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u 16 di Ghjugnu 2014 - scrittu dà - lettu 521 volte

Ultime étreinte

Magnifique dans sa petite robe noire moulante, elle entra dans l’appartement. Je savais déjà ce qu’elle allait dire. Il me fallait rester impassible.


@bernardini federi
@bernardini federi
nouvelle mouture de ce texte publié il y a plus d'un an

Magnifique dans sa petite robe noire moulante, elle entra dans l’appartement. Je savais déjà ce qu’elle allait dire. Il me fallait rester impassible. Je ne voulais rien laisser paraître cette fois-ci. Ne plus lui apporter ce plaisir qu’elle cherchait sans cesse. Je la regardais, sans rien dire. Mes poings pourtant se refermèrent. Vite fait je les mis dans les poches de mon blouson. Je sentais mes ongles s’incruster dans la chair de mes paumes. Les phalanges me faisaient mal, j’imaginais les jointures blanchir. Je serrais mes lèvres, les mordant, les cisaillant d’un petit mouvement latéral de la mâchoire. Je sentais la chaleur pigmenter mes joues. Mon cœur frappait dans ma poitrine. Mes yeux, comme des loupes, concentraient la lumière abominable de la pièce qui me grillait doucement le cerveau. Mon sang battait la chamade dans les tempes. Ma respiration accélérait, devenant haletante. Je sentais mes muscles se tétaniser, de la pointe des pieds au sommet de mon crâne. Moi qui me croyais dorénavant assez fort pour l’affronter, me voilà encore et à nouveau paralysé devant sa cruauté, son cynisme et sa jouissance à me voir dans cet état. Sans doute le plus dur pour moi. Le seul plaisir que j’avais pu lui procurer, ce n’était ni affectif, ni charnel, ni même protecteur. Non c’était la souffrance, ma souffrance qui la faisait jouir, intellectuellement et physiquement. J’avais accepté cet état de fait, car je l’aimais trop. Accepté jusqu’à l'inacceptable. Et là je n’en pouvais plus. Je m’étais préparé pourtant. J’avais rejoué dix, vingt, cinquante fois cette scène désormais trop connue. Mais je n’avais pas tenu. Je n’avais pas pu rester lucide. Un seul mot, “le” mot, de sa part et tout s’était effondré à nouveau.

Je connaissais la suite. Elle s’approcherait de moi, collerait son visage contre le mien. Souriante, elle me caresserait doucement la joue. Sans tendresse, elle poserait peut être un baiser sur mes lèvres, pour parfaire son plaisir.
Et puis il y aurait la suite, terrible comme elle savait si bien la mettre en scène. Distiller la souffrance, morale et physique. Me renvoyer à mes peurs, mes pulsions, m’humilier, me rabaisser, me réduire au néant, au rang de bête. Une bête, ce que j’allais encore une fois devenir. Sa bête de jeu, son animal favori.
Je la vis s’approcher, pencher son visage contre le mien... Je fermai les yeux. Et la toute petite flamme s’alluma, très lointaine dans les ténèbres. Je fis un pas un arrière avec ma jambe, sans vraiment le vouloir. Ma tête recula alors que je sentais son souffle chaud et humide sur mon visage. La flamme envahit entièrement alors mon cerveau. Je me propulsais violemment en avant, lui assénant un libérateur et magistral coup de tête. J’ouvris les yeux. Elle avait été projetée quelques mètres en arrière. Le nez explosé, pissant le sang comme une canalisation cassée. Je la regardais, elle souriait. Une rage m’envahit. Je ne supportais pas ce large sourire grimaçant, même en piteux état elle avait encore le dessus sur moi, elle domimait toujours, du fond de sa douleur, la bête qu’elle avait engendrée.
Je m’avançai et l’attrapai par les cheveux, la soulevai et lui abattis une rafale de coups de poing sur la figure. Je sentais sa joue, sa bouche, l’arète de son nez, son arcade et tout son visage qui cédaient sous mes coups. Le craquement désagréable et sinistre des os se brisant emplit mes tympans comme si je marchais sur des milliers de coquilles d’oeufs. Je la laissais choir. Elle retourna vers moi sa tête sanguinolente. Il lui manquait des dents mais réussit à sourire à nouveau. Je lui lançai alors une volée de coups de pied dans les jambes, le ventre, la poitrine, la tête. Je fis le tour et continuai à m’acharner sur son dos, sa nuque. Tout son corps se désarticulait sous la violence des coups portés. Je m’arrêtai, exténué, le souffle coupé. Je relevai la tête, les murs et les meubles dansaient autour de moi, j’étais saoul de la violence que j’avais déversée et j’aimais ça. Cette sensation que tout allait mieux enfin. Elle ne bougeait plus. Inerte, elle gisait au milieu d’une flaque de fluides corporels qui empestait. Je pensai alors qu’elle n’avait pu survivre cette fois-ci à ce déchaînement bestial de fureur et de rage. J’attendis un moment, fumant une cigarette à la fenêtre, tentant de retrouver mes esprits, un semblant de parcelle humaine. J’entendis alors un bruit, un frottement. je me retournai et la vis ramper vers moi, glissant comme une limace, se ramassant et s’allongeant dans un ultime effort, laissant une longue trace de sang, de pisse et de merde au sol. Un œil pendait de son orbite. Ses cheveux imbibés de sang pendaient en paquets filasses. Sa robe noire, entièrement déchirée, ne cachait plus son corps meurtri. La peau de ses bras et de ses jambes virait au violacé. Le sein gauche était ouvert. Il laissait apparaître une chair rouge et une graisse bulbeuse blanchâtre. Quelques côtes saillaient de sa peau bleutée.
Je la pris par les bras et la traînai jusqu’à la fenêtre. Je regardai son visage fracassé, une lueur passa dans la pupille sombre de son oeil encore intacte, de celle qui évoque une ultime résistance. Je la fis alors basculer dans le vide. Huit étages plus bas elle fit un bruit sourd en atterrissant sur le trottoir. Quelques personnes se précipitèrent vers le corps désarticulé. Je refermai rapidement la fenêtre, et retournai dans la cuisine me servir un verre d’eau. Tout était terminé maintenant. Je m’endormis sur le canapé.

La sonnerie de l’entrée me sortit de mon sommeil. J’allai ouvrir. C’était elle, magnifique dans sa petite robe noire qui moulait si bien son corps de rêve. Sa peau blanche et son sourire éclatant sur sa bouche vermeille me firent frissonner. Elle secoua sa crinière rousse. Elle entra dans l’appartement. Je savais déjà ce qu’elle allait dire. Il me fallait rester impassible...


              



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