Bloggu litterariu corsu

u 3 d'Utrovi 2014 - scrittu dà - lettu 347 volte

Sourire blanc


Sourire blanc
Quelle idée de se trouver là ; c’est sa maison de famille en même temps. Le tableau de l’ancêtre trône au salon, le visage sévère paraît de moins en moins fripé, les commissures de ses lèvres tirent vers le bas. Tous les 100 ans la maison se régénère en une nuit, il ne pouvait pas le savoir, les autres avant lui non plus.
Il y avait bien cette histoire datant d’un siècle, les parents et leurs trois enfants retrouvés sans vie, secs, momifiés en une nuit…
 
Pour lui c’est célibat depuis un bon moment sans doute, vu qu’il n’a que des boîtages mal famés.
La dernière femme avec qui il a couché ? Ça remonte – c’était après un petit resto, même que l’après-midi il fut en peine à mettre de l’ordre chez lui, de vieilles couvertures sur les boîtes ça l’aida, pour sûr ! Et du raclage au balai pour apprivoiser les moutons. Il lui avait mangé la moule sans les frites à la copine, comme si sa vie en dépendait, il avait fait le plein par le vide.
 
Le parquet craque plus fort ce soir sous ses pas, comme des chanterelles trop sèches en valse avec du papier crépon.
Les rats sont de plus en plus nerveux dans leurs niches, on ne calme pas des lions affamés avec du foin.
Aujourd’hui il va chez l’épicier du coin, ils ont un rituel qu’ils s’autorisent à penser au point :
 - Une roquette ?
 - Arrêtez vos salades !
 - Vous me tenez en pale estime !
 - Je suis d’humeur Mossad et vous complètement à l’Hamas !
 - Tsahal air de rien…
 
Comme il veut se faire bien plaisir, il se munit chez le boucher d’une épaisse cote de bœuf, pas de boîte au goût médicamenteux avec fine pellicule d’aluminium ce soir, passeport direct pour un malodorant Alzheimer !
À la télévision c’est comme toujours, des sourires commerçants putrides en diable.
L’ancêtre, sur sa toile, a la commissure de la lèvre gauche qui est remontée, ça l’intrigue, mais après tout il en a entendu des choses intrigantes, exemple – ce chanteur de tous les frères de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel qui s’battent contre la hausse du prix d’la semoule, ce baladin oriental chante avec un air si concerné – Malheur à celui qui blesse un enfant – puis applaudit ceux qui les massacrent dans leur prison à ciel ouvert...
Elle est excellente cette viande, la lame de son couteau descend comme dans du beurre, il sent bien que l’atmosphère change, l’ancêtre a rajeuni, tourné la tête, il le fixe avec un sourire blanc glaçant…
Il comprend que son heure est venue, un rat hautain traverse la pièce sur un fil invisible, à hauteur de son visage, il le fixe et dit :
 - Tu vas revivre tes démons !
 - Tu n’es qu’un rat ! Tu en saurais plus qu’un journaliste intègre ?
 
Il est dans son corps et en dehors en même temps. Il vole jusqu’à cette femme assise sur une chiotte, la grimace hideuse, une fois la bourrasque malodorante violemment propulsée, son visage reprend sa forme "initiale" d’aubergine.
Il s’agit de sa prof principale de sixième, une tyrannique, seule comme un monocle, elle l’humiliait et le tétanisait. 
Il est désormais divisé en trois entités dont deux sont connectées et l’autre dans le passé : "l’enfant qu’il était" marche vers l’école, il suit avec ses sentiments actuels, la nouvelle part de lui-même, extra lucide, survole la situation et fait tampon. Cette affaire le conduira au fond du gouffre puis à la renaissance. Dans ce parcours initiatique il apprendra beaucoup, notamment que ceux qui se croient indispensables sont déjà morts pour la raison – la prof questionne le petit qui donne une mauvaise réponse, elle lui balance une gifle, ça le remue et ressurgit à vif.
Plus tard il revoit partir une qu’il aimait, radieuse, lui malheureux – tandis que son ombre reste prostré sous le cadre de l’ancêtre, lui et sa nouvelle conscience suivent la belle jusqu’à chez l’amant (il n’avait pas de soupçons à l’époque…). Le coup est dur et contendant, elle suce goulûment un connard à tête de Piaf, un shooté qui la mettra sur la mauvaise pente…
Sa conscience éclairée lui fait un clin d’œil apaisant – après tout, son cul n’est qu’un caribou sans gouverne ni gouvernail…
Après avoir revécu (avec de véritables et cruelles révélations) humiliations, échecs cuisants, décès de proches, il est brisé comme il n’aurait jamais osé penser.
Il est cloué au sol, quand il ouvre ses bras son ombre au plafond est l’ombre d’une croix – il tourne les yeux vers l’ancêtre qui n’est plus dans son tableau – debout, grand, il se tient raide derrière lui avec un sourire glaçant (comme un clown à la bougie réveillant un enfant dans la pénombre), l’ancêtre propulse sa mâchoire étonnement puissante à l’arrière de sa nuque et commence à le vider de sa substance physiologique.
Son esprit rejoint et fusionne avec sa nouvelle conscience, il se régénère délicieusement.
Il survole "le tout", celle qu’il aimait fait peine, vit-elle ? Elle avait été éjectée des rails de ses vaines illusions. Elle marche parfois avec d’autres pour dénoncer ceci où cela "MAIS", malgré les moulinets de ses bras devenus trop courts, elle se rend compte de la dérision de tout ce cirque – ses mollets, lourds et dardés de douleurs aiguës, ses aigreurs d’estomac acides brûlant jusqu’au palais la rappellent à sa misérable insignifiance…
 
L’ancêtre, après l’avoir momifié, a repris forme humaine et part déambuler dans la ville.
Lui n’a plus de substance, il voit juste policiers, médecins et pompiers autour de son corps sec, désormais c’est son portrait qui trône au salon, il sait qu’il en a pour cent ans…


              



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Torna altri rumpistacchi chì ci impuzzicanu incù i so testi, vulendu propiu esse letti per sperà ottene una qualunque gloria ch'elli ùn anu micca in a so vita viota è senza intaressu. Bon... forze chì ghje vera. Ma ci n'impippimu. È pò, a mi diciarete, bloghi litterarii, nant'à a tela, è sopra tuttu nant'à a tela corsa, ci n'hè ghjà à buzzeffa ! Tanti scrivanetti pumposi ! È bè tantu peghju ! O tantu megliu ! Hè solu una vitrina di più per fà scopre qualchi testi scritti, senza pritenzione, incù u core, incù e trippe, o incù e viscere chì vi cunveneranu...