Bloggu litterariu corsu

u 17 di Ghjenaghju 2013 - scrittu dà - lettu 419 volte

Voyage en noir et blanc


Marylin. Hubert Canonici
Marylin. Hubert Canonici
Je me réveille devant le miroir de la salle de bain, pourquoi me renvoie-t-il le reflet de mon dos ? J’ai pas envie d’élucider quoi que ce soit, juste l’intuition que tout va être repeint en noir et blanc. Dehors, je n’ai plus d’ombre, et l’ombre des gens est l’ombre d’une croix. Une petite fille, huit ans au plus, dans une rue obscure m’interpelle, sa voix de vieille cabouleuse, éraillée par des années de gitanes sans filtre me glace le sang, même si elle parle en araméen ancien le propos me semble limpide. Son visage gris clair est brumeux, sauf, quand dans un rictus dévoilant des dents noires, ses yeux reprennent vie, comme un flash. Plus loin une trentaine de personnes déploient des banderoles A Droga Basta ! Je me détourne et accélère, ailleurs ce sera plus clément. Et si j’achetais un journal ? Ça c’est une bonne idée, consensuelle, vous fondant dans la masse, pour mieux cacher mes desseins. Le marchand de journaux n’a pas d’yeux, deux trous réguliers où l’on peut voir derrière sa tête. Son sourire commerçant figé est déplaisant, sans un mot il me donne le journal de demain, encore un complot, la messe anniversaire de ma mort dans la rubrique funèbre, ridicule. Heureusement que le FC Calacuccia a battu Manchester United, 5 à 1, en finale de la Champions League. Enfin j’arrive aux studios de télévision, ils sont tous attachés à quatre pattes, des obus plantés dans le cul, Ruquier, Drucker, Jean Dujardin, Anne Roumanoff, Cali… Avec Francis Lalanne, arpentant, droit dans ses longues bottes, le grand studio de cinéma en déclamant des vers où il fait la louange de la sève des végétaux. Au milieu de la salle, sacrilège, la tête coupée et bien vivante de Léon Zitrone récitant des Haïku, en Corse : Hè falsa a pace Quella d’un locu solu È l’altri in focu… Bizarre, je n’arrive pas à faire le lien, mais je repars, les obus vont éclater. Ah tout se redessine, s’assainit enfin, les gens sont biens vivants, et bien en noir et blanc, moi aussi, j’ai retrouvé mon ombre ! Enfin mon vœu se réalise, toute cette merde a été balayée, derrière un lampadaire, une silhouette de détective, je m’approche, le commissaire Maigret ? Putain c’est Jean Gabin, je ris comme un enfant pour qui le monde est fait d’aventures perpétuelles, et où même les tigres vous sautent dessus pour jouer. C’est vous Monsieur Gabin ? J Gabin : - Oh toi mon p’tit gars, je sais c’que tu vas me demander, si on fait l’coup combien ça va nous rapporter ? Vingt piges, le butin ça s’divise la réclusion ça s’additionne ! Il me fait un clin d’œil. C’est fou, jamais je ne m’étais aussi bien compris avec les humains, et là… Mais c’est Gabin. Allez mon p’tit gars viens, on va aller boire un coup au bar de la marine, y a Georges qui gratte sa guitare ! Et mon pote Lino fait des pâtes avec Fernandel ! Je me lance, un jeu de mot pourri :- À quatre pâtes ils seront ravioli ! J Gabin : - OOOh mets la en veilleuse ! Je monte dans sa traction avant, on roule sur une avenue ou toutes les boutiques vendent des meubles, des habits, de tout, des années cinquante. Quel bonheur, quelle pureté, mais je suis dans mon monde… Mais oui ! Le Bar de la marine, César et Marius nous accueillent, Raimu : - Vous voulez un picon citron curaçao spécialité de la maison ? Avec un morceau de figatellu au feu de bois ? - Oh oui monsieur Raimu ! Au bout du comptoir, oui c’est bien lui, un peu gauche, timide, au charisme rayonnant, le moindre petit sourire est humble et bienveillant, il me fait un clin d’œil, quelques accords et chante o ciucciarella ! Et les copains d’abord. Quel bonheur, même les œufs au plat sont en noir et blanc. Mais je laisse ma plume pour l’instant, c’est trop bon.


              



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Torna altri rumpistacchi chì ci impuzzicanu incù i so testi, vulendu propiu esse letti per sperà ottene una qualunque gloria ch'elli ùn anu micca in a so vita viota è senza intaressu. Bon... forze chì ghje vera. Ma ci n'impippimu. È pò, a mi diciarete, bloghi litterarii, nant'à a tela, è sopra tuttu nant'à a tela corsa, ci n'hè ghjà à buzzeffa ! Tanti scrivanetti pumposi ! È bè tantu peghju ! O tantu megliu ! Hè solu una vitrina di più per fà scopre qualchi testi scritti, senza pritenzione, incù u core, incù e trippe, o incù e viscere chì vi cunveneranu...