Bloggu litterariu corsu

u 28 di Farraghju 2013 - scrittu dà - lettu 412 volte

Petite Lilith


Petite Lilith
« Ca ne se finira jamais entre nous » lui avait écrit Sam. « Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse » avait-il ajouté. Chloé avait ri nerveusement. « Poète de mes deux !» s’était-elle indignée intérieurement. C'est bien tout ce qu’il avait trouvé à dire l’écrivain prolixe ! Peut-être était-il plus inspiré lorsqu’il écrivait aux autres. A toutes les autres. Aux putes, quoi. Pourtant, derrière la stupidité de l’assertion, elle sentait bien qu’il n’y mettait pas de malice.
Sam était menteur, certes. Il était habité par le stupre et l’envie insatiable de séduire mais il n’était pas mauvais. « Super connard » comme il aimait à se nommer était sensible jusqu’à l’ultra. Un écorché vif, quoi. Blessé, fragile, chancelant et lumineux. C'était dans l’enfance tourmentée du jeune homme que se trouvaient la cassure initiale et la clef. Comme à son habitude, Chloé avait saisi rapidement, les linéaments, les boucles compliquées et les sinuosités qui composaient la souffrance de l’Autre (la jeune femme avait reçu, au berceau, d’une fée malintentionnée, ce don singulier qui l’amenait à embrasser la souffrance des êtres qui l’environnaient et à l’appréhender par jets purs, rapides et douloureux : elle lisait en vous comme en un livre ouvert). La blessure originelle avait creusé une plaie béante et sanguinolente chez Sam. De la déchirure primitive avait émergé un écorché vif de la pire espèce, monstrueuse créature, vivant paradoxe : séducteur invétéré, enchaînant les baises, critiquant à son aise les hypocrisies de notre civilisation judéo-chrétienne, il exsudait une vulnérabilité toute enfantine et une sensibilité aiguë.

Qu’importe. Il semblait désormais à Chloé que les écorchés vifs méritaient d’être plus cruellement maltraités encore que les autres hommes. Il fallait ouvrir grand leurs écorchures, les élargir jusqu’à la meurtrissure et les faire saigner. Oui. Le sang des écorchés, doit couler à chaudes giclées, tout comme leur sperme. Et que s’en repaissent les succubes ! Que des armées de brunes succubes les enserrent entre leurs cuisses pâles, jusqu’à leur extorquer des râles de plaisir. Qu’elles les abandonnent ensuite, piteux et désespérés.
Oui, ils adorent les démones. Tous, sans exception. De ce fait, pour être aimée follement, il était nécessaire de se transformer en Lilith. Lilith, « démone Première », préférée de Lucifer. Lumineuse perspective !
« O Lilith, mère de démons,
Viens-tu du ciel profond ou sors-tu de l'abîme ? »

Laissez-moi rire ! Elle est belle la Lilith ! Voyez plutôt : alors qu’un soir, Sam et elle se déchiraient - phrases coupantes et reproches acérés – dans les ténèbres et la froide humidité d’une vieille ruelle, elle avait vu les yeux sombres du jeune homme soudain s’embuer de larmes. Ce regard liquide de tristesse l’avait remuée jusqu’aux tréfonds et elle avait eu envie de le bercer longtemps, longtemps… Comme on berce un petit enfant chagrin. D’un baiser, boire ces larmes amères, jusqu’à les tarir. Le consoler du propre mal qu’il était en train de lui infliger.
Il était certain que petite Lilith avait du chemin à faire quant au processus de démonisation.

Mais, que l’on ne s’y trompe pas, elle avait des ressources : «Chloé Babylilith… Baby Lilith». Allitérations en « l ». Cela avait son charme. Chloé déroula ses bas noirs jusqu’à l’endroit le plus charnu de ses cuisses pâles, les ajusta, et, apercevant l’ondoyant reflet de sa chevelure ébène dans le miroir, fit éclater un rire cristallin.


              



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