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u 26 di Maghju 2014 - scrittu dà - lettu 283 volte

Le sniper


llustration faite par Mailly, spécialement pour ce texte, que je remercie, et dont je vous invite à aller visiter l'excellent site : http://www.atechja.com
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Dans le parking souterrain traitreusement désert de son bureau, s’avançait John Garway, en apparence confiant. Rien ne pouvait être plus éloigné de ses véritables pensées, alors qu’il allait jouer, de son propre chef, le triste rôle de l’appât. Hugh demeurait quant à lui sommairement caché par la porte de la cage d’escalier, prêt à affronter le pire. L’arme qu’il tenait avec crispation dans sa main ne lui procurait aucun sentiment de sécurité, bien au contraire. Au vu de l’obscurité ambiante qui régnait en ce lieu, il n’était que trop facile pour un ennemi de se tapir dans l’ombre de l’un ou l’autre des véhicules, pour guetter leur arrivée et les abattre sans aucune difficulté. Nerveux, il examinait ce revolver qui venait tout juste de lui être confié, se rappelant avec angoisse qu’il n’avait plus jamais tenu une arme entre ses mains depuis l’époque où il dégommait les ballons à la fête foraine avec ses parents. Deux fois de suite, il se surprit à vérifier compulsivement que l’arme fût chargée, tout en maudissant le courage frôlant l’inconscience d’un tel acte. Était-ce donc la seule solution ? Pourquoi choisir de ne pas attendre les renforts ?
Marchant lentement, bien droit et très digne dans son sobre costume sombre qui semblait évoquer un habit mortuaire, John Garway, désarmé, se rapprochait inéluctablement. Quand bien même feignît-il avec brio l’indifférence, la peur le dévorait. Il se savait menacé, depuis déjà de trop longs mois, et en ce jour, plus que jamais. Un tueur l’attendait, non loin, il en avait la certitude, commodément caché par l’une ou l’autre des nombreuses voitures innocemment stationnées en ce lieu bien laid pour y mourir. Pourtant, si son choix était celui du courage, la réflexion n’en était pas absente pour autant, songeant avec pragmatisme qu’en s’exposant ainsi, il obligerait le tueur à se dévoiler, à faire un faux pas, peut être, et à se retrouver à la merci de Hugh, dont il ignorait forcément la présence. De même, il ne pouvait se permettre de prendre le risque que le tueur pénétrât plus avant dans la structure du bâtiment, et ne fasse des victimes innocentes. Son sens moral le lui interdisait. Il devait jouer à quitte ou double. Un putain de coup de poker !
 
Le silence se faisait toujours plus pesant. Seuls résonnaient en ce lieu clos le claquement des pas. Hugh tremblait. Quelle idée stupide d’attirer ainsi l’attention sur lui. Comment tout cela allait-il finir ?
Insoutenable attente.
 
Il n’eut pas le temps de réfléchir très longtemps. Car soudain, une rafale de mitraillette troua le silence du sous-sol. Ce bruit, entendu dans tout le bâtiment, glaça le sang de chacun. Dans le bureau du Directeur, c’était pire : on savait.
Garway fit aussitôt volte-face, et courut dans la cage d’escalier, rejoindre Hugh, resté sans réaction ; les réflexes primaires de survie reprenaient instantanément le dessus sur sa belle stratégie, et la peur supplantant temporairement l’intelligence, l’empêcha de songer à s’abriter efficacement derrière une voiture.
A quelques mètres de son but, il fut atteint. Par une balle. Le regard figé, et le corps en feu, il tituba, puis s’effondra sur le sol, un cri coincé dans la gorge.
 
Tétanisé, le cœur au bord de l’explosion, Hugh se sentait très seul. Il hésitait. De sa position, il ne risquait rien, tant que le tireur ne bougeait pas. Mais son devoir, non seulement en tant que médecin, mais aussi, en tant qu’être-humain, l’appelait pour courir au secours du blessé. Au risque d’y perdre sa vie.
Mais il devait riposter, aussi. Mettre son antagoniste invisible hors de combat. Faire que le sacrifice consenti de son collègue ne soit pas vain. Se mettre à découvert pour cela s’il le fallait. Il le fallait. Mais que pouvait-il faire, avec un revolver, contre ce qui semblait être une mitraillette. Il hésitait. Le temps se mit à ralentir, et le monde à perdre toute cohérence. Par où commencer ? Par prodiguer les premiers soins au blessé, ou par tirer dans la direction vers laquelle semblaient provenir les coups de feu ? Il lui fallait réfléchir vite, car le tireur lui, n’attendrait pas. Son entendement se retrouvait soudain en proie à un accès de fièvre. Pourquoi lui ? Comment s’était-il retrouvé dans un tel péril ? Ce n’était pas un film d’action. C’était la réalité. C’était sa vie. Il allait peut être mourir, et à quelques pas de lui, un homme, qu’il connaissait, était peut être déjà mort. Que faire ?
 
Après une éternité d’un dur combat intérieur, son devoir de médecin reprit le dessus. Avec une célérité étonnante, il s’extirpa de son abri pour aller examiner le blessé, apparemment inconscient. En un temps record, il prit le pouls du directeur du Centre, et fut heureux de constater qu’il n’était pas mort. Mais, atteint en plein torse, le sang coulait abondamment. Il fallait faire vite.
Le snipper se remit à tirer. Vers lui. En une fraction de seconde, Hugh brandit son arme, et tira dans la direction opposée. Il vit une silhouette, et une mitraillette, se mettre à couvert derrière la cage d’ascenseur. Ça ne durerait pas. Il lui faudrait faire très vite. Se penchant sur le blessé, il lui fit un point de compression sommaire. Pour limiter l’hémorragie. Ça ne suffirait pas. Juste pour gagner du temps. Les tirs reprirent, dans sa direction. Mais mal ajustés. Hugh, paralysé de terreur, riposta. L’ascenseur gênait son adversaire. Il le comprit. Instinctivement. Là était peut être sa chance. Peut être allait-il s’en sortir. Penser l’effrayait. Il ne devait pas réfléchir. Il allait presque certainement mourir. Un pistolet contre une mitraillette. Impensable. Ils n’étaient même pas à armes égales. Son seul espoir : le hasard. Ou l’arrivée de secours. Et ce point de compression qu’il devait maintenir coûte que coûte.
Même s’il échouait, il ne voulait pas renoncer.
Résister.
A tout prix.
 
 
Les secondes se muaient en minutes, et les minutes devenaient des heures. Hugh avait cessé de réfléchir rationnellement à cet équilibre très précaire qui s’était installé entre le tueur et lui, et ne s’était pas encore rendu compte qu’il venait de tirer ses dernières cartouches, quand derrière lui, par la cage d’escalier, surgirent quatre hommes en noir, aux carrures d’athlètes, et armés d’armes automatiques. Hugh, tout son esprit focalisé sur son point de compression, n’eut guère le temps de s’interroger quant à leurs intentions que les nouveaux venus s’étaient déjà mis en position de combat, et se dirigeaient avec méthode vers l’ascenseur qu’il redoutait tant.
 
Il y avait dans leurs gestes une précision méticuleuse qui semblait révéler une grande habitude des opérations commando. Prudemment, ils avancèrent, se retrouvèrent rapidement aux environs de la cage d’ascenseur qu’ils encerclèrent très rapidement. Hugh, qui commençait à réfléchir de nouveau de façon normale, tourna alors son regard là où s’était déportée l’action, mais il ne vit rien. Soudain, une courte rafale retentit, pour la dernière fois dans le silence du parking souterrain, puis les quatre hommes revinrent en vue d’Hugh. L’un d’eux lui annonça avec un curieux accent :
« C’est bon. On l’a liquidé. »


              



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Torna altri rumpistacchi chì ci impuzzicanu incù i so testi, vulendu propiu esse letti per sperà ottene una qualunque gloria ch'elli ùn anu micca in a so vita viota è senza intaressu. Bon... forze chì ghje vera. Ma ci n'impippimu. È pò, a mi diciarete, bloghi litterarii, nant'à a tela, è sopra tuttu nant'à a tela corsa, ci n'hè ghjà à buzzeffa ! Tanti scrivanetti pumposi ! È bè tantu peghju ! O tantu megliu ! Hè solu una vitrina di più per fà scopre qualchi testi scritti, senza pritenzione, incù u core, incù e trippe, o incù e viscere chì vi cunveneranu...