Bloggu litterariu corsu

u 24 di Maghju 2015 - scrittu dà - lettu 414 volte

La jeune fille et l’oiseau


La jeune fille regarda son petit ventre rond. Mais elle ne se souvenait plus trop de ce qui était arrivé. Il y avait bien ce brave homme qui la soutenait de tout son amour, mais il n’avait strictement rien à voir avec cette histoire. C’était plus compliqué. Bien plus compliqué. Et tellement fascinant que personne ne pourrait jamais la croire. Inévitablement, ses amies se moqueraient. Peut-être même serait-elle chassée. C’est qu’elle était de bonne famille, de trop bonne réputation. Ses parents respectables et respectés. Son père, surtout, juste et généreux, et tellement en admiration devant sa fille chérie. Jamais il n’aurait pu imaginer pareille chose.
Elle sentit le bébé bouger et se dit qu’elle commençait vraiment à le prendre en affection. Jusque-là, ça n’avait pas vraiment été le cas. Trop d’ombres. Trop de mystère. Trop d’incrédulité. Elle ne savait encore rien de lui mais pourtant pressentait qu’il connaîtrait un destin unique. Sans doute parce qu’elle avait le sentiment qu’il était à la fois léger comme la plume et lourd comme le malheur. Ce qui la fit trembler.
Elle était bien jeune. Et jolie, sans en tirer prétention ni chercher le compliment. Ses préoccupations étaient tout autres. Par exemple, interroger les étoiles pour y discerner le destin des hommes et celui de Dieu qu’elle se représentait à sa façon. Celle d’un oiseau gigantesque qui vient parfois vous frôler la joue lorsque c’est le moment. Un moment de grâce et de piété.
Elle se souvint. Ce qu’elle avait pris pour un souffle court qui l’avait surprise dans son sommeil il y a quatre mois n’était autre que cette caresse de l’oiseau. Pas celle d’une ordure qui aurait abusé de sa candeur. Et puis, il y avait eu cette parole murmurée : "Réjouis-toi". Jamais un homme méprisable n’aurait pu dire cela. A moins d’être le plus pervers des pervers, le plus tortionnaire des tortionnaires.
La jeune fille entonna un chant. Elle l’avait entendu à la lisière du désert, dans un campement de nomades. Là, au comble d’une chaleur infernale, une femme cherchait à endormir son enfant qui semblait agité. Il se calma immédiatement. La voix de sa mère était de celles qui font s’interroger sur la présence ou non de Dieu ici-bas et sur ceux qu’il aurait choisis. A n’en pas douter, cette personne était bénie.
Le bébé cessa ses ruades. Lui aussi cédait à la mélodie dont il s’abreuvait certainement jusqu’à y puiser toute science et tout savoir, ce qui aurait don d’étonner un jour les plus savants. Il ne pouvait rêver meilleure nourriture ni meilleure femme pour la porter et lui transmettre. Pour accepter aussi sans gémir la douleur infinie des contraires, donner la vie en même temps que la mort inéluctable et suppliciée. Non pas l’enfant mort-né, comme souvent en ce temps et ce pays, mais l’enfant mort à naître lorsque tout serait accompli.
Maryam se mit à pleurer. Elle venait de comprendre enfin pourquoi elle avait vu l’oiseau.
 
Je n'ai pas réussi à retrouver la source de cette image. Si quelqu'un la connaît, merci de m'en faire part. PFCO.
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