Bloggu litterariu corsu

u 1mu d'Utrovi 2013 - scrittu dà - lettu 140 volte

Mon royaume


Mon royaume
Mon royaume est en effervescence, en ce jour béni. Le ciel d’un bleu épuré est coloré ça et là par des traînées cotonneuses roses et mauves, le ballet des goélands est encore plus joyeux que d’habitude. La citadelle, ocre orangée, tranche avec le bleu et le blanc dominant. La porte cloutée du pont-levis est encore ouverte, l’ennemi commence à monter par la grimpette pavée, il est à la hauteur de la petite chapelle blanche de Saint-Roch, entre ciel et mer, où est tombé le dernier pestiféré.
Nous entendons chanter et frapper sur les boucliers. Moi, je suis avec les miens, armé d’une lance, ce sera la première salve que nous leur réservons, avec des roches. Les premières lances partent, en haut, les archers tirent sans relâche à travers les meurtrières. L’ennemi est vaillant, il approche, nous refermons les portes du pont. Vite ! En haut, on pourra leur pisser dessus du donjon !
 
 
La guerre est terminée, le petit Pascal a reçu une pierre sur le crâne, il saigne, on pause lances et couvercles de poubelles pour aller voir, c’est spectaculaire mais ça ne doit pas être grave, en plus, à la marine ils ont une pharmacie.
 
Nous, on est de la haute-ville, un royaume grandeur nature, l’été on descend par la falaise et on est à la plage, des rochers lisses, patinés par le vent et les embruns ; les rochers d’où l’on plonge ont tous un nom, certains plongent de quinze mètres dans une eau d’un vert profond. Dans les rues aux maisons serrées entre elles, tout le monde est là, même ceux qui sont parti, même ceux qui ne sont plus là aujourd’hui. Quand je passe dans la rue Doria, des œufs dans les poches destinés aux touristes, parfois je hâte le pas tête basse, pour ne pas que ma grand-mère me voit. Souvent ça marche, mais des fois, devant l’insistance de ses appels et ses yeux brillant, je remets à plus tard mes enivrants projets et monte quatre à quatre les escaliers raides comme une échelle, elle m’accueille avec des beignets aux pommes tellement délicieux, de la limonade des bisous, elle me donne même un peu de sous, mais moi, je suis pressé :
« Oui oui ! Je repasserai bientôt ! »
 
Pleine mer, mon majestueux galion laisse dans son sillage des rideaux blancs d’écume. Je me rapproche de mon royaume marin, le soleil fait scintiller autour du navire des facettes d’argent. Au loin, on commence à apercevoir les côtes, successions de criques à l’eau si claire. Nous mettons le cap sur la plus verte, et au sable plus blanc. À l’avant du navire je survole la mer, l’air n’a jamais été aussi frais et iodé. Des dauphins sautent par deux, comme pour saluer leur nouveau roi. On fera un bon feu sur la plage pour griller les poissons pêchés par l’équipage (mon père) et moi, dans la grotte fraîche, j’ouvre la bouche et récolte l’eau filtrant du calcaire. Aujourd’hui, mon château a une beauté froide, oui j’habite en dehors et quand je m’y promène, je vois les fantômes de ceux qui sont parti, et ceux qui ne sont plus là, mais où sont ils ?
 
Quand je passe dans la rue Doria je lève toujours la tête, non, elle n’est plus là, et elle me manque, j’aurais tant à lui dire. Mais c’est toujours comme ça. Mon royaume existait vraiment, seul le rêve peut m’y ramener, il en reste des parcelles au fond de moi. Parfois, quand le vent souffle fort sous les nuages, que tout est gris, des images colorées et odorantes reviennent en une symphonie nostalgique, j’ai perdu mon royaume, je me suis perdu moi ?


              



Dà leghje dinù

Mambo Italiano - 01/11/2017

Pace hè pace - 13/07/2017

Le miroir - 13/04/2017

Barbares - 29/03/2017

La chasseresse - 03/01/2017

Voile de soie - 18/06/2016

Stronzu Maé - 02/05/2016

Amour dévidé - 17/04/2016

Pour le bien de tous - 27/03/2016

Un train vers le sud - 17/03/2016

Passé antérieur - 27/12/2015

Scalpel - 14/07/2015

Trader démasqué - 27/11/2014

La guerre du Brocciu - 25/11/2014

Offrande - 10/10/2014

Sammy Lebienheureux - 12/07/2014

La mort de Thérèse - 13/06/2014

La répétition - 29/05/2014

Gentleman driver - 28/05/2014

1 2 3

Negru | Rossu | Biancu | Ghjallu | Critica | Feuilleton




Anima Cappiata !

Torna altri rumpistacchi chì ci impuzzicanu incù i so testi, vulendu propiu esse letti per sperà ottene una qualunque gloria ch'elli ùn anu micca in a so vita viota è senza intaressu. Bon... forze chì ghje vera. Ma ci n'impippimu. È pò, a mi diciarete, bloghi litterarii, nant'à a tela, è sopra tuttu nant'à a tela corsa, ci n'hè ghjà à buzzeffa ! Tanti scrivanetti pumposi ! È bè tantu peghju ! O tantu megliu ! Hè solu una vitrina di più per fà scopre qualchi testi scritti, senza pritenzione, incù u core, incù e trippe, o incù e viscere chì vi cunveneranu...