Bloggu litterariu corsu

u 15 di Maghju 2013 - scrittu dà - lettu 251 volte

Poiscaille


Poiscaille
Des pics rocheux sortent de l’eau, comme lors de la création initiale. Des îles pyramidales entre ciel et mer, de grands pins exhalant leurs essences se reflètent dans la mer.
Sur une île, quelque part en méditerranée :
 
PLASTRON
Sorbet crustacés ?
 
DENTIUM
Gruiik ! Femelle partir avec banc de maquereaux !
 
PLASTRON
Ta femme ? Le thon ?
 
DENTIUM
Thon rouge !
 
PLASTRON
Pourtant tu lui avais aménagé une belle piscine dans ton bateau maison !
 
DENTIUM
Gruiik ! Sale morue de femelle ! Qu’elle aille pondre ailleurs !
 
Dentium est affecté, mais comme chez tous les mutants, la mémoire animale l’emporte, il oublie assez vite les chagrins. C’est un denti humain. Il a des écailles bleutées sur tout le corps, une dentition à faire pâlir un cheval, des ouïes derrières ses oreilles humaines, des nageoires sur les flancs, une dorsale, des pieds et des mains palmés. Il passe autant de temps sous l’eau qu’à l’air libre. Il fait partie des rares raffinés parmi les mutants.
Sur tous les continents, les terres en dessous de 1500 mètres d’altitude sont sous les eaux depuis des temps immémoriaux.
Les sommets montagneux émergent ; leurs forêts sont exploitées, le bois sert à faire des maisons aux humains, et des bateaux maisons aux mutants.
Elles sont respectées et entretenues, ce sont les derniers trésors de l’humanité, avec l’eau douce.
 
DENTIUM
Gruiik ! Pour toi !
 
Il lui donne des objets venus d’une ville Corse engloutie. Plastron est un humain, il est patron du bar restaurant "La raie fraîche". Il y a quelques années, il a eu une relation avec une mutante raie-manta, mais celle-ci est repartie vers les mers du sud.
Dentium est son ami, ils ont en commun l’amour de la poésie.
 
PLASTRON
Vas-y ! Fais-nous profiter de ton dernier poème !
 
DENTIUM
Gruiik ! Villes noyées âmes liquides !
Maisons abandonnées clochers sans ciel !
Eau harmonieuse terre verdoyante !
Ouïes dilatées, nage hippocampe !
Je veux voir la Corse d’antan !
Poisson pas né doré sur tranche Gruiik !
Un chaponium rouge, à la large bouche, fait des bulles d’émotion.
 
PLASTRON
Dentium, passe derrière le comptoir s’il te plaît, tu feras la fermeture, gère le bar restaurant quelques jours !
 
DENTIUM
Gruiiiiiiiik!
 
Plastron a besoin de se ressourcer. Il rejoint son chalet au cœur de la forêt, il va faire de la liqueur de myrte, et surtout écrire, pour s’évader de ce monde bizarre. Son imagination le fait voyager dans les villes englouties, il les fait ressurgir des profondeurs.
Sur les pavés la vie, les enfants courent en riant, des ânes transportent les hommes et les marchandises. Au-dessus, des planeurs dessinent des arabesques. Devant les caves, des cageots remplis de figues, de fèves, d’aubergines…
Plastron ne veut pas mettre "l’amour" au cœur de sa vie et de sa prose, il préfère imaginer la fraîcheur d’un potager, des hommes emprisonnés, des villes démesurées, la télévision, des animaux disparus, des femmes noires, des poissons panés. Il s’emploie à faire revenir Jésus, sur un navire majestueux.
Il a quelques amis mutants, sinon, cette poiscaille l’exaspère, des lourds, des arrogants, pire que les hommes. Une espèce de secte pyramidale avec ses éminences grises.
Mais pourquoi ne se fabriquent-ils pas des châteaux sous les mers ! Pense-t-il souvent. Et ce sont de fieffés racistes ces affreux ! Des égos surdimensionnés avec des cerveaux limités.
Alors ils vont voir leurs psys, des araignées de mer mutantes… Belle horreur… Un remède contre l’instinct de reproduction, un manifeste pour l’instinct de préservation.
 
Tandis que Plastron cisèle l’objet, écrivant sur du papier qu’il fabrique lui-même, avec de l’encre de seiche et une plume d’oie, Dentium reçoit des clients que personne n’attend et ne mérite.
Des mutants, carcharodon carcharias (grand requin blanc), entrent dans le bar, sourires niais larges de 40 centimètres, avec des rangées de dents affûtées…
 
DENTIUM
Gruiik ! Vous venez de loin !
 
REQ 1
HuuR ! Faim, donne du phoque !
 
DENTIUM
Gruiik ! Pas de ça ici, la plus grosse denrée est le poulpe des profondeurs, 18 tentacules, venin extrait par maître homard !
 
REQ 2
HuuR ! Toi être bonne chair pour nous, tendre et protéinée !
 
CORBU (humain, habitué du bar)
On se calme ! Ici c’est une maison respectable, si vous n’êtes pas satisfaits repartez !
 
REQ 1
HuuR ! Blanc bec croit faire peur à nous ?
 
REQ 3 se jette sur Corbu, d’une puissante morsure il lui arrache le bras au niveau de l’épaule gauche. Corbu se saisit d’un 357 Magnum à balles explosives il crible REQ 3 de balles dans la tête, celui-ci, désorienté, tourne en rond.
Dentium sort un harpon à quadruple flèches diamant. Les mutants s’échappent, REQ 3 tombe au sol, ses yeux blancs de fantôme deviennent rouge sang, il agonise pris de spasmes et de gémissements horribles.
Pour ne pas se vider, Corbu a mis son doigt directement dans l’artère humérale, deux humains, alertés par l’agitation, l’emmènent chez le docteur La Vive, un mutant grand expert en médecine.
Plastron arrive aux nouvelles, Dentium lui explique toutes les péripéties avec les requins.
Il veut aussi lui révéler la réalité telle qu’elle est.
 
DENTIUM
Gruiik ! Il faut que tu saches la vérité ! On se connait depuis 4 ans… Viens, les mutants dauphins donnent un spectacle dans la baie !
 
Le ballet aquatique est d’une beauté émouvante, des poissons lumineux venus des grandes profondeurs éclairent la baie. Les dauphins exécutent des figures fluides d’une prouesse poétique mettant la larme à l’œil à Plastron.
 
DENTIUM
Gruiik ! Tu sais, nous autres, les mutants, ne faisons pas le chemin de l’animal vers l’homme, mais l’inverse ! Nous étions humains à la base !
 
PLASTRON
C’est pas possible…
 
DENTIUM
Gruiik ! La terre est vouée à être entièrement sous les eaux, les humains vont tous disparaître ! Nous avons reçu un rite initiatique, tu peux en bénéficier pour devenir mutant, puis accéder à l’éternel !
 
PLASTRON
Mais tu t’exprimes si bien tout à coup !
 
DENTIUM
Gruiik ! Comme un bègue quand il chante !
 
Comme une évidence, Plastron a compris et adhéré à l’appel de son ami. Le temps a passé, la terre est entièrement bleue.
Pendant son voyage initiatique, il crée de magnifiques symphonies.
Dans un village englouti, il fait apparaître le soleil, il a le pouvoir de ramener à la vie les méritants, comme ce vieux couple qui désormais ne s’étreint plus pour se consoler. Deux êtres dont les vies étaient misérables et pénibles, irradiées de malheurs et de servitudes.
Assis sous une treille aux grappes généreuses, ils mangent leur bouillabaisse les yeux brillants de bonheur.
Dentium le lui avait dit, la vie prendra son sens plein, plus de questions parasites, de doutes, de haine et de peur.
Il peut vivre une passion extrême durant un siècle, créer des forêts bleues, avec des harmonies orgasmiques ininterrompues.
Quand il s’établi dans le village de ses ancêtres tout recommence, sans erreur initiale.
Le bleu de la terre irradie dans l’univers, toutes ces créatures ont compris, rien ne pourra briser la vie.
Plastron choisit de consacrer un siècle à l’écriture, ses mots colorent bien des ciels.


              



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Torna altri rumpistacchi chì ci impuzzicanu incù i so testi, vulendu propiu esse letti per sperà ottene una qualunque gloria ch'elli ùn anu micca in a so vita viota è senza intaressu. Bon... forze chì ghje vera. Ma ci n'impippimu. È pò, a mi diciarete, bloghi litterarii, nant'à a tela, è sopra tuttu nant'à a tela corsa, ci n'hè ghjà à buzzeffa ! Tanti scrivanetti pumposi ! È bè tantu peghju ! O tantu megliu ! Hè solu una vitrina di più per fà scopre qualchi testi scritti, senza pritenzione, incù u core, incù e trippe, o incù e viscere chì vi cunveneranu...