Bloggu litterariu corsu

u 22 d'Utrovi 2013 - scrittu dà - lettu 104 volte

La grotte


La grotte
Organes, on en sert, rite parcimonieux, trafic estampillé – officiel.
Il suffit d’un peu de cire pour transformer une piquette en vin bouché.
Plaques immobiles – destins gélatineux – myriades de solitudes effritées – pailles aspirantes enrichissantes au possible, les autres – peaux cibles, pauvres désossés…
 
Peter a 25 ans, il est hors-cadre, inclassable… Une intelligence ébouriffante, il va au cœur des choses et des faits, sans ambages, son analyse est juste et implacable, sans (léchage de cul) diplomatie préalable.
Géopolitique et géostratégie plombent ses idéaux.
Il a choisi de vivre seul et encaverné, lui l’autiste, fabriquant lui-même ses capteurs solaires… Avec son ordinateur il va où il veut, il recadre poliment les déviants, comme cette société pharmaceutique diffusant de l’AZT.
Mail :
« … Pourquoi vous obstiner à donner sciemment la mort ? Les séropositifs de tous poils et de tous lieux vivent très bien – avant vos traitements de choc, vous savez que l’AZT (sortie des placards après l’échec initial, ce "remède" créé pour soigner le cancer s’étant avéré extrêmement dangereux) est la garantie d’une mort anticipée dans la souffrance, mais vous ne serez donc jamais rassasiés d’argent… »
 
Peter va chercher son alimentation à la source, en communion avec la nature… Champignons il est preneur, racines et herbes aussi, poissons, cerfs et oiseaux par ici…
Eau fraîche à volonté, avec les cactus il fabrique son eau de vie, pour les temps froids et ses voyages…
Les rochers ont des facettes et des arêtes nettes, des buissons bas, des arbres écorchés, du vent faisant tourbillonner la poussière… univers.
Sa grotte est coquette, bon système de literie, bois tressés sur plusieurs couches, posés sur pneus, paille, peaux de cerfs cousues au-dessus, couette épaisse ; plaques à induction, grand écran plat avec accès à plus de mille chaînes, clim, cafetière…
Il a envie de manger au lit, le vent hurle, la pluie est forte et oblique, sa grotte est fermée, dalles rocheuses-invisibilité…
Quel couteau, moins cher qu’un I Phone mais bien plus utile pour lui, découpage de viande séchée, champignons conservés dans l’huile… Feu bienfaiteur – café à suivre… Il pousse un cri de joie – il se sent si bien tout à coup…
 
Débat télévisé où ça argumente au sujet du droit d’ingérence, ça omet de parler de la spoliation des ressources des pays maintenus en encéphalogramme plat, pauvreté crasse, morbide. Les pauvres des pays occidentaux sont obèses, les autres sont osseux, miroirs de la mort, un souffle en plus…
Peter pénètre dans les arcanes du site ultra sécurisé de la défense américaine, il leur chante quelques vérités malvenues…
Columbo et il retrouve une mine d’enfant, un sorbet maison pour tout magnifier. Dorénavant, les autorités traquent ce terroriste ennemi public numéro 1 (puisqu’il dit la vérité) ; cet intrusif, qui est-il ? Il faut le châtier en l’é-li-mi-nant, point…
 
Autiste-génial, indécelable, il connaît toutes les procédures pour l’être, mieux, il en invente.
Ayant accès aux dossiers "Secret Défense", il les diffuse abondement… Il met en exergue les manipulations des cyniques à sang de serpent ; comment ils renversent des états et comment ils sèment misère et mort – comment ils diffusent des médicaments dignes des pires poisons ; belle saloperie, et les peuples biens nés sont enfumés par les médias…
Peter veut juste être un prophète, vecteur de vérité, faisant cela il n’attend ni gloire ni avantages, il veut que les gens soient informés.
Qu’ils sachent pourquoi des pays sont maintenus volontairement dans la misère, la famine – pourquoi quelques personnes détiennent plus de la moitié des richesses du monde, il donne des noms et des faits – politiques – élites – placés aux sommets des pyramides lobbyistes – trafiques – corruption – massacres…
Il éveille les consciences et met un nom sur la colère… La cellule de crise créée pour mettre ce "terroriste" hors d’état de nuire, travail sur le profil du suspect – des experts définissent qu’il s’agit certainement d’un génie autiste – d’une catégorie extrêmement dangereuse – une naïveté enfantine lui faisant toujours dire la vérité, incorruptible, et du génie mis au service du bien (rare et nocif).
 
Peter part faire du canoë, descendre la rivière sauvage dans la nuit. En un coup d’œil il compte les étoiles, calcul leurs diamètres, il sait où tel ours ou tel félin peut croiser son chemin, alors il a toujours un coup d’avance.
Il se repère aux lueurs lunaires, à leurs reflets sur l’eau, les rochers, les végétaux; faire corps avec la nature le rend euphorique… Son cerveau pourrait réorganiser le monde et l’équilibrer, et il est incapable de se mettre en situation d’échanger avec une personne réelle…
Il rêve à l’inaccessible amour, croiser le regard d’une femme qui le comprenne, ici, au fond de la rivière…
La descente est rapide mais il voit le spectre lumineux pourtant invisible des âmes qui ont vécu tout autour.
Au loin la cascade, 200 mètres de hauteur, il entend très nettement la douce voix de sa mère :
« Viens avec moi mon fils ! Personne ne peut te comprendre ici. Ça fait si longtemps que je t’attends… »
Peter ne se sent pas d’aller prématurément à la mort, il lui en faut du courage pour rester ; il sort de la rivière en pleurant…
 
Dans la grotte le feu crépite, séchant ses habits et ses larmes.
Il capte des ondes paléo-indiennes désirables, l’amour vécut ici même, dans cette grotte, les lueurs passent de l’orangé, au Syène, au bleu chaud, selon l’arrivée d’enfants et de bonheur dans les familles – plusieurs membres de la tribu assis en rond autour du feu, l’hôte se lève :
« Grouwànch trõblitch virtiûm ōmōtch intch, Grouwànch djūrtch ōmōtch vitātch virtiûm ãmankãtch… »
Peter sourit, évidemment il a déjà compris cette langue :
« Si tu veux aider un homme à manger un jour, donne lui une tranche de mammouth, si tu veux l’aider à manger toute sa vie, apprends lui à chasser… »
 
Un moment de grâce comme lui seul peut en vivre, et ça, ça vaut le coup et il le sait, cela allège sa solitude, comme le fait d’être un électron libre n’attendant rien de personne, totalement indépendant, il pense souvent :
« Je peux être fier comme un inuit. »
Il aime les écueils aux quatre coins du monde, comme ces rares peuples hors-système, hors consumérisme, il craint pour leur longévité.
Il sait que partager la misère la multiplie d’autant.
Il n’a pas de chien ? Si, Dick, qui le regardait avec des yeux pleins de reconnaissance, sans aucun jugement, il voulait lui faire plaisir.
La perte de Dick, un autre drame fondateur, il sait ne pas être dieu, mais Dick revient régulièrement de l’au-delà.
Cette toile tissée sur un mauvais destin sans cesse réécrit il la détricote, ses sens lui font voir au-dessus de cette frigidité fatale, il lui manque l’amour, malgré son génie non consensuel, il reste un homme ramené à ses instincts.
Et ça, tous les experts du camp adverse, mentalistes, psys, médiums (dont les femmes donnent un nom à leurs nichons), ont flairé le bon angle d’attaque…
 
Les papillons battent l’air de leurs ailerons…
Pinacle, mousse à raser moustache oubliée…
Firmament, suite brutalement interrompue de laines polaires au goût de saccharose…
Foutre ses doigts dans 37.2 positivement conscient…
Fouiner aux étals sans conservateurs, de gros anchois dans de l’huile pressée à la force des bras…
 
Seul un angle d’attaque bien précis le fera mordre à l’appât, une déesse virtuellement authentique, un stimulus aux esquisses de son imaginaire, pour un macaque ce serait une machette à découper de bons fruits !
L’inverse d’une stripteaseuse fière d’elle, ou l’égal d’un syrrhapte asexuée, peu importe.
C’est pas parce qu’on porte une chemise hawaïenne qu’on est festif.
La fille en question a des yeux en réponses, des yeux où coulent les affluents sauvages, mais que viendraient foutre des élections ici ?
Ils l’insèrent dans son monde virtuel, comme une sœur de combat…
Les marionnettistes ne sont pas moins de dix experts pour perforer l’affect de Peter, ça les passionne, ils en oublient leurs maîtresses putains. Leur stratégie est de faire passer l’appât virtuel pour une intrusive révolutionnaire ayant les mêmes desseins que lui. Le but est de le faire craquer, et le localiser.
 
Il la matérialise avec des seins en poires, tendus, prêts à être goûtés jusqu’à la pulpe. Il veut fourrer son épée dans son écrin, il pense que leurs notes sexuelles joueront du Beethoven. Avec elle il lui semble qu’il aura tout ce dont il rêve, son cœur s’embrase- il chevauche un pur-sang, des chiens gris le suivent, les ours font une haie d’honneur, il accueil un bouc émissaire et libère celui qui devait être égorgé…
Leurs échanges sont de plus en plus enflammés, elle propose qu’ils se voient en webcam puis en chair et en os…
Tchat :
Étna :
« Je n’en peux plus de t’attendre, il faut lier nos destins au plus vite, colorer un univers conjugué à deux et retracer les contours du monde. J’ai un string rouge… »
Le cœur de Peter n’est pas loin d’exploser, accessoirement il pense jeter le dessous rouge, dans la nuit, " String erre in the night" exchanging glances
Wond’ring in the night
What were the chances we’d be sharing love
Before the night was through.
 
 
Le sort en est jeté, tout ce qui va suivre est désormais inexorable. Peter s’apprête à recevoir la femme de sa vie… Les services gouvernementaux s’apprêtent à le cueillir, l’utiliser pour renforcer leur système de défense informatique, lui faire subir une lobotomie, puis le foutre dans un mouroir.
La tanière de l’ennemi public numéro 1 est repérée, des commandos des services secrets encerclent les lieux.
Les commanditaires, dont le secrétaire de la défense des USA, suivent les événements devant leurs écrans.
Étna apparaît près de la source, Peter sent le poids du bonheur l’envelopper, à travers ses yeux humides il voit briller sa déesse…
Le temps s’égraine, les soldats encagoulés pénètrent l’habitation…
Les armes sont pointées sur les amants… Stupeur au sommet…La femme du secrétaire de la défense se fait sauter par un de ses gardes du corps… À des milliers de kilomètres de là Peter et Étna éblouis de bonheur font l’amour… Dans le même temps plusieurs médias du monde entier reçoivent les images des ébats de la femme du secrétaire de la défense + l’intervention commando + la réaction du ministre + des informations qui vont mettre le pouvoir à terre…


              



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Torna altri rumpistacchi chì ci impuzzicanu incù i so testi, vulendu propiu esse letti per sperà ottene una qualunque gloria ch'elli ùn anu micca in a so vita viota è senza intaressu. Bon... forze chì ghje vera. Ma ci n'impippimu. È pò, a mi diciarete, bloghi litterarii, nant'à a tela, è sopra tuttu nant'à a tela corsa, ci n'hè ghjà à buzzeffa ! Tanti scrivanetti pumposi ! È bè tantu peghju ! O tantu megliu ! Hè solu una vitrina di più per fà scopre qualchi testi scritti, senza pritenzione, incù u core, incù e trippe, o incù e viscere chì vi cunveneranu...