Bloggu litterariu corsu

u 17 di Dicembre 2013 - scrittu dà - lettu 537 volte

Ombre et lumière


Ombre et lumière
Le train entre en gare avec ce bruit métallique caractéristique, de la buée aux vitres et du brouillard partout, ombre et fumée. John prend sa valise et descend sur le quai humide, il vient passer deux jours en formation ; il fantasme sur la femme qu’il va bientôt rencontrer. Un éclair zébré irradie tout jusqu’aux entrailles de la terre, instinctivement il ressent l’irréversible… mais lequel ?
 
Assis à la terrasse du café de la gare il attend ; deux hommes discutent à la table voisine :
 - Mais non, je ne veux pas bâtir un empire, les empires ne sont que châteaux de cartes emportés par les vents, je n’ai pas d’ambition ; peut-être avoir quelques tomates cerises, mon arbre et de bons livres, ça devrait suffire.
 - Comme je te comprends, mais qui êtes-vous ?
 - Mais, je suis le maillon !
« Il y en a plus en liberté qu’à l’intérieur ! » Pense John.
 
Après avoir bu un café, il téléphone à Sabrina – passer deux heures d’amour marchand… D’après les photos elle est belle et sensuelle, de ces beautés qui s’ignorent, quoi de plus craquant ? Il est dans la plus belle phase, l’imagination euphorisante, en face de la gare, dans un petit immeuble cossu – la montée des marches…
Elle ouvre la porte, vraiment envoûtante dans son peignoir en satin blanc.
 - Je te suce ?
 - J’aimerais un 69 !
 - Viens !
 - Slurp slurp !
 
Un second éclair zébré transperce ciel et terre, dans la foulée un train fou vient en percuter violemment un autre à l’arrêt, le fracas est terrifiant, John interrompt ses ébats et court à poil à la terrasse ; quelques wagons montent sur le quai et broient ou enserrent les usagers. Un homme, d’une fenêtre, pousse un cri suraigu :
« Ils vont casser le service en porcelaine de ma tante Eulalie ! »
Serein, il ferme les volets en disant qu’il est l’heure d’aller éduquer ses tortues…
John, hébété, regarde ce chaos, les gens ne réagissent pas, les secours n’arrivent pas…
Sabrina l’enlace :
 - Chéri, je suis ravie que tu reviennes enfin des îles sous le vent. Les négociations ont été fructueuses ? Tu ne partiras plus hein ?
 - Hein ??
 
John, d’instinct, comprend que la lueur de l’éclair a tout bouleversé, sauf lui, le monde va être cataclysmique ; en attendant, il a trouvé l’amour…
Les gens sont sereins certes, mais trop, ils n’ont plus l’instinct de survie, ils n’ont plus la moindre méthode.
 
Il pense au futur immédiat, il décide que la meilleure solution est de se rendre dans une maison témoin aux abords de la ville.
Cette habitation est énergétiquement autonome, il le sait, c’est son métier.
Sa logique réactive lui fait prédire qu’une panne générale de courant ne saurait tarder, de même qu’une inexorable succession de catastrophes.
John :
 - Viens Sabrina, reste collée à moi, ne répond à personne dans la rue !
Sabrina :
 - Oui mon amour, mais je ne m’appelle plus Gontrande ?
 
En bas de l’immeuble, une bonne sœur balance des godes colorés sur les passants en chantant "Thriller".
Nombre de voitures se sont télescopées ; la plupart des chauffeurs, perchés sur les toits des véhicules, font des discours plus ou moins philosophiques, des piétons percutés agonisent.
 
Un homme perché sur sa Porsche, avec une tête de sourd muet :
« Douglas furax, Murdoch effile les blettes, il serait plus judicieux d’effeuiller des marguerites en plastique et de les vendre en kit.
Douglas est prompt à diffuser ses travailleurs détachés. 48 heures payées 35 à 8 euros de l’heure.
Murdoch croule sous la culpabilité, il est humain le con ! »
 
Un autre avec un look "Pericles":
« J’ai le droit de ne pas aimer le Goncourt merde ! Il n’y a pas matière à moudre des défenses de rhinocéros, je préfère les textes râpeux sous le coude ; voilà, qu’on me pende ! »
 
John a repéré un fourgon avec les clés sur le contact, ils montent à bord et se dirigent vers un grand supermarché, prennent un caddie chacun qu’ils remplissent de nourriture et de boissons. Dans le supermarché l’ambiance est surréaliste, des gens pique-niquent à même le sol, d’autres se baladent nus et essayent des vêtements ; un homme et une femme, le corps badigeonné de pulpe de fraise, font l’amour sur un étal de fruits, John et Sabrina se regardent excités…
Ils rangent tout à l’arrière du fourgon, retournent prendre un écran géant, des dizaines de CD, DVD…
Prudemment, en anticipant au mieux les incohérences, John conduit en empruntant les voies les moins fréquentées possibles.
 
Ils arrivent devant la jolie villa témoin, à l’intérieur, un ingénieur qu’il connait tond un chat ligoté :
« C’est pour ton bien, pour jouer du Shakespeare il faut être tiré à quatre épingles ! »
John lui dit :
« Je suis Dieu ! » Et lui donne pour mission d’aller évangéliser les chats et les chiens errants, il part totalement ravi.
 
Le soir venu, John et Sabrina vivent une lune de miel embrasée dans leur nid d’amour; s’inquiéter changerait-il le destin du monde ?
 
Lumière tamisée, Sabrina est allongée sur une couette de soie, le champagne semble doré à l’or fin, John lui en verse délicatement dans la bouche, il coule à la base du cou, le filet emprunte le sillon entre les seins, puis va vers le nombril et son minou rasé, il en boit dans sa bouche à elle, avec sa langue il suit le liquide perlant sur ce corps ultra-sensibilisé, frémissant, torturé de désir…
En douceur il lui rentre deux doigts, accélère le rythme, ralentit, tourne sa langue autour de son clitoris, aspire, elle écarte au maximum comme pour capter toujours plus de plaisir, avec ses doigts il appuie vers le haut, vers son point G, elle saisit sa queue bien tendue, il continue de la lécher, la caresser, elle boit une gorgée pétillante, laisse couler sur son sexe et lèche de bas en haut, titille du bout de la langue, aspire…
Il éprouve autant de plaisir à s’occuper d’elle qu’à s’abandonner à ce qu’elle fait, peu importe, il savoure cet embrasement, plus rien ne compte…
 
Au milieu de la nuit, nue, elle ramène deux thés de la Pagode, il se sent si heureux, il ne peut retenir ses larmes.
Jusque là, quand il mettait des couleurs sur sa palette, les mélangeait puis les posait sur sa toile, tout s’embrumait – des couleurs grisâtres et boueuses sans éclat et sans profondeur. Sabrina a tout ravivé, un point jaune pour le plus éclatant des soleils, un glacis sur sa cascade tressée et l’eau est plus fraîche et mouillée qu’en Alaska, sur ses branches craquent les brindilles, le tonneau rouillé au premier plan balaie des décennies d’art moderne. Quelqu’un frappe à la porte en criant :
« Copain, faut le lait pour les bébés ! »
Il s’agit de Georges, trisomique 21, il possède un chromosome de plus, il n’avait rien demandé avant de naître, John va vite s’apercevoir que ces personnes, comme lui, n’ont pas changé de comportement depuis l’éclair zébré, il se rend compte qu’ils sont extrêmement bienveillants, ils manquent juste de méthode ; avec leur participation l’espoir est permis, une inversion des valeurs pour la bonne cause.
Il regardait les choses sans les voir, il sent qu’il s’élève.
Il lui donne des briques de lait, lui demande de renseigner et d’orienter les gens qui paraissent disposés à "rendre service" et lui donne rendez-vous vers midi à la Mairie.
 
Sabrina dort allongée sur le ventre, il lui écarte les cuisses et la pénètre au ralenti, dans son sommeil elle pousse de petits gémissements de plaisir, il accélère progressivement…
Le timide soleil du matin fait pénétrer des bâtons lumineux dans la maison, quand John ouvre les yeux il voit Sabrina avec une passoire sur la tête :
 - Il faut bouter les anglais hors de nos frontières, ce sont de fieffés félons oligarques, comploteurs, pervers narcissiques !
 - Chérie, calme toi, aujourd’hui les anglais mangent de la gelée verte et ne brûlent que les planches !
 - Sur mon île ouverte à tous les vents, je repeins tous mes rêves.
Le tonnerre bat la mesure de la musicalité qui résonne en moi, cristallisant mes envies créatrices. Quand je serais ailleurs, pour les jours où les ciels seront bas, j’emplirais mon espace de la teinte azurée des criques cristallines. Dans les décors de mes nouveaux théâtres flotteront des effluves de maquis. J’entendais les échos des falaises abruptes et des amas rocheux. Dans le public, un mouvement, une houle dont le ressac a des relents de poudre. Je veux mon âme fière dans la tempête, insensible à la foudre. Je veux trouver la clé du labyrinthe, faire ressurgir les visages oubliés des gouffres du passé, voir des chevaux sauvages galoper dans la plaine, répandre mes racines dans l’antre de mes scènes.
Lier ma vie à l’art et mon art à ma vie!
 - Chérie, tu veux une aspirine ?
 
 
Le temps a passé, par la force des choses l’homme suit les cycles cosmiques, l’organisation est simple et efficace, la bienveillance facilite la vie.
John va se marier, Sabrina est une radieuse femme enceinte, dans son bureau il entend un grésillement venant de l’écran, puis une image, un homme avec des lunettes rondes à montures bleues parle d’une voix nette :
 - Le programme a échoué, contre toutes nos prévisions, les gens de ce secteur se sont organisés, ils ont su adapter une nouvelle conscience à leur nouvel état, faites lâcher la bombe !
John :
 - NOOOOON !
 
 
Dans la chambre d’hôpital, le médecin avec ses lunettes cerclées de bleu a donné l’ordre de débrancher John. Ombre révélatrice de la lumière qui va s’éteindre, pour une fois qu’il était heureux.


              



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Torna altri rumpistacchi chì ci impuzzicanu incù i so testi, vulendu propiu esse letti per sperà ottene una qualunque gloria ch'elli ùn anu micca in a so vita viota è senza intaressu. Bon... forze chì ghje vera. Ma ci n'impippimu. È pò, a mi diciarete, bloghi litterarii, nant'à a tela, è sopra tuttu nant'à a tela corsa, ci n'hè ghjà à buzzeffa ! Tanti scrivanetti pumposi ! È bè tantu peghju ! O tantu megliu ! Hè solu una vitrina di più per fà scopre qualchi testi scritti, senza pritenzione, incù u core, incù e trippe, o incù e viscere chì vi cunveneranu...