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u 14 di Farraghju 2013 - scrittu dà - lettu 1832 volte

Pasquale Paoli: Correspondances (Carlo Bitossi/ AM Graziani- Edition: Piazzola- 5 tomes)


Pasquale Paoli: Correspondances (Carlo Bitossi/ AM Graziani- Edition: Piazzola-  5 tomes)

Comment espérer entrer dans l'intimité d'un homme si ce n'est en lisant son courrier?

 

L'historien A M Graziani, aidé de son complice Carlo Bitossi, se sont jetés à corps perdu dans une quête folle: compiler la correspondance de Paoli.

Quête folle parce que ces lettres ont été éparpillées de part le vaste monde, d'autres,  dont on a seulement la copie, ont disparu et certaines sont carrément jalousement gardées, avec interdiction à quiconque d'y jeter un œil (en espérant secrètement les revendre ensuite ensuite avec profit , puis qu’inédites...Vous me direz que cette petite phrase assassine n'est peut être que le reflet d'un injuste courroux? ).

De plus, la plupart ont été évidemment perdues. Ah, oui , il écrivait beaucoup notre bonhomme, parfois une vingtaine de lettres dans la journée!

 

Malgré cette montagne d'obstacles , ils ont à ce jour, édités, traduits et annotés 1494  lettres, reparties en 5 tomes, comportant aussi des commentaires et annexes diverses.

La présentation est particulière, car ils ont tenu à publier sur la page de gauche, la version italienne et sur la page de droite, leur traduction. Ce qui permet de pouvoir  comparer les deux versions et de se faire sa propre idée en cas de doute.  Ils ont d'ailleurs utilisé la même objectivité dans l' édition des "Ragguagli" ( recueil des journaux édités par Paoli) .

Bien sûr, ils se sont heurtés à d'autres soucis, les lettres étant parfois abimées ou incomplètes, ou mal recopiées (...soupir...les originaux ayant été parfois volés...) ils ont dû interpréter des morceaux de phrases peu compréhensibles ou qui leur paraissaient illogiques...

Et puis...Notre Paoli était tordu. Croyez vous qu'il fut clair dans ses propos? Que nenni!!! Il code sans vergogne, fait des allusions étranges, sur lesquelles les lecteurs sont condamnés à supputer mille hypothèses...

 

Mais quelle matière!! Mais quel incroyable témoignage!!!!

Nous assistons là, inexorablement,au déroulement du destin d'un homme (et quel homme...Ah, je vais tenter de rester neutre...et ne pas vous faire part de l'admiration inconditionnelle à la limite du délire amoureux que je porte à ce chef d'état...) et de son acharnement proprement époustouflant  à vouloir construire une nation en partant de presque  rien.

Nous voilà presque dans du Ferrari,  car nous savons fort bien que ce monde, si patiemment construit, pierre par pierre, va chuter inexorablement. Saint Augustin n'est jamais très loin....

 

Lorsque j'ai acheté le premier tome, je me suis dit que ce serait un achat "inutile" , du genre, ça "fait joli dans la bibliothèque, ça fait celle qui lit des trucs compliqués"... mais je fut la première étonnée en me rendant compte que je le dévorais. D'ailleurs le libraire fut lui même surpris lorsqu'il me vit débarquer tous les deux jours, pour acheter le tome 2 puis 3 etc...

Certes,certes...ce n'est pas un roman, ce n'est pas du Choderlos de Laclos et il m' a fallu aussi se pencher parallèlement sur l'histoire de la période pour comprendre l'implication et le sens de ce que je lisais.

Mais...voilà. On touche du doigt ce que fut Paoli...On remonte le temps et on assiste, éberlué, à la naissance d'une figure de proue de notre histoire..

Jeune, il envoie des lettres extraordinaires à son père à la fois respectueuses et insolentes, qui font sourire et nous montre son caractère affirmé. Et très vite les  lettres  deviennent essentiellement politiques.

C'est mon principal regret. Comme il est rare qu'il s'épanche sur lui même, qu' il se laisse aller à des confidences..Pourtant, on trouve parfois au détour d'une phrase, une petite réflexion amère, un cri de souffrance, vite étouffé  par les mille recommandations qu'il donne à son interlocuteur.

Elles concernent la plupart du temps sa santé et surtout ce sentiment de solitude qui l'habitait. Évidemment- et oh, comme cela me chagrine- point de lettre d'amour,  point de confidence sur une quelconque idylle... Nous en serons réduit à supputer voir imaginer ce que fut sa vie intime, en se raccrochant aux quelques pépites, petites miettes de ses sentiments qui parsèment ses lettres...Allez y, la chasse est ouverte. j'en ai trouvées ...

C'est ainsi que dans le premier tome, nous apprenons qu'il aimait le chocolat..Ce qui est un fait avéré lorsqu'il vivait en Angleterre. Mais il semble que la consommation dudit breuvage à commencé bien plus tôt, puisqu'il demande une chocolatière et du chocolat à papa, resté à Naples..Le pire, c'est qu'il accuse son frère d'en être le bénéficiaire, l'homme était rusé...

Nous nous mettons alors à l'imaginer: jeune, débarquant en Corse, avec sur le dos, l uniforme du Royal Farnese, avec un pauvre équipage et ses cheveux roux noués en un vague catogan...Une épopée romantique se dessine, alors qu'il était si pragmatique...Nous le voyons souffrir de vertige, de mal de tête, de fièvre...Nous le voyons galoper de village en village, sans jamais , je dis bien jamais, rester en place, pour aller au devant des populations et des chefs, nous le voyons régler des différents à propos de cochons volés, de femmes déshonorées. Il s'applique avant tout à créer une justice, à mettre en place tribunaux et magistrats dans tout le territoire et éviter ainsi vendette et autres guerres fratricides...D'ailleurs cela ne fonctionne pas si mal ...même si parfois il voue aux gémonies magistrats, villages entiers et collaborateurs maladroits.

 

Il peut être drôle, acerbe, vulgaire, érudit, laconique, prolixe, amical, sévère, plaintif, optimiste, pragmatique, têtu, enthousiaste, dépressif, roué, sincère....1494 lettres qui nous confortent à la fois dans la vision d'un Père de la patrie et nous font découvrir un homme, un vrai, fait de chair et de sang...Lettres qui donnent de la matière à mes rêvasseries et qui j'espère, en donneront aux vôtres...

 

Ah, une dernière chose..La compilation n'est pas terminée, le 5eme tome se termine en 1763. Nous avons encore quelques belles pages à se mettre sous la dent : Monsieur Graziani, pouvez-vous travailler un peu plus vite s'il vous plait?

J'attends le 6eme volume!

 


              


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Anima Cappiata !

Torna altri rumpistacchi chì ci impuzzicanu incù i so testi, vulendu propiu esse letti per sperà ottene una qualunque gloria ch'elli ùn anu micca in a so vita viota è senza intaressu. Bon... forze chì ghje vera. Ma ci n'impippimu. È pò, a mi diciarete, bloghi litterarii, nant'à a tela, è sopra tuttu nant'à a tela corsa, ci n'hè ghjà à buzzeffa ! Tanti scrivanetti pumposi ! È bè tantu peghju ! O tantu megliu ! Hè solu una vitrina di più per fà scopre qualchi testi scritti, senza pritenzione, incù u core, incù e trippe, o incù e viscere chì vi cunveneranu...