Bloggu litterariu corsu

u 5 di Marzu 2013 - scrittu dà - lettu 4252 volte

Le seul thème qui vaille

Wislawa Szymborska a obtenu le Nobel de littérature en 1996, pourtant elle n'écrit que des poèmes qui souvent traitent du plus beau des thèmes en poésie, peut-être le seul qui vaille, celui de la perte de l'innocence et du mal de vivre qui en découle quand cet outrage nous revient en mémoire.


Collage - Sylvestre Rossi
Collage - Sylvestre Rossi

La poésie, au fond, n'a qu'un seul thème, l'innocence, sa perte, son existence malgré tout.

L'âme, au fond, est continûment malade, elle n'existe que par la maladie, convalescente malgré tout.

Si le mal de vivre s'insinue c'est parce qu'on se sent perdu, soudainement, seul, comme transi sous une ondée impromptue, une ondée d'innocence, quand on réalise que l'identité n'est jamais limitée à l'expérience, malgré l'ampleur, la variété et l'originalité de cette expérience.

J'aime beaucoup les femmes qui écrivent.

Souvent, mes notes sont consacrées à de grands écrivains femmes, car elles écrivent sans chichis, ça nous change des grands écrivains hommes ; mais peu de femmes de lettres, il faut bien le dire, écrivent des poèmes.
Il y a sûrement une raison honorable à cela, très honorable, même si j'ignore laquelle.

On ne peut pas tout savoir quand on n'est pas philosophe.

Wislawa Szymborska a obtenu le Nobel de littérature en 1996, pourtant elle n'écrit que des poèmes qui souvent traitent du plus beau des thèmes en poésie, peut-être le seul qui vaille, celui de la perte de l'innocence et du mal de vivre qui en découle quand cet outrage nous revient en mémoire.

Pour illustrer cette note, j'ai choisi un poème de femme, il s'intitule bizarrement « Rire » (Smiech) et à mes yeux il est un peu comme une réponse au « Petit garçon perdu » de William Blake (The little boy lost).

C'est le poème d'une petite fille perdue, d'un petit laideron.

Jacques Brel a raison de nous dire : « Dieu fait ce qu'il peut, mais il n'a pas toujours la manière ».

Le petit garçon doit brutalement apprendre la solitude. La petite fille, elle, doit apprendre la goujaterie.
C'est la même chose, bien sûr, mais une petite fille n'est pas un petit garçon comme les autres, quoi qu'on en dise...

                                                                    Rire, de Wislawa Szymborska

La petite fille que j'étais -
Je la connais, évidemment.
J'ai gardé des photos
De sa brève existence.

Je garde une pitié amusée
Pour quelques petits poèmes.
Je me souviens de quelques événements.


Mais,
Pour que celui qui est là, avec moi,
Eclate de rire et me serre contre lui,
Je n'évoque qu'une seule de ces histoires :
L'amour enfantin
De cette petite laideronne.


Je raconte
Comme elle était amoureuse d'un étudiant,
En deux mots elle voulait
Qu'il la regarde.


Je raconte
Comme elle a couru à sa rencontre
Avec un bandeau sur sa tête bien saine
Pour qu'au moins, ah ! il demande
Ce qu'il lui était arrivé.


Drôle de petite.
Comment pouvait-elle savoir
Qu'on tire des bénéfices même du désespoir
A condition que, par chance,
On vive plus longtemps.


Je lui donnerais de quoi s'acheter un gâteau.
De quoi aller au cinéma.
Va-t-en, je suis occupée.


Tu vois bien,
On a éteint la lampe.

Tu comprends tout de même,
On a fermé la porte.

Cesse d'agiter la poignée -
Celui qui a ri,
Celui qui m'a embrassée,
N'est pas ton étudiant.


Il vaut mieux que tu retournes
D'où tu es venue.

Je ne te dois rien,
Moi, femme ordinaire,
Qui ne sais qu'une chose :
Quand
Trahir le secret d'une autre.


Ne nous regarde pas comme ça
Avec tes yeux trop ouverts,
On dirait ceux d'un mort.



              


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Anima Cappiata !

Torna altri rumpistacchi chì ci impuzzicanu incù i so testi, vulendu propiu esse letti per sperà ottene una qualunque gloria ch'elli ùn anu micca in a so vita viota è senza intaressu. Bon... forze chì ghje vera. Ma ci n'impippimu. È pò, a mi diciarete, bloghi litterarii, nant'à a tela, è sopra tuttu nant'à a tela corsa, ci n'hè ghjà à buzzeffa ! Tanti scrivanetti pumposi ! È bè tantu peghju ! O tantu megliu ! Hè solu una vitrina di più per fà scopre qualchi testi scritti, senza pritenzione, incù u core, incù e trippe, o incù e viscere chì vi cunveneranu...