Bloggu litterariu corsu

l'11 di Lugliu 2013 - scrittu dà - lettu 258 volte

Le syndrome de l'asperge


Le syndrome de l'asperge
Des dizaines d’oiseaux clignent des yeux. L’air est trouble, l’endroit indéfini comme l’angoisse. De l’aigreur bout dans un chaudron où des bulles verdâtres éclatent mollement.
Pierre se réveille. Même s’ils s’évaporent, il reste toujours un peu de vérité crue de ses rêves.
Café fort, cigarette, dernier répit avant une journée de merde, une de plus.
La vie, cette salope, a fini depuis bien longtemps de détruire ses plus beaux rêves. Il faut bien faire sans.
Pierre, 45 ans, célibataire, change régulièrement de lieu de travail donc de vie. Il se renseigne sur les endroits les plus branchés des zones où il doit se rendre, pour mieux les éviter. Il opère en qualité de libéral scientifique, son travail consiste a apporter un programme de culture générale par implantation dans le cerveau, avec conditionnement non orienté, sous hypnose. Les cerveaux humains s’étant drôlement atrophiés depuis des lustres, il convient de redorer le blason de cette pauvre espèce humaine.
Vivant dans une libertocratie, les apports de savoirs ne sont pas connotés, de pures connaissances générales et un fourre-tout de savoir-faire, la sensibilité propre des patients les dirige vers leur vérité. Dans les dictatures, le bourrage du mou oriente les pèlerins vers un comportement commun et une pensée politique unique et inique, une fin en soi.
 
Aujourd’hui, Pierre va "culturiser" trois personnes, il investit une salle de l’hôpital local, un espace hautement confortable et apaisant. Au centre, une cascade perpétuelle s’écoulant entre deux roches blanches. Les murs déclinent des teintes crème et des bleus doux.
Un homme entre dans la pièce, il est assez grand avec de petites mains et des doigts pointus, le genre de détails qui éclairent Pierre.
Ce sera un bon gestionnaire, à l’aise avec les chiffres, pense t-il, pas l’envergure d’un conquérant visionnaire mais un acharné du compte juste.
Pierre :
 - Installez-vous, les révélations vont vous arriver !
Chengaine :
 - Ah bon ? Elles sont où ?
Pierre met Chengaine sous hypnose, il le prépare. Dans quelques minutes, il injectera dans l’hippocampe du patient, des greffons de savoir universel : histoire, philosophie, arts…
Ces derniers se diffuseront progressivement dans le cortex (lobe pariétal, temporal, et occipital).
Lorsque l’opération est terminée, Chengaine pleure, il ne se remet pas de la mort… du King, Elvis Presley !
Pierre :
 - Calmez-vous, il est mort il y a des siècles ! Tout ce que vous avez vu fait partie de l’Histoire de l’humanité, Elvis Presley comme les autres !
Chengaine :
 - Oui mais quand même : Love me tender,
Love me sweet,
Never let me go.
You have made my life complete,
And I love you so.
Pierre :
 - C’est cela oui ! Réagissez !
Chengaine :
 - Je comprends, j’ai soudainement envie d’effectuer un bilan comptable !
Pierre :
 - Évidemment !
 
Quand il voit le deuxième client, Smith, un petit bonhomme rond et bas de front, il lui prête des prédispositions à être meneur d’hommes.
L’implantation se passe très bien. Finalement Smith trouve sa voie, une révélation. Il se rend dans un élevage de dindes géantes, il entre au cœur de la meute et en choisit une qui le dépasse de cinquante centimètres. Une danse de la mort s’engage, lui armé d’un couteau, la dinde avec sa puissance et son envergure peut lui briser les os avec ses ailes ou le transpercer avec son bec.
Il parvient à la contourner et à monter sur son dos, il s’agrippe aux plumes, un rodéo invraisemblable s’engage. Il lui tranche le cou, la tête tombe au sol, elle continu à courir et à sauter, instinct vain et dérisoire, il a brillamment réussi le test.
 
Troisième personne, une femme charmante, il se dit qu’une fois libérée du carcan de l’ignorance elle va être irrésistible, au point de le mettre en danger d’amour.
À peine sortie de l’hypnose voilà ce qu’elle écrit (elle était analphabète) :
 
Lettre ouverte aux canidés humains.
Spintolcum, switxh ta langue.
Bonjour les cloportes, je vous vois comme une danseuse étoile verrait sa piste de danse parsemée de viscères en putréfaction. Vos élucubrations m’intéressent autant qu’une calculatrice intéresserait un herbivore aux yeux crevés.
Je suis ravie de voir le monde tel qu’il est, à travers un voile opaque révélateur d’une réalité plus pointue.
Entre les enculés de riches et les salauds de pauvres mon cœur balance, qui va me procurer les plus beaux dégueulis ?
Vous les radins, vous crèverez sans jamais avoir profité de votre dieu accumulé, que tout cela soit bouffé par les rats, ils ont plus de savoir vivre que vous au sommet de votre art.
Vous les imbus, les sûrs de vous, soyez sûrs que les vers qui sortiront par tous vos orifices, seront votre plus belle œuvre.
Vous les faux généreux, les faux humbles, les rebelles sans causes, sachez que le diable a réussi à faire croire qu’il n’existait pas, sa force réside là, entre autre.
Multipliez-vous, comme des métastases jusqu’à en crever, allez fêter la musique, la journée des voisins, des mères, des pères, des Pères Noël, des femmes, des nains, des gros porcs, des nymphomanes, des pervers, du multi culturalisme, des putes borgnes…
Recherchez la lucidité, vous les viandes en sursis, ravalez vos égos de merde et soyez tristes, c’est la seule chose qui vaille la peine, qui soit digne, avant de disparaître.
Arrêtez de pérorer "On nous ment ! Les complots ! Tous des pourris…" Vous êtes pourris !!!
Vous vous mentez à vous mêmes, vous n’êtes qu’un tas de chair malodorante qui cristallise le mensonge des nations, alors un peu d’humilité, merde !
C’est au prix de la vérité que vous suinterez en paix, songez que la simple explosion d’une poche de gaz vous réduirait en steak haché, et encore, impropre à la consommation, même pas un sous le kilo, pas trois fois rien, non, votre viande ne vaut rien ! Seule la viande de pute vaut quelque chose. L’humain se croit intelligent et visionnaire, il ne voit même pas, en levant les yeux, qu’il est dans un tombeau à ciel ouvert.
Dire que la poussière de mes os se mélangera à celle des vôtres, belle perspective.
Les végétariens n’ont pas de viande au cul, les carnivores bouffent des gens plus valables qu’eux (les animaux), les pseudos bienveillants sont les pires…
Ydalle
 
Pierre est étonné du résultat et tombe amoureux, lui qui s’était juré de ne jamais tomber… La voie d’Ydalle est tracée, ce sera l’art.
Pierre :
 - Puis-je vous inviter au restaurant ce soir ?
Ydalle :
 - Mais monsieur le scientifique, me feriez-vous du gringue ?
Pierre :
 - Votre vision des choses m’intéresse, en tant que scientifique. Le fait que vous soyez charmante ne gâche rien!
Ydalle :
 - Je vous préviens, je couche le premier soir, je bois et je fume, je n’accepte aucune autorité, je suis pucelle…
Pierre :
 - Mais je ne vous en demande pas tant ! Ce serait un privilège d’être votre "premier soir" !
Ydalle :
 - Le savoir est utile s’il est pertinent, j’aime bien quand s’exprime le cerveau archaïque, vous avez l’expérience vous.
Pierre :
 - L’expérience est une lanterne sourde qui n’éclaire que celui qui la porte !
Ydalle :
 - N’empêche que j’ai les sens en émoi, et toi ?
Pierre :
 - De toi à moi j’aimerais qu’on les mélange, les sens !
 
Évidemment, ce qui va suivre est classique, pince fesses au rez-de-chaussée, culbute au premier.
Puis la passion, ah quelle traîtresse la passion, avec le temps l’on reproche à la personne ce qu’on adorait chez elle au début…
Puis arrive le jour fatidique, devant un stand de légumes :
 - Elles sont fermes vos asperges ?
 - Diantre oui !
 - Je m’en suis toujours douté…


              



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Torna altri rumpistacchi chì ci impuzzicanu incù i so testi, vulendu propiu esse letti per sperà ottene una qualunque gloria ch'elli ùn anu micca in a so vita viota è senza intaressu. Bon... forze chì ghje vera. Ma ci n'impippimu. È pò, a mi diciarete, bloghi litterarii, nant'à a tela, è sopra tuttu nant'à a tela corsa, ci n'hè ghjà à buzzeffa ! Tanti scrivanetti pumposi ! È bè tantu peghju ! O tantu megliu ! Hè solu una vitrina di più per fà scopre qualchi testi scritti, senza pritenzione, incù u core, incù e trippe, o incù e viscere chì vi cunveneranu...