Bloggu litterariu corsu

u 4 di Sittembre 2014 - scrittu dà - lettu 11773 volte

Nature Loving


Nature Loving
Elle marchait un peu au hasard, suivant le sentier qui sinuait à travers les buissons, elle ne voulait plus penser, oublier. Oublier ses bras, son odeur, la caresse de son regard. Elle était amoureuse, malgré ses précautions, elle s’en était entichée dés les premières paroles échangées. Il lui avait dit, pourtant, que cela n’avait aucun avenir. Couple impossible, amour incongru, mais pourtant, malgré tout, malgré elle, elle l’aimait.
Oublier… Oublier encore et encore… Elle ne pouvait rien lui reprocher. Il ne lui avait fait aucune promesse. Elle non plus d’ailleurs. Pardonner ses silences, pardonner ses fuites, elle s’y était astreint.
 
Mais elle n’en pouvait plus. Le manque était toujours violent, brutal. Ça la prenait au bas ventre, à l’estomac, à la gorge. Les images l’assaillaient, ne la laissant en paix.
Alors, elle marchait, un peu dans le vide, essayant de fixer son attention sur ce qui ne l’avait jamais trahi, sur ce paysage qui l’accompagnait depuis qu’elle était enfant, même quand elle habitait si loin, et que le manque, toujours lui, se faisait sentir, elle fermait les yeux, se replongeant dans ce lieu qui quoi qui lui arrive, l’apaisait.
L’odeur de l’immortelle l’envahit. Elle avait écrasé un pied, et les petites fleurs jaunes en avaient exhalé de douleur.
 
Là haut, tout là haut, son arbre l’attendait. Elle y avait pris l’habitude, petite, de s’y réfugier, les veilles de départ, ou lors de ses désespoirs adolescents, et elle y posait sa joue humide sur l’écorce chaude et rassurante, immuable. Un compagnon qui savait par les murmures de ses branches, non pas la consoler, car on est toujours inconsolable, mais lui offrir la vie qui courait en lui, lui qui avait vu les siècles se dérouler, lui qui avaient vu tant de tristesse se solder en rire léger, lui qui avait vu mourir ceux qui l’avaient planté, lui qui avait contemplé sans la comprendre la folie des hommes.
 
Encore une fois, comme lorsqu’elle avait dix ans, elle enveloppa son tronc, qui plongeait avec force dans cette terre qui était la leur. Cet arbre sembla encore la protéger de ses ramures, lui souffler dans le cou des mots tendres, pour la rassurer, même s’il ne pouvait rien faire pour elle, que la vie est ainsi faite. Alors elle s’accrochait un peu plus fort au tronc, enfouissant son nez dans les mousses, cherchant à ne faire qu’un avec cette vie primaire et si violente.
 
Sa main errait sur la peau de son compagnon silencieux. Elle se rendit compte qu’une racine, déterrée depuis longtemps était polie et douce, et semblait prendre vie sous ses doigts. Elle le sentit presque palpiter. Elle retira sa paume du bois lisse comme si ça l’avait brûlé.
Intriguée, elle observa l’espèce d’excroissance qui lui faisait face. Elle l’effleura.
Elle pouvait l’empoigner si elle le désirait. Sa couleur, d’un brun clair, chatoyait. Des veinules se déployaient en de délicates circonvolutions, attirant son œil, l’hypnotisant presque.
Assise à même le sol, elle enveloppait l’arbre de ses cuisses soudainement brûlantes. Elle posa ses lèvres sur l’écorce au goût âcre. La pointe de sa langue en titilla la surface torturée, s’insinuant entre les sillons forgés par le temps.
Sa main s’attardait sur le bout de racine qui se dressait, vivant, impérieux, suggestif.
La fugace sensation qu’elle était juste en train de devenir totalement folle l’effleura. Elle n’y accorda pas la moindre attention.
Ses seins se gonflèrent, se frottèrent à l’arbre. Un gourmand pénétra dans les ouvertures de son chemisier, griffant légèrement son téton avec ses bourgeons. Elle ferma les yeux, en collant plus fort encore sa bouche sur la surface rugueuse.
Elle réalisa, que l’arbre participait pleinement à cet échange, comme si il avait attendu toutes ses années, qu’elle s’offrit enfin à lui.
Des branches se placèrent de manière à la soutenir, avant qu’elle se laisse aller à des caresses de milliers de feuilles, qui se mirent à effleurer son corps, partout à la fois. Elle avait écarté ses jambes, sa culotte avait disparu, elle sentait l’odeur de son sexe, se mélanger à celle de l’humus. Sa propre main se promena sur son mont duveteux, son doigts s’insinua dans la fente humide, recueillant quelques gouttes de son liquide, elle en frotta la proéminence de l’arbre, et tout en se caressant, elle se pencha et l’engouffra dans sa bouche. Oui, il vivait, il palpitait, comme un sexe d’homme, comme le sexe de l’homme qu’elle aimait mais qui voulait absolument l’ignorer.
 
Elle gémissait, alors que les rameaux avaient pris le relais de sa main. Sa tête fut doucement tirée en arrière par les cheveux, et son bassin fut soulevé du sol, comme pour le rapprocher du sexe qui se présentait à elle.
Elle ne cherchait pas à comprendre ni analyser. Elle n’avait pas peur. Elle ne désirait plus qu’une chose, c’est jouir sur cet arbre.
 
Alors elle y précipita son sexe offert, faisant pénétrer le bois à la peau douce, jusqu’au tréfonds de son ventre. Elle sentit son vagin se contracter de plaisir. Elle était nue, nue au milieu des branches qui s’étaient emberlificotées autour d’elle et la plus vieille de ses racines était en elle, et son bassin s’agitait, en différents mouvements, sa bouche ouverte en un cri silencieux alors qu’elle était soulevée dans les airs. L’arbre la prenait. Il était agité comme si le vent soufflait en lui, mais il n’y avait pas de vent. Il se tordait, comme si la tempête le malmenait. Mais il n’y avait pas de tempête. L’arbre jouissait. La fille jouissait. Il allait en elle, y puisant une nouvelle sève, une nouvelle source, une énergie qu’il n’avait jamais sentie dans la terre. Sa racine, pourtant presque morte, s’enfonçait maintenant dans cette chair, comme elle s’enfonçait jadis dans la terre noire.
 
La fille cria, encore et encore. Une jouissance délicieuse envahissait ses reins et son crâne, alors que ses doigts semblèrent se souder aux branches qui la maintenaient. Son souffle s’accéléra, tout en elle n’était que tourbillon. L’arbre entendait ses pensées et son acceptation.
Son sexe était gonflé, se contractant autour de la racine, l’humidifiant, la faisant glisser entre ses lèvres roses, en un mouvement de plus en plus rapide. Elle sentait son cœur battre, prêt à exploser.
 
Alors elle hurla, se laissant aller, au milieu des montagnes, du vert et du bleu, de l’air et du ciel, de la terre et de l’eau, se laissant aller à un plaisir primordial, alors que l’arbre la prenait, la faisant sienne, en s’ y implantant, encore et encore.
 
 
On la chercha longtemps. Une jeune femme avait disparu dans nos montagnes… On fouilla creux et ravins, rivières et buissons… Rien n’y fit.
Seul un vieux berger remarqua que l’arbre, le plus grand, celui qui dépassait les autres et qui avait toujours été seul, voyait sont tronc doublé à la base, et qu’un autre arbre était né de cette division. Il resta longtemps en admiration devant ce mystère, en caressant les deux troncs de sa main tremblante.

Versione corsa

Nature Loving
Viaghjava, un pocu à quella via, seguitendu u chjassu chì sarpighjava trà i sèpali. Ùn vulia più pensà, solu dimenticà si. Dimenticà i braccii, l’odore, a carezza d’un sguardu. Ne era stata innamurata. A discàpitu di e so cautelle, si ne era appassiunata da e prime parolle scambiate. A li avia detta, puru, chì avvene ùn ci era. Còppiu impussìbile, amore inadattu, ma quantunque, puru puru, u tenia caru.
Scurdà si… Scurdà si ne sempre è sempre… Rimprovi ùn avia, chì prumesse ùn ci n’era statu. Ne d’un latu, ne di l’altru. Assolve i silenzii, perdunà e scappere, si ci era cunstrinta.
 
Ma ùn ne pudia più. A mancanza era sempre viulente, bruttale. Li frasturnava e trippe, u stòmacu, a gola. L’assaltavanu l’imàgine, senza lascià la in pace.
Allora viaghjava un pocu in u viotu, pruvendu à appinzà retta nant’à cio ch’ùn l’avia mai tradita, nant’à stu paisaghju à latu soiu dipoi zitella, ancu quandu campava cusì luntanu, è chì a mancanza, sempiterna, li pisava, chjodia l’ochji, rinciufendu si in stu locu chì, in ogni circustanza, l’appaciava.
U muscu di a murza a prese. Avia sfracillatu una cesta, è e fiurette ghjalle ne avia asalatu l’odore.
 
Quassù, propiu in sù, l’aspettava u so arburu. Avia presu l’usu, da chjuca, di ricuvarà si ci, quelle vigilie di partenza, o mentre i so addisperi di ghjuventù, è tandu ponia a so guancia tròscia nant’à a buchja calda è rassicurante, immutèvule. Un cumpagnu chì sapia, cun u sussùru di e so ghjambe, forse micca cunsulà la, ma rigalà li di a so vita, ellu chì avia vistu tanti seculi svuglià si, tante tristezze compie si in tante rise ligere ; ellu chì avia vistu more quelli chì l’avianu piantatu, ellu chì avia cuntimplatu senza capì la a scimizia di l’omi.
 
Torn’una volta, cume quandu avia dece anni, ingutuppò u so fustu chì ciumbava cun vigore nentru sta terra chì era a soia. Quest’arburu paria sempre arrecà li appoghju cun i so ghjamboni, murmucinà li parole cusì dolce in u so collu, per rassicurà la, ancu s’ellu ùn pudia fà nunda per ella, chì cusì era fatta a vita. Tandu s’appiccava un pocu più forte à u fustu, ciunfendu u so nasu dentru e pattume, circhendu à addunisce si cun quella vita primària è cusì viulente.
 
A so manu vugulava nant’à a pelle di u so cumpagnu silenziosu. Si rese contu ch’e una ràdica, sterrata dapoi longu, era lìscia è dolce, è sembrava duvintà viva sott’à i so ditti. U sentì guasgi palpità. Cacciò a so palma di u legnu lìsciu quant s’ella ne era stata brusgiata.
Inframessa, fighjulò quella sciatta di criscitura di fronte à ella. A sfrisgittò.
A pudia ancu impugnà s’e ella a vulia. U so culore, un brunu appena chjaru, spichjulava. Vinùccie si slibravanu in circonvuluzione dilicate, traiendu u so sguardu, ipnutizendu la guasgi.
Pusata ghjustu nant’à a terra, abbucinò l’arburu cun e so coscie di colpu duvintate brusgente. Pose e so labbre nant’à a scorza à u gustu aspru. A punta di a so lingua ne tucchichjò a so facciata straziata, ficchendu si tra i solchi stazzunati da u tempu.
A so manu pigliava u so tempu nant’à quellu pezzu di radica chì s’aisava, vivu, altosu, suggistivu.
U sintimu fugace ch’ella stava solu inscimiscendu vense à ella. A sfiurò. Ùn ci fece nisun casu.
I so petti sì gunfionu, strufinendu si à l’arburu. Un ochjutu si ficcò dentru l’aperture di u so camisgiolu, sgrinfiendu appinuccia u so capitìnghjulu cun i so càccii. Chjose l’ochji, appiccichendu più forte a so bocca nant’à stu pianu rughjicosu.
Si rese contu ch’e l’arburu pigliava propiu parte à quellu cuntrastu, cume s’ellu avia aspettatu tutti st’anni ch’ella s’uffrissi infine à ellu.
Ràmbule si messenu di modu à sustene la, prima ch’ella s’appruntessi à carezze di millaie di fronde, chì si messenu à sfrisgittà a so persona dapertuttu attempu. Ella avia sbarratu l’anche, eranu smarite e so mutandine, sentia l’odore di u so sessu mischjà si cun quella di u suvàcciulu. A so manu pròpia si passighjava nant’à u so monte pilusellu, u so dittu s’introdusse dentru quella crepa cròscia, racugliendu qualchi gòcciula di u so lìquidu, ne strufinò u risaltu di l’arburu, è attempu accarizzendu si, si ghjimbò è l’inghjuttì in a so bocca. Da veru, ellu campava, palpitava, cume un sessu d’omu, cume u sessu di l’omu ch’ella tenia caru, ma ch’ùn vulia fà casu d’ella mancu per more.
 
Gemia, mentre chì e ramelle avianu succesu à a so manu. Cun dulcezza, u so capu fù tiratu in daretu per i capelli, è u so arsacone fù pisatu di a terra, cume per avvicinà lu di u sessu chì si prisentava à ella.
Ùn circò ne à capì, ne à analizà. Paura ùn avia. Ùn avia più ch’e una sola brama, chì era di gode nant’à st’arburu.
 
Allora si ci lampò, u so sessu apertu, fendu entre u legnu à a pelle dolce, fin’à u sicritìssimu di e so vìscere. Ne sentì a so vagina inscripì si di piacè. Era nuda, nuda à mezu à e ghjambe chì s’eranu ingarbugliate in giru à ella, a più vechja di e so radiche era in ella, è u so arsacone si ciambuttava in vàrie mosse, a bocca aperta in un stridu silenziosu mentre ch’ella era summossa in l’aria. L’arburu a pigliava. Era marosu cume s’e u ventu spulava in ellu, ma ventu ùn ci era. Sì turcia cume s’e fussi trastugiatu da a timpesta, ma timpesta ùn ci era. Gudia l’arburu. Gudia a femina. Ellu andava in ella, traendu ci un suchju novu, una surghjente nova, una forza ch’ùn avia mai paspatu in a terra. A so radica, guasgi morta puru, si ficcava ormai dentru sta carri, cum’ella si ficcava nanzu in a terra nera.
 
A femina mughjò sempre è sempre. Un gudimentu deliziosu pigliava pussessu di i so fianchi è di a so chjocca mentre chì i so ditti sembravanu saldà si à i ghjamboni chì a mantenianu. U so fiatu s’accilarava, in ella, tuttu ùn era più ch’e sbòllaru. L’arburu stava à sente e so pinsate è a so accittazione.
U so sessu era gònfiu, aggrunchjulendu si in giru à a ràdica, intrusciendu la, fendu la sculiscià tra e so labbre rusuline, in una mossa sempre di più sfricciata. Ella sentia u so core batte, guasgi fin’à schjattà.
 
Tandu, ella ughjulò, abbandunendu si, à mezu à e muntagne, à u verde, à u turchinu, à l’aria, à u celu, à a terra è à l’acqua, cedendu à un piacè primurdiale mentre chì a pigliava l’arburu, fendu la soia, impiantendu si, sempre è sempre.
 
 
Longu fù circata. Era smarita una ghjuvanotta à mezu à e nostre muntagne… Sbulicati fubbinu  ciotti è ghjàrgali, vadine è cispùglii… In vanu.
Solu un vechju pastore osservò ch’e l’arburu, u più grande, quellu chì strapuntava tutti l’altri è chì era sempre statu solu, avia ormai u so fustu traduppiatu à u so pidicone, è ch’e di sta divisione era natu un altru arburu. Firmò longu smaravigliatu davanti à quellu misteru, accarizzendu i dui fusti di a so manu trimulente.

[Traduzzione fatta da Pedru-Felice Cuneo-Orlanducci]


              



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Torna altri rumpistacchi chì ci impuzzicanu incù i so testi, vulendu propiu esse letti per sperà ottene una qualunque gloria ch'elli ùn anu micca in a so vita viota è senza intaressu. Bon... forze chì ghje vera. Ma ci n'impippimu. È pò, a mi diciarete, bloghi litterarii, nant'à a tela, è sopra tuttu nant'à a tela corsa, ci n'hè ghjà à buzzeffa ! Tanti scrivanetti pumposi ! È bè tantu peghju ! O tantu megliu ! Hè solu una vitrina di più per fà scopre qualchi testi scritti, senza pritenzione, incù u core, incù e trippe, o incù e viscere chì vi cunveneranu...