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u 18 d'Utrovi 2013 - scrittu dà - lettu 448 volte

Le sacre du printemps


Oeuvre de Desideriu Leandri, spécialement dessinée pour illustrer cette nouvelle.
Oeuvre de Desideriu Leandri, spécialement dessinée pour illustrer cette nouvelle.
Comment puis- je relater une telle histoire ? Je ne l’écris que pour ne point perdre l’esprit. Cette étrange histoire ne doit en aucun cas s’échapper de ces quelques pages noircies à la hâte, je passerai alors pour dément. Après ma mort, tout ceci n’aura plus d’importance et même si ma postérité doit en souffrir, il y aura un témoignage des évènements étranges dont j’ai été l’acteur malgré moi.
 
J’ai beau essayer de trouver une explication rationnelle à tout ceci mais je n’y parviens pas. Je dois être victime de quelque folie, d’illusions, dues à une mauvaise substance absorbée, ne dit-on pas que l’ergot de seigle vous fait vivre des choses qui n’existent pas ? A moins qu’un insecte ne m’aie piqué et son poison mis dans un état délirant… Parfois j’arrive à me convaincre que tout ce que j’ai vécu n’est qu’illusion. Mais alors mes yeux se posent sur cette guirlande de fleurs fanée qui autrefois ceignait ses cheveux d’or. Alors, je ne puis m’empêcher de l’effleurer et toute sa réalité substantielle m’assomme.
 
C’était lors d’une de ces matinées radieuses de printemps. J’étais parti relever collets et pièges, et ma foi, tirer aussi sur quelques gibiers potentiels. Il y a des matins comme cela où nous nous sentons heureux pour rien, juste parce nous sommes vivants, le chien gambadant à vos côtés, heureux lui aussi de cette sensation de liberté. On se sent invincible, le sang circule dans nos veines avec détermination et nos muscles nous obéissent sans souffrance malgré les efforts à fournir. Nous oublions alors les guerres, nos souffrances et ne voyons que le soleil offrir de nouveau sa chaleur à la terre fumante… Je marchais à longues foulées volontaires laissant mes pensées vagabonder avec un lyrisme approprié à la saison.
Alors que j’aiguisais mes sens afin de tenter de débusquer un animal, de petits rires légers se firent entendre. Pensant à une bande de gamins venue du village, je n’y pris garde, sifflant simplement mon chien afin qu’il ne les suive pas. Mais cela se reproduisit à plusieurs reprises, et je finis par ressentir de l’agacement. D’autant plus que mon compagnon devenait de plus en plus nerveux et inquiet. Et puis, mes pièges étaient vides, le gibier semblait avoir déserté les lieux suite au tintamarre produit par ces galopins. Je pestai allégrement et les insultai à voix haute, mais je n’obtins aucune réponse.
Je progressai encore un peu, cherchant à quitter le maquis, quand une silhouette m’apparut. Ce n’était point celle d’un enfant malicieux et dépenaillé. Mon Fasgianu alors poussa un jappement aigu et douloureux et s’enfuit sans que je puisse faire un geste pour le retenir. Elle était vêtue de blanc, presque évanescente, semblant prête à s’évaporer. C’était manifestement une femme ou du moins ça en avait l’apparence. Elle posa un doigt sur sa bouche, m’intimant l’ordre de me taire et me fit signe de la suivre. Je n’eus de toute façon pas le choix. Mon corps ne m’obéissait plus.
Je la suivis jusqu’à l’aghja, ce cercle de pierre dans lequel nous battons le blé et autres céréales à la fin des moissons. Une bonne dizaine de ces créatures s’y trouvaient déjà rassemblées. Toutes étaient vêtues de longues tuniques blanches superposées, à la manière antique, toutes portaient un voile arachnéen sur leur cheveux que l’on devinait longs et soyeux, toutes étaient couronnées de fleurs, toutes étaient belles et manifestement éternellement jeunes. Pourtant, une d’entre elle se détacha du lot. Sans que je puisse vous dire avec certitude ce qui la différenciait des autres, elle semblait jouir d’une autorité et d’une déférence parfaitement respectée par ses compagnes. Elle me fixa. J’étais terrifié, comme une bête pris au piège. Mais je n’effectuai pas un seul geste. J’étais tout autant fasciné. Elle frappa soudainement dans ses mains, alors je me sentis entravé, prisonnier de liens invisibles, parfaitement saucissonné et je chus à terre, ce qui m’occasionna quelques contusions. Pourtant, elles finirent par m'installer de manière presque confortable, en position assise, le dos appuyé au muret de pierre sèche. Face à cette assemblée, je frissonnai en me remémorant l’aventure d’Actéon, transformé en cerf par Diane et déchiqueté par ses chiens. Je pensai fugitivement aux crocs de Fasgianu plantés dans ma gorge… Mais il avait disparu.
 
Une légère musique sembla s’élever du sol, venue du néant. Les être diaphanes se mirent alors à se mouvoir avec lenteur et grâce. Malgré ma condition de prisonnier promis à une mort certaine, je ne pus qu’être admiratif, et trouvai le spectacle fort à mon goût, leur beauté se dévoilant peu à peu à mon regard. Le rythme s’accélérait peu à peu et leur danse devenait de plus en plus folle, elles tournoyaient légères et aériennes. Leurs jambes étaient visibles, j’entrapercevais des cuisses de nacre, les tuniques échancrées offraient à mon regard des gorges délicates. Je n’en perdais pas une miette. Puis la musique perdit toute humanité. Elle devint sauvage, brutale, des pulsations rapides venus de la terre et du fond des âges. Ce ne fut plus que des battements sourds qui me vrillèrent les tripes et l’âme. J’eus le désir incontrôlable de me joindre à elle. Je gémis de douleur de ne pouvoir me soustraire aux chaines qui m’entravaient. Une des jeunes nymphes – je n’ai pas d’autre mot pour les désigner – se retrouva alors au centre du cercle. Elle dansait avec plus de vivacité encore que ses compagnes, tout son corps obéissait à la musique avec une telle force que j’en étais littéralement fasciné. Dieu qu’elle était belle ! Elle était encouragée par ses camarades qui avaient cessé de danser et qui frappaient dans leurs mains pour la soutenir. Parfois, cependant, la fatigue semblait s’emparer d’elle, elle vacillait, semblait vouloir cesser, alors sa chef l’admonestait l’obligeant à reprendre sa danse. Ses vêtements partaient en lambeaux. A chaque fois qu’elle se lançait dans une acrobatie au sol, ceux-ci se déchiraient un peu plus. Elle se couvrait le visage de poussière, son ventre, ses cuisses ses seins, libérés de toute étoffe, inondés de sueur, était rouge de cette terre couleur de feu, comme du sang sur son corps épuisé. Ses cheveux devenaient sa seule parure, voile et couronne ayant disparu depuis un moment. Ils épousaient la courbe de son dos, qui se cambrait, elle effleurait alors le sol avec sa tête et se redressait ensuite avec vivacité ou alors effectuant une figure plus compliquée encore. Plus aucun tissu n’entravait plus ses gestes, juste sa sueur et cette terre. Elle m’offrait toute sa beauté et sa folie, ce mélange m’effrayait et m’excitait prodigieusement.
Elle finit par cesser. Elle se dressait, immobile, le souffle court. Elle tremblait d’épuisement. Elle ne semblait plus nymphe, elle avait perdu son irréalité. Elle était faite de chair et de sang. Et je la désirais Le silence se fit, la musique cessa, les autres jeunes filles se calmèrent, alors elle s’écroula. Personne ne se précipita pour l’aider. J’avais, je crois, poussé un cri. Leur reine leva un bras et je me sentis libre de toute entrave. Ce fut si brutal que je basculai au sol, déséquilibré par ma soudaine liberté. Je tentai de me mettre debout mais mes jambes ne me portaient plus, épuisées par leur longue lutte contre leur chaîne. Ce fut à quatre pattes que tentai de lui porter secours. Alors que je me dirigeais vers elle, mon esprit me murmurait de fuir… de fuir… Mais voilà, je me retrouvai au centre du cercle, entouré par des statues de marbre marmoréen, aux yeux fixes et lointains. Je la touchais, sa peau palpitait, elle vivait. Je ne résistai pas à caresser son sein qui frémit.
J’entendis dans un souffle, martelé dans ma tête, des chuchotis insistants, scandés en chœur, « ensemence-la, ensemence-la… » Je me bouchais les oreilles avec les paumes de mes mains, pensant comme Ulysse faire taire le chant des sirènes.
Sa bouche aux lèvres pleines, entrouverte, était un appel aux baisers, un appel irrésistible ; sa main reprenait vie, elle s’empara de mon bras, m’obligeant me rapprocher d’elle, elle m’embrassa. Ses cuisses, qui semblaient d’airain, se saisirent de mon corps sans défense, et je l’entendais « ensemence-moi, ensemence-moi » Je devins fou de désir. Je voulais cette femme, je voulais ce ventre, cette peau, ces seins, sa bouche. Je voulais être enfourné, la posséder, être possédé. Je ne sais plus. Je voulais lécher sa sueur mêlée de terre, je voulais entendre son souffle rauque, mes cris et les siens, je voulais la caresser jusqu’à plus soif, m’épuiser à la tâche, boire à sa source jusqu’à me dessécher, j’avais soif, j’avais faim. Je la voulais, elle. Je poussais un cri de bête démente alors que je la bloquais au sol en la chevauchant. J’avais arraché mes vêtements, me mettant nu à mon tour. Je la pénétrai, un peu rudement, je l’avoue. Mais c’était exquis, divin, rien de ce que j’avais connu jusqu’alors, ses doigts s’agrippaient, elle gémissaient et se mouvait comme une jument sauvage. Parfois je m’extirpais de son ventre car je voulais que ça dure indéfiniment, et j’allais m’abreuver entre ses cuisses, elle s’écartelait m’offrant ses trésor que je possédais avec mes doigts, avec ma bouche, ma langue, mon sexe. Son cœur battait aussi fort que les pulsations qui rythmaient sa danse, et elle tremblait tout autant. Ses gémissements ponctués d’« ensemence-moi » finissaient de me faire perdre la tête. Je retournais alors dans son ventre mais je ne voulais pas que ça cesse ; je voulais que ça s’éternise, que ça s’éternise, encore et encore, ses entrailles palpitaient autour de mon sexe, les muscles se contractaient, j’étais comme prisonnier de ses entrailles, et j’aimais ça. Mon cœur s’affolait,  en rythme avec les murmures toujours présents dans ma tête, avec mes propres mouvement de va et vient, dans son bas-ventre… Alors je jouis, je jouis comme jamais, comme un fou, comme le fou que je suis devenu aujourd’hui. Je pense que j’ai hurlé. J’ai dû sombrer ensuite dans une sorte d’inconscience. C’est mon chien qui en léchant et en gémissant gentiment qui m’a ramené à la conscience. J’étais heureux de le retrouver. Il me regardait avec ses yeux brillants, un peu inquiets.
 
J’étais fourbu, une douleur aigue empoignait mon cerveau, j’avais la sensation d’avoir été roué de coups. Le soleil se levait à peine. Combien de temps tout cela a-t-il duré ? J’avais dû passer la nuit couché dans l’aghja.
Je rejoignis mon village tant bien que mal, je ne relatai à personne mon aventure, inventant un conte quelconque pour expliquer mon absence, que j’e m’étais égaré, que j’avais chuté dans un ravin… Et me voilà trempant ma plume dans l’encre, consignant ces faits qui datent de quelques mois. Je ne sais si je suis dément.
Je le suis certainement, n’est ce pas ? Je ne peux que l’être. Parfois la nuit, son corps magnifique vient me hanter, se tordant de plaisir entre mes bras et je l’entends qui me demande de l’ensemencer encore et encore.
Je me réveille en sueur le sexe tendu, me demandant quel démon à pris possession de mon corps ce jour là.
Je suis fou, fou dément, mais je ne dis rien à personne. Et personne ne décèle ma folie dans mon ordinaire.
 
J’ai ramené ces fleurs, cette couronne délicate, abimée par ses petits pieds alors dansant, et je les contemple, souvent, souvent…Il paraitrait que la moisson est excellente cette année. On parle d’abondance même.

U cunsacramentu di u veranu

Le sacre du printemps
Cumu puderiu rende contu d’una storia tale ? Ùn a scrivu ch’e per ùn imbambulisce. Sta cusì strana ùn deve in nisun casu sbarzà di ste poche pagine scrivacciulate à spiccera, chì tandu mi piglierianu per un scemu. Dopu mortu, tuttu què ùn serà più un gran chè, ancu puru s’e ne devenu pate i mio pusteri, ci serà una testimunianza di l’avvenimenti insòliti da i quali sò statu l’attore senza vulè.
 
Aghju àsgiu chì truvà una spiegazione raziunale à tutta sta cosa, ma ùn ci ghjungu micca. Soca sò vittimatu di qualche tuntie, d’illusione per via d’una rubbaccia assurbita – nun si dice ch’e u spronu sialinu vi face vive cose ch’ùn esistenu ? – Almenu ch’o fussi statu pizzicatu da un mignòculu è messu in un modu frenèticu da u so velenu… Talvolta, cataghjungu à scunvince mi chì tuttu cio ch’aghju campatu ùn fù ch’e illusione. Ma tandu i mio ochji si ponenu anant’à quella ghirlanda di fiori trapassati chì innanzu cinghjia i so capelli d’oru. Allora, ùn mi possu tene di sfrisgià la è tutta a so realità suchjosa mi scuccula.
 
Era mentre une di ste mane radiose di veranu. Mi ne era andatu per ricaccià culletti è mannaghje, è pò dinù, perchè micca, tirà qualchi pilame o accilame putinziale. Era di ste mane quì, duve omu si sente felice per nunda, solu d’esse vivu, incù u cane capriulendu accantu, felice, ellu dinù, di stu sintimu di libertà. Tandu ci sentimu invincèvule, u sangue circulendu cun diterminazione in e nostre vene è i nostri mùsculi ubbidì ci senza straziu à discàpitu di i sforzi à fà. Tandu ci scurdemu di e guerre, di e suffrenze, è ùn si vede più ch’e u sole rigalà di novu u so calore à a terra mighjente… Cusì era eiu, viaghjendu à longhe ancate, vulintàrie, lasciendu vagabundà e mio pinsate incù un lirìsimiu adattu à a staghjone.
Allora ch’o appruntava i mio sensi per pruvà di sbuscà un animale, piccule rise si fecenu sente. Pensendu chì eranu una banda di sgaiuffi di u paese, ùn ci tense mente, solu fischjulendu u mio cane per ch’ellu ùn li seguitassi. Ma quessa si riitirò à parechje riprese, è per fine, mi fece vene u tranfigliulu, ancu di più ch’e u mio cumpagnu duvintava sempre di più narbosu è inchietu. Di più, eranu vioti i mio culletti, chì a càccia sembrava avè  disartatu sti lochi per effettu di u frastìgliu pruduttu da sti scrianzati. Sacramintaiu alegramente, è l’inghjuriaiu à alta voce, ma ùn ottensi nisun risposta.
Avanzaiu torna un pocu di più, circhendu à lascià a machja, quandu spuntò una siluetta. Ùn era micca quella d’un zitellu maliziosu è stranciagatu. Fasgianu meiu cappiò un abbaghjitu acutu è dulurosu, è si ne scappò senza ch’o pudessi fà un gestu per abbruncà lu. Era vestuta di biancu guasgi evanescente, sembrendu pronta à svintà si. Era manifestamente una femina, o almenu, ne avia u parè. Pose un ditu nant’à a bocca, urdinendu mi di stà zittu, è mi fece cennu di seguità la. Ùn ebbi, d’altronde, micca a scelta, chì a mio persona ùn ubbidia più.
 
A suvitaiu fin’à l’aghja, quellu chjerchju di petre dentru u quale si tribbia u granu è l’altre biade à a fine di a racolta. Si ci eranu addunite una bella decina di ste criature. Tutte eranu vestute di longhe tùniche bianche suprapposte, à l’usu anticu, tutte tenianu una vela arachnina nant’à i so capelli chì s’induvinavanu longhi è sitosi, incurunate di fiori, tutte eranu belle, è indubitabilmente ghjovane per l’eternu. Puru, una fra elle si sfarò. Senza ch’o pobbe dì vi cun certezza cosa a diffarinziava di l’altre, sembrava gode d’un autorità è d’un riguardu propiu rispettatu da e so cumpagne. M’appinzò l’ochji. Eru insiscatu quante una bèstia intrappulata, ma mancu ùn eseguì u più minimu gestu, chì eru incantatu altrettante. À l’assuquatru, sciaccamanò mentre ch’o mi sentiì impastughjatu, imprighjunatu da ligami invedèvuli,  appiombu licatu, è cadiì in terra, cosa chì mi cagiunò qualche pistature. Èppuru per fine, mi stallonu di manera guasgi cunfurtèvule, à pusà, u spinu appughjatu à a ricciata. Di pettu à quell’addunita, frizzinaiu ramintendu mi l’avvintura d’Atteone, scambiatu in cervu da Diana, è macellatu da i so cani. Pinsaiu à scappera à i gràncii di Fasgiani amursati dentru a mio cannella… ma era smaritu.
 
Una musichella sembrò surghje di a terra, venuta di u niente. L’èssare diafani si messenu tandu à move si cun àsgiù è grazia. À discàpitu di a mio cundizione di prighjuneru prumessu à una morte sicura, ùn pobbi esse nulla altru ch’e ammirativu, è stimò stu fideghju propiu gustosu, mentre chì a so bellezza ùn si svelava ch’e à pocu à pocu à u mio sguardu. S’accilarava u ritimu à scalinate, è a so ballera duvintava sempre più scema, chì elle svulazzavanu, lèsule è aerie. E so anche eranu visìbile, intravidia còscie di madreperla, in tantu chì e so tùniche scullate rigalavanu à a mio vista e so cannelle cusì dilicàte. Eru primurosu à più pudè.
Pò, a musìca perse ogni palmu d’umanità. Duvintò salvàtica, bistiale, tale un pàlpitu furiosu venutu di a terra, è di l’èpiche prime. Ùn fubbinu più ch’e chjocchi sordi chì mi truvillonu civa è anima. Tandu ebbi quella brama scuntrullèvule d’ammuntà mi à elle è trimbiò u mio dulore d’ùn pudè suttrae mi à ste catene chì m’impastughjavanu.
Una di quelle ghjovane ninfe – altre parolle ùn aghju per indittà le – sì truvò tandu à mezu à u cerchju. Ballava cun ancu più di vivacità ch’e e so cumpagne, è tutta a so persona ubbidia cun tamanta forza à a mùsica ch’o ne era affascinatu da veru. O Cristu Santu quant’ell’era bella ! Era incuraghjita da e so camerate chì avianu piantatu di ballà è chì sciaccamanavanu per agguantà la. Qualchì volte tuttavìa, parendu impatrunita da a stanchezza, trinnicava, sembrendu vulè piantà, è tandu a so maestra a litticava, custringhjendu la à ripiglià a so ballera. I so vistiti si spandanavanu. Ad ogni volta ch’ella s’achjiccava in un acrubazìa in terra, si strappavanu un pocu di più. Si fasciò u visu di pulvera, u so ventre, e so còscie, a so pùppula, liberati d’ogni tissutu, adundati di sudore, rossa di sta terra culore di focu quante u sangue nant’à a so statura stanca. I so capelli eranu duvintatu u so unicu apparechju, chì vela è curona eranu smariti dipoi una stonda. Pigliavanu a forma di l’arcu di u so spinu, chì s’inzimia, sfrisgittava tandu a terra incù u so capu è s’addirizzava in seguitu cun vivacità, o forse eseguendu una figura ancu più intrisicata. Più nisun tissutu ùn pudia più  intravà e so mosse, solu u so sudore è quessa terra. Mi rigalava tutta a so bellezza è a so pazzìa, quellu buleghju chì mi spavichjava è m’accuzzava sprupusitamente.
Per fine piantò. S’aisava, impirnata, ansciu cortu. Trimulava di sfinimentu. Ùn paria più esse ninfa, chì avia persu a so irrialità. Ormai era fatta di polpa è di sangue. È eiu, a bramava. Pò vense u silenziu, chì piantò a musica, si calmonu l’altre ghjuvanotte, è tandu, ella, si sfundò.
Nimu ùn s’attruccò per aiutà la. Aviu, mi pare, lampatu un mughju. A so regina alzò u bracciu, è d’un colpu mi sentii liberu d’ogni ferru. Fù cusì bruttale ch’o ne trapiccaiu in terra, squilibratu da a mio libertà subbitània. Pruvaiu à mette mi arrittu, ma ùn mi purtavanu più e mio anche, fiacche dopu à a so cusì longa lotta contr’à a so catena. Fù branculendu ch’o tintaiu à porghje li succorsu. Quandu chì m’incamminava versu ella, u mio spiritu mi murmucinava di scappà… di scappà… Ma eccu ch’o mi ne eru à mezu à u cerchju, ingiratu da stàtule di màrmaru intisgiatu, cun ochji fissi è luntani. L’attastavu, è a so pelle palpitava, ella vivia. Ùn resistaiu micca à alliscià a so tetta chì ne frizzinò.
Intesi in un fiatu,  sculpitu in a mio mente, sussuri insistenti, stagliati inseme : « sumena la, sumena la… ». Mi tappaiu l’arechje, incù e palme di e mane pensendu, quante Uliziu, fà tace u cantu di e sirene.
A so bocca labbrita, scrignata, era una chjama à i basgii, una chjama irrisistìbile ; a so manu ripigliava fiatu, s’impatrunì u mio bracciu, custringhjendu mi à avvicinà mi d’ella, ella mi basgiò. E so coscie, chì sembravanu di ronzu, s’achjapponu u mio essàre senza difesa, è a sentiu (sumena mi, sumena mi ». Duvintaiu scemu persu di franasìa. Bramava sta femina, brama stu ventre, ste pelle, sta pùppula, sta bocca. Vulia esse infurratu, avè la, esse avutu. Ùn sò più. Vulia liccà u so sudore mischjata di terra, vulia senta u so fiatu arghitu, i mio stridi, è i soii, vulia accarizzà la fin’à slazià mi, smarullà mi, beie à a so surghjente fin’à dissuichjà mi, avia a sete, avia a fame. A bramava à ella. Puntaiu un stridu di bestia scema mentre ch’o l’abbluccava in terra cavalchendu la. Aviu strappatu i mio panni, tucchendu à mè di mette mi nudu. Mi ficcaiu, appinuccia aspramente, a palesu. Ma era cusì squisitu, divinu, è nunda di cio ch’o avia cunisciutu fin’ora, i so diti s’abbracagnavanu, ella gimia è si movia quante una ghjumente salvàtica. À le volte mi ritrasgiu di u so ventre, chì bramavu ch’ella durghi per u sempre, è m’affaccava à dissità mi tra e so coscie, ella si squartaghjava, rigalendu mi i so tisori ch’o ammaestrava cun i diti, a bocca, a lingua, u sessu. U so core battia cusì forte ch’e u pàlpitu chì ritmava u so ballu, è ne trimulava altretantu. I so crichenni, puntighjati da i so « sumena mi », per fine, mi fecenu perde u capu. Vultaiu tandu dentru u so ventre, ma ùn vulia micca ch’ella cessi ; bramavu ch’ella s’eternizeghji, ch’ella s’eternizeghji, sempre è sempre, e so vìscere palpitavanu in giru à u mio sessu, i mùsculi s’aggrunchjulianu, eru cume prighjuneru di u so ventre, è mi piacia. Si scimia u mio core, in ritimu cun i sussùri sempre prisente in a mio mente, incù i mio pròpii muvimenti di pass’è vene dentru a so vagina… Allora gosi, gosi cume mai, quante un scemu, quante u scemu ch’o sò duvintatu oghje oramai. Pensu d’avè mughjatu.
Soca sò cadutu dopu in una spezia d’incuscenza. Fù u mio cane chì licchendu è gimendu cun garbu mi ripurtò in a realità. Eru felice di ritrugà lu. Mi fighjulava cun i so ochji luccichenti, un pocu inchieti.
 
Eru troncu, un dulore pinzìu impugnata u mio cerbellu, teniu a sensazione d’esse statu datu a tribisonda. U sole si pisava appenna appenna. Quantu tempu era duratu tuttu què ? Soca aviu passatu a mio nuttata stracquatu in l’aghja.
Rivultaiu in paese, cum’o pudia, senza cuntà à nimu a mio avvintura, inventendu una qualunque fola per spiegà a mio assenza, ch’o m’eru straviatu, ch’o eru cascatu in un vangale… È eccu mi, à inchjustrà a mio piuma, cunsignendu quelli fatti trascorsi qualchi mesi fà. Ùn sò micca s’o sò mattu.
Di sicuru ch’o u sò, ùn hè vera ? Cosa possu esse d’altru ? Talvolta, di notte, u so corpu magnìficu vene à spirità mi,  torcendu si di piacè tra i mio bràccii, è a sentu chì mi dumanda di sumenà la sempre è sempre.
Mi svegliu sudatu, u sessu tesu, à dumandà mi cosa hè stu dimoniu chì avia pigliatu pussessu di u mio corpu quellu ghjornu.
Sò scemu mattu compiu, ma ùn dicu nunda à nimu. È nimu ùn avventa a mio tuntia in u mio cutidianu.
 
Aghju arrecatu cun mè sti fiori, quella curona dilicata incasiata da i so peduccii mentre ch’ella ballava, è i cuntimplu spessu spessu spessu… Si dice chì a sighera hè bunìssima quist’annu. Si parla ancu di bundenza…

[Traduzzione fatta da Pedru-Felice Cuneo-Orlanducci]


              



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Anima Cappiata !

Torna altri rumpistacchi chì ci impuzzicanu incù i so testi, vulendu propiu esse letti per sperà ottene una qualunque gloria ch'elli ùn anu micca in a so vita viota è senza intaressu. Bon... forze chì ghje vera. Ma ci n'impippimu. È pò, a mi diciarete, bloghi litterarii, nant'à a tela, è sopra tuttu nant'à a tela corsa, ci n'hè ghjà à buzzeffa ! Tanti scrivanetti pumposi ! È bè tantu peghju ! O tantu megliu ! Hè solu una vitrina di più per fà scopre qualchi testi scritti, senza pritenzione, incù u core, incù e trippe, o incù e viscere chì vi cunveneranu...