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u 19 d'Utrovi 2013 - scrittu dà - lettu 163 volte

Une aventure banale


Une aventure banale
C’est à Londres que j’avais retrouvé Isabelle.
Nous ne nous étions plus rencontrés depuis longtemps. Il y a cinq ans, je m’étais brouillé avec son mari, mon ami d’enfance, peut-être ce qu’on appelle son meilleur ami, pour une raison dont je ne m’étais plus souvenu très clairement deux ans plus tard.
C’est Isabelle qui nous avait réconciliés devant une bière au comptoir d’un café où ma femme et moi, Isabelle et son mari et d’autres, nous passions la soirée un samedi soir. On pouvait difficilement faire semblant de s’ignorer. Peut être que nous en avions envie les uns et les autres. Pourtant, nous nous étions brouillés.
Deux ans plus tard durant près de trois ans mes activités professionnelles m’avaient éloigné d’eux. Nous nous rencontrions moins souvent mais nous nous téléphonions régulièrement. A l’époque, ma femme m’avait quitté et j’étais heureux d’être absorbé par mon travail, par les voyages auxquels il m’obligeait, et par les rencontres féminines que je faisais sans avoir à les dissimuler à qui que ce soit.
Isabelle était de ces femmes qui ne laissent aucun homme indifférent.
Ce fut un coup de tonnerre lorsqu’on apprit que Louis avait quitté Isabelle. Il avait téléphoné afin qu’elle ne s’inquiète pas. Il avait dit qu’il partait, et il avait raccroché. C’est ce qu’Isabelle me dit au téléphone deux jours plus tard lorsqu’elle se fut persuadée qu’il ne reviendrait pas.
- J’étais honteuse au point que je me serais enfermée. Tu comprends ? C’est comme si après tant d’années, il m’avait repoussée en me disant tu es moche. Dis, toi aussi, tu penses que je suis devenue trop laide pour un homme ?
J’étais à Londres pour mes affaires quand je l’ai rencontrée ce jour-là. Il devait être cinq heures de l’après-midi, et je rentrais lentement à mon hôtel pour me reposer avant de me préparer à sortir pour dîner et finir la soirée dans un bar. Un programme banal mais efficace pour combler l’ennui.
- Isabelle, qu’est-ce que tu fais ici, tu es seule ?
Elle eut un instant de surprise avant de me reconnaître, puis elle parut soulagée et, en haussant les épaules comme on invoque la fatalité, elle dit :
- Tu vois, moi aussi, je me promène.
- Louis est ici ?
- Probablement, mais pas avec moi. Louis n’a pas besoin de moi. Qui a besoin de moi ?
- Ne dis pas d’idioties. Viens, nous allons prendre quelque chose, et tu me raconteras.
Nous sommes allés à mon hôtel, et dans le fond du bar, assis devant une table sur laquelle le barman avait déposé deux whiskys et une coupelle d’olives, elle m’avait raconté son séjour à Londres.
Elle savait que Louis était à Londres. Comment ?, elle ne me l’a pas dit. Et elle voulait de toute force le rencontrer. Elle voulait savoir pourquoi il était parti. Elle voulait qu’il le lui dise, les yeux dans les yeux. Si ça avait été pour une autre femme, peut-être qu’elle l’aurait compris mais elle savait que ce n’était pas pour une autre femme, elle s’était renseignée discrètement, la seule femme avec laquelle il l’avait trompée, la femme du dentiste, avec laquelle il aurait pu partir, n’avait pas quitté son mari.
- Alors, si ce n’était pas pour une autre femme, c’était à cause de l’âge qu’il avait. Les hommes, à un certain âge, sont saisis d’une sorte de fièvre, ils veulent recommencer leur vie. Puis, ils regrettent, on ne recommence rien du tout, mais ils pensent qu’ils ne peuvent pas revenir chez eux parce que leur épouse ne leur pardonnera pas. Certains tombent de plus en plus bas. Ils ont tort, en tout cas lui avait tort, je ne suis pas comme ces femmes-là.
Ils en avaient parlé toute la nuit, m’a-t-elle dit. Elle l’avait supplié de passer cette nuit avec elle, même si ce devait être leur dernière nuit.
- Et nous nous sommes aimés comme tu ne peux pas imaginer. Je me suis même abaissé à des gestes, à toi je peux le dire, dont je n’aurais pas pensé que j’en étais capable et que j’ai découverts avec lui au point que ce matin, étendue sur le lit pendant qu’il était dans la salle de bains, j’étais sûre qu’il reviendrait avec moi. Lorsque je suis revenue de la salle de bains à mon tour, il avait quitté la chambre, et quand je suis descendue dans le hall, mon cœur battait à se rompre, à la réception on m’a dit que le monsieur avait réglé la chambre et qu’il était parti. Je suppose qu’ils m’ont prise pour une prostituée, et moi, je me demande s’ils n’avaient pas raison.
Elle m’a saisi la main, j’ai cru qu’elle allait pleurer. Nous avons dîné au restaurant de l’hôtel, nous avons repris un verre au bar, nous avons parlé, et c’est tout naturellement qu’elle m’a accompagné dans ma chambre.
Elle s’est déshabillée devant moi avec autant de naturel, j’imagine, qu’elle se déshabillait devant Louis. Après un certain nombre d’années de mariage, entre époux on se déshabille pour se mettre au lit sans nécessairement penser à autre chose qu’à dormir. Puis un geste, un attouchement fortuit, une envie qui naît chez l’un ou chez l’autre, ou chez les deux, porte le corps de l’un vers celui de l’autre.
Isabelle a continué de parler avec autant d’abandon que si j’étais réellement celui à qui, elle l’avait déjà dit, on pouvait entièrement se confier.
- Tu as été son ami, tu comprends pourquoi il est parti ?
Elle était incapable de dire : pourquoi il m’a quittée. C’est comme s’il l’avait rejetée, et elle ne comprenait pas qu’on puisse la rejeter.
J’ai mis ma main sur sa poitrine, et nous nous sommes endormis jusqu’au matin.
Isabelle prenait l’avion vers la fin de la matinée, je l’ai accompagnée jusqu’à
l’aéroport, nous nous sommes embrassés, nous nous sommes promis de nous revoir dès que je serais rentré, et je suis rentré à l’hôtel.
Je ne pouvais quitter Londres que deux jours plus tard. Ce serait drôle, ais-je pensé, si je rencontrais Louis par hasard...


              



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