Bloggu litterariu corsu

u 31 di Maghju 2014 - scrittu dà - lettu 329 volte

Nous étions destinés


Nous étions destinés
Dans le fatras d’histoires humaines des gens simples, voici celle de Népsilon.
Employé de perception célibataire, de petite taille, rondouillard, calvitie et cheveux bruns roux en boucles souples; il se sent prisonnier de son corps.
Népsilon Pütz a eu 50 ans, il est fort aimable, ses collègues de travail lui tirent facilement les vers du nez – il en fait des alexandrins.
Sauf Yvette, elle est dénuée de vice Yvette, elle subit la vie elle aussi, toujours digne et discrète.
 
Elle a tout perdu voici un an déjà, elle vivait avec sa mère dans un traintrain ronronnant et trompeur, c’est fascinant comme les choses basculent en un rien de temps ; comme tous les soirs elles allaient faire une soupe de légumes à 4 mains.
« Yvette, il ne reste plus qu’une patate, la soupe sera moins épaisse ! »
Des spasmes, une chute et adieux, un AVC, la mort se fout de ceux qui restent…
Depuis, elle a perdu le peu de sourires qu’elle avait.
 
 
NÉPSILON
Yvette, pourquoi vit-on ? Elle pue le sandwich de la veille avec de la salade défraîchie notre vie !
Ah si j’avais été un boucher de 100 kilos, avec une femme jalouse !
 
YVETTE
Ah bon ! C’est bien la jalousie ?
 
NÉPSILON
C’est la sœur de l’amour, et puis ça voudrait dire que je suscite autre chose que des sarcasmes, sans compter ma vénération de la belle viande persillée rouge parme, pas comme ces entrecôtes en barquettes qui se détachent à la fourchette, avec ce goût salé médicamenteux !
 
YVETTE
Je ne sais trop qu’en penser ! Je dois nourrir mes poissons rouges, ça je le sais ! Et faire ma soupe !
 
NÉPSILON
Si tu étais riche tu te foutrais confortablement de ne pas savoir qu’en penser, tu les boufferais les poissons, arrosés de Riesling ! Mais bon, tu ne m’écouterais pas en cet instant !
 
 
Sa mère, Pütz Inoza, avait eu un comportement de chatte avec lui, dès qu’il ne téta plus elle le fourgua à des tiers payés par les services sociaux.
Les rares fois où ils se voient elle l’humilie copieusement. Il l’évite.
Pour ses 20 ans, elle avait fait venir des oncles, tantes, cousins qu’il ne connaissait pas pour la plupart, au milieu du repas elle avait sorti un grand slip kangourou souillé :
 - Regardez ! Il est impossible à gérer, il m’épuise ! Je n’en peux plus !!!
 - Mais maman ! Je ne vis pas ici, ce slip n’est pas à moi !
 - Vous voyez bien ? Quelle arrogance !
 
Aujourd’hui elle est fripée, boursouflée, il trouve qu’elle sent le hareng saur, que la vieillesse atrophie terriblement les femmes.
Il ne l’a pas vu depuis des années, mais là, pour ses 50 ans, elle lui a offert une ordonnance, un check-up complet chez un médecin, Mr Asclepios, un sien ami.
Ce dernier est guérisseur, il aurait un pouvoir de magnétiseur, excusez du peu ! Mais bon, pour ceux qui ne le savent pas il est indéniablement médecin, surtout quand ils voient sa graphologie.
Il a un organe, un mix entre une voix de nain suisse et la voix nasillarde d’une bourgeoise du boulevard Saint-Germain.
Asclepios arrive avec les résultats.
 
ASCLEPIOS
Bonjour Népsilon, je suis Mr Asclepios, médecin de votre mère ! Elle m’a remis les résultats de vos analyses !
Népsilon, êtes-vous déniaisé ?
 
NÉPSILON
Heuu… Une fois j’ai mis un bout de mon doigt dans l’anus du chihuahua de ma tâta ! Ça compte ? Gnéééé…
 
ASCLEPIOS
Népsilon ! J’en ai vu des naïfs, mais là, vous êtes une synthèse ! Les résultats sont très mauvais, 2 cancers dissociés !
 
NÉPSILON (horrifié)
Ça va me coûter deux fois plus cher ?
 
ASCLEPIOS
Népsilon ! Je suis un ami de la famille, je vais m’occuper de vous, vous aurez les meilleurs traitements, et à bas coût en sus !
 
NÉPSILON
Ça me va, je suis économe, mon plaisir est de repasser mes relevés de compte, puis de les étaler sur mon lit pour m’y rouler ! Gnéééé…
 
ASCLEPIOS
Népsilon ! Il faut se résoudre au pire !
Vous devriez faire en sorte que tous vos biens aillent à votre pauvre mère en cas de malheur !
J’ai un ami notaire, vous pouvez tout régulariser gratuitement !
 
NÉPSILON
Ma mère m’a abandonné aux ténèbres, chez des inconnus, j’ai passé des nuits à pleurer sans comprendre ; la journée j’avais un sourire figé pour qu’on m’apprécie, mais j’ai un sourire niais qui ne correspond pas à mon humilité bienveillante, l’effet était inverse et alors que je balbutiais mes premiers mots, on se moquait de moi, on aimait me détester !
 
ASCLEPIOS
Népsiloooon ! Vous aimez vous plaindre sans cesse !
 
NÉPSILON
Quand la source de mes larmes était tarie j’implorais dieu pour que maman soit heureuse ! Quand je vais mal je regarde mon film préféré "L’attaque de la moussaka géante", il y a juste la viande hachée qui me contrarie, elle paraît bouillie, grisâtre, comme pour souligner notre putrescible fin !
Comprenez que je sois réticent!
 
ASCLEPIOS
Mais nous allons tout faire pour vous guérir, tel Boudu sauvé des eaux !
Songez à votre mère, elle vous a donné la vie, que voudriez vous laisser dans les mémoires ? Que le meilleur de vous a fini en flaque marron sur son lit d’accouchement ?
 
NÉPSILON
Les chiens aussi donnent la vie !
Les absents ont toujours tort ! J’ai toujours été absent aux yeux des autres, à commencer par les miens, ou pire, invisible !
 
 
Devant l’invitation insistante de sa mère, il se rend dans son pavillon miteux et moisi, elle ouvre la porte en pleurs – que d’hypocrisie crasse – tellement mielleuse qu’il craint de se choper le diabète en prime.
Dans un miroir, il distingue la face grise en lame de couteau d’Asclepios – le médecin malgré "eux" sort de la salle de bain – Népsilon a un flash, voyant les narines de sa mère frétiller façon ouïes de poisson hors de l’eau il sait, le corbeau se tape sa mère…
Flétri flétan ils arrivent à lui faire signer tous les documents et à le convaincre de prendre son traitement révolutionnaire, des cachets colorés, moyennant quelques billets de 500 euros…
 
Depuis qu’il a commencé le traitement, il lui semble dormir avec un hippopotame au-dessus de la tête, ce dernier balance une flatulence toutes les 18 minutes.
Le traitement est terrible, l’épuisement est total, au bout de quelques jours, l’hippopotame n’est plus seul, dès que le sommeil l’assomme, un putois faisant des ruades avec ses pattes arrières arrive tel un Zebulon, prend ses quartiers dans sa bouche – très fidèle à sa réputation olfactive – il vomit régulièrement. Chaque instant est pénible, du jour comme de la nuit…
 
 - Le salut tient parfois à peu de choses ! Dit-il à Yvette…
 
Un rêve salvateur cette nuit là, le corbeau (docteur Mabuse) écrasant des asperges bouillies sur sa mère, le putois faisant des bulles de Malabar sur une bouse d’Hippopotame, les cachets colorés croqués par une tête de mort, une caméra tête d’épingle, une envie de prendre Yvette en levrette…
Il se réveille sachant qu’il ne doit plus prendre ce poison, va acheter la caméra tête d’épingle avec micro espion, ne se coiffe pas et s’habille comme un réfugié kurde pour avoir l’air au bout du rouleau, puis se rend chez sa mère.
 
NÉPSILON
Mère je voudrais une verveine, je me sens partir mère !
 
 
Pendant que Pütz Inoza s’exécute les yeux écarquillés, il aperçoit le magnétiseur dans le miroir de la salle de bain, ridicule, avec ses bigoudis roses et verts il rampe sans bruit…
Le champ libre, Népsilon plante la caméra dans le fion du cheval en cuir trônant sur la cheminée, il aura une vue imprenable.
 
18h30 : arrivé chez lui, il connecte la caméra à son ordinateur portable, personne…
20h00 : les voilà, il oriente la caméra et zoome.
 
ASCLEPIOS
Amore, ma Julie Lescaut !
 
PÜTZ INOZA
Mon inspecteur Derrick !
 
ASCELPIOS
HOUHOUHOUHOU, HOUHOU, HOU !
Avec tous les poisons qu’il y a dans les cachets, il va bientôt crever d’un arrêt cardiaque, d’un œdème pulmonaire ou d’un AVC, ton porc de fils, à nous le fric ! Youlala Youuuu !
Chère Julie, si l’on jouait à je te tiens tu me tiens ?
 
PÜTZ INOZA
Oh oui mon Horst Tappert ! Déshabillions-nous !
 
 
Pütz Inoza a deux tresses noires et grises à son minou qu’elle nomme "feuille de lune", Ascelpios idem autour de sa queue qu’il intitule corbeau noir !
Les deux ensembles se tirant sur leurs poils pubiens respectifs :
- Je te tiens tu me tiens par la barbichette, le premier de nous deux qui rira aura une levrette...
 
 
ASCLEPIOS
HOUHOUHOUHOU, HOU HOU, HOU !
 
PÜTZ INOZA
HOUHOUHOU, HOU !!!
Tu as perdu, je vais prendre mon gode ceinture!
 
 
 - Je m’en allais gerber aux chiottes ! Voilà Yvette, tu sais tout !
 
Quant à leur mort, le mystère reste entier, comment se sont-ils retrouvés sous des hippopotames, écrabouillés ?
 - Je t’aime Népsilon, tu as donné un véritable sens à ma vie, tu m’as tiré du coma où je végétais !
 - Yvette, tu m’as sorti du couloir de la mort lente, j’avais un trésor à portée de moi, c’était toi, je t’aime, gnééé !


              



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Anima Cappiata !

Torna altri rumpistacchi chì ci impuzzicanu incù i so testi, vulendu propiu esse letti per sperà ottene una qualunque gloria ch'elli ùn anu micca in a so vita viota è senza intaressu. Bon... forze chì ghje vera. Ma ci n'impippimu. È pò, a mi diciarete, bloghi litterarii, nant'à a tela, è sopra tuttu nant'à a tela corsa, ci n'hè ghjà à buzzeffa ! Tanti scrivanetti pumposi ! È bè tantu peghju ! O tantu megliu ! Hè solu una vitrina di più per fà scopre qualchi testi scritti, senza pritenzione, incù u core, incù e trippe, o incù e viscere chì vi cunveneranu...