Bloggu litterariu corsu

u 10 di Marzu 2013 - scrittu dà - lettu 255 volte

Western crépusculaire


Western crépusculaire
 
Steve est allongé dans une caisse en bois pleine de pommes de terre. Il y est habitué, le plus dur, ce sont les petites bêtes qui le piquent. A presque deux ans, c'est un beau poupon ;  il y a le chien avec lui. Souvent le chien le lèche, déclenchant son rire de petit enfant, le plus pur, mais la dernière  syllabe est crispée. Et ça, le petit bâtard, avec son oreille plus basse que l'autre,  il l'entend la dernière syllabe, alors il le lèche encore avec un petit mugissement aigu.  Le père est un fantôme, locataire d'un corps. L'esprit erre on ne sait où. La mère est partie avec un autre pochtron, un bon baratineur. Mais Steve a une grande envie de vivre, il a cette faculté. Son père l'a emmené une fois sous un pacanier de près de trente mètres de haut. Il y pense souvent, ce vent dans les branches, cette démesure, ça lui ouvre tous les espoirs, même s'il est trop petit pour y mettre des mots.

La sœur de son père, Laura, vient s'installer au ranch avec Davy, son mari, pour reprendre les affaires en main. Steve ne dormira plus dans la caisse de pommes de terre. Même si son  père boit de plus en plus,  il l'aime toujours autant. Laura ne sait pas cuisiner, Davy a des dents de lapin, une voix nasillarde et un épi sur le front. Un jour, lors d'un pique-nique au bord du Rio Grande, Steve voit une petite fille avec deux nattes noires, elle le regarde avec des yeux écarquillés et lumineux, en agitant les bras comme si elle volait.
<<-Laura: C'est une indienne! Ne la regarde pas.>>
Mais déjà les particules du petit cœur de Steve s'émulsionnent avec celles d'Adrika.
 
Des années ont passé. Steve a chevauché pendant des jours sur son Mustang noir et blanc le long du Rio Grande. Il retourne chez lui, à Eagle pass, au Texas. Le bétail qu'il a ramené double son cheptel. Il a donné la paye aux bouviers engagés pour l'occasion, ils ont fait le long et périlleux voyage avec lui. Les cowboys vont fêter la fin du périple au saloon le plus branché de la ville. En se rapprochant de chez lui, Steve aperçoit une fumée bleutée au dessus de la maison. Il sent la bonne odeur des haricots mélangés à la cuillère en bois, préparés par Adrika, sa femme, de la tribu des Kitsais.
Steve a su travailler en bonne intelligence avec les Indiens.
C'est pendant un troc avec eux qu'il a revu Adrika, après plus de 20 ans. Un souffle de jeunesse, un coup de foudre d'enfance confirmé. Cela fait 3 ans qu'ils sont mariés.
Ils s'enlacent, Steve touche les petites fesses bombées de sa squaw, il en bave un peu.
Adrika verse des larmes de joie. 
Davy fait rôtir  de belles côtes de bœuf, Laura est morte, il y a quelques année,  des suites d'une morsure de crotale. Il est parfois périlleux de se soulager en pleine nature. Davy n'a plus que deux dents, il fait des "che che" à chaque mot.
Steve prend son trésor dans les bras, sa petite Chadna Mary, qui vient d'avoir deux printemps. Elle a la peau mate, de grands yeux bleus plus limpides que l'eau des rivières, de belles joues entre lesquelles s'agite une bouche en cœur, et deux nattes comme sa maman.
Steve met sur la table tous les trésors qu'il a ramené d'Amarillo.
Il y a rencontré des marchands venus du bout du monde. Il ramène de beaux tissus colorés, des ustensiles de cuisine, et des spécialités venues d'une île lointaine.
<<-Steve : Ces marchands m'ont vendu des fromages extraordinaires, de l'AOC, Anghjulu  Orsu Canarelli. Certains fromages marchaient tout seuls, des Indiens ont pris peur et ont tiré des flèches et des tomahawks dessus. Mais après avoir goûté, ils ont acheté tout le stock . Et ça ? C'est formidable ! U salamu di Quenza!
-Adrika : Oh merveilleux, un jour nous irons dans cette île!
-Davy : Che veux goûter u chalamu di Quentcha! >>
Steve pleure dans son cœur, il aurait tellement aimé être le bâton de vieillesse de son père, le voir pêcher au bord du fleuve jusqu'au coucher du soleil.
Dans les jours qui suivent, il répare la toiture qui fuit par endroits, mais le fait marquant est qu'il est plébiscité pour être le représentant des éleveurs de la région. Il bénéficiera d'avantages, une belle prime mensuelle, des cowboys à sa disposition, gratuitement, pour palier son absence, et son poids en chocolat.
Justement, il doit s'absenter quelques jours pour une réunion avec les  représentants des éleveurs de tous les districts du Texas.
Les prairies sont en fleurs, Adrika et Chadna  Mary font un pique-nique sous le pacanier de Steve.
Davy pêche un peu plus loin.
Trois desperados rôdent par là,  ils voient le tableau : une belle indienne et sa fille, civilisées, un gringalet avec une houppette qui pêche plus loin...
 
Tant pis, je vais paraître caricatural, mais les trois méchants ont des sales gueules. Je ne fais que relater les faits.
 
Les trois crotales puants vont souiller ces fleurs des prairies -- oui, cela  existe, ou cela a existé, des âmes pures. L'un d'eux, avec sa moustache en bataille, ses dents pourries et sa gratte au cul, rampe jusqu'à Davy qui ne  chochotera  plus jamais. Il flotte dans le Rio Grande la gorge béante. Les deux autres surgissent devant Adrika et Chadna. Adrika se raidit, prend Chadna dans ses bras.
Bien sûr, sentir qu'elles ont peur excite ces porcs.
Le plus gras des trois s'approche avec un rire sardonique.
<<-Chadna crie : Mon papa il est gentil....>>
Adrika plante son poignard dans les couilles du gros porc. Elle tombe lourdement au sol, à moitié sonnée. Elle se retourne, l'ange est rouge sang.
Steve arrive au galop, sa maison est en feu.
Il est fou d'inquiétude.
Il arrive devant le pacanier. Le crépuscule est rougeoyant, le hurlement glaçant, terrifiant, désespérant. Malédcition à jamais et à l'humanité tout entière. Une maman et son ange, en croix sur son arbre fétiche.
 
Et l'on voit un cœur se transformer en pierre, des yeux devenir glace.
 
Ils vont le regretter !


              



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Torna altri rumpistacchi chì ci impuzzicanu incù i so testi, vulendu propiu esse letti per sperà ottene una qualunque gloria ch'elli ùn anu micca in a so vita viota è senza intaressu. Bon... forze chì ghje vera. Ma ci n'impippimu. È pò, a mi diciarete, bloghi litterarii, nant'à a tela, è sopra tuttu nant'à a tela corsa, ci n'hè ghjà à buzzeffa ! Tanti scrivanetti pumposi ! È bè tantu peghju ! O tantu megliu ! Hè solu una vitrina di più per fà scopre qualchi testi scritti, senza pritenzione, incù u core, incù e trippe, o incù e viscere chì vi cunveneranu...