Bloggu litterariu corsu

l'11 di Marzu 2013 - scrittu dà - lettu 255 volte

Souvenirs flous


Souvenirs flous
D'aussi loin que je me souvienne, je revois une large cuve de gaz, antre d'un ogre indescriptible, la pire des races. Une petite fille laisse remonter une fourmi dans son filet de morve.  Des collines surplombent la cour d'école. Je porte un masque de la bande des aristochats. Il ne masque que partiellement mes angoisses. Se mettre dans le rang et donner la main pour entrer dans ce bâtiment rectangulaire me provoque des nœuds aux tripes, et  je n'ai même pas idée de l'existence des chambres à gaz.  Et puis il y a cette tour génoise de Miomo, sur la plage, même par temps gris les galets brillent. Ça donne envie, comme la poire du Pinocchio de Comencini. Une fenêtre comme je les aime. Un petit dauphin en mousse compacte, à la station, des brassards sentant le plastique de plage, le rêve peut vous cueillir. Pleurer en voyant Dalida chanter en pleurant. Sous d'autres latitudes, je revois dans la nuit noire le reflet lumineux d'un lampadaire sur les pavés mouillés de la ruelle. 
Une silhouette sombre portant un chapeau et une longue gabardine disparaît dans l'insondable.
C'est un ancien inspecteur de police me dit mon père.
C'est le meilleur roman noir de ma vie.
La littérature se lit parfois dans les courants d'air.
Puis les choses s'accumulent, les repas avec plusieurs viandes, le vélo dans la terre mouillée, c'est beau l'innocence, des efforts en vain et dans les rires.
De l'eau qui  se déverse en millions de mètres cubes, sans jamais étancher une soif, des mots écrits pour rien, tout se gaspille.
La logique crue surgit de n'importe où, je regardais ce poisson rouge slalomer entre les nénuphars en fleurs, des roseaux reliaient le bassin aux fluides fuyants. De petites grenouilles,  plus vertes que dans les livres d'école, croassaient sans souhaits apparents. Moi,  à l'ombre de cette forêt de tournesols géants, en ordre  anarchique, j'imaginais qu'en cet instant des enfants perdaient leurs parents.
J'étouffais en pensant aux gens dans les caveaux étroits.
La voisine, une  petite vieille coquette, nous recevait le samedi soir.
Avant d'arriver devant le petit écran  couleur ; vous ne vous rendez même pas compte; ce long couloir, des bibelots lustrés, le bouddha ventru qui souriait toujours plus, Chapeau melon et bottes de cuir!
Puis l'on apprend sur la vieillesse et le dégât des os! 
Des instants d'éternité, mais le temps ne se fige pas..
Il en reste des ressentis de plus en plus flous.
Voilà  les arguments lourds des uns contre ceux des autres, comme si la nuance était réservée à la terre comme au ciel.
Un jour, malgré ( grâce à)  mes illusions fanées, je me mis à écrire.
Peut-on écrire sans avoir mal?
Je ne crois pas!
Écrire comme mettre un pansement sur une blessure invisible, comme passer la deuxième couche avant la première, vomir sur tout,  pisser dans la bouche des mantes religieuses, couper des cordons avec ce bruit de carton, admirer le travail des pourris,   s'éloigner de la pub, faire des ronds carrés, des pics de douceur, du poivre en lévitation, des cheveux gluants sortis du siphon, les faire bouffer aux pompeux, raboter des condescendants  jusqu'à la moelle osseuse, donner la parole aux muets, la vue aux aveugles, des vulves pleines de con-passion aux vieux puceaux, des nazis jouant à la Barbie, des rabbins faisant du figatellu, des salafistes en tutus, des singes aux affaires, des noms aux oiseaux que l'on regarde sans voir, des gâteaux à la merde, des mots nouveaux!
Se donner l'illusion que l'esprit occupe le corps, estomper ses démons, alléger le poids de sa croix, ne plus boire son sang, écrire avec.
Cela nourrit les illusions de la pire des races, celles qui ne disent pas leurs noms.


              



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Torna altri rumpistacchi chì ci impuzzicanu incù i so testi, vulendu propiu esse letti per sperà ottene una qualunque gloria ch'elli ùn anu micca in a so vita viota è senza intaressu. Bon... forze chì ghje vera. Ma ci n'impippimu. È pò, a mi diciarete, bloghi litterarii, nant'à a tela, è sopra tuttu nant'à a tela corsa, ci n'hè ghjà à buzzeffa ! Tanti scrivanetti pumposi ! È bè tantu peghju ! O tantu megliu ! Hè solu una vitrina di più per fà scopre qualchi testi scritti, senza pritenzione, incù u core, incù e trippe, o incù e viscere chì vi cunveneranu...