Bloggu litterariu corsu

u 17 di Marzu 2013 - scrittu dà - lettu 509 volte

Les choses comme elles sont

« L'imagination est liberté de l'esprit. L'imagination est l'unique génie. Elle est intrépide et enthousiaste, et c'est dans l'abstraction qu'elle trouve son extrême accomplissement. »


Encre de Chine -Sylvestre Rossi
Encre de Chine -Sylvestre Rossi

Wallace Stevens (1879 : Reading, Pennsylvanie -- 1955 : Hartford, Connecticut) est un poète émouvant. Les poètes, les bons, mais surtout les grands, en dépit de la somme phénoménale de leurs qualités, sont émouvants.
 
Les peintres aussi peuvent être émouvants, ne serait-ce que quand ils ont le sens de la couleur, mais un tableau n'est pas fait que de couleurs.
Le poème, quelque soit le sujet, est le sujet du poème, sinon il n'en vaut pas vraiment la peine.

Un beau poème ne peut se perdre, une fois inventé. Pas même à la traduction. Sa beauté c'est son sens.
Cependant, une traduction peut-être performante, mais seulement à la manière -- comment dire ? -- d'une femme de quarante-huit ans qui pique un fard.

Wallace Stevens écrit de la poésie moderne, comme E.E. Cummings et Tristan Tzara, et d'autres encore, expérimentaux et qui n'aiment guère versifier, mais sa poésie à lui est de toutes, une des plus accomplie, une des plus belles. Oui, je le crois.
William Blake, Arthur Rimbaud et Ibn 'Arabî ne lui font pas vraiment de l'ombre...
La preuve :

La lumière ressemble à l'araignée.
Elle rampe sur l'eau.
Elle rampe sur la croûte de la neige.

Elle rampe sous vos paupières
Et tisse là sa toile ----
Ses deux toiles.


Les toiles de vos yeux
Sont attachées
A votre chair, à vos os
Comme aux chevrons, aux herbes.


Il y a des fils de vos yeux
A la surface de l'eau,
Sur la croûte de la neige.


                                                         Tatouage (texte français de Bernard Noël) Editions Unes

Wallace Stevens est un conservateur, un vrai, il abhorre les régressions et les gadgets que d'aucuns qualifient de progrès ou d'évolutions. Il pense que l'homme vit dans les concepts de l'imagination, hors de la raison qui les a établi.

« L'imagination est liberté de l'esprit. L'imagination est l'unique génie. Elle est intrépide et enthousiaste, et c'est dans l'abstraction qu'elle trouve son extrême accomplissement »

L'extinction de la lumière c'est comme les cinq pétales pourpres de la quintefeuille qui se fanent...
Elle est pleine des prémices de l'obscurité...
de la désolation qui s'élève quand s'élève un sentiment...
L'imaginaire désire les cinq pétales pourpres de la quintefeuille.
Mais dans cette lumière, on dirait qu'ils se fanent...
Ressentir et, au milieu du ressentir, imaginer...


                                  Carlos parmi les bougies, extrait (texte français de Armando Llamas) Actes Sud
 
Wallace Stevens est le descendant d'une longue lignée de colons hollandais, arrivés en Amérique du temps où New York s'appelait Nieuw Amsterdam.

Sûrement est-ce pour cela qu'il nous assène : « La tradition est semblable aux révélations d'un instinct », puis il soupire à l'endroit de la France, pays qu'il idolâtre, sans jamais y être allé -- surtout pas ! --, pays de Duchamp et de Cézanne, auxquels il a consacré d'excellentes biographies, mais hélas aussi pays de Descartes : « Ils finiront par comprendre un jour à la Sorbonne » :

Alors c'est ça la vie : les choses comme elles sont ?
Elle picore son chemin sur la guitare bleue.


Un million d'hommes sur une seule corde ?
Et là toutes leurs façons d'être,


Toutes leurs façons, vraies et fausses,
Toutes leurs façons, faibles et fortes ?


Les sentiments fous, habiles, qui appellent,
Comme un bourdonnement de mouches dans l'air d'automne,


Et c'est donc ça la vie : les choses comme elles sont,
Le bourdonnement de la guitare bleue.


L'homme à la guitare bleue , poème 4 (texte français de Olivier Amiel) Michel Chandeigne

         Wallace Stevens est un poète émouvant :

Ce n'est qu'une chaleur un mouvement mais comme
La chaleur et le mouvement d'une femme.


Il n'y a pas la moindre image en l'air,
Ni le commencement ni la fin d'une forme :


Tout est vide. Une femme pourtant non tramée d'or
Nous brûle du frôlement de sa toilette


Et du dédoublement d'une abondance d'être,
Bien plus précis qu'elle-même...


Car elle-même est désincarnée,
Grosse des odeurs de la terre d'été,


Témoin du taciturne et néanmoins indifférent,
De l'invisiblement limpide, l'unique amour.


                                        Femmes dans le soleil (texte français de Bernard Noël) Editions Unes


              


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Anima Cappiata !

Torna altri rumpistacchi chì ci impuzzicanu incù i so testi, vulendu propiu esse letti per sperà ottene una qualunque gloria ch'elli ùn anu micca in a so vita viota è senza intaressu. Bon... forze chì ghje vera. Ma ci n'impippimu. È pò, a mi diciarete, bloghi litterarii, nant'à a tela, è sopra tuttu nant'à a tela corsa, ci n'hè ghjà à buzzeffa ! Tanti scrivanetti pumposi ! È bè tantu peghju ! O tantu megliu ! Hè solu una vitrina di più per fà scopre qualchi testi scritti, senza pritenzione, incù u core, incù e trippe, o incù e viscere chì vi cunveneranu...