Bloggu litterariu corsu

u 5 d'Aostu 2014 - scrittu dà - lettu 278 volte

Lettre de son moulin


Mon cher Milo,

Comment vas-tu ? Et comment va notre mère ? Dans ta dernière lettre, tu me disais qu'elle était un peu souffrante, va-t-elle mieux ? Et toi, où en es-tu avec la petite Cristina ? L'as-tu enfin demandée en mariage ?
Tu m'écris que je ne te raconte rien, je vais prendre un peu de temps pour te répondre cette fois-ci.
Tu te souviens que dans ma précédente lettre, je t'avais parlé de la naissance d'un petit aux yeux et aux cheveux clairs?

Depuis la dernière fois que je t'ai écrit, un autre enfant est né. Il est blond, lui aussi et son teint est pale. C'est le cinquième cette année. Dans ce village, les hommes sont bruns et leurs yeux sont sombres, comme leur caractère, alors on commence à parler.

 
Depuis que j'ai quitté notre île pour la leur, il y a 2 ans maintenant, les choses vont bien dans l'ensemble. Le grain à moudre ne manque pas au moulin. C'est le seul du village après tout. Je ne m'explique toujours pas pourquoi ils ont attendu que ce soit un étranger qui le reprenne depuis la mort du vieux meunier. Pourquoi ont-il accepté que ce soit moi qui fabrique leur farine ? Moi, "l'Étranger" comme ils m'appellent. "U Stranieru". Étranger, je le suis encore, sais-tu, et je le serai toujours. Il faut bien que je m'y fasse, c'est ainsi. Heureusement, il y a des compensations ! Les femmes, je te l'ai déjà écrit, sont jolies. Petites, brunes, la taille menue (pour les plus jeunes), elles ne manquent pas de charme. Et tu me connais, je ne résiste pas à un joli visage... Pendant que la meule est en action, il faut bien que l'on s'occupe aussi. Et la plupart du temps, l'on sait comment. Crois-moi, Milo, ce sont elles qui viennent à moi ! Je ne repousse pas leurs avances, mais ne fais rien non plus pour les encourager. Est-ce ma faute si leurs maris sont si taciturnes, si ombrageux ?! Moi j'aime rire et boire du vin. Et ça leur plaît.

Je prendrais bien femme, mais la chose est impossible, aucun père n’acceptera de donner sa fille à "U Stranieru" ! Et il faut bien que je me divertisse, alors, à défaut de pouvoir le faire avec ma propre épouse, autant le faire avec celle des autres, puisqu'elles veulent bien de moi. Elles me trouvent joli garçon. Qu'y puis-je ? Elles disent que je sors de l'ordinaire avec mes yeux clairs, elles aiment jouer avec mes cheveux blonds.
 
Je t'ai dit que 5 enfants étaient nés depuis mon arrivée, un sixième est à venir. La petite Maria est enceinte, elle me l'a dit ce matin. Elle était bouleversée, pauvrette. Elle n'est pas encore mariée. Pour les autres, pas de soucis, les enfants sont tous reconnus ! Bien sûr, ils ne ressemblent pas à leurs pères, mais jusqu'à présent, cela ne semblait pas poser de problème. Les hommes sont trop occupés pour s’intéresser à ces choses-là. Lorsque l'enfant est là, on n'en fait pas tout un plat.

Seulement, le vieux Matteo, déjà père de 3 enfants, s'est étonné de la couleur des cheveux et du teint clair du dernier né. Et, à y bien réfléchir, il a trouvé, qu'il ressemblait assez au fils de son cousin Antonio, qui lui-même avait un air de la petite de leur nièce Anna.
 
Enfin, voilà, tu vois où je veux en venir. Je suis le seul homme du village à qui pourraient ressembler ces enfants et on commence à s'en rendre compte.
 
Grâce au Ciel, rien ne leur fait plus horreur que le scandale, et ce peuple aussi fier que susceptible, mourrait plutôt que de s'avouer cocu. Alors on évoque la grand-tante Saveria, qui paraît-il, était rouquine, ou l'arrière grand-père Ghjaseppu, qui aurait eu des yeux verts.

Quand je pense que notre mère se désespère de n'être pas encore grand-mère ! Mais comment lui dire ? Comment lui faire comprendre ? Et puis la reverrai-je seulement un jour ? Oh Milo, j'aurais tellement voulu rester près de vous, seulement tu sais que ce n'était pas possible, je n'avais pas d'autre choix que de partir.

Je te quitte, mon bien cher frère, prends soin de Maman, prends soin de toi et écris-moi dès que tu le pourras.
De mon côté, je vais demander à son père la main de Maria, j'aimerais bien qu'enfin, un de ces petits soit vraiment de moi.

Je t'embrasse Milo.
 
Ton dévoué frère, Andrea


              



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