Bloggu litterariu corsu

u 19 di Dicembre 2013 - scrittu dà Barbara Morandini - lettu 250 volte

Le phénix


Je suis contente que tu sois venu et que tu aies accordé encore un peu de crédit à mon « originalité » comme tu dis.
Mon message était un peu mystérieux, tu as raison : « Rejoins-moi dans le jardin, près du feu ».
 
Dans cette boite en carton, il y a un certain nombre de souvenirs, nous sommes à un tournant, il fallait qu’on fasse ça ensemble, tu comprends ?
On fera ça chronologiquement, c’est plus logique.
 
Mon journal :
J’étais ado lorsque je l’ai commencé. Mon seul et unique but à l’époque ? Ressembler le moins possible à mes parents plus tard. C’est dingue comme on peut attribuer une sorte de « magie » à des sentiments, alors que tout est clairement psychologique. Selon ton vécu et l’instant « T » de la rencontre il peut y avoir attirance, rien à voir avec le coup de foudre ou des conneries comme ça.
Tiens, regarde, 25 janvier, c’est le jour où je t’ai rencontré :
« Toi, que je ne connais pas encore, simplement croisé mais déjà ressenti. Dans tes yeux j’ai lu la réciprocité. Il y a des regards qui ne trompent pas, j’espère bientôt te revoir… » . Ça me fait rire de lire ça maintenant. J’étais sincère, je t’assure, ne te vexe pas. C’est juste que c’est tellement loin de la femme que je suis devenue… Au feu !
 
Bout de papier :
Tu reconnais cette écriture ? C’est la tienne ! Tu étais, quand même, bien sûr de toi pour écrire ça… Je me rappelle parfaitement la manière dont tu m’as tendu le papier, je pensais que mon cœur allait me sortir par la gorge.
« 06.15….N’hésite pas… »
Tu me dis que tu avais bu pour oser faire ça ? A l’époque je n’aurai jamais cru, tu étais un demi-dieu pour moi… Au feu !
 
Tickets de cinéma :
Pour être honnête je ne me rappelle plus du tout le film que nous étions allé voir. Toi non plus ? Tu m’étonnes, quinze ans déjà ! Qui se souviendrait de ça ? Non, tu as raison, certains s’en souviennent… Moi ce dont je me rappelle c’est que tu portais un pull noir et un jean, que tu sentais bon et que tu avais une barbe de trois jours ce qui te vieillissait un peu et piquait quand tu m’as fait la bise pour me dire bonjour.
Je me souviens que cette sortie était bien entendu un prétexte. Pour se voir, enfin plutôt se sentir. Se retrouver déjà dans la pénombre ensemble. Dès que les lumières se sont éteintes, nos visages étaient imperturbables, fixes faces à l’écran, comme si nous écoutions avec extrêmement d’attention ce qui se disait dans le film… Alors que nous n’étions qu’à l’écoute que de ce qui était ressenti. Nos doigts frôlés, puis caressés, enlacés… le poignet, puis la cuisse, ta chaleur, la douceur de ta main. Ce soir là tu m’as embrassée ce fut le début de notre histoire… Au feu !
 
Billets d’avion, carte, entrées musées, notes de restaurants :
Ça c’est ce qui reste de notre voyage à Barcelone. Trois jours il y a quinze ans, cet épisode est aussi important que s’il avait duré trois ans. J’avais l’impression d’être revenue de ce voyage encore plus amoureuse de toi. Pas que ce fut le voyage le plus romantique qu’il soit, non, tu le sais bien.
Pourquoi alors ? Je suis revenue de ce voyage surprise de t’aimer quand même, de t’aimer encore. Tu me trouves dure ? Il ne le faut pas, je t’assure. C’était la première fois que je cohabitais, ce fut une vraie claque, même en vacances. Tu n’en as rien su ? Et bien non, il ne m’a pas semblé utile de t’en parler à l’époque dans la mesure où je t’aimais quand même pour moi tu étais le bon, c’était sûr. Ce voyage a été déterminant, je t’assure, nous nous sommes d’ailleurs installés ensemble à notre retour… Au feu !
 
La coupure de presse sur laquelle il y a l’annonce de la maison :
Tu te souviens de notre première visite ? Le crédit, les travaux, les galères… Au feu !
 
Le faire part de notre mariage :
En décembre, jamais comme tout le monde, surtout pas comme tout le monde !
Les gens pensaient que c’était parce que j’étais enceinte, tu te rappelles ? Ça nous faisait rire, on répondait « Non, non, pas de bébé, on se marie parce qu’on s’aime ! »… Au feu !
 
Résultats d’analyses sanguines :
« […] Beta HCG plasmatique 37 344 mUl/ml
Valeur de référence: inférieur à 10 mUl/ml si absence de grossesse […]»
Qu’est ce qu’on était heureux !!!! 10 ans que nous étions en couple, on peut dire qu’on a pris notre temps. Tu as tellement été patient ! J’étais effrayée à l’idée d’être mère et toi tu as su me rassurer, tu y as mis le temps, mais tu y es arrivé… Au feu !
 
D’autres souvenirs :
Ceux-là, je ne les ai pas partagés avec toi, mais avec lui. Ils sont plus récents mais c’est globalement la même chose que nos premiers. Non, je ne suis pas cruelle, je ne vais pas te les lire.
Mais je voudrais que tu comprennes, je pense que je te dois ça.
Un autre bout de papier, une note d’hôtel, une lettre… Je voudrais les brûler aussi. Qu’ils disparaissent, qu’ils n’aient jamais existés. Parce que lui, tu sais, c’est la boule dans ma gorge, celle que je sens tout à coup sans que je m’y attende, qui me fait verser deux grosses larmes. Le feu, ça le fera peut-être disparaître. Jusqu’à il y a peu, je pensais qu’un gros sanglot suffirait pour faire disparaître cette boule. Mais non, ça n’a pas marché, pourtant j’ai pleuré… Au feu !
 
 
Ce que je vais te dire maintenant, je vais le dire les yeux fermés, pour plusieurs raisons.
Pour te permettre de partir avant la fin, si tu en as envie, si tu penses que je suis insensée, parce que tu en es libre, mais aussi pour avoir le courage de tout te dire.
Je t’aime, mais pas comme dans les mensonges de la société sur ce qu’est l’Amour.
Je t’aime, parce que je t’ai aimé intensément, ne serait-ce qu’une fois. Oui je sais, ça veut dire que je l’aime aussi, lui, mais je t’aime aussi, parce qu’on a muri ensemble et que tu es la famille que j’ai choisie.
Je t’aime, parce que tu m’as façonnée et que je t’ai façonné aussi.
C’est pas « beau » de dire ça, on est loin de notre première séance de cinéma mais c’est la vérité.
Je t’aime, parce qu’on a un enfant ensemble, qu’il nous ressemble, qu’on l’aime plus que tout et qu’il souffrirait de notre séparation.
Je t’aime, parce que c’est confortable d’être en couple avec quelqu’un depuis longtemps, parce qu’on n’a pas besoin d’être au top tout le temps.
Je t’aime, parce que je ne veux pas vieillir seule et que tu es la personne qui me connait le mieux.
Je t’aime et je fais désormais la différence entre la passion et l’amour.
Si tu as besoin de donner sa chance à un amour plus intense, je le comprend, je suis passée par là, fais-le, mais reviens, si tu en arrives aux mêmes conclusions que moi. Je me fous des gens et de ce qu’ils pourraient penser. Si ils ont choisi de vivre dans l’hypocrisie c’est leur problème ce ne sera pas le notre, si tu le veux.
Voilà ce que moi je te propose, fierté mise à part, oui j’ai craqué, j’ai voulu vivre autre chose parce que je nous voyais devenir comme nos parents et que je ne le supportais pas.
Mais si on décide de ne plus faire semblant ensemble, on sera différents.
A toi de voir, désormais je vais ouvrir les yeux…


              



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Torna altri rumpistacchi chì ci impuzzicanu incù i so testi, vulendu propiu esse letti per sperà ottene una qualunque gloria ch'elli ùn anu micca in a so vita viota è senza intaressu. Bon... forze chì ghje vera. Ma ci n'impippimu. È pò, a mi diciarete, bloghi litterarii, nant'à a tela, è sopra tuttu nant'à a tela corsa, ci n'hè ghjà à buzzeffa ! Tanti scrivanetti pumposi ! È bè tantu peghju ! O tantu megliu ! Hè solu una vitrina di più per fà scopre qualchi testi scritti, senza pritenzione, incù u core, incù e trippe, o incù e viscere chì vi cunveneranu...