Bloggu litterariu corsu

u 31 di Ghjenaghju 2013 - scrittu dà - lettu 251 volte

Apocalypse


Partie 1

La petite forêt de chênes verts est dense. Ils y sont cachés, dans un enchevêtrement de maquis bas et de ronces, à quelques mètres de la petite départementale. Heureusement, les quatre hommes lourdement armés n’ont pas de chiens, Fred et Marc auraient vite été débusqués.
Un d’entre eux s’arrête net, il avance dans leur direction, kalachnikov pointé, il déboutonne son treillis, ils voient et sentent l’urine qui fume au contact des feuilles et de la mousse tapissant les rochers.
Combien de temps vont-ils tenir dans la clandestinité ? L’étau se resserre, ils connaissent le terrible sort réservé aux prisonniers, ils les font combattre, pariant sur l’issue de ces luttes à mort. Les survivants poursuivent ces joutes sanglantes, les vaincus se font prélever les organes. Les jeux du cirque revisités, devant une foule d’hommes et de femmes très riches, et de traitres corses, avides de sang et d’argent.
Ceux qui ne sont pas aptes au combat sont livrés en pâture, pour un bon entraînement, aux chiens d’attaque.
 
Depuis que la Corse est devenue une province Russe, la situation a empiré rapidement et tragiquement.
C’est une France complètement éclatée qui a abandonné des pans entiers de son territoire, une partie du sud de la France et la Corse sont Russes. L’Alsace et la Lorraine sont redevenues Allemandes.
Tous les fervents défenseurs de la liberté à tout crin, ont détruit le dernier semblant d’équilibre sociétal, la drogue légalisée, le vote des étrangers, une culture débilitante, moins d’armée, de flics, des intégristes règnent aujourd’hui sur des villes entières.
Le mariage pour tous a commencé à dériver, avec le reste, dans les années vingt (2020) le business de la vente d’enfants s’est développé. L’industrie pharmaceutique, volontairement, a appliqué une répartition à deux vitesses, pour les riches, accès aux réelles avancées médicales, pour les autres des remèdes pires que le mal, entretenant un "parc malades" rapportant des centaines de milliards. Des sectes de plus en plus nombreuses et illuminées sont apparues, les repères volant en éclats, détruisant la structure familiale. Des dirigeants politiques incompétents, dépassés, ruinant, à coup de mesures droit-de-l’hommiste, tout espoir de rémission. Avec une économie totalement effondrée induisant une misère fatale. Tout ceci renforçant tous les extrémismes et l’intégrisme, seuls repères pour beaucoup d’esprits faibles, dans un pays déstructuré.
 
La Corse n’a pas voulu de ce modèle suicidaire. Dans un contexte mondial très compliqué, et ne pouvant évoluer seule, le projet d’alliance avec la Russie a d’abord été une solution, amère certes, mais c’était le contexte…
Très vite des milliardaires avides annexèrent les plus beaux lieux. Nombre d’insulaires, sentant le vent tourner, tentèrent leur chance au sud de l’Europe. Certains, dont beaucoup de mafieux, furent très zélés, collaborant sans scrupules avec les nouveaux maîtres des lieux, crachant ainsi à la face de leurs compatriotes.
Pour la majorité des corses, cantonnée dans des zones centralisées type HLM, au mieux ce sont des emplois minables et mal payés.
Certains sont entré en résistance, avec comme préalable, le sentiment d’une défaite annoncée.
Les échecs des "libertaires" donnèrent raison aux sécuritaires, la gestion des totalitaires ne donna raison à personne.
Tout le monde regrettant l’ancien modèle démocratique occidental, aussi imparfait fut-il, la vie n’était finalement pas si désagréable.
 
Fred et Marc relâchent l’étreinte crispée sur les crosses de leurs 357 magnums.
Ils se rendent dans une bergerie abandonnée au cœur du maquis, blottie sous de grands chênes lièges, ceux-ci masquant l’éventuelle vision à des drones.
Demain ils vont tenter de tuer le gouverneur de la région sud, Vassili Govoretski.
Ce milliardaire mégalomane a fait construire un véritable palais, dans une zone qui jadis était un "sanctuaire", la Testa Vintilegna, en bord de mer.
Deux mille mètres carrés de démesure, des colonnes ornées d’or, des piscines intérieures et extérieures, une salle de cinéma, une discothèque… Dans une grande tour, un véritable harem, une vingtaine de prostituées y vivent à plein temps, prêtes à assouvir ses pulsions et celles de ses amis.
Marc et Fred ont un ami parmi le personnel de Govoretski, il va faire en sorte de leur donner l’emploi du temps de celui-ci.
Pour le moment, ils sont dans la bergerie avec pour seul repas du pain rassis, un bout de fromage dur comme de la pierre et de l’eau.
Ils sont sales, épuisés, le moral en berne.
Fred est le plus mal des deux, en plus d’être un homme traqué, il angoisse pour sa femme et ses deux enfants en bas âge. Marc n’a que quelques cousins qu’il ne fréquente pas, il est du même avis que beaucoup d’hommes sur terre, vu que chaque pays est rongé de l’intérieur, sans espoir, la meilleure solution serait d’utiliser l’arme nucléaire, chacun sur son territoire.
Des milliers de champignons atomiques pour éradiquer l’espèce humaine qui est arrivée au bout de l’absurde.
Tony le Bastard www.pileus.fr
Tony le Bastard www.pileus.fr

Partie 2

Le lendemain, Vincent, un ami des fugitifs, les retrouve aux abords du village de Chera.
Vincent : J’ai peu de temps, aujourd’hui Govoretski et quelques amis à lui, dont Michel Taddei (chef mafieux puissant en Haute-Corse) vont faire une oursinade dans la crique principale de Vintilegna. Un ami va passer dans une heure, vous vous cacherez à l’arrière de son fourgon, il vous déposera au croisement.
Marc : Merci pour les risques que tu prends !
Vincent : Tenez, quelques provisions.
Marc et Fred sont des tireurs hors pair, capables de trouer une pièce de monnaie à bonne distance.
Ils se disent qu’ils peuvent réaliser un beau tir groupé aujourd’hui, avec une belle brochette d’ordures à portée de tir.
En cette journée d’hiver qui s’achève et de printemps précoce, la luminosité est parfaite. Pas éblouissante, définissant chaque contour avec précision et clarté. Le maquis revêt son habit flamboyant, les insectes réinvestissent les lieux.
Cette douceur sucrée contraste avec la situation apocalyptique vécue par l’ensemble des corses.
De l’intérieur du fourgon, à travers les interstices de la taule, ils voient les quatre mercenaires d’hier, à côté d’eux, un petit garçon de cinq ans et sa sœur d’une vingtaine d’années.
Fred demande au chauffeur de s’arrêter, ça n’alerte pas les quatre hommes pour qui le fourgon de livraison de légumes et son chauffeur sont familiers, il approvisionne aussi leur patron. Leur attitude ne laisse pas de doute sur le sort qu’il réservent à la jeune fille, ils tirent sur son haut pour agrandir son décolleté, font des attouchements, le petit garçon, qui a une petite bouille ronde, de belles joues rouges, lève la tête aussi haut qu’il peut, en tirant sur le pantalon d’un des colosses, des petits tremblement aux commissures de ses lèvres, avec ses deux yeux noirs, ronds comme des billes et écarquillés, retenant ses larmes, comme pour se persuader que tout va s’arranger :
 - Monsieur ma sœur elle a pas fait méchante ! Et papa et maman il dort ?
Les mercenaires partent d’un rire glauque, sans compassion, seules comptent leurs pulsions.
Fred et Marc voient les corps des parents gésir dans une mare de sang.
Fred : Tu t’occupes de ceux qui sont à gauche, et moi des deux autres !
Ils accélèrent leur course, les quatre hommes entendent le bruit des pas, ils ont juste le temps de se retourner qu’une balle se loge dans leurs cerveaux, ils tombent, raides comme une saillie. Le frère et la sœur montent dans le fourgon, les deux amis vont balancer les corps des hommes de Govoretski aux cochons affamés.
Le chauffeur les dépose au croisement de la testa, il déposera le frère et la sœur dans un lieu sûr et encadré.
Fred : Tu te rends compte ? Comment peut-on faire ça à des enfants ? Ces gens-là sont des chiens enragés, ces enculés de Govoretski et Taddeï vont crever aujourd’hui.
Marc : Oui, ils vont peut-être m’avoir, mais je vais en exterminer tant que je peux !
Les deux amis se planquent sous les arbres, entre les rochers, de manière à dominer la plage.
La mer translucide vient lécher le sable et les galets, puis se retire, dans un mouvement constant.
Le bruit de la mer est apaisant, le chant des oiseaux est mélodieux, et le soleil est doux, ils mangent de la bonne charcuterie, boivent un bon vin rouge, quelques clémentines, et Vincent a même pensé à laisser un Thermos de café.
Curieusement ils sont détendus, et surtout déterminés.
Ils ont appris que les occupants commencent à ouvrir des camps de concentration, et ils savent bien que le but est l’extermination d’un peuple qui ne leur sert à rien.
Dans son palais, Govoretski, Taddeï et quelques autres, sont à l’apéro, devant eux deux plans d’eau et rien d’autre, ceux de la piscine et de la mer.
Govoretski : On y est le deuxième camp est ouvert, on va pouvoir se débarrasser de ces parasites qui polluent cet endroit magnifique !
Taddeï : Ce sont des bons à rien et des ingrats, ils me critiquent, même à moi, c’est quand même grâce à des gens comme moi qu’on développe cette île avec votre collaboration.
Govoretski : Chez nous aussi, on en a eu des "inadaptés" On les a soigné en les noyant dans leur sang ! AH Ah Ah !
Ils rient tous de bon cœur.
Deux grands 4/4 noirs aux vitres blindées, arrivent avec les oursins.
Apocalypse

Partie 3

Deux quatre-quatre arrivent par le chemin de terre bordé de maquis. Ils se garent non loin du petit sentier qui serpente jusqu’à la plage.
Govoretski, Taddei, et quatre gardes du corps débarquent, se rendent sur des rochers plats à fleur d’eau, et commencent à manger les oursins.
Fred et Marc ont récupéré des armes sur les mercenaires, deux fusils de précision SV-8, deux kalachnikovs des grenades et des munitions.
Ils sont allongés, camouflés par des branchages, leurs fusils pointés sur Govoretski et Taddeï. Les quatre gardes du corps se sont mis en retrait, scrutant les alentours.
Govoretski :
 - Putain c’est le paradis ici ! On va construire des palaces en bord de mer, ce sera vendu à mes amis politiques, à des émirs et à des milliardaires du monde entier.
Taddei :
 - Oui, et en montagne il y aura les laboratoires de drogues, et on formera quelques bergers et éleveurs de porcs russes, pour avoir de bons produits nustrale !
Govoretski :
 - Ce que j’aime chez toi, c’est que tu es au moins aussi pourri que moi! Au fait, on se fait les couilles en or avec la vente d’organes. Bonne viande ces corses !
Les deux amis rient de bon cœur.
Taddei tombe lourdement la tête la première dans la poubelle pleine d’oursins, Govoretski tombe à la mer, répandant, par le trou parfaitement rond et centré au-dessus de ses deux yeux, un filet rouge qui attire crabes et petits poissons.
Les gardes du corps n’ont pas le temps de réagir, une grenade en déchiquette deux, les autres finissent également avec une balle dans le crâne.
Les deux fugitifs prennent les portables et les armes, le pain, les oursins… Chargent le tout dans le gros Mercedes noir blindé, entrent en contact avec d’autres résistants et partent pour les rejoindre dans une planque.
Ils prennent des raccourcis, des pistes, sur l’une d’entre elle ils entendent un bruit sourd, dans le rétro un hélicoptère d’attaque Russe Mi-28 arrive vers eux…
Une explosion, un bruit de ferraille comme une plainte inhumaine, l’hélicoptère fou tourne sur lui-même comme un insecte désorienté et se crash dans le maquis. À droite deux rebelles, l’un d’eux a un bazooka sur l’épaule, plus loin un panache de fumée s’élève formant un gros champignon.
La mort de Govoretski rend le pouvoir hystérique, vingt mille soldats russes arrivent en renfort. Dans les camps, des prisonniers sont exterminés à la hâte, alignés à genoux, les mains liées dans le dos, d’une balle dans la nuque à bout touchant.
De plus en plus de corses prennent le maquis, des combattants arrivent, avec un bel arsenal, d’Italie, d’Espagne, d’Irlande et d’Ecosse, pour soutenir l’insurrection des insulaires.
Des actions ciblées mettent à mal les forces Russes.
La réplique est impitoyable. Toute la population d’un petit village de montagne est exterminée, alors qu’elle chante d’une seule voix, le Dio vi salvi regina.
Les insurgés ont l’avantage d’opérer sur des terrains escarpés, difficiles d’accès pour l’ennemi, et d’avoir une connaissance parfaite des lieux.
Mais l’armée Russe dispose de lourds moyens terrestres et aériens, ils balancent des bombes "micro-ondes", avec un bruit caractéristique et terrifiant. Ces merveilles de technologie épargnent les constructions, se contentant de faire imploser tous les organismes dans un rayon de plusieurs centaines de mètres. D’abord les organes explosent, puis tout est bouilli de l’intérieur, les corps comme des cataplasmes jonchent le sol.
Les autres nations ferment les yeux, la Russie gère de manière opaque, de plus on la craint énormément.
Un couvre-feu a été instauré pour tous les corses non prisonniers, tous leurs moyens de communication ont été saisis.
Un jour, dans un village, un vieux se dresse devant un char pour l’empêcher de pénétrer sur la place de l’église.
 - Chez nous on respecte les églises !
Le char lui passe dessus, broyant, devant des enfants en larmes, un brave ancien respecté de tous.
Des hommes du village prennent les armes, tuent tous les occupants du char, un résistant connaissant le fonctionnement de ces engins est prévenu, des hommes viennent le récupérer.
Les attentats contre l’occupant se multiplient. La guerre est sanglante, les enfants, les femmes et les personnes âgées sont des moyens de pression sur les combattants.
Les Corses savent qu’ils vont mourir, autant que ce soit debout, au combat.
Les hommes ne sont que vibrations, celles d’ici sont en passe de disparaître, ce qui n’est plus à leur portée pourrait-il le revenir ?
Plusieurs insulaires sont parti dans divers pays informer de la situation en Corse, parmi eux quelques scientifiques avec dans leurs bagages, de quoi changer la face du monde. Le vide, l’espace, contient une énorme quantité d’énergie, proche du zéro absolu (le point zéro), une énergie utilisable en abondance.
C’est l’énergie électromagnétique contenue dans la trame de l’Univers. Elle est présente dans l’espace et dans la matière. L’énergie libre occupe tout le "vide" qui nous entoure. Il existe dans l’univers une force gravitationnelle supérieure aux masses répertoriées, où il y a une énergie invisible libre qui subit l’effet d’une pression cosmique. Des chercheurs corses peuvent tirer de chaque mètre cube d’espace une quantité phénoménale de cette énergie. Le savoir-faire est là, manquent des moyens supplémentaires. Plusieurs pays acceptent le deal, aider à la libération de la Corse, fournir des moyens pour l’accomplissement à grande échelle de la captation, en retour la Corse leur fournira l’énergie nécessaire, sans dévoiler son savoir-faire, ouvrant des perspectives infinies à l’humanité, dont la conquête spatiale.
Une coalition internationale acte la libération de la Corse comme objectif prioritaire. Un embargo plonge la Russie dans l’isolement pour une durée indéterminée.
Les troupes de la coalition combattent auprès des corses, les prisonniers des camps sont libérés, les responsables russes abattus.
Fred, Marc, toute la population est debout, fière, l’enfer est terminé, il va falloir panser les plaies et reconstruire.
Mais ceci est une autre histoire…
Apocalypse


              



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Anima Cappiata !

Torna altri rumpistacchi chì ci impuzzicanu incù i so testi, vulendu propiu esse letti per sperà ottene una qualunque gloria ch'elli ùn anu micca in a so vita viota è senza intaressu. Bon... forze chì ghje vera. Ma ci n'impippimu. È pò, a mi diciarete, bloghi litterarii, nant'à a tela, è sopra tuttu nant'à a tela corsa, ci n'hè ghjà à buzzeffa ! Tanti scrivanetti pumposi ! È bè tantu peghju ! O tantu megliu ! Hè solu una vitrina di più per fà scopre qualchi testi scritti, senza pritenzione, incù u core, incù e trippe, o incù e viscere chì vi cunveneranu...