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u 25 di Farraghju 2014 - scrittu dà - lettu 301 volte

Ville d'acier


L’histoire se situe dans un cycle indéfini… La ville d’acier est une prison absurde… Capitale névralgique du nouveau monde.
Artz, citoyen de trente ans, se rend dans le quartier "Malcom" ; les immeubles y sont blancs, strictement réservé aux derniers humains noirs de la planète.
Ils sont quelques centaines de milliers ; à préserver absolument.
La mégapole++ s’étend sur 9000 kilomètres carrés.
Au sol des pavés de pierres de lune polis, des blancs laiteux et des sombres marbrés. La ville est entièrement plate.
L’architecture est épurée et uniforme, avec des constructions de 100 étages ; une bonne largeur gage de stabilité. La teinte dominante des immeubles, recouverts de peaux humaines, est la couleur chair ; celles du quartier noir sont blanchies par des procédés chimiques complexes, dont la projection à grande vitesse d’insectes hyper oxygénés. Il existe des variantes dues aux diverses carnations, Artz trouve cela macabre.
Dans les larges rues, des Wagons dorés transportent les citoyens.
L’invariable décor change d’atmosphère avec les ciels. En lisière, tout autour et à perte de vue, les plaques d’acier recouvrant l’espace entre les continents défient l’infini. Le ciel s’y reflète, ainsi que sur les pavés des grandes places et avenues, matérialisant des océans figés.
La chaleur due à la réflexion solaire sur l’acier est captée et transformée en énergie.
Quand de grosses masses nuageuses survolent la mer d’acier et la ville, celle-ci s’anime et semble avancer en trompe l’œil vers un tragique destin.
Au centre de la mégapole, visible en tous points, six tours géantes de 1000 étages revêtues de peaux noires. Des dizaines de milliers de citoyens y travaillent ; les autres y viennent à leur mort. On dit que des rituels occultes s’y déroulent quotidiennement.
 
Artz a une accréditation permanente, il peut se rendre à volonté dans le quartier Malcom.
Artz :
 - Bienveillance, évidemment, par toutes les fientes momifiées, je viens réguler les comportements des enfants les plus fragiles !
Chef du secteur 157 :
 - Bienveillance, évidemment, par toutes les burnes de singes aux culs pelés, j’attendais votre visite !
Tous les enfants jusqu’à 15 ans, noirs ou blancs, sont élevés dans ces zones initiatiques dans des conditions très difficiles. Programme fort probant, après un début de parcours sans espoir, ces enfants avec traçabilité ou trouvés, entrent docilement dans le monde hyper formaté des adultes…
Le passage "Sois seul" est sous cloche et éclairé aux becs de gaz.
Les enfants ont toujours été là ; leur souci, à la nuit tombée, est de ne pas marcher sur leurs propres crottes, au moment de rejoindre leurs loges.
Les adultes qui les encadrent ne leurs offrent que discipline extrêmement dure, incohérences et langage pauvre.
Au-delà de leur cloche, ils voient s’étendre la ville sans limites, monde inquiétant et fascinant… Un moyen de mettre de la poésie là où elle n’existe plus.
Une partie des enfants trouvés est utilisée par les élites dans des séances rituelles occultes et de cannibalisme ; les autres vont devenir des travailleurs consommateurs résignés.
Artz suit le chef de secteur dans le passage à l’air vicié. Des centaines d’enfants y vivent jour et nuit.
La plupart du temps, ils effectuent des travaux pénibles et vains.
Artz a grandi ici, sous cloche, secteur 157, à l’époque les blancs et les noirs cohabitaient.
Puis il fut décidé de supprimer tout risque de mixité, donc de dilution de la race noire, exotisme oblige.
Les couples étant interdits, les enfants trouvés prolifèrent.
La voie légale est l’engrossement par les hommes de femmes réceptacles, dans des pièces au blanc clinique.
Les contrevenants s’accouplant hors du cadre fixé servent de cobayes pour la médecine, sort fort dur.
Les femmes qui désirent pratiquer l’acte sexuel sans procréer, ont le droit, ponctuellement, d’être prostituées d’état.
Les élites dirigeantes ont détruit les plus belles valeurs, tout uniformisé ; tout a un prix, y compris les enfants. Le bastion que constituait la famille dans les temps anciens a volé en éclats depuis des lustres.
Artz lève les yeux :
« Cette ville est un tombeau à ciel ouvert ! »
Une musique douce, diffusée dans toute la ville via des relais à écho, signale la fermeture imminente des commerces et des bureaux. Les citoyens s’activent, pressés d’entrer chez eux, seuls, et d’ingurgiter leurs globules en apesanteur…
Chef de secteur :
 - Évidemment, au nom de tous les batraciens sodomites, je vous présente un cas complexe, Bwana Ascension, 12 ans, il se pose des questions existentielles ; il dit aussi des mots inconnus, comme : La légitimité d’agir en conscience !
Artz :
 - Évidemment, par tous les bipèdes aux pieds palmés, je suis curieux de m’entretenir en tête à tête avec Bwana Ascension !
 
Après quelques instants d’entretien, il est stupéfait par l’intelligence, les connaissances, et la complexité du jeune garçon.
Bwana Ascension :
 - Je n’en veux pas de ce monde qu’on nous vend. Il faudrait apporter de la culture aux enfants de manière passionnée ; des artistes devraient s’occuper de transmettre les savoirs ; le goût du travail aussi, sans jamais parler de fautes mais d’erreurs à corriger, ce serait plus judicieux. Connaître l’histoire de l’humanité, nos racines, serait bénéfique !
Artz :
 - Évidemment, par les entrailles de phoques livrées aux quatre vents, je suis sensible à tout ce que tu exprimes. Mais fais attention, tu as des pensées non formatées ; c’est dangereux dans cette ville !
Bwana Ascension :
 - Je le sais, mais j’ai confiance en vous, mon instinct est infaillible ! Mais votre langage châtié mettant en exergue des animaux, qui n’existent plus, est ridicule !
Artz :
 - Évidemment, par tous les groins scarifiés, dis-moi ! Comment peux-tu avoir de telles connaissances philosophiques et comportementales ?
Bwana Ascension :
 - Un jour, un "élu" est venu nous rendre visite. Après son discours protocolaire, il est parti dans ma loge, puis est entré en lévitation sur une feuille de cuir. Il a absorbé des globules en apesanteur, quelques-uns sont tombés au sol, j’en ai récupéré après son départ !
Artz :
 - Évidemment, par l’accouplement d’un lombric et d’une autruche, ce ne sont pas les mêmes que ceux des simples citoyens ! Ils diffusent les codes des temps immémoriaux et les connaissances universelles.
Bwana Ascension :
 - J’ai trouvé une pierre, je l’ai prise entre les mains, du granit. J’ai eu une révélation, sous cette ville se trouve une île ensevelie !
 
Bwana donne à Artz un globule en apesanteur :
 - Quelque part, sous cette ville d’acier, une île dans une mer presque fermée ; avant l’avènement de "l’ordre nouveau" c’était un lieu magnifique
Le globule le fait entrer en lévitation. Il est projeté et voit les paysages tels qu’ils étaient, respire le même air que les gens d’alors, voit des animaux, comme ces cochons sauvages mangeant des châtaignes dans une forêt – Des bateaux de pêche remplis de poissons rouges, bleus argentés, de langoustes – Des goélands survolent une ville perchée sur une falaise blanche – Des couples avec leurs enfants, tout lui parait si naturel…
Les villes sont bâties avec les pierres ou le bois prélevés sur leurs zones géographiques, de la végétation et des fleurs dans les rues et sur les balcons.... « Dieu que c’est beau ! » Se dit-il…
Un monde magnifique, ressent-il au plus profond de ses tripes et de son cœur.
Il passe un pacte avec Bwana Ascension, lui demandant de la mettre en veilleuse, pour ne plus éveiller de soupçons.
 
 
Ils projettent de mettre en œuvre une stratégie pour informer les citoyens de l’histoire du monde ; de l’infâme dictature dans laquelle ils sont manipulés de A à Z.
Leur montrer comment les élites ont détruit les plus belles valeurs humaines. L’amour, seule chose qui ne s’achetait pas, les enfants, devenus aujourd’hui des objets mercantiles…
Ils mesurent le danger d’une révolte citoyenne, les élites ont un pouvoir absolu et impitoyable. Mais ils en conviennent, mieux vaut mourir debout que vivre ce cauchemar…
 
Bwana Ascension rejoint son groupe de copains.
Bamako Fête Nat :
 - Pouistre, ces étrons malencontreux !
M Bala :
 - Ça me pestilence les panards !
Casimir: Goumignole :
 - Quel puits sans fond !
Une journée commence, ils leurs font tourner des manivelles de bonne taille, aux rouages rouillés, pendant des heures. Histoire de les pousser aux limites de leur résistance physique.
Bamako Fête Nat :
 - Pointe de fouine, dur d’emberlificoter ces articulations rogneuses !
Bokassa Candy :
 - Faudrait broyer la cloche de gaz et se diffuser dans la ville !
Bwana Ascension :
 - Les amis ! Pour gagner du temps, je vais vous globulifier les méninges. Ne dites rien ! Vous comprendrez après !
 
Ils entrent en lévitation et délirent à voix haute, pendant un moment Bwana rit aux éclats, comme s’il était un enfant insouciant…
Il s’avère que Bokassa Candy, en plus d’avoir ouvert les yeux sur l’humanité telle qu’elle est, exacerbe son instinct et ses dons de vision…
Bokassa Candy :
 - Diantre, je vais être la victime de rituels occultes, ils vont me torturer, m’exécuter, et me manger… Ma peau servira à revêtir les murs d’une habitation privée ! Ils maintiennent les gens dans la misère matérielle et mentale, ils nous font croire que cette ville est une parfaite démocratie, en fait, c’est une infamie, une insulte à l’histoire et aux hommes qui ont structuré les civilisations honnêtes de jadis !
 
 
Une nuit, avec l’aide d’Artz, le groupe parvient à s’échapper… D’ores et déjà tout a basculé, ils sont recherchés pour traîtrise…
Les élites leurs apparaissent avec des visages de démons, sans peau, sans lèvres…
Ils mettent en place un programme de diffusion des connaissances remarquable, les consciences s’éveillent, le savoir se répand dans la ville comme une trainée de poudre. On a volé leur humanité, l’amour qu’ils auraient dû donner et recevoir…
Le pouvoir se durcit, des ghettos se forment, cloîtrant la plupart des citoyens dans leurs quartiers.
Artz et ses compagnons de combat ont réussi à desceller une plaque de cette mer d’acier horizontale, frontière entre deux mondes.
Un nuage flou en sort, le vent le pousse vers les immeubles, il provoque une contamination irréversible, des tâches verdâtres et purulentes y apparaissent, ceux qui touchent ces tâches sont contaminés et meurent rapidement…
Ces peaux humaines, ne disposant plus de système immunitaire, sur des structures entièrement métalliques, constituaient l’isolation idéale ; respirantes, assainissantes, tempérantes, elles deviennent hautement nocives, rendent l’air malsain puis mortel…
 
C’est la guerre civile… À chaque heure qui passe, des dizaines de milliers de citoyens, civils et soldats, meurent… De plus, les scientifiques sont formels, la contamination va détruire la ville puis se propager sur tout le nouveau monde…
Les insurgés, menés par Bwana Ascension, ont fait le plein de globules nourrissants et de tout ce qu’il faut pour tenir très longtemps. Un millier de citoyens, hommes femmes et enfants, équipés de rétro propulseurs, s’engagent dans le monde oublié en refermant la porte sur leur passage. Parmi eux, Marnélia, une jolie blonde dont les échanges de regards avec Artz ont toujours été intenses…
 
Ils arrivent sur un mont accidenté de l’île, la pénombre n’y règnera plus pour longtemps.
Évidemment, il conviendra de mettre en pratique les préceptes qui suivent :
 - Les libertés seront collectives.
 - La ville sera verdoyante, à échelle humaine, et s’intégrera dans la nature.
 - Chaque humain sera utile et complémentaire.
 - Les ressources seront partagées de manière équitable.
 - Les personnes seront libres de vivre en couple et par ce qui en découle, d’enfanter.
 - La nature du monde oublié sera respectée, optimisée.
 - Nul ne tuera, sous peine d’être tué.
 - Les morts seront enterrés dans le respect.
 - Il n’y aura pas de pouvoir vertical ; des conseillers renouvelables, par secteurs, siégeront par périodes courtes…
 
Il ne faut pas beaucoup de temps pour voir le ciel d’acier se désagréger, tout se dilue vers le haut, l’ile revoit enfin la clarté céleste, l’eau…
Les rivières, les sources, la mer, se reconstituent lentement…
Les premières pousses de végétations apparaissent, les villages abandonnés semblent renaître, ce monde n’est pas plat…
 
Des milliers d’années plus tard, un vieil homme perché sur les hauteurs, près d’un grand olivier, regarde une petite barque de pêche sur la mer d’un bleu dont ses ancêtres n’auraient jamais osé rêver. Sur l’embarcation un drapeau à fond blanc avec la tête de profil d’un homme noir, il s’agit d’un des pionniers de la résurrection de l’île; un certain Bwana Ascension qui vécu ici il y a des milliers d’années. Les deux fils du vieil homme ramènent du poisson.
Artz :
« Dieu que c’est beau… »
 
Une ère glacière se profile, un grand mouvement des plaques tectoniques entrainant tremblements de terre et éruptions volcaniques, puis tous les continents se soudent… Toutes les traces de vies antérieures sont effacées. Les molécules et atomes de tous les humains sont figés dans les éléments… Elles se diffuseront pendant les cycles d’une histoire éternellement réécrite, celle de l’homme… Bien des cycles plus tard, et pour des millions d’années, commence le règne des dinosaures…


              



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Torna altri rumpistacchi chì ci impuzzicanu incù i so testi, vulendu propiu esse letti per sperà ottene una qualunque gloria ch'elli ùn anu micca in a so vita viota è senza intaressu. Bon... forze chì ghje vera. Ma ci n'impippimu. È pò, a mi diciarete, bloghi litterarii, nant'à a tela, è sopra tuttu nant'à a tela corsa, ci n'hè ghjà à buzzeffa ! Tanti scrivanetti pumposi ! È bè tantu peghju ! O tantu megliu ! Hè solu una vitrina di più per fà scopre qualchi testi scritti, senza pritenzione, incù u core, incù e trippe, o incù e viscere chì vi cunveneranu...