Bloggu litterariu corsu

u 15 di Maghju 2015 - scrittu dà - lettu 532 volte

Ponte Novu


Il se précipitait vers le fleuve. Avec son escouade, ils avaient reflué vers la vallée. Acculés par les troupes françaises qui déboulaient du col, ils avaient été submergés par le nombre. Mais il fallait traverser le pont afin de se regrouper sur l’autre rive. Cet amas de pierres était leur salut. Il aurait dû être un piège pour l’armée ennemie et un passage qu’il fallait protéger coûte que coûte.
Il sentait la peur de ses camarades qui le poussaient. Ils exhalaient la panique rance et le regard des bêtes affolées devant le couteau qui s’apprête à les égorger. Ce n’était qu’une confusion de décisions, jamais réalisée qui les chassaient devant eux. Courir… courir vers cet arc qui enjambait un fleuve bouillonnant. L’eau blanche et glaciale des neiges fondues était un rempart qui valait celui des forteresses. Il hésita un instant à confier sa vie aux flots se déversant avec indifférence. Puis, suivant le mouvement, il s’engagea le chemin hérissé de pierres, sur lesquelles les chevaux trébuchaient et les hommes glissaient en hurlant.
Son fusil était encore brûlant, et il n’était pas encore rechargé. Les soldats n’avançaient plus et certains tiraient vers les Français. Il ne distinguait plus rien, qu’une fumée blanche, et les cris. Immobile, inutile, il bouscula l’homme devant lui. Le pont semblait interminable. La sortie est bloquée !
On ne peut pas passer ! Ces mots étaient criés de bouche à oreille, alors que des boulets de canons décimaient les hommes.
La presse finit par le coller au parapet gluant, que certains enjambaient pour se confier au fleuve. La noyade ne l’attirait pas. Toute sa panique sembla s’évanouir. Il allait mourir. C’était un fait. Accroupi et avec calme, il chargea son long fusil, et tira. Il répéta son geste, encore et encore. L’adolescent à ses côtés tomba mollement offrant la moitié de son visage déchiqueté vers le ciel. Ses mains serraient convulsivement son fusil alors qu’un cri s’échappait d’une bouche qu’il n’avait plus.
Il continuait, il le fallait. Il continua jusqu’à ce qu’une douleur incongrue ne le détourne de sa tâche. Vaguement inquiet, il jeta un œil à son épaule. Son bras pendait, à moitié arraché. Tout était ralenti et il ne savait s’il avait mal. Il aurait dû hurler comme les autres pourtant. Il s’étonna de cette étrangeté. Et presque en riant, il s’étonna de s’étonner. Mais infirme, il ne pouvait plus tirer.
En rampant sur le sol poisseux de sang, il se glissa vers un amas de corps qui servaient à protéger les hommes encore vivants. Il jeta son fusil à un valide qui lui lança un regard mêlé de stupéfaction et de terreur.
Grimpant sur le tas de chairs mortes, il mêla son corps aux leurs. Il attendrait ici.
Il ferma les yeux oubliant le vacarme, la poudre, le sang, les larmes, la chiasse, les tripes du voisin sur sa joue. Il ne voyait que le ciel bleu, une frimousse couverte de taches de rousseur, un rire et des petits doigts potelés tirant ses cheveux en désordre. Et il entendait le chant de Maria pétrissant le pain.
Salopards de Français !


              



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