Bloggu litterariu corsu

l'11 di Nuvembre 2014 - scrittu dà - lettu 418 volte

Pointure 38


Pointure 38
Un couple. Un mari et sa femme préparent le dîner tout en discutant. La femme vient de recevoir un coup de fil d’une amie effondrée par la découverte de la double vie de son époux. Une facture pour une paire de chaussures Louboutin, est à l’origine du drame.
 
 
LA FEMME outrée
Tu imagines, ce salaud de Richard !!!! Il a un culot infernal ! Mais c’était prévisible. Je lui avais dit à Laurence : qu’imagines-tu que ton mari soit en train de trafiquer là-bas ? Tu crois vraiment qu’il n’y est que pour le boulot ? Non, évidemment. Il a dû se laisser séduire par une petite de 25 ans, au fessier indécent de fermeté. Voilà, la vérité !
 
LE MARI écoutant distraitement tout en touillant la sauce
​Oui, évidemment, pauvre Laurence.
 
LA FEMME
C’est tout ce que ça te fait à toi ?! Pauvre Laurence ? Oui, bien sûr, pauvre Laurence ! Mais quel fumier ce Richard ! Moi, je ne l’ai jamais senti ce type ! Même après toutes ces années. Et puis des Louboutin, il a offert des Louboutin à sa maîtresse… quelle faute de goût ! Enfin, non, tu me diras, ce sont des chaussures parfaites pour une femme entretenue. Tu m’offrirais des Louboutin, toi ?
 
LE MARI
Non, bien sûr que non, ma chérie.
 
LA FEMME
Ah, non, tu ne m’en offrirais pas ? Et pourquoi ça, je te prie ?
 
LE MARI
Parce que tu viens de dire que ce sont des chaussures de femmes entretenues, voilà pourquoi.
 
LA FEMME rêveuse
Oui, c’est vrai. Mais quand même, parfois il y en a qui sont belles. Récemment, j’en ai aperçu une paire qui ne faisait pas femme entretenue… enfin, pas trop. Mais elles sont hors de prix. Laurence a lu sur la facture qu’elles coutaient 900 € !
 
LE MARI
Ça fait cher la paire de chaussures, en effet.
 
LA FEMME
Tu sais quoi ? Qu’elle se casse une jambe perchée sur ses hauts talons, cette petite s… ! Et que sa voiture à lui s’encastre contre un chasse-neige conduit par un Bolchevik saoul !
 
LE MARI
Tu es dure, quand même.
 
LA FEMME
Je suis dure ?
 
LE MARI
Voyons, oui. Cela fait combien de temps qu’ils sont ensemble, Richard et Laurence ? 25 ans ? Une petite incartade, ça ne veut pas dire qu’il ne l’aime plus. Cette histoire n’a sans doute pas d’importance pour lui.
 
LA FEMME éberluée

 
LE MARI
Eh bien, oui, ne fais pas cette tête. Comme si ça n’arrivait jamais ce genre d’histoires. On en entend tous les jours.
 
LA FEMME
Ce n’est pas parce qu’on en entend tous les jours qu’il faut minimiser la faute !
 
LE MARI
Je ne minimise rien. Je dis juste que ce sont des choses qui arrivent et qui ne nécessitent pas d’en faire tout un plat. Laurence va s’en remettre. Ce n’est pas comme s’il l’avait quittée ! A-t-il l’intention de la quitter ?
 
LA FEMME
Mais… je ne sais pas, moi !
 
LE MARI sûr de lui
Tu vois ! Tu ne sais pas. Il ne la quittera pas, tu verras. Elle lui pardonnera et tout ira bien. D’ailleurs, que lui a-t-il pris d’ouvrir cette facture ? C’est sa faute après tout ! Elle n’avait qu’à laisser cette facture, là où elle était, et elle aurait été tranquille.
 
LA FEMME
Je ne te suis pas, là. Tu suggères que dans ce genre de circonstances, il vaut mieux faire l’autruche ? Si elle a ouvert cette facture, c’est qu’elle avait des doutes sur sa fidélité ! Et maintenant, elle en a le cœur net !
 
LE MARI
La belle affaire ! A quoi sert-il d’en avoir le cœur net ? A avoir le cœur blessé ?
 
LA FEMME
Je suis abasourdie par ton discours !
 
LE MARI
C’est parce que tu ne prends pas le temps d’y réfléchir.
 
LA FEMME
Mais qu’est-il question de réflexion là-dedans ? Elle découvre que Richard la trompe, elle se sent blessée, trahie, humiliée, comment voudrais-tu qu’elle réagisse ?
 
LE MARI
Justement, comment réagirais-tu, toi ?
 
LA FEMME
Je te crèverais les yeux !
 
LE MARI
C’est bien ce que je dis, tu ne réfléchis pas. Et puis d’abord, qui te dit que ces chaussures ne sont pas pour Laurence ?
 
LA FEMME
Eh bien, euh…
 
LE MARI
Peut-être les lui offrira-t-il au retour de son voyage ?
 
LA FEMME
Tu dis vraiment n’importe quoi ! Et puis d’abord…
 
Elle s’interrompt, le téléphone sonne, c’est Laurence. On entend des exclamations.
 
LA FEMME surexcitée
Chéri, tu ne devineras jamais ! Richard vient de rentrer et il a offert les Louboutin à Laurence !
 
LE MARI souriant
Tu vois ? Que t’avais-je dit ? Tout ça n’était pas bien méchant, au final.
 
LA FEMME soulagée
Oui, en effet, tu avais raison. Comme on s’emballe parfois ! J’ai hâte de les voir ces chaussures ! Allez, je monte prendre une douche pendant que tu termines la sauce.
 
LE MARI pensif
Vas-y ma chérie. [en aparté] Bon, apparemment, Richard vient de se faire plaquer une nouvelle fois puisque son cadeau pour Irina lui est resté sur les bras. L’exotisme ne lui réussit pas, décidément.
 
 
Moralité : Il est important de toujours choisir ses maîtresses en fonction de la pointure de son épouse.


              



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Torna altri rumpistacchi chì ci impuzzicanu incù i so testi, vulendu propiu esse letti per sperà ottene una qualunque gloria ch'elli ùn anu micca in a so vita viota è senza intaressu. Bon... forze chì ghje vera. Ma ci n'impippimu. È pò, a mi diciarete, bloghi litterarii, nant'à a tela, è sopra tuttu nant'à a tela corsa, ci n'hè ghjà à buzzeffa ! Tanti scrivanetti pumposi ! È bè tantu peghju ! O tantu megliu ! Hè solu una vitrina di più per fà scopre qualchi testi scritti, senza pritenzione, incù u core, incù e trippe, o incù e viscere chì vi cunveneranu...