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u 12 di Marzu 2017 - scrittu dà - lettu 371 volte

Cœur de pierre

Notes retrouvées par la police éparpillées sur la scène du drame.


Gustave Courbet - Le Désespéré.
Gustave Courbet - Le Désespéré.
À ceux qui liront ces lignes, je m’appelle Stuart Roose et je travaille pour l’académie d’anthropologie de Paris. Je ne sais combien de temps il me reste avant que je ne devienne complètement fou, alors je vais essayer d’écrire sur ce journal ce qui m’est arrivé.
 
Cela faisait deux ans que j’avais emménagé dans cette petite ville pour le travail. Tout a commencé il y a quatre jours. Je me décidai enfin à me rendre chez l’antiquaire au coin de ma rue, qui avait ouvert selon les dires au début de l’hiver. C’était, si l’on en croit les rumeurs, un endroit sombre et poussiéreux dont personne dans le quartier ne disait du bien. Peut-être à cause de l’attitude étrange du propriétaire, un homme d’origine sémite d’âge mur, sombre et silencieux, toujours appuyé sur une vieille canne de bois d’if sinueux, ornée de sculptures étranges et indescriptibles. Personnellement, je n’avais rien contre ce vieil homme et mes très nombreux voyages pour l’université – partout sur le globe – à la recherche d’artefacts anciens m’avaient habitué à toutes sortes de bizarreries. Je décidai de mettre les rumeurs négatives entendues sur cette boutique sur le compte de la xénophobie qui, avouons-le, est souvent présente dans les villes isolées.
Passant le pas de la porte, je fus surpris par le manque de luminosité de cet endroit. Après quelques secondes mes yeux s’étaient habitués à l’obscurité. Je m’avançais à pas feutrés sur un parquet antédiluvien horriblement grinçant. De nombreuses statuettes de tailles variables étaient entreposées ça et là sur de vieilles étagères. Elles étaient faites d’obsidienne et de jade, et leurs yeux étaient sertis de ce qui étaient apparemment des rubis. Je n’avais jamais vu de tels objets, et ne pouvais déterminer ni l’âge approximatif ni l’endroit d’où ils pouvaient venir. Le plus étonnant était qu’ils ne représentaient rien d’humain : les corps de ces êtres étaient tordus et entremêlés, comme passés au four. Pire, leurs visages étaient anormalement allongés et affichaient une grimace d’effroi.
Sur une table de bois au milieu de la boutique étaient entreposés toutes sortes d’objets, vases et bibelots sans grand intérêt, sauf une chose qui par malheur ce jour-là attira mon attention. Il s’agissait d’un coffre de bois d’environ trente centimètres de côté, décoré de dessins et d’inscriptions inconnues mais qui ressemblaient par certains aspects à quelque chose que j’avais déjà rencontré lors d’une de mes expéditions en Mésopotamie. Comme sur les autres objets, le prix était indiqué, et, étonnamment il était dérisoire.
Je me rendis compte que le vieil homme s’était absenté, et décidai de laisser la somme d’argent sur le comptoir et de partir avec ma trouvaille du jour pour l’étudier de plus près à l’université. L’université était à quelques centaines de mètres de là et je frémissais déjà de commencer mon investigation. De plus, elle bénéficiait d’un accès internet haut débit, ce qui était assez rare dans une petite ville comme celle-ci. J’accélérai le pas, et manquai en traversant une rue de me faire écraser par un camion de marchandises qui, de toute évidence, avait beaucoup de retard sur ses livraisons. Je ne pris même pas le temps de protester et, en quelques minutes à peine passai la grande porte automatique de l’université. J’étais fasciné par ce coffre, et je crois même que je n’avais que très peu détaché mon regard de cet objet pendant mon trajet.
Je saluai rapidement mes collègues sur mon chemin, me faufilai entre les étudiants, pour finalement arriver jusqu’à la bibliothèque. Elle était grande, toutes proportions gardées, et comprenait de nombreuses reproductions d’ouvrages anciens sur l’histoire des civilisations disparues, ainsi que quelques textes authentiques en bon état, protégés par un dispositif spécial afin de limiter leur dégradation.
L’université m’avait installé dans un bureau spacieux, donnant sur la bibliothèque : je me dépêchai d’y entrer.
Je pris ma loupe afin d’analyser de plus près les gravures. Et quelle ne fut pas ma surprise quand je découvris qu’elles étaient apparemment faites par pyrogravure, mais d’une qualité invraisemblable vue l’ancienneté apparente de l’objet.
Je décidai, après cette découverte, d’inspecter le coffre sous tous ses angles et l’ouvris pour constater sa confection interne. Je découvris avec étonnement qu’il contenait un cœur, un cœur de pierre dans un écrin semblable à de la soie ; une reproduction dans les moindres détails, bien que je ne sois pas spécialiste en anatomie ; apparemment fait de rubis, mais dont la lueur et l’intensité me faisaient douter de l’origine minérale de l’objet. Je le pris en main, c’est alors que mon sang se mit comme à bouillir et je fus obligé de m’affaler sur mon siège de bureau pour ne pas m’évanouir. J’entendais mon cœur battre, d’un calme et d’une netteté inquiétants. Ma tête se mit alors à tourner et ma vision s’obscurcit.
Je vis ma main ensanglantée plongée dans un trou béant au niveau de ma poitrine. Accablé par cette vision d’horreur je la retirai, et manquai de vomir quand mes os et mes viscères émirent un son abject. Quand je finis par retirer ma main, je découvris avec dégoût à l’intérieur de celle-ci mon cœur en train de palpiter.
Je fus réveillé de cette vision d’horreur par les rugissements de félins se disputant dans l’arrière-cour de l’université. Il semblait que ma dernière découverte m’avait stimulé à l’excès l’imagination. En reprenant mes esprits je vis que le cœur était posé dans son écrin : la femme de ménage – une vieille roumaine aigrie – avait l’habitude de me trouver tard le soir endormi sur mon bureau, c’est d’ailleurs elle qui avait dû ranger le cœur à sa place. Mes esprits retrouvés, j’entrepris d’aller au distributeur le plus proche pour me payer un café noir sans sucre afin d’atténuer ma somnolence. Je vérifiai ensuite avoir bien fermé la porte de mon bureau, en veillant à ranger préalablement le cœur dans le coffre destiné aux objets de valeur, j’étais rentré chez moi : un studio assez miteux, qui devait autrefois servir de chambre de bonne et qui avait apparemment subi le passage du temps et des saisons, le tout sans jamais être une seule fois rénové par son propriétaire qui le louait excessivement cher. Comme d’habitude je ne pus éviter les pugilats et autres altercations des pauvres hères éméchés après une dure soirée à s’imbiber d’alcool et autres drogues moins licites. Je finis tant bien que mal par arriver dans la ruelle où j’accédais – paru n vieil escalier de bois – à mon studio situé au-dessus d’une quincaillerie au moins aussi ancienne que lui.
Dans un dernier soupir je franchis le seuil de ma porte en prenant soin de la refermer derrière moi, m’écroulant sur mon lit en ne me faisant pas prier pour rejoindre Morphée.
 
Mon sommeil fut agité et entrecoupé de très nombreuses fois par un tambourinement rauque qui de toute évidence provenait de ma porte d’entrée ; mais j’eus beau ouvrir celle-ci à plusieurs reprises, il n’y avait jamais personne derrière. En tout et pour tout je dus dormir trois heures dans la nuit, résultant sur un réveil difficile. Après une toilette assez brève et quelques coupures de rasage je m’empressai de retourner à l’université, en m’arrêtant en chemin dans une boulangerie tenue par des français, qui avait très bonne réputation et à laquelle je ne manquais pas, chaque matin, d’acheter quelque douceur. Je franchis les portes automatiques en dévorant la fin de mon croissant au beurre, et pris à peine le temps de saluer le doyen avant de m’enfermer dans mon bureau.
J’ouvris le coffre en toute hâte et récupérai l’organe afin de poursuivre mon travail d’investigation. Je fus impressionné par son éclat, traversé par hasard par un rayon de lumière provenant de la fenêtre de mon bureau. Son rayonnement produisait des lueurs quasi-hypnotiques et il était très difficile de détacher le regard d’un spectacle si agréable. L’aspect le plus merveilleux – et sans doute le plus étrange – était qu’en l’observant avec une loupe on pouvait, ou était-ce mon Même imagination, observer des sortes de vaisseaux sanguins palpitant dans la lueur rouge, cette même lueur qui au fil du temps paraissait très dense.
Au bout d’une période que je ne pus déterminer qu’après avoir vérifié ma montre, étant arrivé à 7h, elle indiquait maintenant 10h, je finis par détacher mon attention de cet objet plein de mystère et pris la décision de demander de l’aide à un confrère minéralogiste. C’était un homme âgé d’une soixantaine d’années, au crâne dégarni sur le dessus et portant une paire de lunettes qui aurait tout aussi bien servi comme focale d’un microscope. Etonnamment, cet homme assez stoïque à son habitude fit preuve d’un enthousiasme inattendu à la découverte de cette "OMNI" – objet minéral non-identifié – comme il aimait à l’appeler avec un humour douteux ; et après m’avoir assuré qu’il consacrerait chaque heure libre de sa journée à inspecter "ce spécimen" en m’invitant par la même occasion – sans trop me laisser le choix – à revenir le voir en début de soirée. Je décidai d’utiliser le temps libre qu’il venait de m’octroyer pour aller questionner le vieil antiquaire qui n’était qu’à deux pâtés de maison de ma position.
J’arrivai devant ce lieu lugubre où régnait, comme d’habitude, une obscurité presque tangible. La porte était fermée, et je décidai après quelque effort vain pour entrer, de me diriger vers l’arrière-boutique où se trouvait, selon les dires locaux, la porte d’entrée de la chambre du vieil homme. Arrivé devant ladite porte – qui était au moins aussi sinistre que la devanture du magasin – je me décidais au bout d’une courte hésitation à frapper, et après une bonne minute d’attente, la porte s’ouvrit brusquement sur des ténèbres profondes dans lesquelles une silhouette rabougrie se dessina. Il s’agissait bien entendu du vieil arabe dont tout le monde parlait en ville. C’était un vieillard d’un âge indéterminable, du moins autant que le nombre de ses rides, qui possédait un bouc long et pointu très bien entretenu. Son regard luisait tel deux étoiles sombres : il me fit signe d’entrer. Je pénétrai dans une vaste pièce tapissée de fresques étranges et saugrenues, pleine de bibelots anciens ainsi que d’un nécessaire d’alchimie comme on n’en faisait plus, le tout disposé sur une vaste table de bois angulaire ouvragée à la main. Le plancher miteux craquait sous les pas du vieil homme qui s’assit sur une grande chaise près de ce qui – sous une pile de livres anciens et autre bizarreries – devait être son bureau. S’ensuivit un échange de regard, où j’eus l’impression d’être sondé au sens propre du terme par le regard perçant et inquiétant du vieillard. Je pris la décision, à la fois par besoin de rompre le contact visuel et d’entamer la discussion, de m’assoir sur une chaise proche de lui. Il est sans doute important de préciser qu’il faisait très sombre car le vieil homme s’éclairait à la bougie, et que je ne m’en rendis compte qu’au moment où je m’assis, tant je fus impressionné par l’allure de mon hôte.
Une voix perçante et serpentine – le tout marqué d’un accent arabe très prononcé – m’adressa ces quelques mots en signe de bienvenue :
"Je suppose que vous venez pour le cœur.
C’était bien entendu, au vu du ton employé, une question rhétorique.
Je pus à peine bafouiller un oui timide qu’il s’élança de sa chaise, faisant vaciller la flamme de l’unique bougie posée sur son bureau, et m’empoigna le bras avec une force juvénile inquiétante. Nos visages étaient maintenant très proches et je vis au fond de ses pupilles noires une sorte d’ondulation perfide indescriptible. Il ouvrit la bouche pour parler et me dit – tout en me faisant profiter de son haleine de soufre :
 - Le cœur cher professeur, est un organe précieux, plus précieux que le cerveau lui-même. C’est en lui qu’est renfermée l’essence divine, et par lui qu’elle est propulsée dans tout le corps. C’est aussi par lui qu’elle disparait et s’en retourne à la source. Pourtant il n’en est pas toujours ainsi, car comme il existe des barrages pour détourner les cours d’eau de leur mer, certains outils plus subtils peuvent détourner les âmes de leur source."
Sur ces mots, je repris le dessus sur cet être déliquescent dont la santé mentale devait être digne des propos absurdes qu’il venait de tenir. Je repoussai ce vieillard sénile d’un geste brusque et m’élançai vers la sortie, mais, au moment où j’allai franchir le pas de la porte, mon sang se glaça lorsque qu’un rire infernal retentit dans mon dos. Ce que je vis en me retournant, acte de vile curiosité que je regretterai jusqu’à ce que la folie m’emporte, est la chose la plus infâme qu’il m’ait été donné de voir : cet être que je peux qualifier d’abominable, était avachi sur le sol, la nuque brisée sur l’angle de son bureau, et ricanait de manière abjecte en me fixant d’un regard aliéné. J’utilisai alors le peu de sang-froid qu’il me restait pour ordonner à mes membres inférieurs de me porter loin de ce cauchemar, mais malgré ma fuite, le souvenir de son rictus carnassier restait gravé dans ma mémoire et revenait me hanter à chaque foulée. Je regardai ma montre tout en me dirigeant avec hâte vers l’université, et je constatai avec effroi qu’il était déjà 17h, chose que mon esprit cartésien et pragmatique ne pouvait concevoir. Je mis donc cette aberration temporelle sur le dos de quelque technique d’hypnose connue par ce vieux fou et franchis la porte automatique pour me diriger vers le bureau de mon collègue minéralogiste.
 
Arrivé à une dizaine de mètres de son lieu de travail, je fus arrêté par un agent de police qui me demanda fermement de ne pas m’approcher de ce qui ressemblait à une scène de crime. Je pus tout de même apercevoir – couvert d’un drap blanc entaché de sang – le corps sans vie de mon collègue transporté sur un brancard, qui par un ignoble hasard fut découvert accidentellement en laissant entrevoir un visage marqué par une horreur sans nom, semblable à celle constatée lors de crise cardiaque d’une rare violence. Je manquai alors de vomir et dus m’appuyer contre un mur adjacent pour ne pas tourner de l’œil. Après avoir repris possession de mes esprits, je réussis tant bien que mal à approcher un des brancardiers qui était sorti fumer dans la cour pour lui poser quelques questions. L’homme, un jeunot, me dévisagea d’abord – ce qui était sûrement dû à un teint blafard lié aux derniers évènements – et me tint ces propos.
« Hé bien, on dirait que vous avez vu un fantôme ! C’était quelqu’un de votre famille ? Laissez-moi deviner… non ! Un collègue à vous ! Oui voilà… Ah la la la sacrée histoire, le pauvre homme a été retrouvé mort le visage ensanglanté, infarctus du myocarde foudroyant, le médecin a d’ailleurs noté un fort "relief" au niveau de sa poitrine, ce qui, de toute évidence, laisse penser à une sorte d’implosion… »
Il n’eut pas le temps de finir la fin de sa phrase que je régurgitai mon déjeuner sur ses chaussures, tâchant tout de même de conserver ma stabilité mentale pour ne pas sombrer dans la psychose. Je mis ce manque de tact sur l’absence totale de maturité chez les jeunes d’aujourd’hui et, m’empressai de demander au policier s’il avait retrouvé une note ou quelque chose de semblable. Fort heureusement mon collègue avait, avant son décès, pris le temps d’écrire une glose sur l’artefact que je lui avais confié, qui, on ne me l’apprit qu’un peu plus tard, avait été retrouvé serré entre ses deux mains. Je demandai alors s’il était possible de le récupérer ainsi que les notes de mon défunt collègue, ce qui me fut accordé au vu de l’innocuité de l’objet, et surtout des causes d’apparence naturelle de son décès. Heureusement il était intact, c’était peut-être la seule chose qui soit arrivée de bien dans cette maudite journée.
Une fois le coffre déposé dans un sac de transport que je gardai dans mon bureau, je pris une pause de quelques minutes pour méditer sur les derniers évènements, et conclus de manière logique qu’au vu de l’âge avancé de mon collègue décédé et en ajoutant à ça les facteurs héréditaires, ainsi que le mode de vie épuisant d’enseignant à l’université, qu’il était tout à fait logique et plus que probant que celui-ci soit mort d’une défaillance cardiaque sévère. Cette pause me permit aussi de me rendre compte de mon état de fatigue avancée et ma raison m’obligea à abdiquer face au sommeil. Je rentrai donc chez moi, muni de la glose et du coffre dont je décidai de ne plus me préoccuper pour l’instant, du moins jusqu’à ce que toutes mes fonctions intellectuelles me soit réappropriées par une nuit salvatrice. Pourtant cette nuit fut sans doute la plus interminable de mon existence. Je me réveillai une première fois en sursaut – mon radioréveil indiquant deux heures du matin – et je reconnus le satané bruit rauque de la nuit passée. Comme pour la dernière fois, il n’y avait rien derrière ma porte. Cet évènement ayant interrompu mon sommeil, je décidai – n’arrivant plus à fermer l’œil – de me plonger dans les notes de mon collègue. Je vais maintenant essayer de vous retranscrire le plus fidèlement possible, du moins autant que mon état de santé mentale me le permet, ce qui était écrit :
 
« 11H30 : Après avoir effectué les premières analyses au carbone 14, il s’avère à ma grande stupéfaction que cet objet ne peut être daté, tout du moins, qu’après une analyse plus poussée, cette sorte de pierre se comporte comme une matière organique vivante.
 
14H00 : C’est fabuleux, stupéfiant ! Je n’ai jamais vue une telle chose. Le matériau se régénère en permanence et est apparemment "vivant", bien que j’émette encore quelques réserves, ce serait l’explication la plus probable de l’impossibilité que j’ai pu rencontrer à le dater ! De plus j’observe avec stupéfaction qu’il interagit avec mon organisme lorsque je le tiens dans mes mains, ce qui a pour effet de lui faire émettre une lueur rouge.
 
16H15 : Je ne m’étais pas rendu compte du temps qui passait, décidément ce "cœur" est très chronophage. J’ai pu observer qu’après l’avoir touché, le simple fait d’être dans la même pièce que lui suffisait à déclencher les lueurs rouges. Je ne peux pas m’avancer car il ne s’agit pas de mon domaine d’étude, mais il se pourrait qu’un lien quantique se crée entre l’émetteur et le "récepteur".
 
16H30 : Je ne… compre… pas, n’arrive plus a réfléchir… forte douleur… bras gau… »
 
Malheureusement le reste de la note est illisible, et ce que j’ai pu retranscrire est déjà bien assez inquiétant. Je sens que mes forces me quittent peu à peu et que mon bras gauche s’engourdit alors je vais tenter de faire vite. J’ai par la suite ouvert le coffret contenant le cœur, qui luisait maintenant comme un brasier ardent. En le voyant, je fus comme vidé de ma force vitale, et je compris très vite que ça ne présageait rien de bon. Je pris alors la décision de détruire cette "chose" infernale, mais la tâche fut bien plus difficile que prévue. J’ai tout d’abord lancé le cœur de toutes mes forces contre le mur, ce qui eut pour effet de le fissurer. J’ai alors commencé à saigner abondamment du nez et à entendre une sorte de tambourinement indescriptible, semblable à celui qui m’avait réveillé, mais cette fois je compris qu’il s’agissait de mes propres pulsations cardiaques. J’utilisai alors mes dernières forces en me servant du coffre de bois comme d’une massue pour briser l’objet de tous mes malheurs, et finalement, mon instinct de survie me permit de l’achever, au bout du troisième coup d’une violence dont je ne me pensais pas capable.
Une explosion, du sang, ce n’est pas le mien, un craquement écœurant, mes os, trouver de quoi écrire... tout va bientôt se terminer, appeler les urgences… le bruit du tambour s’atténue peu à peu… de plus en plus faible…

L’enquête de police qui donna lieu à une autopsie conclut à une crise de démence qui entraîna une automutilation des membres inférieurs ainsi que de nombreux hématomes, causés par une projection incontrôlée d’objets dans la pièce. La crise cardiaque quant à elle fut attribuée à un taux important de stress et aux prédispositions dues à l’âge. Ni les débris du cœur ni les traces de sang, hormis celle retrouvées sur le cadavre du quinquagénaire ne permettent de confirmer ses propos délirants. Les notes de son collègue entachées de sang permirent de classer l’affaire comme un fait divers anodin.


              



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