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u 22 di Maghju 2014 - scrittu dà - lettu 255 volte

Les vieux amants


Les vieux amants
Je ne me suis jamais marié. Je me souviens que nous avions rompu, Julie et moi, parce que j’avais dit que nous étions des mammifères. Au lit cependant, nous usions d’images bien plus osées pour nous dépeindre à haute voix. Peut être avait-elle rompu parce que je ne voulais pas me lier ?
Je ne couche plus très souvent aujourd’hui. Je ne couche plus du tout pour dire la vérité. Je suis âgé de plus de quatre-vingt ans. S’il m’arrive de faire l’amour, c’est au travers de mon imagination. Je pense souvent à Julie avant de m’endormir. Julie avait quarante cinq ans, je n’en avais pas d’avantage.
 
Je revois Julie lors de notre dernière entrevue.
 - J’ignore de qui tu as besoin, Pierre. Je te souhaite de ne pas me regretter.
Elle a épousé Gérard parce qu’il avait besoin d’elle. Elles sont nombreuses les femmes qui veulent materner un mari dès qu’elles ont cessé de souhaiter un amant.
Avec Julie – je ne m’en suis rendu compte que lorsque nous nous sommes séparés – c’était bien plus que de l’amour ordinaire que j’éprouvais. Je m’accrochais aux murs pour ne pas m’écrouler dès que je pensais à elle.
J’aurais du l’épouser. Elle serait dans mon lit à chaque fois que j’en aurais eu envie.
 
Il y a quelques jours, le téléphone a retenti, c’était Julie.
 - C’est toi, Pierre ?
 - Oui, Julie.
 - Tu as reconnu ma voix ?
Peu importe que la voix change ou ne change pas, ce sont les traits du visage qui ne devraient jamais se modifier.
 - Gérard est mort.
Gérard, celui qu’elle avait épousé après notre rupture.
 - Gérard ? Il est mort ?
 - Cela a été une délivrance. Il souffrait depuis six mois.
 - Je suis triste pour toi.
 - Je n’en pouvais plus, Pierre. Depuis deux mois, c’était devenu un véritable enfer. L’infirmière passait tous les jours pour le laver. Il arrivait qu’il fasse ses besoins quand elle n’était pas là. A toi je peux le dire, c’est un soulagement comme tu ne peux pas imaginer.
J’imaginais bien au contraire. Ce vieil homme à l’allure de cadavre soigné par la Julie que je connaissais ? Et qui faisait l’amour avec elle ? Je me posais la question tandis qu’une contraction musculaire me faisait porter la main au cœur.
 - Je pense souvent à toi, Pierre. Il y a longtemps, je sais. Je me doute que tu as vieilli mais le portrait que j’ai de toi est celui qui était le tien lorsque nous étions ensemble. Viens me voir, Pierre. J’ai envie de te voir. Très fort. Nous parlerons.
 - Je viendrai. Je te téléphonerai.
 
Je me suis demandé si j’avais eu raison de lui dire que je viendrai. Les pensées que j’avais n’étaient pas de celles qu’on affiche. Mais qui d’autre que moi les connaissait ?
Peu de choses de celles que j’ai apprises ne m’ont été utiles. J’ai oublié la plupart d’entre elles mais je n’ai jamais oublié aucune de nos étreintes à Julie et à moi. Qu’est-ce qui est important pour vivre ?
Elle habitait de l’autre côté de la ville. J’avais enfilé un pantalon clair et un pull à encolure en V. Ce n’était pas une tenue cérémonieuse mais elle ressemblait à celle que je portais lorsque j’étais jeune. J’ai laissé ma canne suspendue à la patère, je n’en avais pas réellement besoin. Je l’utilisais pour me donner une allure aristocratique, la paume en était en argent sculpté.
Pour exciter mes sens, je pensais aux images suggestives que j’avais d’elle. Je sais combien les pulsions amoureuses émanent à la fois du physique et du mental. Je voulais être prêt si, comme moi, elle était tentée de retrouver le goût de nos baisers, je le dis sans hypocrisie.
Elle devait me surveiller de la fenêtre. Elle ouvrit la porte au moment même où j’appuyais sur le bouton. Elle m’attendait devant l’ascenseur, et nous nous sommes embrassés sur les joues avant même d’entrer chez elle.
 - J’avais peur que tu ne viennes pas.
 - Je n’aurais pas pu ne pas venir.
 
Elle était immobile. Etait-ce pour que je puisse la regarder ou parce que c’est elle qui me détaillait ?
Elle se tenait droite sans paraitre faire d’effort. Sa corpulence avait à peine changé. Peut être qu’elle avait les hanches un peu plus fortes que par le passé. Le visage était sillonné de fines ridules mais son sourire était toujours aussi attirant.
Je me suis approché d’elle, j’ai porté mes mains à ses hanches, et je l’ai embrassée avec force. Je n’ai pas du forcer ses lèvres. Elle avait ouvert la bouche. Elle haletait, le ventre poussé contre le mien.
 - Oh, Pierre.
Le soir tombait. Elle n’a pas allumé.
Elle m’a conduit à la chambre à coucher, et elle a rejeté les draps sur le côté. Nous nous sommes déshabillés. Elle avait le dos tourné et je regardais ses hanches avec envie. Il n’y avait de lumière que celle du dehors. Je me suis glissé dans le lit.
 
Il ne s’est rien passé de ce que nous attendions sinon qu’elle a posé la main sur ma cuisse.
J’ai pensé : heureux ceux qui sont morts dans la force de l’âge.


              



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