Bloggu litterariu corsu

u 16 d'Aprile 2015 - scrittu dà - lettu 535 volte

Petite ode en prose à l’amour

Version définitive


Petite ode en prose à l’amour
On ne choisit pas l’amour, c’est l’amour qui nous choisit. On ne peut choisir qui l’on aime, ou qui l’on aimera. Ce tourbillon maudit indescriptible nous attrape, au moment où l’on s’y attend le moins, parfois même, alors que l’on ne devrait même pas y être sensible, qui nous entraîne vers des contrées inconnues que nous n’aurions jamais imaginées, où se côtoient tour à tour les créatures les plus pures avec les démons les plus féroces, dans les jardins de la souffrance et de la béatitude. Poison exquis qui inonde les cœurs les plus sensibles, l’amour pourtant ne préserve pas les plus secs et les plus tourmentés, et s’ils résistent souvent davantage, c’est pour céder ensuite avec d’autant plus de fracas.
L’amour est espérance et l’amour est une drogue. Après y avoir goûté, il n’est plus possible de s’en passer, et jusqu’à ce que l’âme finisse par vieillir, on conserve au fond de soi ce plus doux, plus noble, et pourtant plus commun de tous les esclavages, le seul à en valoir la peine.
Alors, tout choix, tout libre-arbitre s’évapore, et notre esprit se prépare à ces montagnes russes passionnelles où rien n’est jamais certain, et l’on sombre, le sourire aux lèvres et le cœur en feu.
Cette vérité universelle que j’ai longtemps portée dans les humeurs de mes veines, il a fallu que je te rencontre pour en prendre conscience, et ce soir plus que jamais dans notre lit de bambous, la beauté est amère, et l’amertume est belle !
Encore, oh oui, encore, laisse-moi encore une fois sentir sur mes lèvres le contact de tes lèvres, et m’égarer avec délice dans un océan d’une torpeur si exquise qu’elle parvient à me faire oublier toute noirceur. Je t’en supplie, reviens à moi, reviens vers moi, donne-moi l’espérance qui me maintient en vie, la joie de pouvoir t’appartenir et la douceur de te savoir à mes côtés, de chanter ta beauté, de m’enivrer de tes charmes jusqu’à perdre pied et dissoudre sous ta main toute réalité.
Telle un chat impérial, tu rampes à mes côtés dans le lit, et viens me mordiller l’oreille en riant tandis que je passe ma main sur tes plaines et tes montagnes jusqu’à m’aventurer dans tes gouffres sans fonds. Que ne donnerais-je pour que ce temps ne s’arrête jamais ? Quel est le prix ? Nos deux corps s’entrelacent. Une bougie se consume et le jour décline par la persienne en un crépuscule de nacre et d’or. Le jour est ton royaume et la nuit est le mien. Je t’en supplie, ô planète folle, fige ici ton mouvement, offre-nous cette éternité pour nous unir, sans plus craindre ni le jour ni la nuit, ni le vent qui nous raconte des histoires, et vivre pour toujours auprès de cet étang où poussent le jonc et où l’air est si doux.
Un spleen léger m’effleure, délicat comme la brume. Une mélancolie fine comme le souffle du printemps sur la peau. Une aube pâle d’un jour nouveau qui peine à se lever depuis si longtemps que le commencement s’évanouit dans les limbes. Mon regard s’émerveille devant la pureté de l’aurore et la discrète splendeur de ces luminosités de nacre. Je marche, j’aligne les pas, et le désert se reverdit. Tout cela reste désespérément pâle, mais pourtant, je jubile. Je sais que je n’obtiendrai pas davantage. Le ciel est plus clair que jamais mais cela ne suffit pas à éclairer ma voie. Je suis heureux, et mélancolique, heureux malgré tout. J’ai le peu que je puis mériter, tout ce à quoi je puis prétendre. Comment demander davantage ? Comment oser demander de t’appartenir ?
Je t’ai trouvée pourtant, par-delà les murailles de ce monde. Je t’ai trouvée, hors des parois de glaises, dans le creux de l’inaccessible. Pour t’atteindre, il y a encore les abysses à franchir et d’autres déserts. Le froid glisse sur ma peau et je suis encerclé par la meute. L’un d’eux saute sur moi, et m’attrape la main dans sa gueule. Je hurle de douleur mais je me dégage. La neige est tombée drue sous les pins et je me remets à marcher. Les ombres dansent devant moi mais je ne parviens pas à dire s’il s’agit d’une danse de joie, ou un avant-goût de purgatoire. Je tremble que le jour ne se lève. Tu es là, et pourtant hors d’accès. Je ne parviens pas à t’appartenir. Je n’arrive même pas à te dire que je t’aime. Je ne sais même pas si tu comprendrais.
Là-bas, au port, cent bateaux sont déjà prêts à partir. Demain, je serai avec eux, pour affronter la haute-mer et mes regrets de l’abandon. Je me briserai l’âme dans un torrent de larmes à la pensée de ce majestueux trésor que je laisse derrière moi. Et mes pleurs prendront un goût amer de sang.
Laisse-moi encore introduire ma langue entre tes lèvres pour y enlacer la langue. Laisse-moi encore une fois caresser tout ton corps et goûter à la douceur de ta chair. Laisse-moi t’appartenir encore un peu, te faire l’amour, te donner une dernière fois tout ce qui est en moi, déchaîner avec tendresse toute la sensualité qui m’habite. Donne-moi la force de me rompre en toi.
Je ne veux plus rien garder lorsque je rentrerai dans le pays des brumes pour y passer le reste de ma vie. Mon corps et mon esprit s’en vont, mais mon cœur, lui, restera avec toi pour l’éternité.


              



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Torna altri rumpistacchi chì ci impuzzicanu incù i so testi, vulendu propiu esse letti per sperà ottene una qualunque gloria ch'elli ùn anu micca in a so vita viota è senza intaressu. Bon... forze chì ghje vera. Ma ci n'impippimu. È pò, a mi diciarete, bloghi litterarii, nant'à a tela, è sopra tuttu nant'à a tela corsa, ci n'hè ghjà à buzzeffa ! Tanti scrivanetti pumposi ! È bè tantu peghju ! O tantu megliu ! Hè solu una vitrina di più per fà scopre qualchi testi scritti, senza pritenzione, incù u core, incù e trippe, o incù e viscere chì vi cunveneranu...