Bloggu litterariu corsu

u 26 di Nuvembre 2013 - scrittu dà - lettu 307 volte

Le miracle


Marie a cessé de se pâmer. Voilà. Fini.

Elle a cessé de se pâmer le jour où, petit soldat courageux, elle a décidé de ne plus chercher à comprendre. Elle n’a plus voulu s’abîmer dans les affres et les détours du processus de compréhension.
Chercher à comprendre Benjamin… L’appréhender dans sa complexité. Accepter les colères homériques de Benjamin. Expliquer ses silences butés. Exprimer une ironie feinte pour se défendre de sa prose assassine. Sourire à ses retours flamboyants puis se frayer à nouveau un dernier chemin ténu, tortueux, immensément douloureux, à travers les opacités de son silence.

Chercher à comprendre Benjamin… Autant se griffer aux buissons vénéneux, se déchirer aux épines, grimper aux troncs des acacias au crépuscule, peau nue et visage offert. Belles estafilades que celles gravées dans sa chair, par cet enchevêtrement de ronces. Zébrures incarnates sur peau blafarde. Marie porte ses cicatrices comme des étendards.

De la pâmoison, elle a adoré les vertiges. Marie ne se pâme plus. Ainsi, en a-t-elle décidé.

Un jour, Marie a choisi d'emprunter une petite route pavée, douce aux pieds. Bien moins fascinante, cette route, dans ce qu'elle propose à la voyageuse, mais tellement plus lisse aux pieds! Marie vient de s’extraire du gouffre amer d’un chagrin d’amour. Vous comprenez ? Un cha-grin-da-mour.

Tête haute, petit menton levé vers le soleil, elle imprime aux pavés de Paris les rythmes de sa marche triomphante : « Tac, tac, tac, tac… ». Marche victorieuse, cadence entêtante, balancement du corps, jeu des jambes, écharpe au vent, joues rougies par le froid, lèvres étirant un long sourire. Pour un peu, Marie serait capable de serrer chaque passant dans ses bras et de lui hurler, dans un rire : « Liberté ! ». « Libérée » se répète Marie, « je suis libérée ! ». Elle presse le pas, frôlant dans sa course folle, quelques hommes, ahuris devant tant d’énergie et d’aplomb. Elle s’octroie la rue, Marie. Les boulevards sont à elle. La ville, son terrain de jeu. Ne vous avisez surtout pas d’entraver son chemin, elle vous écraserait d’un coup de talon aiguille. Elle vous assassinerait d’un sourire.

Marie renaît. Marie respire. Marie se repaît de nourriture. Marie dort comme un enfant. Marie rit aux éclats. Marie danse aux sons des musiques entêtantes. Marie chante à tue-tête. Marie écoute. Marie voit. Marie parle. Marie savoure. Marie désire.
Marie est guérie.

Du plus profond de ses entrailles irisées, Marie sent poindre le regain de vie, comme un long et puissant serpent qui dénouerait ses anneaux. Ô joie ! Marie veut ! Marie s’anime ! Marie trépigne ! Des longs sanglots liquides il n’en est plus question. De ce cœur qui se tordait par saccades furieuses, elle ne veut plus que le doux battement.

Marie sourit. La fin de la souffrance tient du miracle.
Le miracle


              



Dà leghje dinù

Mambo Italiano - 01/11/2017

Pace hè pace - 13/07/2017

Le miroir - 13/04/2017

Barbares - 29/03/2017

La chasseresse - 03/01/2017

Voile de soie - 18/06/2016

Stronzu Maé - 02/05/2016

Amour dévidé - 17/04/2016

Pour le bien de tous - 27/03/2016

Un train vers le sud - 17/03/2016

Passé antérieur - 27/12/2015

Scalpel - 14/07/2015

Trader démasqué - 27/11/2014

La guerre du Brocciu - 25/11/2014

Offrande - 10/10/2014

Sammy Lebienheureux - 12/07/2014

La mort de Thérèse - 13/06/2014

La répétition - 29/05/2014

Gentleman driver - 28/05/2014

1 2 3

Negru | Rossu | Biancu | Ghjallu | Critica | Feuilleton




Anima Cappiata !

Torna altri rumpistacchi chì ci impuzzicanu incù i so testi, vulendu propiu esse letti per sperà ottene una qualunque gloria ch'elli ùn anu micca in a so vita viota è senza intaressu. Bon... forze chì ghje vera. Ma ci n'impippimu. È pò, a mi diciarete, bloghi litterarii, nant'à a tela, è sopra tuttu nant'à a tela corsa, ci n'hè ghjà à buzzeffa ! Tanti scrivanetti pumposi ! È bè tantu peghju ! O tantu megliu ! Hè solu una vitrina di più per fà scopre qualchi testi scritti, senza pritenzione, incù u core, incù e trippe, o incù e viscere chì vi cunveneranu...