Bloggu litterariu corsu

u 19 di Ghjenaghju 2013 - scrittu dà - lettu 242 volte

Origine


Peinture de Wojtek Siudmak.
Peinture de Wojtek Siudmak.
Le vaisseau progresse, l’espace, nébuleux, est le théâtre de fulgurances lumineuses. À bord, l’équipage jouit d’un grand confort, il y règne l’ivresse de l’aventure et de la découverte. L’expédition a débuté il y a trois ans. La vitesse moyenne est de cent fois celle de la lumière. Le vaisseau ralentit sa vitesse, les rétro-propulseurs sont activés. La planète Xaryia est de couleur beige. Le sable, qui la recouvre en quasi-totalité, est phosphorescent, pure beauté dans cette immensité de ténèbres. John et Sara sont les premiers à descendre. Dans leurs combinaisons légères, tout est prévu pour arriver au taux d’oxygène idéal. Ils peuvent voler jusqu’à deux cent kilomètres à l’heure. Quel sentiment de liberté, ils arrivent à hauteur du village. Un grand lac bleu phosphorescent, des pyramides symétriques, des arbres aux fruits invraisemblables, aux formes géométriques, et aux variations de couleurs féeriques. Plus personne n’habite sur Xaryia, dans les pyramides et les galeries souterraines, se trouvent des documents, des hologrammes, laissés par d’anciens habitants, scientifiques, philosophes, ils exposent leurs découvertes, leurs ressentis, sur Xaryia, et surtout sur Mentem, planète que la mission doit rejoindre sous peu. Quand j’arrive au village, Sara se baigne, nue ; autour de chaque point d’eau, un halo d’oxygène permet de respirer normalement. John cueille des fruits en étoiles, jaunes, parsemés de fines bandelettes vertes. Moi, j’entre dans la pyramide la plus retirée, la première salle est grande comme un terrain de foot, aussi haute qu’une cathédrale. Si l’extérieur est semblable aux pyramides d’Egypte, l’intérieur est habillé d’une roche lisse comme du marbre, phosphorescente, avec des variations de couleurs qui la rendent vivante. Toute la palette y passe, des teintes les plus froides aux plus chaudes, j’en ai le souffle coupé. Pas besoin de mode d’emploi, d’instinct, je m’approche des sources d’énergie, là, par la pensée, mes demandes sont exaucées.
L’hologramme d’une belle femme apparaît. Elle se nomme Marnélia, de longs cheveux noirs, comme ses yeux, un visage doux et mystérieux, une voix qui m’envoute, je craque. Je sais qu’elle est l’une des rares à être parvenu à franchir le passage, à vivre sur Mentem. Elle est plutôt énigmatique, mais je ressens une force éblouissante, un cap spirituel a été franchi. Puis se produit l’invraisemblable, elle me parle comme si elle était vraiment là, m’appelle par mon prénom, mon esprit et le sien font corps. J’entrevois le bonheur sans freins, la plénitude absolue de vie sur cette planète rougeoyante et mystique. Un vertige incontrôlable s’est emparé de moi, vivre sur Mentem, à jamais, auprès de Marnélia. Les autres membres de l’expédition investissent les pyramides et les galeries. Ils recueillent des bribes de pensées philosophiques creuses. Mais qu’ils aillent se faire foutre ! Jamais ils ne seront élus. Ils n’ont pas la poésie et l’humilité nécessaires. Beaucoup se pavanent dans le lac, se frottant les égos, des profondeurs surgit un Molegdon, fantôme des abysses, sans âme, des yeux éteints, cent mètres de hauteur et de fracas, ils s’élèvent en bouffant quelques-uns au passage, le lac bleu se teinte de rouge, sa fureur est sans espoir. Repli immédiat vers le vaisseau. Décollage, direction Mentem.
Je m’isole dans mes appartements, cent mètres carré de confort, dans la baignoire ronde, au centre de ma chambre, je me plonge avec un verre et une bonne bouteille, un nectar que j’ai pris dans la pyramide. J’active l’écran à 380°, et vois en temps réel l’espace. Plus on s’approche plus un rouge flamboyant lèche le noir profond, comme un glacis céleste. Le mystère reste entier, personne n’est revenu de Mentem, les communications avec des personnes y ayant accédé sont très rares. Et elles revêtent uniquement des formes spirituelles. Je fais maintenant partie des rares privilégiés. Plus on progresse plus les âmes se dévoilent, les appétits de certains se révèlent exacerbés, ils voudraient d’ores et déjà éliminer les autres, et arriver en conquérant unique. D’autres, paniqués, veulent repartir d’où ils viennent. Beaucoup ont perdu la raison, ils ne sont plus que des bêtes sauvages dépourvues d’instinct. Je verrouille ma porte, j’attends la rencontre avec une envie brûlante. Une force prend le contrôle total du vaisseau. Désormais notre destin ne nous appartient plus. Je commence à voir des paysages… Merveilleux… Je ressens la présence de Marnélia. Puis, une évidence, ici on est immortel, et on peut accéder à l’éternel. Le vaisseau se pose dans une plaine luxuriante, j’ouvre, époustouflante beauté, les roches ont des teintes violettes, les herbes mélangent les harmonies, des sources, jaillissent des eaux tressées, pures, salvatrices. Des animaux que je n’ai jamais vus, aux pelages plus doux que ceux des bébés phoques. Une matière légère, rouge, flotte par moment dans l’air, des flocons cotonneux, j’en prends un, le goute, il exhale ce que j’aime le plus, même si je l’avais oublié. Cette manne providentielle apporte la nourriture infinie. Une délégation arrive, Marnélia en fait partie. Je l’aime… Comment me soustraire à tout ça ? Plutôt devenir une pierre sur Mentem que repartir.
Certains remontent dans le vaisseau, résignés, d’autres défient la délégation. Un débile qui a remarqué l’osmose entre Marnélia et moi, me plante une lame d’ivoire entre les omoplates. Incrédule et le souffle coupé, je tombe à genoux puis perds connaissance… Je me réveille sous un arbre à l’écorce plus douce que du velours, il fait bien deux cent mètres. Au loin les montagnes sont rouges, des tigres blancs jouent avec des biches. Derrière moi une mer argentée, la manne arrive avant la faim, une source de vin, fraîche, au nectar enivrant, et Marnélia ! On se prend dans les bras. Elle m’initie à cette nouvelle vie, même si ici, tout est évident. Elle m’apprend à créer un royaume, par la force de mon imagination et de mes désirs. Sur un mur d’images, je vois le destin des ingrats et des impurs.
Quand le vaisseau retourne sur terre, l’espoir n’est plus de mise, la fin du règne arrive, vient le règne des dinosaures. L’homme n’ayant su saisir sa chance repart en poussière. Il devra attendre des millions d’années pour revivre des cycles douloureux, inextricable recommencement. Et moi, de Mentem, je vous salue, vous qui me lisez, en l’an 2013 de votre ère, que vos textes viennent laisser leurs traces dans mon univers.


              



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Torna altri rumpistacchi chì ci impuzzicanu incù i so testi, vulendu propiu esse letti per sperà ottene una qualunque gloria ch'elli ùn anu micca in a so vita viota è senza intaressu. Bon... forze chì ghje vera. Ma ci n'impippimu. È pò, a mi diciarete, bloghi litterarii, nant'à a tela, è sopra tuttu nant'à a tela corsa, ci n'hè ghjà à buzzeffa ! Tanti scrivanetti pumposi ! È bè tantu peghju ! O tantu megliu ! Hè solu una vitrina di più per fà scopre qualchi testi scritti, senza pritenzione, incù u core, incù e trippe, o incù e viscere chì vi cunveneranu...