Bloggu litterariu corsu

u 18 di Sittembre 2015 - scrittu dà Christian Bessière - lettu 367 volte

Alep I love you


Il courait depuis plus de vingt minutes, il ne comptait plus, il avait l'impression de courir depuis des plombes, depuis toujours, depuis qu'il était parti. Il ne supportait plus le bruit des bombes, des balles, le gout des galettes distribuées en attendant des heures dans la queue interminable des gens qui ont constamment faim, du moisi à l'âpre, de rassurer sa sœur pour éviter qu'elle ne pleure, qu'elle ne crie, il faisait autant d'efforts pour la faire rire les jours de paix ou de pluie. Il repensait aussi à l'image de sa mère se prenant la tête dans ses mains pour la relever fièrement par moments, et toutes ces milices armées jusqu'aux dents qui débarquaient de droit ou de dieux dans n'importe quel endroit de son champ de vision, mais ce qui le terrorisait le plus, c'était les mecs de DAESH, il les appelait les mecs en noir… en plus il prenaient leur temps pour terroriser les autres en les forçant à regarder… ça, il ne pouvait plus, son père le savait.
On lui avait raconté, quand il était en Italie, qu'en France, les mecs seuls, c'était pas ça. L'argument tendance des gens était qu'ils devraient plutôt monter au combat et se défendre comme des vrais Syriens au lieu de fuir leur pays ; des vrais Syriens…, lui, l'étudiant de dix-neuf ans en Arts plastiques et architecture… et amoureux des Stones… rien que l'idée de tenir un AK dans ses mains le faisait marrer. Il détestait ce bruit de chargement de culasse et quand ils envoyaient des rafales sur tout et n'importe quoi.
Il se jeta d'un coup derrière le buisson de myrtes, comme il l'avait prévu une minute avant. De toute façon, il ne pouvait aller plus loin exténué. Il reconnaissait son odeur enivrante, ça le ramenait un peu chez lui.
Les trois mecs le dépassèrent en marchant rapidement, les pierres roulaient de tous les côtés et les brindilles craquaient avec de petits bruits secs sous leurs pas pressés. Ils connaissaient leur piste, leur village, leur région, même dans la nuit naissante. Il était tétanisé de peur en serrant son sac contre lui et en même temps se disait qu'après tout ce qu'il avait fait depuis des semaines, que tout se passerai bien encore une fois, comme une belle étoile qui ne vous quitte jamais.
Il passa sa main sur son visage sale, il se l'était égratigné dans le maquis en s'enfuyant quand ils avaient commencé à lui gueuler dessus sans raison.
Ils s'éloignèrent aussi vite en baragouinant des trucs qu'il ne comprenait pas. Enfin il put bouger et il se désaltéra de l'eau de source du coin sans quitter son buisson, il n'oubliait jamais remplir sa bouteille avant quoi que ce soit ; les conseils de son oncle, disparu depuis deux ans et trois mois déjà, son père n'avait aucune informations sur ce qu'il était devenu ni s'il était toujours vivant, rien. il se remit en marche tout en sachant très bien qu'il valait mieux qu'il se trouve un coin pour dormir caché jusqu'à l'aube et sans faire de feu ni de lumière. Il lui restait un peu de batterie sur son iPhone, il l'éteignit aussitôt économe et prévoyant, de l'endroit où il s'était entortillé dans son duvet, il pouvait voir, entre les branches, les étoiles briller. Il se dit que parmi elles il y avait la sienne en fermant les yeux,
Jusque-là tout va bien.
Alep I love you


              



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Torna altri rumpistacchi chì ci impuzzicanu incù i so testi, vulendu propiu esse letti per sperà ottene una qualunque gloria ch'elli ùn anu micca in a so vita viota è senza intaressu. Bon... forze chì ghje vera. Ma ci n'impippimu. È pò, a mi diciarete, bloghi litterarii, nant'à a tela, è sopra tuttu nant'à a tela corsa, ci n'hè ghjà à buzzeffa ! Tanti scrivanetti pumposi ! È bè tantu peghju ! O tantu megliu ! Hè solu una vitrina di più per fà scopre qualchi testi scritti, senza pritenzione, incù u core, incù e trippe, o incù e viscere chì vi cunveneranu...