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u 17 di Farraghju 2013 - scrittu dà - lettu 198 volte

Sculpture


Sculpture
Le restaurant est plein, y compris la terrasse extérieure où les gens profitent des premiers rayons de soleil et d'une température douce.
Marc est attablé avec trois copains, ils ont joué à la pétanque et sont à l'apéro, avant de passer à table.
Les discussions le gonflent, toujours les mêmes sujets, la chasse, le cul, le foot. 
Aujourd'hui, ça débat sur la terre sacrée, c'est a qui lui fera le plus allégeance et en sera le plus digne défenseur, aura le sang le plus pur, sera l'être  le plus légitime à en fouler le moindre recoin.
Marc : - Je m'en bats les couilles de votre terre sacrée, c'est des sédiments accumulés, des silicates, avec des protozoaires.... 
Nunziu  : - Oh tu dis de la merde là! Quoi tu aimes pas ta terre?
Marc : -  Moi les sédiments et le reste je m'en fous!
Vincent : - Tu respectes pas ça ?C'est sacré la terre!
Vincent, avec son faciès de fouine, a des relents de fiantes de poules et de pigeons.
Marc : - Toi tu devrais commencer par te respecter toi même! Si tu l'aimes tant, vas la travailler, au lieu de passer ton temps à te torcher et à critiquer tout le monde.
Vincent : - Oh, j'aime mon pays au moins, pas comme toi!
Marc : - Vas faire un trou dans la terre, et mets-y ta bite, peut-être qu'elle va t'aimer comme tu l'aimes! Tu crois que tu l'honores ta race? Fainéant, assisté, bon à rien.  Tu te raccroches à l'identitaire parce que c'est la seule chose  qui te donnes l'illusion d'être "quelqu'un",  alors que tu n'es qu'une cloche, un parasite inculte! Si tu n'étais pas en Corse tu aurais déjà crevé sous un pont. 
 Nunziu : - Si tu n'aimes pas la Corse tu n'as qu'à dégager! Tu crois quoi, que sculpter c'est être Corse? C'est un truc de pédé! 
Marc : - Les avis c'est comme les trous du cul, tout le monde en a, et toi tu fais quoi de glorieux? Tu as des primes à la vache sans en avoir une seule! C'est quoi, le concours de celui qui aime le plus sa terre? Je me méfie de ceux qui soulignent trop les choses. Faites votre vie, agissez et fermez la!
Vincent, prenant de l'assurance car ayant le soutient des autres : - Tais toi, toi ! Tu penses même pas comme nous!
Marc : - C'est une chance ça! La pensée unique qui ferait de moi un bobo nustrale, très peu pour moi.  Dis moi, c'est toi qui a sculpté les calanques de Piana ? Le lion de Roccapina? Les aiguilles de Bavella et tout le reste? Ça c'est formé pendant des millions d'années,  ce sont les mouvements des plaques lithosphériques qui sont responsables des modifications structurales affectant la croûte terrestre.
Benoît : - Je comprends rien, je m'en fous des silicates et des lithosphériques!
Marc : - Ok, on est d'accord!
Le repas se poursuit dans un climat tendu et Marc rentre chez lui. 
Marc aime et respecte son île beaucoup plus que ces crétins, ce qui l'agace, à la longue, c'est cette forme de bien-pensance stérile, de la part d'assistés qui vivent d'aides sociales et de petits coups foireux, sans jamais se remettre en question.
Près de sa maison de campagne, toute en granite rouge, se trouve son atelier de sculpture, un joli chalet où il travail le bois et l'acier. Cette passion l'a pris très tôt, elle est un moteur qui donne du sens à son existence,  aujourd'hui il en vit très bien. Il est habile de ses mains et très inspiré, ses créations dégagent beauté et émotion.
Marc est un solitaire, un homme discret, les gens se demandent comment il peut vivre de la sculpture. 
Comme il a des goûts simples et qu'il n'est pas flambeur, ils se disent qu'ils doit juste avoir de quoi vivre.
Mais il a bien plus que cela, personne ne sait qu'il expose un peu partout dans le monde, et qu'il vend beaucoup et cher. 
Il est en train de terminer une très grande  sculpture inspirée par l'enfer de Dante, il a décidé de marier le bois et l'acier . C'est à ses yeux son œuvre la plus aboutie,  un riche éleveur texan veut la lui acheter un million d'euros. 
Il va verser 90% de la somme, d'abord pour des  enfants corses atteints de maladies rares, avec le reste il va payer la dernière tranche des travaux en suspend d'un complexe sportif, pour le village. Le tout en donateur anonyme, il ne fait pas ça pour se faire mousser; pour lui, il va garder 50000 euros, de quoi  voir venir. 
Ses copains n'ont pas digéré la discussion de midi, ils ont l'idée lumineuse de faire une descente dans son atelier, et de saccager toute sa production, ils s'accordent tous à dire que de toutes façons ça ne sert à rien, la sculpture. Vincent fait le guet, ça y est, Marc part en voiture,  il envoie un SMS aux autres : O ile é partti l'otre quon, veunnét  vitte!
Une fois devant la porte de l'atelier, ils l'ouvrent rapidement avec un pied de biche, ils entrent et restent stupéfaits par la beauté de l'immense sculpture qui se dresse devant eux.
Vincent : - Putain c'est trop beau!
Nunziu : - On va y mettre le feu, il fera moins le fier!
Il regardent les autres œuvres, ils n'en reviennent pas, un travail si fin, si inspiré ....
Ils balancent de l'essence un peu partout, mettent le feu et partent direction le bar du village fêter leur exploit.
Quand Marc revient,   les pompiers arrosent les restes fumants de son atelier et des sculptures, seul les structures en acier,  vrillées par la chaleur, restent reconnaissables.  
Il est attiré par  un zippo aux initiales de Vincent, cet abruti l'a laissé tomber, de plus il y trouve des petites plumes et des graines de maïs.
Il a signé son crime et celui de ses amis. Ils arrivent, avec d'autres curieux, sur les lieux de l'incendie. 
Vincent : - Oh Marc, putain c'est la folie, c'est un accident?
M : - Je ne sais pas!
Vincent scrute le moindre recoin, sûrement pour s'assurer qu'il n'a pas laissé tomber son zippo, les autres aussi d'ailleurs, cherchent avec un air anxieux, Vincent, comme d'habitude a du duvet de plumes dans les cheveux et sur ses vêtements.
Entre ses dents, qui commencent à ressembler à des éclats de coquilles d'huîtres,  s'agitent des filaments de viande, il a du manger des cotes plates, Benoît et Nunziu ont du mal à contenir leur joie, et c'est en jouant faux qu'ils prennent un air désolé.
Marc décide d'observer de plus près, pendant les jours qui suivent, le trio de choc. 
Un soir il découvre enfin le mystère de l'obsession chronique de Vincent, depuis l'adolescence, pour le maïs, jeune il volait déjà des épis dans les jardins, hors-saison il achète des conserves.
Posté dans la petite cour, avec des jumelles infrarouges, il le voit allongé nu sur son lit, des graines partout sur le corps. Sur le dos, il se tient les jambes au pli des genoux, et avec une dextérité due à une pratique régulière , il a appliqué des graines en forte concentration sur le sexe et l'anus, quand il prononce un :" piou-piou "plein d'émotion, quelques pigeons et quelques poules viennent picorer, ils semblent être dérangés par des relents amoniaqués , Vincent n'aime pas l'eau et ne doit se laver qu'une fois de temps en temps.
Voilà comment Marc élucide le mystère du maïs et de la vie sexuelle de Vincent. 
Chez Benoît, il voit la pauvre femme et le pauvre jeune fils de ce psychopathe se faire  tabasser, ils ont l'air malheureux mais résignés.
Quelques jours plus tard, Nunziu renvoie la pauvre fille de quinze ans avec qui il baise régulièrement, puis part en pleine nuit. Marc le suit discrètement, Vincent et Benoît le rejoignent devant la maison isolée d'un vieil handicapé pinzutu, qui s'est retiré en Corse voilà plus de vingt ans, il est bien intégré et respecté dans toute la région. Les trois comparses savent  qu'il a pas mal d'argent. Ils enfilent une cagoule et des gants et forcent la porte d'entrée.
Une heure plus tard ils ressortent en courant avec des sacs de sport.
Le lendemain, la population médusée apprend que le pauvre handicapé est mort, il a été dépouillé et surtout torturé.
Marc a fait rebâtir un atelier conséquent avec une fonderie pour l'acier.
Un soir il invite le trio gagnant, leur parle de l'argent qu'il gagne avec ses œuvres, ils mangent, boivent beaucoup, et partiront bientôt pour le Texas  au cœur d'un alliage d'acier, dans ce chef-d'oeuvre inspiré par l'enfer de Dante.


              



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Torna altri rumpistacchi chì ci impuzzicanu incù i so testi, vulendu propiu esse letti per sperà ottene una qualunque gloria ch'elli ùn anu micca in a so vita viota è senza intaressu. Bon... forze chì ghje vera. Ma ci n'impippimu. È pò, a mi diciarete, bloghi litterarii, nant'à a tela, è sopra tuttu nant'à a tela corsa, ci n'hè ghjà à buzzeffa ! Tanti scrivanetti pumposi ! È bè tantu peghju ! O tantu megliu ! Hè solu una vitrina di più per fà scopre qualchi testi scritti, senza pritenzione, incù u core, incù e trippe, o incù e viscere chì vi cunveneranu...