aussi, reçurent un pantalon noir et une chemise brune.
 
Le lendemain, le ciel était gris, les nuages avaient encore grossis. Le jour ne semblait pas s’être levé. Il faisait plus froid que la veille. John ne sortirait pas aujourd’hui. Il laisserait ses nouveaux amis déambuler en ville. Ils devaient crier son nom dans tous les quartiers et épandre les idées progressistes de John TSICSAF. Alertées par ce raffut, les forces de l’ordre intervinrent et eurent maille à partir avec certains sympathisants de John. Lui, prenant leur défense demanda au journal local de diffuser une lettre dans laquelle il expliquait le rôle de ses acolytes et ses idées révolutionnaires. D’après ce que l’on nous raconte aujourd’hui, le journal s’était vendu à plus de cent mille tirages le lendemain. Vous imaginez cent mille tirages ?
 
Le ciel était maintenant noir. Les gens ne se regardaient plus, tous se méfiaient de son prochain. On ne voyait presque plus le jour. Le soleil semblait avoir disparu. John fut réveillé par un brouhaha insoutenable. Il semblait entendre des millions de mouches volant sous ses fenêtres. Il se dirigea vers l’une d’elles. Il l’ouvrit, et sous son perron se tenaient des centaines de personnes. Il eut d’abord peur que les nouveaux habitants se soient organisés en contre mouvement. Il n’en était rien. Il fut heureux de voir que, tous se tenaient en chemise marron et pantalon noir. Ils le virent et l’acclamèrent. Dans le ciel le tonnerre gronda.
 
La nuit prenait le dessus. Le soleil avait disparu. Plus personne ne parlait à personne. Tout le monde restait sur ses gardes. L’on accusait les nouveaux habitants d’avoir causé tous ces problèmes. Qu’avant eux, le soleil brillait tous les jours, que les habitants avaient de l’espoir. Les cœurs étaient légers et ouverts à tous. Aujourd’hui, la peur de l’autre, de l’inconnu, du nouveau avait pris le dessus. Avec elle était arrivée la nuit, dense, impénétrable. Les résidents du nouveau quartier avaient fuis vers d’autres parties de la ville. Abandonné, il avait périclité. Les gens ne comprenaient pas pourquoi le monde, tel qu’ils le connaissaient avait disparu. Ils avaient perdu leurs repères. Les ténèbres les avaient plongés dans la peur de l’autre. Avec la perte du soleil et de la lumière, ils avaient perdu toute conscience de leur humanité. Pris de panique, ils s’entre-tuaient. Ils ne reconnaissaient plus leurs voisins, leurs parents, leurs femmes. Tous étaient devenus des loups. La pénombre permanente empêchait de voir à qui l’on avait à faire. La moindre différence était perçue comme une menace, un danger qu’il fallait à tout prix éradiquer. John lui, se délectait de cette situation. Il apparaissait maintenant comme le seul capable à répondre aux attentes du peuple. Ses partisans servaient de police, de milice, de guides. Ils traquaient tous ceux qui ne correspondaient pas à l’image de l’habitant de souche. Pour John et ses suivants, il correspondait à l’image du premier homme rencontré par leur guide. Chauve et dépourvu de sourcils. Celui que l’on considère aujourd’hui comme le créateur de notre société parfaite fut appelé comme guide spirituel par le peuple. C’était Gordon EVANS… On lui a même dédié le nom de notre cité. Gordon mit enfin en pratique les principes fondamentaux de John. Il prônait l’égalité de tous. Tous devaient se ressembler. Aucune différence n’était acceptée. Les gens apeurés suivaient ses ordres. Ceux qui résistèrent, en émettant d’autres pensées, furent envoyés dans les quartiers de haute sécurité. Gordon avait ordonné l’érection d’un haut mur, infranchissable. On y avait parqué les « dissidents », ceux qui refusaient de porter le brun. Certains avaient bien essayé de protester, clamant l’injustice d’une telle méthode mais les milices les avait finalement réduits au silence. La violence était quotidienne. Puis, derrière le mur, là, tout à côté, on les laissa à eux-mêmes. On le voit encore aujourd’hui. On ne sait pas ce que sont devenus les gens qui y vivaient. Les nouveaux arrivants en ville furent parqués et sommés de se soumettre à la loi. Ils devaient se raser les cheveux et s’épiler entièrement les sourcils.
 
Paniqués, les gens suivaient les ordres dans l’espoir de retrouver le soleil, de retrouver leurs consciences, les femmes coupaient leurs cheveux, les enfants étaient tondus dès leur plus jeune âge. Tous se paraient de brun et de noir. John, lui se délectait. Il avait acquis une telle notoriété, une telle puissance que le soleil ne réapparaîtrait jamais plus. Les cœurs des hommes étaient noirs. Leur peur voilait la lumière éternellement.
 
 
La nuit était maintenant permanente, elle l’est toujours. Nous n’avons jamais pu nous défaire de notre peur de l’autre, de notre peur d’être différent. Elle est dans nos cœurs. Nous n’avons plus vu le soleil depuis des siècles. Je rêve d’une fleur, d’un rayon de soleil. Je rêve de l’autre.


              



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