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u 1mu di Marzu 2013 - scrittu dà - lettu 232 volte

Le pari

Ce soir là, les cinq inséparables en vinrent à parler de fantômes.

« Une croyance pour vieilles femmes superstitieuses » avait décrété Jeannot, un retraité qui avait bourlingué à travers le monde, et qui ne croyait ni en Dieu ni en Diable, et encore moins aux ectoplasmes.


Le pari
L'hiver, au village, il n' y a pas grand chose à faire.

Comme tous les soirs, une bande d'amis se retrouvait au bar du village, pour jouer aux cartes, discuter de la pluie et du beau temps, des « puttachji » locaux. Parfois la conversation essayait de s'élever au dessus des faits divers quotidiens.

Ce soir là, les cinq inséparables en vinrent à parler de fantômes.

« Une croyance pour vieilles femmes superstitieuses » avait décrété Jeannot, un retraité qui avait bourlingué à travers le monde, et qui ne croyait ni en Dieu ni en Diable, et encore moins aux ectoplasmes.

« Tu serais capable d'aller en pleine nuit au tombeau des Salvini ? » lui demanda Jean-Paul, l'air moqueur.

C'était un vieux tombeau monumental, en partie en ruines, assez éloigné du village. Le dernier défunt y avait été déposé un peu avant la guerre de 14. Une éternité. Depuis, plus personne ne s'en était occupé. Entouré d'une haute muraille encore intacte, on ne pouvait y accéder que par une grande grille rouillée, difficile à ouvrir, à cause du lierre qui s'entortillait aux barreaux.

On le disait hanté.


« Bien sûr, que j'en suis capable », rétorqua Jeannot. Lui qui avait affronté mille dangers sur tous les continents, n'allait pas avoir peur de ce qui n'existait pas.

« Voilà ce que je propose » dit Pierre, « Demain nous allons au tombeau, nous y déposons un objet, et la nuit venue, tu vas le rechercher et tu nous le ramènes au bar »...

« D'accord », répondit Jeannot, loin de se douter de ce qui l'attendait.

Le lendemain, les inséparables eurent du mal à entrouvrir la grille. Ils y parvinrent en coupant quelques branches de lierre, et s'assurèrent qu'elle tournait sur ses gonds.

« Pour que tu puisses t'échapper facilement » fit remarquer malicieusement Ange, qui cultivait l'art de la « macagna ».


Le tombeau aux pierres gris sombre moussues, était sinistre. La porte du monument n'avait plus de serrure et en la poussant un peu, ils purent l'entrouvrir pour qu'un homme puisse s'y faufiler. L'intérieur était franchement impressionnant. Une chouette qui y avait élu domicile s'envola par un trou du toit en lâchant un hululement terrifiant. Même Jeannot en eut la chair de poule.

Félix, dont l'enfance avait été bercée par les contes de sa grand mère, sans croire vraiment aux fantômes, avait une appréhension. Il fit remarquer qu'en violant ce lieu sacré, ils allaient très vite le regretter. Pourtant, ils décidèrent d'aller au bout de leur pari.

Ils déposèrent  un briquet sur l'un des caveaux.

Le soir venu, ils se retrouvèrent au bar, chacun s'acharnant durant toute la soirée à mettre la pression sur le pauvre Jeannot, qui n'en menait pas large, mais qui ne pouvait se dégonfler. Vers minuit moins dix, Jeannot dût tenir son pari. Et puis, après tout, à part la chouette, que pouvait-il y avoir d'autre dans ce tombeau ?


Il laissa  ses amis à la chaleur du bar, et sortit dans la nuit froide de février. La pleine lune était haute dans le ciel et éclairait suffisamment le paysage pour qu'il n'ait pas besoin de lampe. Quand il se faufila dans l'ouverture de la grille, il entendit du bruit dans le tombeau et le cri de la chouette lui glaça le sang. Il pouvait encore retourner sur ses pas. Mais oserait-il se présenter au bar sans le briquet ? Il ne tenait pas à être la risée du village.


Plus que quelques secondes pour atteindre la porte du tombeau, quelques autres pour saisir le briquet, et son pari serait gagné. Son long manteau le gênait, mais il put entrer. Par le trou du toit un rayon de lune faisait briller le briquet, dont il s'empara rapidement. Un moment il eut l'impression d'être observé. C'était très certainement son imagination, et toutes les histoires que ses amis lui avaient racontées ce soir.

Mais l'impression s'accentuait. Son cœur se mit à battre plus fort. Il ressentait le froid de la nuit sur son front en sueur.


Il repassa difficilement par l'ouverture de la porte, et au moment de la franchir quelque chose le tira par le bas du manteau. Il voulut courir, mais il n'arrivait pas à échapper à cette force qui le retenait. Il lui sembla entrevoir derrière lui des mains décharnées agrippées à son manteau. Il se sentit défaillir. Une douleur atroce lui poignarda la poitrine. Ses tempes allaient exploser. Puis ce fut le trou noir.

A minuit et demi, ne voyant pas revenir Jeannot, ses amis partirent à sa recherche, avec quelques autres hommes.

Il le trouvèrent allongé devant la porte du tombeau, mort, les yeux grand ouverts par l'épouvante, le bas du manteau accroché à un gros clou de la porte.

Carlu B.



              



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Torna altri rumpistacchi chì ci impuzzicanu incù i so testi, vulendu propiu esse letti per sperà ottene una qualunque gloria ch'elli ùn anu micca in a so vita viota è senza intaressu. Bon... forze chì ghje vera. Ma ci n'impippimu. È pò, a mi diciarete, bloghi litterarii, nant'à a tela, è sopra tuttu nant'à a tela corsa, ci n'hè ghjà à buzzeffa ! Tanti scrivanetti pumposi ! È bè tantu peghju ! O tantu megliu ! Hè solu una vitrina di più per fà scopre qualchi testi scritti, senza pritenzione, incù u core, incù e trippe, o incù e viscere chì vi cunveneranu...