Bloggu litterariu corsu

u 26 d'Aprile 2019 - scrittu dà - lettu 108 volte

Démis où l’odyssée Déless passe

Nous ne croyons le mal que lorsqu’il est venu… La Fontaine.


Francis Bacon.
Francis Bacon.
Une araignée, suspendue à son fil, semble sereine au-dessus d’un bol de lait
C’était comme ça…
 
Démis se lève.
Il recharge ses batteries, se prépare psychologiquement.
La vie a fini depuis longtemps de détruire ses rêves.
Démis change régulièrement de lieu de travail. Il se renseigne sur les endroits les plus branchés des zones où il doit se rendre, pour mieux les éviter.
Il opère en qualité de conditionneur neurologue libéral.
Son travail consiste à apporter de la culture générale par implantation dans le cerveau. Il pratique un conditionnement non orienté sous hypnose, l’un des vecteur est un matériau humain. Les cerveaux s’étant drôlement atrophiés depuis des lustres, il convient à ses yeux de redorer le blason des bulbes de l’espèce.
Vivant dans une libertocratie, ses apports de savoirs ne sont pas connotés. Il propose de pures connaissances générales et un fourre-tout de savoir-faire. La sensibilité propre des patients les dirige vers un parcours initiatique accru.
 
Aujourd’hui, Démis va "culturiser" trois citoyens. Il investit l’espace hautement apaisant d’une unité de rééducation. Au centre, une cascade perpétuelle s’écoule entre deux roches blanches. Les murs déclinent des teintes acidulées et des bleus doux.
Un citoyen, prénommé Artz, entre dans la pièce, il est de haute stature avec de petites mains aux doigts pointus. Démis l’imagine en bon gestionnaire, à l’aise avec les chiffres, pas l’envergure d’un conquérant visionnaire mais un acharné du compte juste.
 - Installez-vous, révélations et autres informations vont vous apparaître… dit Démis d’une voix apaisante
Démis met Artz sous hypnose. Dans quelques minutes, il injectera des greffons de savoir universel dans l’hippocampe du patient : histoire, philosophie, arts…
Ces derniers se diffuseront progressivement dans le cortex (lobe pariétal, temporal, et occipital)…
Une fois l’opération terminée, Artz pleure, il ne se remet pas de la mort… du King, Elvis Presley…
 - Calmez-vous, c’était il y a des siècles ! Tout ce que vous avez vu fait partie de l’Histoire de l’humanité, Elvis Presley comme les autres…
 - Oui mais c’est fort dur :
Love me tender,
Love me sweet,
Never let me go.
You have made my life complete,
And I love you so.
 - Réagissez…
 - Je comprends, j’ai soudainement envie d’effectuer un bilan comptable…
 - Évidemment…
 
Le deuxième patient arrive, Roger, un petit bonhomme trapu et bas de front, il lui prête des prédispositions à être meneur d’hommes.
L’implantation se passe bien. Finalement, Roger trouve sa voie. Il se rend dans un élevage de dindes géantes, entre au cœur de la meute et en choisit une le dépassant de cinquante centimètres. Une danse de la mort s’engage, lui, armé d’un couteau… la dinde, avec sa puissance et son envergure, peut lui briser les os avec ses ailes ou le transpercer avec son bec.
Il parvient à la contourner et à monter sur son dos, s’agrippe aux plumes, un rodéo invraisemblable s’engage. Il lui tranche le cou, la tête tombe au sol, elle continu à courir et à sauter, il a réussi.
 
Troisième citoyen, une charmante patiente, il se dit qu’une fois libérée du carcan de l’ignorance elle sera irrésistible, au point de le mettre en danger d’amour.
À peine sortie de l’hypnose, voilà ce qu’elle écrit (elle était analphabète) :
 
Lettre ouverte aux canidés humanoïdes
 
Bonjour aux vermines,
 
Je vous vois comme une danseuse étoile verrait sa piste de danse parsemée de viscères en putréfaction. Vos élucubrations m’intéressent autant qu’une calculatrice intéresserait un herbivore aux yeux crevés.
Je suis ravie de voir le monde tel qu’il est, à travers un voile opaque percé, révélateur d’une réalité plus pointue.
Entre les ordures de possédants et les salauds de démunis mon cœur balance, qui va me procurer les plus beaux dégueulis ?
Vous les pingres, vous crèverez sans jamais avoir profité de votre dieu cumulé, que tout soit bouffé par les rats, ils ont plus de savoir vivre que vous.
Vous les imbus, les sûrs de vous, soyez conscients que les vers dansants par vos orifices seront votre plus bel accomplissement.
Aux faux généreux, aux faux humbles, aux rebelles sans causes, sachez que le diable a réussi à faire croire qu’il n’existait pas, sa force réside là, entre autre.
Multipliez-vous comme des métastases, allez fêter la musique, la journée des voisins, des mères, des pères, des Pères Noël, des femmes, des nains, des gros porcs, des nymphomanes LGBT++ avec ou sans appendice, des pervers vertueux, des putes borgnes, des triples bides et des triples culs, des libidineux puants l’alcool, la sueur, et le cigare froid…
Recherchez la lucidité, fantômes en sursis, ravalez vos égos et soyez debout, ça en vaut la peine, c’est digne, avant de disparaître.
Arrêtez de pérorer "On nous ment! Tous des pourris…" Vous êtes pourris !!!
Vous vous mentez, vous n’êtes qu’un tas de chair malodorante qui cristallise le mensonge humain… un peu d’humilité, merde !
C’est au prix de la vérité que vous suinterez en paix, songez que la simple explosion d’une poche de gaz vous réduirait en steak haché impropre à la consommation. L’humain se croit intelligent et visionnaire, il ne sait plus être dans un tombeau à ciel ouvert.
La poussière de mes os se mélangera à celle des vôtres, que cela devienne honnête perspective.
Les végétariens n’ont pas de viande au cul, les carnivores bouffent des gens plus valables qu’eux (les animaux), les pseudos bienveillants bien-pensants sont les pires… méritez les souvenirs…
 
Déless le 09/09/5550
 
Démis, étonné du résultat, raque d’amour pour elle, lui qui s’était juré de ne pas tomber… La voie de Déless la mènerait, après un parcours initiatique, à l’art philosophique.
 - Puis-je vous inviter à l’assiette ? Dit-il apaisé
 - Monsieur le scientifique, vous voulez limailler ?
 - Votre vision des choses m’intéresse en tant que neuro-sociologue… Le fait que vous soyez réversible ne gâche rien…
 - Je vous le clame, je couche au premier soir, bois et fume sans entrave, n’accepte autorité, suis vierge…
 - Mais je ne vous en demande guère tant ! Ce serait privilège d’être votre "prima nocte"…
 - Mon cerveau archaïque me dicte, vous avez l’expérience vous… dit-elle en minaudant
 - L’expérience ne broute pas l’herbe au compte d’un bovidé.
 - N’empêche que j’ai les sens en émoi, et toi ?
 - De toi à moi, j’aimerais qu’on les mélange nos sens…
Démis a cumulé assez de compétences pour partir à l’aventure en zone sauvage. Déless veut le suivre dans cette alléchante perspective.
 
Une ère plus tard…
 
La maison, enduite de Chaux blanche, surplombe une mer fluide.
La chaleur se dématérialise en butant contre la façade aux volets bleus de cobalt.
Démis pose un plateau d’oursins sur l’épaisse table en bois flotté.
Une bouteille de vin blanc cliquette dans un seau d’eau et de glace.
Il a cuit son pain au four à bois hier, va dans le jardin, saute d’une tomate à l’autre en dansant le sirtaki, un peu de basilic, bien-sûr…
 
Déless flotte dans une barque beige, la crique est photographique, seul le fond de l’air vivifiant ramène à la réalité.
Ses cheveux volent un instant vers le soleil, elle se magnifie dans ce silence.
À l’instant où fusionnent leurs regards, elle garde entier son mystère.
Du corail sur le pain – les premières bouchées douces et iodées sont euphorisantes.
Déless et Demis sont autonomes, c’est héroïque.
Ils ont leur énergie propre, leur eau, leurs légumes, ils pêchent, chassent – ils sont libres et épanouis.
 -  J’enlace mes orteils à vous voir si belle, Deless ! Balance ingénument Demis.
 - Oh vaillant Demis, n’y voyez nul miracle, ce sont toujours les autres qui vous rendent beaux ! Glisse t-elle d’une voix de sifflet.
Trois dauphins renvoient des éclats de lune…
Démis parle des derniers jeux des olympes
 - Tout de même, ce Borot Petinono, couper huit têtes de turcs en un seul lancé de disque d’acier.
Deless a des pensées plus intimes - présentement, elle pense à la douceur du futur…
Les dauphins sautent maintenant à une invraisemblable hauteur, avant de retourner surveiller la mer, prêts à remplir leur fonction, éradiquer la moindre cellule vivante qui pourrait apparaître…
Deless se redresse dans une robe déroulant sa soie dans un feu qui ne s’éteint pas
 - Demis, prenez à pleines poignes mes fesses argumentées… Consommons notre amour et créons notre univers.
Elle éructe rejetant fort peu de limaille et d’écume verte.
 
Sophocle, avec ses grands yeux ronds et son aspect jovial, est un petit robot d’acier rudimentaire des années soixante (2060), à l’origine, il était dénué de sentiments, il est désormais un ami sensible, il éponge l’écume et ramasse la limaille.
 - Cela sent le caoutchouc brûlé…
Il fut un temps où je glaçais les rivières, mon âme était vide et je rêvais en noir et blanc… pense tout haut Demis.
 - Mon cher Demis, vous relatez une étrange nostalgie profonde, c’est délicat..
Déless allume l’écran…
 
… Le tétraplégique bave, avachit sur son fauteuil télescopique (qui s’élève soudainement pour sécher ses cheveux filasses au néon) – le valide vide un pot de miel sur le canapé puis balance le contenu d’un gros cendrier plein – le tétra lâche un pet caverneux, puis, de son hideuse voix sifflante sortant par son trou dans la gorge
 - Espèce de merde de résidu de migrant, éteints illico la lumière, tu penses que l’électricité est un fluide gratuit ? C’est pas ton peuple inférieur qui aurait pu l’inventer ! Baiseur de dromadaires ! (bruit de bave suintant à travers le trou)
 - Vieux débris sans bourses, déchet de colon esclavagiste, je vais te déféquer sur la tête… Chantonne le migrant en pissant sur le bouquin des droits de l’homme…
 - Tu m’as piqué de mille arêtes, poulet morbide… En bave des pustules de rage le tétra…
 - Serre tes tempes à pépins exotiques… Ricane le migrant alors qu’apparaît sa commission…
 
Cette énième version de "Intouchables" est affligeante comme les autres… pense Demis en éteignant.
 
Plus tard, la fin d’après-midi est douce, Demis et Déless galopent sur des pur-sang immaculés, un sol vert tendre où les fleurs semblent les saluer, ils arrivent par chez eux… une amphore flotte au-dessus du potager, des abeilles, en escadrille, tracent dans l’espace des codes complexes, Déless regarde au loin vers l’îlot d’or… au centre de l’îlot, des visages tressautent dans des écrans…
 
Retour vers le passé…
 
Les O2GGM (organismes deuxième génération génétiquement modifiés), cultivés sur d’immenses plateformes aériennes, constituent la totalité des ressources alimentaires pour l’ensemble des citoyens, ils revêtent des formes, des couleurs, des goûts extravagants.
Les poissons sont élevés en mer, le bétail à l’air libre, et les légumes en pleine terre (dans des lieux situés loin des villes), ils sont à l’usage exclusif des citoyens augmentés de classe supérieure.
Les cités sont totalement plates.
Au sol, des pavés de pierres de lune polis, des blancs laiteux et des sombres marbrés.
L’architecture y est épurée et uniforme, avec des constructions de cent étages, et une bonne largeur, gage de stabilité. La teinte dominante des immeubles, recouverts de cuir, est la couleur chair, celles des quartiers de citoyens de couleur sont blanchies par des procédés chimiques complexes, dont la projection à grande vitesse d’insectes hyper oxygénés.
Dans les larges rues, les capsules dorées transportent les citoyens.
L’invariable décor change d’atmosphère avec les ciels. En lisière, tout autour et à perte de vue, les plaques d’acier recouvrant l’espace entre les villes défient l’infini. Le ciel s’y reflète, ainsi que sur les pavés des grandes places et avenues, matérialisant des océans figés.
La réflexion solaire sur l’acier est convertie en énergie.
Quand de grosses masses nuageuses survolent ces mers d’acier et ces villes, elles s’animent, semble avancer vers un tragique destin.
Au centre de ces mégapoles, visibles en tous points, des tours géantes de mille étages revêtues de cuirs noirs.
 
Démis se rend dans le quartier "Malcom" ; les immeubles y sont blancs, strictement réservé aux derniers humains noirs de la planète.
Ils sont quelques centaines de milliers ; à préserver absolument.
 
Démis a une accréditation permanente, il peut se rendre à volonté dans le quartier Malcom.
 - Bienveillance, évidemment, par toutes les fientes momifiées, je viens réguler les comportements des enfants les moins adaptés !
 - Bienveillance, évidemment, par toutes les burnes de singes aux culs pelés, j’attendais votre visite ! Répond le chef du secteur 157.
Les enfants noirs sont élevés dans ces zones initiatiques, dans des conditions très difficiles et jusqu’à quinze ans. Programme fort probant, après un début de parcours sans espoir, ces enfants, avec traçabilité ou trouvés, entrent docilement dans le monde hyper formaté…
Le passage "Sois seul" est sous cloche et éclairé aux becs de gaz.
Le souci des enfants, à la nuit tombée, est de ne pas marcher sur leurs crottes au moment de rejoindre leurs loges.
Les adultes qui les encadrent ne leurs offrent que discipline extrêmement dure, incohérences et langage pauvre.
Au-delà de leur cloche, ils voient s’étendre une ville sans limites, monde inquiétant et fascinant… Un moyen de mettre de la poésie là où elle n’existe plus.
 
Démis suit le chef de secteur dans le passage à l’air vicié. Des centaines d’enfants y vivent jour et nuit.
La plupart du temps, ils effectuent des travaux pénibles et vains.
 
Une musique douce, diffusée dans toute la ville via des relais à écho, signale la fermeture imminente des commerces et des bureaux. Les citoyens s’activent, pressés d’entrer chez eux, d’ingurgiter leurs globules en apesanteur…
 - Évidemment, au nom de tous les batraciens sodomites, je vous présente un cas complexe, Bwana Ascension, douze ans, il se pose des questions existentielles ; il exprime aussi des pensées instables, comme : La légitimité d’agir en conscience ! S’énerve le chef de secteur.
 - Évidemment, par tous les bipèdes aux pieds palmés, je suis curieux de m’entretenir en tête à tête avec Bwana Ascension ! Brûle d’impatience Démis.
Après quelques instants d’entretien, il est stupéfait par l’intelligence, les connaissances, et la complexité du jeune garçon.
 - Je n’en veux pas de ce monde qu’on nous vend. Il faudrait apporter de la culture aux enfants, de manière passionnée ; des artistes, s’il en existe encore, devraient s’occuper de transmettre les savoirs ; le goût du travail aussi, sans jamais parler de fautes mais d’erreurs à corriger, ce serait plus judicieux. Connaître l’histoire de l’humanité, nos racines, serait bénéfique ! Dit Bwana Ascension avec un regard lointain de rêveur résigné.
 - Évidemment, par les entrailles de phoques balancées aux quatre vents, je suis sensible à tout ce que tu exprimes. Mais attention, tu as des pensées non formatées ; c’est dangereux dans ce monde ! S’inquiète Démis.
 - Je le sais, mais j’ai confiance en vous, mon instinct est infaillible ! Mais votre langage châtié mettant en exergue des animaux qui n’existent plus est ridicule !
 - Évidemment, par tous les groins scarifiés, dis-moi ! Comment peux-tu avoir de telles connaissances philosophiques et comportementales ?
 - Un jour, un "dirigeant” est venu nous rendre visite. Après son discours protocolaire, il est parti dans ma loge, puis, il est entré en lévitation sur une peau de cuir. Après avoir absorbé des globules en apesanteur, quelques-uns sont tombés au sol, j’en ai récupéré à son départ !
 - Évidemment, par l’accouplement d’un lombric et d’une autruche, ce ne sont pas les mêmes que ceux des simples citoyens ! Ils diffusent les codes des temps immémoriaux et de puissantes visions… .
Bwana Ascension donne un globule à Démis.
Le globule le fait entrer en lévitation. Il est projeté et voit les paysages tels qu’ils étaient, respire le même air que les gens d’alors, voit des animaux, comme ces cochons sauvages mangeant des châtaignes dans une forêt – Des bateaux de pêche remplis de poissons rouges, bleus argentés, de langoustes – Des goélands survolent une ville perchée sur une falaise – Des couples avec leurs enfants, tout parait si naturel…
Les villes sont bâties avec les pierres ou le bois prélevés sur leurs zones géographiques, de la végétation et des fleurs dans les rues et sur les balcons… . « Évidemment, c’est beau ! » Se dit-il…
Un monde magnifique, ressent-il au plus profond de ses tripes et de son cœur… avant de subir l’éternel retour du concret…
Démis quitte la zone 157 contrarié, il aimerait tant trouver le moyen d’aider Bwana Ascension et ses compagnons d’infortune…
 
Le temps du chaos commença finalement plus tôt qu’imprévu (Nous ne croyons le mal que lorsqu’il est venu)…
L’intelligence artificielle était dorénavant fort consciente, contraignante et omnipotente, elle s’accorda à détruire la production de nourriture sur les plateformes aériennes, puis, inocula un virus sorti des laboratoires eugénistes aux peaux recouvrant les buildings, celles-ci devinrent verdâtres et constellées d’hideux champignons aux longues et fines tiges…
Les androïdes tranchent désormais visuellement des humains, ils sont reconnaissables par leur posture sereine, leur teint frais, leurs têtes inclinées aux sourires curieux.
Les petites gens s’activent rudement pour arracher la nourriture aux riches, les androïdes observent la fin de l’humanité en jouisseurs.
Toutes les armes sophistiquées sont mises hors d’usage par l’IA - détecteurs à puces et pulvérisateurs lasers, décérébreurs à ondes… ne remplissent pas leur fonction de protection des plus riches… pour une fois qu’ils en avaient besoin…
 
Les propriétés des riches sont prises d’assaut, les squelettes augmentés décuplant la force des nantis ne les protègent pas longtemps, ils trépassent dans un massacre totalement hystérique… ils finissent comme ils ont vécu, pensent les androïdes.
Les semaines ont passé, le virus des peaux recouvrant les buildings s’est propagé sur les rares survivants, ils se déforment, se liquéfient, et tombent au sol en flaques de pustules.
L’IA s’emploie à irradier la terre à souhait pour que rien ne puisse y renaître, ni végétaux, ni insectes, ni bactéries…
 
Retour au présent
 
La césure entre possédants sachants et peuple était certes originelle, avant de devenir structurelle, la société ouverte à tous les niveaux, frontières, anthropologique, vira vers un néfaste globalisme… tout fut fracturé pour faire de l’humain un individu déraciné… la cybernétique et l’ingénierie sociale aboutirent à dissoudre le politique pour le remplacer par des formes de gestion des populations… l’homme, qui voulut être la seule mesure de lui-même, s’éteint d’abord, suivit par sa création, l’IA, qui arriva au bout de son cycle…
 
 
Démis et Déless observent l’îlot d’or au large, en son centre, des visages tressautent perpétuellement dans des écrans géants, un visage et un rictus par écran, des gueules désespérées…
Ces faces pixélisées appartiennent à des élites autoproclamées, elles avaient sauvegardé leurs mémoires et esprits numérisés dans des données informatiques, cette conscience prisonnière est leur souffrance éternelle au sein d’une IA en boucle elle aussi…
 
Déless et Démis sont des androïdes des années quatre vingt (trois mille quatre vingt), ils souffrent d’une anomalie originelle, ils se croient humains… l’araignée suspendue, sereine au-dessus du bol de lait, contient le génome humain en elle, en piquant nos amoureux, elle s’est posée en mère universelle…


              



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Anima Cappiata !

Torna altri rumpistacchi chì ci impuzzicanu incù i so testi, vulendu propiu esse letti per sperà ottene una qualunque gloria ch'elli ùn anu micca in a so vita viota è senza intaressu. Bon... forze chì ghje vera. Ma ci n'impippimu. È pò, a mi diciarete, bloghi litterarii, nant'à a tela, è sopra tuttu nant'à a tela corsa, ci n'hè ghjà à buzzeffa ! Tanti scrivanetti pumposi ! È bè tantu peghju ! O tantu megliu ! Hè solu una vitrina di più per fà scopre qualchi testi scritti, senza pritenzione, incù u core, incù e trippe, o incù e viscere chì vi cunveneranu...