Bloggu litterariu corsu

u 14 di Sittembre 2013 - scrittu dà - lettu 94 volte

Le tableau


Le tableau

Jean-Paul aimait chiner.

Au mois de juin dernier il se laissa tenter par l'achat d'un vieux tableau représentant une clairière dans une forêt d'immenses feuillus. Il ne sut trop pourquoi il fut attiré par ce paysage. Comme une étrange impression de lieu déjà vu en rêve, ou dans une autre vie.
 


Après avoir nettoyé la toile avec du jus de citron, selon un vieux procédé qu'il tenait de sa grand-mère, il accrocha le tableau dans son salon. Fasciné par la précision des détails, il se munit d'une puissante loupe pour mieux les observer. Tout paraissait si réel : les feuilles avec leurs nervures, les crevasses dans l'écorce des arbres, la mousse sur les troncs, les brins d'herbe dans la clairière, les fleurs qui semblaient s'agiter doucement sous la brise.
 


Il ne se lassait pas d'observer ce paysage de printemps.



Avec l'arrivée de l'été, il lui semblait que les couleurs devenaient plus chaudes, l'herbe plus jaune. Les fleurs semblaient se dessécher de jour en jour.



C'est avec beaucoup de regret qu'il dût s'absenter plus de trois mois.
 


Lorsqu'il revint à la maison, il constata avec stupéfaction que les feuilles des arbres commençaient à roussir et à parsemer la clairière. Le paysage de printemps était devenu un paysage de début d'automne. L'observation à la loupe de la toile le conforta dans ce qu'il soupçonnait. Le paysage variait au gré des saisons...
 


Il décida de prendre des photos chaque jour pour étudier de plus près l'évolution du tableau. Il voulait être sûr de lui avant d'en parler à quiconque. Et surtout apporter des preuves.
 


Le tableau devenait une véritable obsession. Il passait des nuits à étudier chaque détail. Il en oubliait parfois de manger. Il ne sortait plus que pour son travail.

Plus il agrandissait ses photos numériques sur son ordinateur, plus les détails étaient précis et réalistes... C'était comme s'il pénétrait dans le véritable paysage. Il pouvait ainsi caresser l'écorce rugueuse des arbres, sentir la douceur de la mousse, ramasser des feuilles mortes. Il allait d'arbre en arbre, ramassait quelques cailloux dans le sentier qui serpentait entre les troncs, s’asseyait sur un rocher. Dans le ciel des nuages défilaient, jetant des ombres mouvantes dans la clairière.

Il était désormais dans le tableau. Plus les heures passaient, plus la lumière du jour diminuait. Devenait-il fou ?



Comment reprendre ses esprits, revenir à la réalité, retourner chez lui ? L'anxiété se transforma en panique lorsqu'il prit conscience que chaque fois qu'il essayait de sortir de la forêt, il revenait inexorablement à la clairière. Le lendemain, il passa la journée à explorer tous les sentiers. En vain. Ses pas le ramenaient toujours au même endroit.



Et il en fut ainsi dans les jours et semaines qui suivirent, si bien qu'il finit par se résigner.
 


Il était prisonnier du tableau !

Heureusement, une petite source qui jaillissait entre deux rochers au pied d'un chêne lui permit de se désaltérer. Il put se nourrir de baies et même d'insectes. Un gros creux dans un arbre séculaire lui fournit un abri, qu'il garnit de feuilles sèches. Mais combien de temps pourrait-il tenir ainsi ? Sortirait-il un jour de ce cauchemar ?


Les semaines passaient. Les arbres avaient perdu leurs feuilles emportées par un froid vent d'hiver. Comment résister vêtu d'un simple short et d'un T-shirt ? Il avait renoncé à explorer la forêt, et se blottissait le plus souvent au fond de son creux d'arbre. Au moins il était à l'abri des premières neiges et du vent de plus en plus glacial.

Mais physiquement affaibli par la faim et le froid, il ne sortait plus. Mentalement résigné, il attendait la mort comme une délivrance. Elle ne tarda pas à l'emporter.

Ses deux meilleurs amis, Pierre et Julien, ne le voyant plus depuis quelques mois finirent par se décider à se rendre chez lui. N'obtenant aucune réponse, ils forcèrent la porte craignant de le retrouver mort. Mais l'appartement était vide. Pierre remarqua dans le salon un tableau qu'il n'avait jamais vu, au dessus de la console, où se trouvaient une loupe et un appareil photo numérique.

La peinture représentait un paysage d'hiver, une forêt d'arbres dénudés, et une clairière couverte de neige. Il se saisit de la loupe sur la console sous le tableau. Il découvrit à droite un gros arbre dans le creux duquel un personnage à moitié enseveli semblait dormir. En l'observant de plus près, il eut un choc et appela Julien :


- « Viens voir... C'est drôle, mais cet homme dans tableau... il  ressemble à Jean-Paul »....

Carlu B.

 




              



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