Bloggu litterariu corsu

u 14 di Nuvembre 2013 - scrittu dà - lettu 109 volte

REVOLUCIÓN


De grandes coupes en verre pleines de groseilles, de cassis ou de fraises des bois sont disposées partout dans la rue déserte. La lumière est crue comme un furoncle mûr. Un petit garçon court péniblement vers l’une d’entre elles, avec une jambe de bois, un vieux pull vert et la morve au nez.
Une balle traçante ricoche à un mètre, puis une autre, il continu et se saisit d’une coupe pleine de cassis.
Il se faufile dans une rue parallèle où il évite les débris.
 
Dès la nuit tombée il pleut, le vent ramène d’inquiétants insectes déboussolés.
Les habitants sortent plus facilement dans la pénombre, le danger est moins présent, sauf quand se déroule une virée nocturne de riches voulant faire un "carton", le fond de leur œil est livide, comme un puits à l’eau triste. Depuis très longtemps, malgré leur majorité écrasante, les pauvres sont complètement soumis au pouvoir.
 
Dans les immeubles à l’abandon ils aménagent les pièces sombres avec des moyens de fortune ; autour d’un feu, dans l’immeuble 127, quelques-uns discutent.
Artz :
« Petit, ne recommence jamais ça, la prochaine fois ils te tueront ! »
Tom :
« Oui mais les fruits étaient trop beaux ! La coupe est pleine ! »
 
Après avoir terminé les topinambours et les rats rôtis, chacun plonge sa main dans la coupe de cassis.
Artz est un révolutionnaire flamboyant et honnête, il a réussi l’exploit de tenir cinq ans en cavale dans un autre district, un des plus dur qui existe, il est ici depuis six mois ; il éduque ses compagnons d’infortune.
Il leur a expliqué qu’ils sont le poivre des riches, le sens du mot hiérarchie ; la manière cynique ayant conduit à la ruine les peuples, via les banques racketteuses et leur argent virtuel, fabriquant une dette expansive, via la force militaire ; pour les élites, c’est la quintessence de la lutte des classes, ils n’ont jamais été si haut…
Sapias, son vieux compagnon de route est un poète libre définitivement, il part dans des monologues hallucinés qu’ils aiment entendre :
Sapias :
« Remord de crypte aux relents de moisi, suite de textes cryogéniques – myrtilles en atomes de Leucippe, faux styles en religion – zélotes prêts, au bout du bout – margelle jusqu’au pulpeux de la féminité, où l’on s’enlise le mieux, même les médiocres – l’argent virtuel ne brûle pas que les doigts, il napalm les autres – crevasses en gouffres sous la glace, qui perd tombe, en bref – accumulation de non lu, pierres éteintes, veau d’or en vide universel – guerres d’appartenance, passé de cohérence – reflets mauves dans les regards – nous, esclaves modernes, n’avons plus le choix – ami, seule ta révolution sera la mienne, et deviendra la notre… »
 
Une pauvre infortunée, Marie, est enchaînée et immergée dans une grande marmite surélevée sur un tas de bois sec ; quelques "copines" allument le feu en plaisantant :
Marie :
« Arrêtez, vous êtes des barbares ! »
Peatass :
« Oh, elle bout d’impatience ! »
Bubble :
« Allez, fais pas ta "mijotée" ! »
Une autre dindasse entièrement refaite s’exclame : « Elle est au bain Marie ! »
La pauvre femme agonise devant un parterre hilare, le vieux proverbe "la roue tourne" ne les effleure pas plus qu’à un lémurien la formule chimique de la chaux.
 
Les aurores boréales se multiplient, si la misère n’est pas moins pénible teintée de vert, les élans de révolte déverrouillent les horizons spirituels.
Artz et Sapias ont éveillé la conscience politique des rebuts du système, des mots ont été mis sur les ressentis embrumés, rien ne pourra jamais plus être pareil.
Ils veulent que le compte à rebours qui va de leur naissance à leur mort ait du sens.
Comme toujours, la quête de vérité, à force de virevolter, en arrive toujours à la lutte des classes : cœur du réel.
Des animaux superbes arrivent du premier district tropical, les festivités annuelles approchent. Au programme :
 
 - Les jeux du cirque, hommage à Rome (gladiateurs, tigres...).
 - Festins gargantuesques.
 - Orgie pour tous.
 
Beaucoup de pauvres sont utilisés comme esclaves pour effectuer diverses tâches et assouvir les pulsions perverses. Ils ont des chambres dans les dépendances de leurs propriétaires.
Les autres habitent les villes décrépites avec pour seule considération un cracha dans la tronche ; un vivier pour la chasse, les loisirs, et une réserve de chair fraîche pour les nouveaux jeux du cirque. Ces élites n’ont définitivement aucune finesse, ça les perdra, même s’ils mettent une cerise sur leur caca.
Une révolte sourde prend corps, elle déferlera tel un tsunami.
Sapias :
« Alea jacta est, heureux les humiliés, car ils obtiendront réparation – heureux ceux qui mettent en commun leurs souffrances, car ils obtiendront réparation – le moment est venu où les parvenus vont manquer d’air étranglés par leurs tripes – le moment est proche où la main récoltera sa juste récompense – le pouvoir c’est de la merde, nul ne pourra être au-dessus de vous, et vous ne pourrez être au-dessous de personne – prenons les armes et lavons par le sang… »
 
La nuit dévoile ses étoiles qui semblent accrochées aux épines des roses, les festivités débutent dans le faste, le son et la lumière.
Des girafes, rhinocéros, éléphants, zèbres, parcourent la ville, les baffles crachent du AC/DC, les femmes sont habillées comme des salopes, les hommes n’en sont plus, ils sont des porcs assoiffés d’argent, de sexe, et du sang des autres…
Les insurgés guidés par Artz et Sapias ont préparé depuis des mois cette révolution, le grand soir se profile…
Les esclaves des élites feront partie de la lutte.
La clé de la victoire reposera sur la vitesse d’intervention, frapper le plus fort et le plus vite possible ; l’intervention des commandos chargés de voler les armes dans les dépôts, en éliminant les gardes, est capitale.
Dans ce district il n’y a pas d’armée, des miliciens privés, non esclaves mais prolétaires, assurent la sécurité des riches ; d’ores et déjà, une bonne partie d’entre eux marche avec la rébellion.
Les riches sont perchés bien trop haut pour imaginer un quelconque danger, ils se soucient surtout de transgresser toujours plus en matière de sexualité, puisque l’amour est mort, et de cruauté envers ces misérables pauvres.
 
Sur "La chevauchée des Walkyries" de Wagner, le gouverneur du district entre dans l’arène vêtu comme un empereur romain, avec ses lauriers, il est entouré de sa garde rapprochée, des élites du haut de la pyramide et de sa cours, dont les putes de son harem qui ont tué Marie.
Les milliers de spectateurs saluent le bras tendus.
Les chars tractés par de puissants chevaux tournent autour de la piste, un frisson envahit la foule, y compris les insurgés. Même au service de l’horreur et de l’injustice, il y a une sorte de noblesse solennelle et mystique dans ce genre de mise en scène macabre.
Empereur :
« Qu’on m’emmène l’esclave qui va ouvrir le show bouffé par les tigres ! »
Des hommes habillés en soldats romains, entourant Sapias, arrivent près de l’empereur.
Empereur :
« Quel est ton non esclave? »
Sapias :
« Nous nous nommons "SPARTACUS", REVOLUCIÓÓÓÓN !!! »
 
Les soldats romains s’écartent, on comprend qu’ils font allégeance à Sapias.
Les gladiateurs montent dans les gradins, Artz prend la parole :
« Je parle au nom des insurgés, jamais plus nous ne plierons face à une dictature ; à partir d’aujourd’hui, dans ce district, le soleil brillera pour tous ; que ceux qui ne veulent pas adhérer à ce projet de justice s’exilent ou meurent ! »
« REGARDEZ ! Regardez bien vos gourous ! »
 
On leur jette des glaives, des haches, des tridents ; ils doivent s’entretuer, il ne pourra en rester qu’un, ou une pute. Ils sont hébétés pendant un long moment – puis Peatass frappe de toutes ses forces un coup de hache, il atterrit dans le cou du vice gouverneur lui tranchant la carotide – le sang pisse – à plusieurs ils se ruent sur Peatass, dans la furie la plus sauvage, elle est littéralement débitée façon puzzle – puis les plus forts s’associent pour tuer les plus faibles – quand il n’en reste que deux, ils tremblent trop pour finir le travail.
Les tigres sont lâchés et l’exemple est donné…
Aux abords du Colisée des milliers d’insurgés en arme crient liberté…
 
 
Il est probable que la réussite des rebelles dans ce petit district, pourra engendrer des embryons de révolte dans les autres secteurs.
Artz et Sapias ont étudié toutes les civilisations, l’histoire leur sert de base savante pour ne plus répéter les erreurs qui ont mené à leurs pertes les peuples depuis la nuit des temps.
Il s’agira d’établir une synthèse entre des visions antiques, modernes, les modes de vie de tribus hors-système…
Remettre de la morale et de la décence.
La production agricole sera la mesure d’évaluation de la richesse réelle, ni l’or ni l’argent, même si celui-ci servira de moyen d’échange. Les banques rempliront leurs fonctions initiales, terminé les banques d’affaires. Les avantages en nature ou en argent seront équitables pour tous.
 
Les traîtres au contrat initial, agissant de manière individuelle ou en groupes constitués, seront exécutés. Les révolutionnaires se sont battus pour une réelle justice, ceux qui tenteront de tricher, voler ou manipuler les autres à leur profit seront radicalement éliminés – autrement pourquoi se battre ? Si c’est pour de nouveau patauger dans un infâme bouillon de merde. Autant castrer tous les mâles et ligaturer les trompes des femelles, que l’humain cesse ce vain et sordide ballet et disparaisse.
La ville prend des couleurs, de l’ocre, du jaune pastel - des arbres et des massifs de fleurs sont planté dans chaque place…
Un peuple libre est en marche…


              



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Torna altri rumpistacchi chì ci impuzzicanu incù i so testi, vulendu propiu esse letti per sperà ottene una qualunque gloria ch'elli ùn anu micca in a so vita viota è senza intaressu. Bon... forze chì ghje vera. Ma ci n'impippimu. È pò, a mi diciarete, bloghi litterarii, nant'à a tela, è sopra tuttu nant'à a tela corsa, ci n'hè ghjà à buzzeffa ! Tanti scrivanetti pumposi ! È bè tantu peghju ! O tantu megliu ! Hè solu una vitrina di più per fà scopre qualchi testi scritti, senza pritenzione, incù u core, incù e trippe, o incù e viscere chì vi cunveneranu...