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u 12 di Farraghju 2014 - scrittu dà Barbara Morandini - lettu 212 volte

Roccapina


Roccapina
A Roccapina il y avait, jadis, un seigneur très puissant qui avait un fils très beau à la chevelure blonde, telle une crinière.
Bien qu’il n’y ait jamais eu de lion chez nous, il était, pour tous et sans aucun doute, l’être humain ressemblant le plus et en tous points à cet animal.
Majestueux, félin, noble, fier, fort… ses parents, comme une prémonition, l’avaient d’ailleurs prénommé Leone.
Quelques fois, lors de nos veillées au coin du feu, il était question de ce roi de la jungle, que certains avaient vu en Afrique.
Leone était notre roi. Nous en avions fait notre maître. Les hommes aiment se fabriquer des Dieux, Leone était le notre. A notre image mais en mieux.
 
Nous n’avions pas besoin d’être tout le temps courageux, Leone l’était pour nous. Nous n’avions pas besoin d’être le meilleur chasseur, Leone l’était pour nous. Pas même besoin d’essayer, Leone était toujours celui qu’on attendait qu’il soit, pour nous. Nous nous réalisions en lui.
 
A cette époque, la méditerranée était déjà le lieu de tous les échanges et l’Orient s’invitait quelques fois chez nous. Un jour, un bateau venu des Indes fit escale dans l’extrême sud. A son bord il y avait un Maharadja accompagné de sa famille. Leone tomba immédiatement sous le charme d’une de ses filles.
La première fois qu’il la vit, il la trouva tellement différente et belle, le teint brun, ses yeux et ses cheveux couleur de jais à coté desquels le rubis, qu’elle portait autour du cou, semblait sortir tout droit des braises du plus puissant des feux.
 
Ce fut la naissance d’un amour fou, infini, irraisonné, évident et réciproque auquel on assista.
Pauvre Leone crut qu’il était libre de décider de son destin… Tout le monde s’opposa à cet amour et Leone renonça à ces vœux trop différents de ce qui était prévu pour lui.
 
Le jour du départ du Maharadja, la princesse lui jura qu’ils seraient un jour réunis mais rien n’apaisa la tristesse de Leone. Il grimpa sur une montagne surplombant la mer, afin de voir, le plus longtemps possible, ce bateau qui s’éloignait de sa prison dorée. Tandis que son cœur se déchirait, tout en fixant l’onde, il hurla aux siens: « Je reste ! Je suis celui que vous avez décidé, le lion de Roccapina, votre roi, je le serai éternellement, mais mon regard sera toujours tourné vers elle, ma précieuse, mon rubis ! ».
A cet instant, Leone devint le rocher que nous connaissons.
 
En avril 1887, le Tasmania, paquebot britannique, qui effectuait le trajet de Bombay à Londres via la méditerranée, sombra au large de Roccapina.
A son bord se trouvaient de prestigieux passagers et de précieux présents pour l’estimée reine Victoria qui fêtait alors le jubilé de ses 50 ans de règne.
Parmi les offrandes englouties et jamais retrouvées, est répertorié un coffre, rempli de pierres précieuses dont un rubis, semblant tout droit sorti des braises du plus puissant des feux.
 


              



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