Bloggu litterariu corsu

u 10 d'Utrovi 2014 - scrittu dà - lettu 538 volte

Offrande


Alignées, les jeunes filles attendaient un verdict. Elles étaient toutes vierges et de famille nobles. Des bras ronds et blancs, des chevelures opulentes, des poitrines aux courbes douces, des jambes nerveuses, et des regards éperdus.
Être choisies les terrifiait. Mais était le plus grand honneur de leur vie.
Tous les ans ce rituel se répétait. Et tous les ans la jeune fille était soulagée que le Dieu, à travers son serviteur, ignore sa beauté discrète. Pourtant, elle était toujours vexée, ravalant sa fierté, se sentant humiliée. Elle savait que c’était sa dernière année car trop âgée, elle ne ferait plus partie de la cohorte et serait mariée. Elle finirait son existence enfermée dans un gynécée quelconque, loin des honneurs brefs mais immenses dont étaient gratifiées les jeunes élues.
Elle priait silencieusement, demandant à son Dieu de l’ignorer et de la remarquer, entre crainte et dépit.
 
Le prêtre passait entre les jeunes vierges, une fine baguette à la main, effleurant leur peau, soulevant ici et là un voile, mais jamais sa main ne les touchait, seul le Dieu était censé les toucher. Parfois, il ordonnait à une d’entre elles de lever un bras, baisser la tête, à la recherche d’un signe, d’un grain de beauté, qui désignerait à coup sûr celle que le Dieu voulait ce jour-là.
Alors qu’il s’approchait, elle perdit pied. Son cœur battait, ses tempes palpitaient. Elle fixait la baguette qui pouvait la designer et sceller son destin. Il passa, l’ignorant encore une fois. Et encore une fois, le soulagement la gagna, immédiatement suivi d’une amertume plus grande encore. Une autre serait glorieuse, une autre sera parée, une autre sera la reine, non la Déesse du jour, une autre verra se prosterner toutes ses camarades à ses pieds parfumés et parés ! Une autre fera la fierté de sa famille, de son clan. Elle serait ignorée. Elle réprima un soupir, pas un son ne devait s’échapper. Alors la baguette caressa son dos, souleva sa tunique, tapota sa cuisse comme pour palper ses chairs sans l’abimer. Un frisson fit onduler sa peau. La tige de papyrus tressée glissa sur ses mollets, sur ses cuisses, s’insinuant entre ses jambes, caressant son sexe. Elle savait qu’elle devait rester immobile et réprimer le moindre geste, le moindre sursaut. L’homme la fit se tourner, il lui fit face et fixa ses prunelles, Elle se devait rester de marbre. Puis, il libera un de ses seins, el il posa sa baguette sur le délicat petit grain de beauté qui l’ornait, juste à la limite de l’aréole dorée, à la naissance de son téton.
Et d’un geste lent, sacral, il la désigna. Il lui sembla que le monde s’écroulait. D’ailleurs, il s’écroulait.
Un cercle respectueux s’était formé, et elle fut emportée par les prêtresses qui s’étaient tenues jusqu’à présent à l’écart. Aucun mot ne fut échangé.
 
Elle se soumit au rituel de libation, purifiée par un long bain, ointe d’onguents. Elle dut s’abandonner aux mains expertes de deux prêtresses aux gestes sûrs et obéir aux rites sacrés éternels. Elle fut parée d’une tunique de lin fin, diaphane, ceinturée d’or, d’un diadème surmonté de l’emblème de son dieu, celui qui serait son époux ce soir, un pectoral, des boucles et bracelets variés complétaient la tenue. L’éclat de l’or la rendait immortelle, à l’égale d’un dieu. Elle était Inanna.
 
Elle présida une longue cérémonie, assise sur un trône précieux, sa tête lourde des nattes et de sa couronne, la nuque douloureuse, elle se tenait raidie par la tension qui parcourait son corps, et se concentrait sur les répons, refusant de s’abandonner à ce qu’il allait advenir, se concentrant sur le moment présent, à ses prières, implorant son époux de sa grande mansuétude.
La cérémonie de consécration terminée, elle se leva pour s’offrir à la foule qui l’attendait dehors. Elle était épuisée mais un long chemin l’attendait encore. On la plaça sur une litière, portée par des prêtres, et entama la procession. Elle chemina à travers la ville, suivant un parcours rituel, qui rejoignait l’est à l’ouest, d’un temple à l’autre, celui de sa Déesse à celui de son Dieu, pour les unir à jamais.
 
La population se massait, riche ou pauvre, acclamant la jeune fille, lui adressant des suppliques, elle les bénissait d’un geste de la main ou d’un sourire, ils jetaient des fleurs odorantes, lotus, lys, jasmin, pour l’honorer. Le temple haut dominait la ville, le fleuve et ses méandres argentés, des alignements de statues des dieux bordaient la route pavée, et parfois, la troupe s’arrêtait devant un autel, afin de prier une des divinités qui accompagnaient le rite. Inanna, à chaque station, buvait une petite coupe d’un liquide ambré, entêtant, sucré. Elle se sentait de plus en plus détachée de la réalité, euphorique. Le ciel lui semblait lapis lazuli, l’herbe scintillait, elle flottait, sa peau frissonnait à chaque caresse de la brise, excitant ses seins gonflés d’une sève nouvelle. Le parfum dont elle était ointe adoucissait sa peau comme un voile de soie, la douceur de ses bras blancs la fascinait. Elle avait envie de caresses, elle avait envie d’être enlacée, elle avait envie d’offrir son corps nu aux regards des passants, d’arracher ses voiles et de danser sur sa litière, d’offrir son corps à la morsure du soleil, afin qu’il plante ses rayons en elle, la transperce. Elle était impatiente de cette jouissance suprême. Elle était Inanna. Elle seule aurait ce droit. Le Dieu sera à elle. Elle sera fécondée et la Terre offrira alors ses richesses au peuple affamé. Elle avait envie que ses porteurs se mettent à courir, de franchir cette porte imposante et encore si lointaine. Plus vite, plus vite, Il m’attend…elle criait presque, son désir devenait incontrôlable. Mais on ne cessait de s’arrêter, on ne cessait de la faire boire dans des coupes d’électrum. Et son bel ordonnancement perdait de sa splendeur, ses cheveux étaient défaits car elle voulait les sentir dans son dos. Ses seins s’échappaient de sa tunique et elle était allongée, totalement abandonnée, totalement consentante, totalement libre.
 
Le convoi s’arrêta une derrière fois devant la porte monumentale. Inanna pria une dernière fois, la face tournée vers le soleil, encore haut dans le ciel mais qui n’allait pas tarder à basculer derrière le temple, l’embrasant de ses derniers rayons rougeoyants. A l’intérieur, elle traversa les différentes salles et les allées de colonnes majestueuses jusqu’au naos, centre sacré, uniquement accessible pour quelques grands prêtres et elle-même. Plus aucune lumière n’y parvenait, seule des torchères éclairaient la statue. Elle marchait avec difficulté, titubant entre les officiants qui la soutenaient.
Elle se prosterna une première fois face à l’immense représentation de son Dieu. Elle posa son front en sueur sur les dalles glacées en murmurant fiévreusement ses prières. La silhouette du Dieu ondulait, irréel et évanescent. Il était placé sur un piédestal démesuré et au centre d’une vaste fosse. Un couple de lions s’y promenait nonchalamment, secouant leur crinière et feulant doucement, un peu dérangé par l’arrivée du cortège et des chants qui l’accompagnait.
Une passerelle en bois reliait l’entrée de la salle à la statue. Assis, son Epoux veillait.
Sur ses genoux, les prêtres avaient placé un épais coussin, couvert de soie or, des mets variés, et une petite carafe de ce liquide ambré qui lui faisait tourner la tête et mettre ses sens à vif.
Seule, chancelante, elle s’avança jusqu’à son lieu de repos. Le bois trembla sous ses pieds mal assurés, le vide l’appelait.
Elle réussit à se jeter dans la masse moelleuse de son lit nuptial. Derrière elle, les servants enlevaient la passerelle avec un bruit assourdissant qui résonna longtemps après leur départ.
 
Allongée, elle observait le menton de son Dieu. L’or des torches se reflétait dans le basalte noir et poli. Elle rit, en tendant sa main et chercha à le caresser. Elle se colla contre le torse de la statue. Elle était chaude et douce. Retirant les derniers voiles qui la couvraient, elle s’appuya, ses seins s’écrasant contre la chair de pierre satinée. La statue vibra, frissonna. Elle embrassa le nombril, finement ciselé. Elle était Inanna, l’épouse divine au ventre fertile. Les rives des fleuves seraient régénérées, les blés seraient lourds, les jarres se rempliront de bière fraîche, des dates et des figues couleraient le miel. Elle était devenue Inanna, choisie pour incarner la Déesse, la Reine des dieux, celle dont on craignait les colères et celle qui était à l’origine de toute chose.
Elle entendait le cœur de son Dieu. Elle sentait ses mains glisser sur la peau de ses cuisses et de son ventre. Il lui susurrait des mots incompréhensibles, un langage aussi ancien que celui de l’origine du monde. Elle offrait son corps sans aucune retenue, ses jambes ouvertes, ses seins tendus, il la pénétrait de sa lumière. Elle gémissait et haletait, il lui semblait léviter, au-dessus du sol tenu par son Dieu qui la fécondait, encore et encore…
 
Un observateur qui profanerait ce saint des saints, qui assisterait à cette scène sacrée, ne verrait qu’une femme en proie à une extraordinaire crise de folie, hurlante et gémissante, s’empalant sur un phallus de pierre habilement sculpté, le sang coulant sur ses jambes, griffant sa peau douce contre la pierre roide d’une statue immobile et indifférente. Mais Inanna recevait le nectar divin, dans sa bouche, dans son ventre, entre ses mains. Il coulait en un flot puissant, en la faisant trembler, son sexe noyé sous cette sève brulante. L’intense plaisir la faisait ployer, le Dieu s’offrait à elle.
 
Cela dura trois jours et trois nuits. Elle se nourrissait un peu entre deux assauts divins, buvait beaucoup et festoyait parmi les dieux d’un sommeil agité. Au matin du quatrième jour, le grand prêtre et ses servants pénétrèrent dans le saint des saints silencieux et glacial. Ils portaient un sarcophage, destiné à recevoir les restes de la dépouille de la sacrifiée.
 
Ils la trouvèrent au fond de la fosse, dormant paisiblement entre les pattes de la lionne qui veillait sur elle, les yeux mis clos.

 
Offrande

Vòiu

In fila, e ghjuvanotte aspettavanu una sintenza. Eranu tutte vèrgine è di sterpa nòbile. Bràccii tònduli è bianchi, capillere di prima trinca, pùppule falcate è dolce, anche narbose è sguardi stravalgati.
Esse scelta l’insiscava. Ma era l’onore maiò di a so vita.
Tutti l’anni, si ripruducia stu rituale. È tutti l’anni, a ghjuvanotta era sullivata ch’e u Diu, fra u so servu, fussi à scuru di a so bellezza discreta. Èppuru, ne firmava sempre uffesa, trattenendu a so fiertà, è risentendu si inghjuliata. Quessa volta, era cuscente chì seria l’ultima per ella. Troppu vechja, seria prestu allargata di a schjera per esse maritata. Tandu si cumpieria a so vita chjosa in un qualunque gineceghju, luntana di l’onori corti ma tamanti da i quali eranu gratificate e ghjòvane elette.
Precava in silenziu, dumandendu attempu à u so Diu di gnurà la è di rimarcà la, tra timore è dispettu.
 
Passava u prete, à mezu à e ghjòvane vèrgine, a mazzetta in manu, sfrisgittendu a so pelle, aisendu quì è culà un velu, ma senza mai tastà le di a so manu ; u Diu solu ne avia a primura. Talvolta, cumandava à una tra di elle d’alzà un bracciu, di calà u capu, in cerca d’un segnu, d’una pichjina, di qualcosa chì mintuveria à colpu sicuru quella bramata da u Diu, quessu ghjornu.
Mentre ch’ellu s’avvicinava, ella spidugliò. Battia u so core è palpitavanu e so funtanelle. Appinzava l’ochji nant’à a mazzetta chì a pudia indicà, chjudendu a so sorte. Ma ellu passò, gnurendu la torn’una volta. È una volta di più, u scàricu s’impatrunì d’ella, subitu seguitatu d’un amarezza ancu più grande. Un altra cunosceria a gloria, un altra seria addubita, un altra seria a regina, o piuttostu a Dea di u ghjornu. Un altra vederia tutte e so cummà prustirnà si à i so pedi prufumati è urnati ! Un altra feria a fiertà di a so famiglia, di u so razzinu. Ella, seria gnurata. Rintuzzò un suspiru ; ùn si devia fà sente nisun trostu. Tandu a mazzetta li carizzò u spinu, li sullivò a tùnica, è pichjulò a so còscia, cume per palpighjà li e carri senza ferisce la. A so pelle fù presa d’un tremu. U fustu di pàpiru intricciatu sculisciò nant’à i schinchi, nant’à e còscie, si ficcò tra e so anche, allisciendu u so sessu. Sapia ch’ella avia da stà ferma è cuntene u mìnimu cennu, u mìnimu trasaltu. L’omu a fece girà, capu à capu, è li fighjulò e lùcciule. Avia dà firmà impirnata. Pò, ellu cappiò unu di i so petti, ponendu a mazzetta nant’à una pichjinuccia dilicata chì l’imbilliva, ghjustu à a fruntera di l’alone doratu, duve nascia u capitìnghjulu.
Pò, d’un gestu lòsciu, sacrale, l’indittò. Li paria chì sì sfundava u mondu. D’altronde, si sfundava.
In giru, s’era fattu un chjerchju rispettosu, è tandu, fù purtata via da e pretezze chì fin’ora s’eranu tenute scantate. Ùn ci fù manc’una parolla.
 
Si sottumesse à u rituale di libazione, spurgulata da un bagnone, pinca d’unguenti. Ebbe da abbandunà si à e mani sgualtre è assicurate di duie pretezze, è ubbidisce à i riti sacri eterni. Fù apparata d’una tùnica di ràsgiula diafana, cinta d’oru, d’un diadema superatu da l’emblema di u so Diu, quellu chì avia da esse u so sposu à l’abbrocu è d’una pittera. Pendini è manìglii varii cumplettavanu a vistura. U raghju di l’oru a rendia immurtale, iguale à un diu. Ella era Inanna.
 
Prisidò una longa cirimònia, pusata anant’à un tronu preziosu, u capu pisìu da e trèccie di a so curona. U tupezzu dugliosu, si tenia sticchita da a tinsione chì percorria u so essàru, è si cuncintrava nant’à u rispunsoriu, riccusendu l’abbandonu à cio chì avia da succede, pensendu solu à cio ch’ella campava, à e so preghere, pricurendu u so sposu di a so mansuitùdine suprana
Compia a cirimònia di cunsicrazione, si messe arritta per òffre si à a cuncolta chì l’aspettava fora. Era sbialata, ma u caminu fermava sempre longu. Fù piazzata nant’à un littame, purtatu da preti, è iniziò a prucessione. Caminò fra a cità, suvitendu un percorsu rituale chì raghjunghjia u levante à u punente d’un tempiu à l’altru, quellu di a so Dea à quellu di u so Diu per adunisce li per u sempre.
 
S’ammassava u populu, ricchi o pòvari, tutti facianu l’evviva di a ghjuvanotta, mandendu li sùppliche. I benedia d’una mossa di a manu, o d’un surrisu mentre ch’elli lampavanu fiori odorosi, lotu, gìgliu, ghjasiminu per porghje li onore. U tempiu altu supranava a cità, u fiume è i so giri spampillulati ; ci eranu filarate di stàtue di dii in tagliu di a strada innastracata, è talvolta, si piantava a schera di fronte à un altare per precà una di e divinità chì accumpagnavanu u ritu. À ogni piantata, Inanna biia una cuppata d’un lìquidu ambratu, intistante è inzuccheratu. Si sentia sempre di più eufurìca, sciolta di a realità. U celu li sembrava làpizu, l’erba spampillava, li paria di sbattulà, a so pelle trimulava ad ogni carezza di u vintulellu, fumintendu i so petti ingufiati d’un suchju novu. U muscu chì l’unghjia adulcia a so pelle quante un velu di seta, a dilicatezza di i so braccii bianchi l’incantava. Era in brama di ghignoli, era in brama d’esse strinta, di rigalà a so parsona spugliata à u sguardu di a ghjente, di strappà i so veli è di ballà nant’à u littame, d’offre u so corpu à u morsu di u sole, ch’ellu piantessi i so raghji in ella, per infilzà la. Era cusì impacente di stu gudè supranu. Ella era Inanna. Ella sola averia sta primura. Seria soiu u Diu. Avia da esse imprignata è tandu, a Terre rigaleria e so ricchezze à u populu famitu. Vulia ch’e i purtatori si mettessinu à corre, era bramosa di francà  stu purtone tremendu sempre cusì luntanu. Più prestu, più prestu, Ellu m’aspetta… ella briunava guasgi – a so voglia era passata fora di cuntrollu. Ma e piantate ùn eranu compie, si cuntinuava à fà la beie in càlici d’eletru. A so tenuta cusì bella perdia di a so superbia, a so capillera era snudata chì i vulia sente sventulà in u spinu, a so pùppula escia di a so tùnica. Era stracquata, propiu abbandunata, propiu cunsintente, propiu libera.
 
U cunvògliu si piantò per l’ultima volta davanti à u purtone munumentale. Inanna precò un ultima volta, a faccia girata versu u sole, sempre altu in celu, ma ch’ùn avia da stà tantu à capulà daretu à u tempiu, imbachendu lu da i so raghji russighjenti. Nentru, ella francò e sale l’une dopu à l’altre, è e stradelle maestosa fin’à u naò, centru sacratu, ch’ùn era accessìbile ch’e à qualchi gran’preti è à ella oramai, à ella stessa. Nisun luce ùn ghjunghjia più in stu locu, ùn ci eranu ch’e fiacculoni per schjarisce a stàtula. Marchjava cun fàstidiu, sgambaddendu tra i sacerdotti chì a sustenianu.
Si prustirnò una prima volta di fronte à l’immensa riprisentazione di u so Diu. Pose a so fronte in sudore nant’à e teghje ghjalate murmucinendu e so pregere febbrose. A siluetta di u Diu undulava, irreale è evanescente. Era dispostu nant’à un pedistallu smisuratu à mezu à un’àmpia ciòttula. Un coppiu di leoni si ci spassighjava à a lòscia, scuzzulendu a so chjoma è ghjargallendu in dulcezza, appena disturbati da a ghjunta di u curtèiu è da i canti chì l’accumpagnavanu.
Un punticellu di legnu cullegava l’entrata di a sala à a stàtula. Pusatu, u so Sposu vighjava.
Nant’à e so ghjinochje, i preti avianu messu un cuscinu zeppu  cupertu di setarìa d’oru, pietanze vàrie è una caraffuccia di stu lìquidu ambratu chì li facia girà u capu è chì esaltava i so stinti.
Sola, anchittenda, s’avanzò fin’à a so piazza di riposu. Trimulava u legnu sott’à u so passu mal’assicuratu. A chjamava u viotu.
Per fine si lampò nant’à u so lettu nuzziale merullosu. Daretu à ella, i servi avianu cacciatu u punticellu, fendu un rimore acciunchente chì ribumbò longu dopu à a so partenza.
 
Stracquata, fighjulava u bavellu di u so Diu. Si rispechjava l’oru di i fiàcculi in u basalta neru è allisciatu. Rise porghjendu a manu è pruvò à carizzà lu. S’arrasintò à u bustu di a stàtula. Era calda è dolce. Cacciendu l’ultimi veli chì eranu firmati à fascià la, s’appughjò, fin’à pistà i so petti contr’à e carri di petra lustrata. A stàtula trimò, zocculò. Ne basgiò u billicu, scarpillatu cun finezza. Ella era Inanna, a sposa divina à u corpu fertile. Serianu rinnuvate e ripe di i fiumi, serianu carche e nivale, si riempierianu di biera fresca e stagnare, correria u mele da i nàtteri è da i fichi. Era duvintata Inanna, scelta per incarrà a Dea, a Regina di i Dii, quella da a quale si temia l’ire, è quella à l’iniziu d’ogni cosa.
Sentia u core di u so Diu. Sentia e so mani sculiscià nant’à a pelle di e so còscie è di u so corpu. Li chjucculava parolle incumprensìbile, un parlà cusì anticu ch’e quellu di l’origine di u mondu. Offria a so parsona senza nisun misura, ghjambe aperte è petti tesi à u Diu chì a ficcava di a so luce. Gemia è ansciulava. Li paria di levità sopr’à a terra, ritenuta da u so Diu chì l’imprignava à più pudè…
 
Qualchissia chì averia prufanatu stu santu di i santi è vistu sta passata sacrata ùn averia vistu ch’e una femina in preda à un estru mattu strasurdinariu, ughjulente è ghjanghjulente chì si ficcava nant’à un fallu di petra, sculpitu cun ghjustezza, fin’à fà corre u sangue nant’à e so anche, è chì ranficava a so pelle cusì dolce contr’à a petra sticchita d’una stàtula immòbile è indiffarente. Ma Inanna ricevia u nèttare divinu in bocca, in corpu, è tra e mani. Ne curria un onda pudente, fendu la trimulà, u so sessu annigatu da stu suchju brusgiulente. L’intensu piacè a facia ghjimbà. U Diu s’offria à ella.
 
Fubbinu trè ghjorni è trè notte. Si sustintava appena tra dui assalti divini, biia assai è festighjava à mezu à i dii d’un sonnu màrosu. A matina di u quatresimu ghjornu, u gran’prete è i so servi pinitronu dentru u santu di i santi, silenziosu è ghjacciale. Arrecavanu un sarcòfagu per riceve e vistighe di a spoglia di a sacrificata.
 
A truvonu in fondu di a ciòttula, durmendu pacevulmente tra e zampe di a leone chì a vighjava, l’ochji à mezu chjosi.

[Traduzzione fatta da Pedru-Felice Cuneo-Orlanducci].


              



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Anima Cappiata !

Torna altri rumpistacchi chì ci impuzzicanu incù i so testi, vulendu propiu esse letti per sperà ottene una qualunque gloria ch'elli ùn anu micca in a so vita viota è senza intaressu. Bon... forze chì ghje vera. Ma ci n'impippimu. È pò, a mi diciarete, bloghi litterarii, nant'à a tela, è sopra tuttu nant'à a tela corsa, ci n'hè ghjà à buzzeffa ! Tanti scrivanetti pumposi ! È bè tantu peghju ! O tantu megliu ! Hè solu una vitrina di più per fà scopre qualchi testi scritti, senza pritenzione, incù u core, incù e trippe, o incù e viscere chì vi cunveneranu...