Bloggu litterariu corsu

u 20 di Ghjugnu 2013 - scrittu dà - lettu 130 volte

Les passagers


Les passagers
L’encadrement de la porte est en Z, un non sens, et pourtant, moi, Adam, je le passe sans autre forme de difficulté. Un homme est assis sur un fauteuil en rotin.
Passager :
 - Venez cher ami, asseyez-vous donc !
Dieu merci son domaine n’est pas pétri de pureté, sa terrasse de lave polie s’étend sur un hectare, la mer n’est que bleu de Prusse, le soleil blanc, plus haut que l’horizon, n’éblouit pas, j’aime ça.
 - Merci, vous êtes simple et accueillant, mais pourquoi suis-je là ?
 - Vous êtes mort, par bonheur !
 - Ah je me disais aussi, tout est plus beau et je vais beaucoup mieux !
 - Vous verrez, tout ira de mieux en mieux, et vous pourrez même voir les vivants, comme dans des séries. Mais là pardon, c’est du réel, les gens dans leur vérité crue !
 - Ah ? Ça ne me dit rien pourtant !
 - Évidemment !
 - Pourriez vous me renseigner sur la cause de ma mort ?
 - Oh très certainement ! Mais pas dans l’immédiat. Vous voyez cette boule orange qui roule ?
 - Oh que oui, quelle beauté ! Elle emmène un vent frais. J’ai rarement vu pareille chose !
 - Vous savez que le pur n’est pas exclusif, vous avez forcément bon goût ! Eh bien, cette boule annonce l’arrivée d’une bonne amie à moi, elle ramène de bons cocktails alcoolisés. Nous sirotons, sirotons… puis elle me suce ! Mon ami il n’y a pas de mots… Vous verrez, vous n’en aurez pas non plus !
Ayant des restes de pudeur mortelle, je m’avance vers la mer, je ne sais pas quel humain j’étais, mais sous la lave polie, je me vois en négatif 3D.
Bébé d’abord, je vois celle qui devait être ma maman au-dessus de mon berceau, je sais qu’il en est ainsi.
Pleine d’amour pour le bébé que j’étais, avec une belle chevelure blonde et un chignon sophistiqué.
Ma gorge se noue, je ressens de la détresse chez elle.
J’avance et je vois une file d’attente devant une épicerie, des soldats allemands marchent au pas…
Affreusement nostalgique du pire, je détourne les yeux pour chasser les images et l’angoisse, une petite table blanche attire ma curiosité.
Dessus, des prospectus, des billets d’embarquement aux destinations indéfinies, le vert m’attire comme une évidence. Je savoure la liberté octroyée par l’absence des fonctions vulgaires de l’homme, comme la digestion…
Une immense embarcation se profile sur la mer, couleur caramel, elle semble si légère.
Elle s’arrête à un mètre au-dessus de l’eau, je monte, l’intérieur est spacieux et confortable.
On vole, une hôtesse en tenue moulante, comme dans les vieilles séries SF, me parle d’une voix douce :
 - Veuillez vous installer confortablement ! Désirez-vous être connecté en visuel son et odeurs avec un site humain ou bien entrevoir vos nouvelles possibilités ?
 - Heiiiin ?
 - C’est normal ! Je propose, pour éclaircir votre esprit, d’entrer ma langue dans votre bouche. L’échange d’énergie fluide vous mettra au fait de ces objets nouveaux.
 - Volontiers !
 
En effet j’y vois plus clair, je veux découvrir les horizons de ma nouvelle vie, je vais vers l’aridité luxuriante, histoire que la source au milieu des arêtes minérales baignées de soleil soit encore plus fraîche.
Ici je vois ce qu’aurait été ma condition d’humain dans son quotidien cru, creuser pour semer, travail harassant, mythe sacrificiel aux dieux du raisonnable.
Et je suis là, libéré des contraintes, en parfaite forme, je deviens "passager".
Le pire n’est pas envisageable ici, ni la mort, et pour cause, ni ses associées : la maladie, la ruine, l’humiliation…
Le vaisseau me transporte dans une ville sans contours, l’architecture y est excentrique et disparate, des buildings de toutes formes et de toutes les couleurs, des étoiles à six branches de deux cent mètres de haut, d’autres en branches de corail partant dans tous les sens, certains trapézoïdaux et inclinés, comme prêts a s’écrouler. Des bâtiments semblables à des toupies géantes taillées dans du verre semblent sur le point de partir dans un tourbillon incontrôlable. Les rues sont très larges avec des écrans lumineux partout. J’entre dans une sphère changeant de couleur à intervalle régulier.
Je suis seul, j’avance dans cet univers de cristal, magnifique.
Arrivé au sommet d’une montagne je m’assoie. Je comprends que pendant tout le temps passé dans cette sphère, je vais retrouver mes sens humains, sans doute pour mieux m’imprégner des réalités.
Il me faut abréger, malheureusement, trop de choses vues qui prendraient trop de temps, et des secrets divins.
Le fait est que le Big Bang m’a secoué, mais dans une dimension ultra grandiose. La masse d’énergie et de minéraux, je vous souhaite de vivre pareille chose, on n’est pas à la foire croyez-le bien.
J’en passe, et quand je me trouve quelque part dans l’ère paléolithique, je suis d’abord ébahi par la végétation, elle dominait, qui aurait pu penser qu’il soit possible d’en venir à bout… Ecce homo, je suis a proximité d’êtres vivants, Homo habilis, ils dépècent un animal.
Émouvant de les voir s’organiser, avec leurs moyens, les premiers outils sommaires, vous parlez dépaysement ?
Plus l’homme évolue, plus il devient ingénieux, plus il devient nuisible, il en sera toujours ainsi, avec des périodes de calme relatif.
Je me régale chez les Inuits, je suis au cœur de la glace avec des gens valeureux…
Fin de retransmission, enfin seulement les quelques bribes, imaginez-vous avoir un crash d’avion, vous êtes dans les profondeurs de la mer, vivants et sereins, des baleines de plus de vingt mètres viennent autour de vous, voilà ce que j’ai ressenti.
Je retourne chez le passager.
J’en suis un désormais, et si sous la lave je vois mon père ordonner la mise en route des premières chambres à gaz, je ne culpabilise pas. Lui ne fait pas partie des passagers.
Je reviendrai raconter mes royaumes, le soleil blanc devient noir, des volutes de lumières vertes colorent le ciel.


              



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