Bloggu litterariu corsu

u 14 di Dicembre 2013 - scrittu dà Barbara Morandini - lettu 218 volte

Sélection naturelle


Sélection naturelle
Elle avait une théorie assez simple. Cette théorie lui permettait de trouver sa place dans la société et elle était persuadée que toutes les femmes en étaient arrivées aux mêmes conclusions qu’elle. Elles le savaient toutes, mais, il ne fallait pas en parler, ou faire quoique ce soit sous peine d’extinction, autrement la sélection naturelle se chargerait d’elles, il fallait être vigilantes.
Selon elle donc, être femme s’était choisir de s’éteindre ou non, tout simplement.
 
Aujourd’hui c’était dimanche et comme tous les dimanches elle avait fait un rôti, elle le tranchait à l’aide de son couteau électrique qu’elle avait eu pour la fête des mères. C’était exactement l’accessoire qui lui manquait, elle en avait été très contente, « vraiment merci, c’est exactement ce qui me manquait, je suis très contente », avait-elle dit à sa marmaille.
Tout en découpant son rôti, à table, devant sa petite famille parfaite (mais un peu grosse), elle pensait à sa théorie. Pourquoi maintenant ? D’habitude elle ne s’accordait du temps pour y penser qu’en attendant que le petit ait fini son entrainement de foot ou les rares fois où elle prenait un bain. Mais c’est maintenant qu’elle y pensait, au point que ses tranches étaient moins régulières désormais. Son mari lui avait fait remarquer d’ailleurs, « Attention tu perds le rythme chérie », elle avait répondu d’un sourire tendre, comme elle le faisait à chaque fois. Choisir de s’éteindre, ou non, c’était simple comme décision.
Sa théorie était la suivante : à la naissance de l’humanité, les mâles et les femelles ne se distinguaient que par leurs attributs sexuels. Même taille, même musculature, même intelligence… Après les premières procréations, ces êtres ont fait la bêtise d’interpréter le rôle du mâle comme prépondérant, c’est lui qui déposait la descendance dans le ventre de la femelle, elle n’était qu’un four, c’était donc lui le chef ! Dès lors, la face du monde à changé. Non seulement la notion de soumission et de nécessaire « protection », du soi-disant plus fort sur le soi-disant plus faible, est apparue et à permis de justifier les injustices les plus ignobles de l’Histoire, mais, comme dans la théorie de l’évolution de Darwin, n’ont survécu que celles des femelles correspondant aux attentes, la sélection naturelle. Les femmes préhistoriques grandes, guerrières, indépendantes n’avaient pas trouvé de mâles souhaitant les féconder et la race s’était éteinte.
Elle le savait, comme toutes, mais elle n’allait pas changer ça, elle n’avait ni la prétention, ni l’envergure d’une Amazone. Surtout ne rien dire, ne rien faire, rester vigilante pour ne pas s’éteindre. Et puis elle n’avait vraiment pas à se plaindre, le pays et la période dans lesquels elle avait vu le jour et vieilli étaient très agréables pour une femelle, franchement y’avait pire…
« Je n’ai pas assez fait cuire ce rôti, il est un peu trop rouge, j’ai même du mal à le découper… » Se disait-elle.
 
Combien de temps avait été nécessaire avant qu’elle se rende compte qu’un spasme l’avait fait passer de trancher le rôti, à trancher la carotide de son mari ? Aucune idée ! Les hurlements de ses enfants parfaits (mais un peu gros) l’avaient sortie de sa torpeur. « Voilà comment, si on ne fait pas attention, on s’éteint », pensa-t-elle.


              



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