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l'8 di Marzu 2014 - scrittu dà - lettu 260 volte

La femme de mes amis


La femme de mes amis
Le premier que j’ai tué se nommait Frédéric Dieu, cela ne s’invente pas, comme on dit. Il était l’amant de Sophie dont j’étais devenu amoureux après avoir dansé avec elle une fois seulement. Elle était très séduisante, elle le savait, et se collait contre le corps de son partenaire.
Je lui avais demandé :
 - Tu ne veux pas que nous sortions ensemble ?
 - Je suis fidèle, Pierre. C’est avec Frédo que je sors.
 
Le jour des funérailles de Frédéric, nous étions quelques uns à être présents autour de sa tombe. Lorsque les autres sont partis, Sophie et moi sommes retournés directement chez elle. Elle était nerveuse : une vraie pile électrique. Elle n’a retrouvé sa sérénité qu’après que nous nous soyons aimés. C’est vrai, la mort est un aphrodisiaque puissant. Peut être le plus puissant. Ils le savent ceux qui ont pour maîtresse une veuve récente.
Peu à peu je me suis détaché d’elle. Je dois le reconnaitre, les jolies femmes m’excitent lorsqu’elles sont l’épouse ou la maîtresse d’un autre. Celles de mes amis de préférence. Je ne comprends jamais ce qu’elles peuvent leur trouver.
Le second à mourir, ce fut Richard, un ancien condisciple. Très ambitieux, il avait épousé Colette la fille d’un industriel dont il était devenu l’un des collaborateurs. Elle s’en était rendu compte très rapidement.
Elle m’avait dit un soir :
 - Il coucherait avec son patron si ça pouvait aider à sa carrière.
 - Et avec toi ?
 - Lorsque ça se trouve.
 - Et qu’est-ce qu’il trouve quand ça se trouve ?
J’avais trop bu peut être. J’avais les yeux fixés sur sa poitrine. Elle avait trop bu elle aussi. C’est l’excuse que chacun de nous avança.
 
La mort tragique de Richard l’avait bouleversée. Un banal accident de voiture.
 - Tu te rends compte, Pierre. Une voiture l’a renversé dans une rue déserte. La police ne m’en a avertie que le lendemain matin.
 - Tu n’avais pas été surprise par son absence ?
 - Cela lui arrivait, parfois. Oh, Pierre !
Elle s’est blottie contre moi. Elle pleurait tandis que je lui entourais les épaules.
 - C’était atroce. J’en tremble encore.
En effet, elle tremblait encore et pour la calmer, je lui ai dit en mettant la main sur sa poitrine :
 - Laisse-toi aller contre ma poitrine, Colette. Pleure si tu en ressens le besoin.
 
Elle est restée veuve durant un an. Le temps de faire son deuil comme il est convenable de le faire. En tant qu’ami de Richard, ma présence ne surprenait personne, je luis servais de garant.
Nous étions sept amis qui durant notre adolescence avions été amis ou amoureux de sept filles du Lycée des filles. Certains d’entre nous en avaient épousées mais pas nécessairement celle dont ils avaient été amoureux à l’époque. Moi je n’avais jamais pu me décider à conclure. Parce que j’étais célibataire, c’est à moi que les épouses se confiaient.
Il y avait à quelques kilomètres d’ici une maison où se rendaient les messieurs en état de manque. Je précise : manques sexuels. Je m’y suis rendu un soir afin de ne plus tromper mes amis pour satisfaire mes pulsions. Ce fut un désastre.
 - Ce sont des choses qui arrivent plus souvent que tu ne l’imagines. Va, rentre chez toi. Ta bourgeoise s’occupera de toi bien mieux que je ne pourrais le faire.
 
La tenancière de la maison avait eu plein d’attentions à mon égard. J’étais sûr qu’elle me parlait d’expérience mais je n’avais pas de bourgeoise et je ne manquais pas de moyens non plus. Malheureusement, et cela me peinait pour eux, je ne désirais que la femme de mes amis. Et seulement lorsque mes amis n’étaient plus. Hélas, peut être que de les tuer m’excitait également ? Ou davantage que leurs compagnes.
Tuer comme je le faisais exigeait de la réflexion, de la préparation et beaucoup d’intelligence. Ceux qui ont déjà tué pourraient en témoigner.
Au plaisir des sens cela ajoutait un zeste d’adrénaline qui comblait le couple que nous formions dès le lendemain des funérailles. Je n’en ai jamais dévoilé la raison à mes maîtresses successives. Cependant, je savais l’attraction que peut exercer sur certaines femmes la partie la plus obscure de nous-mêmes.
 
Après la femme de Richard, ce fût Evelyne. Celle que nous avions baptisée la « nunuche ». Elle ne l’était pas autant que la plupart d’entre nous le prétendaient. A voir le visage creusé de son mari, mon ami Jacques, à l’heure où les citoyens normaux se rendent au bureau, on pouvait imaginer que ses nuits n’étaient pas destinées au sommeil pour se remettre des fatigues du jour. C’est durant le jour au contraire qu’il se remettait au bureau des fatigues de la nuit.
Après avoir bu un certain nombre de bières avant de rentrer chez lui, Richard s’était égaré sur un des quais du fleuve et, la tête la première, il était tombé à l’eau. Evelyne comme Sophie et Colette devint veuve beaucoup trop jeune. A croire qu’une malédiction frappait les anciennes élèves du Lycée.
Elle se laissa conquérir par moi une semaine après la mort de Jacques. De devenir la maîtresse d’un des plus anciens amis de son mari la soulageait. Elle avait le sentiment de lui rester fidèle. D’Evelyne aussi, je me suis détaché.
 
Ces femmes si proches à la fois de mes amis et de moi auraient pu constituer un club intime où elles auraient parlé de moi et de leur époux décédé. Elles ont préféré garder leur secret. Au-delà de l’amitié qu’elles se portaient, chacune pouvait penser que son secret était le plus précieux.
Je l’avoue, j’étais déçu de ne pas être reconnu comme l’amant de ces femmes si sages du temps de leur mari. Pourquoi ne pas le dire, j’étais déçu tout autant sinon plus, de ne pas être reconnu comme celui qui avait fait disparaitre leurs mari. Cocufier quelqu’un, c’est bien, cela vous valorise auprès des dames, le tuer froidement est autrement méritoire.
Je m’en persuadais chaque jour davantage, je voulais laisser une trace qui ne soit pas clandestine.
 
Restait à choisir ma future maîtresse et l’épouse d’un mari qui la laisserait éplorée à mes bons soins.
 - J’ai besoin de le dire, Pierre. Je n’en ai plus pour longtemps. Je ne peux pas le dire à Louise. J’ai besoin d’en parler.
René et moi étions assis au fond de la salle du Réjane, une taverne que nous fréquentions déjà du temps de nos études. René était atteint d’une maladie insidieuse et fatale.
 - Tu la connais, Louise. Elle ne peut pas rester seule ne serait-ce qu’une nuit : elle a peur. Elle ne sait pas de quoi mais elle a peur. Dans quelles mains va-t-elle tomber ? Promet-moi de t’occuper d’elle. Elle est belle et bien faite, tu n’auras pas à le regretter.
 - Je te le promets René.
Honnêtement, je ne pouvais pas refuser. Mais ça ne résolvait pas mon problème. Au décès de René, à l’aide de ses précieux conseils, je devins très vite l’amant de sa veuve. Tout se passa très bien entre nous mais j’étais frustré. Il me manquait le plaisir de tuer le mari ou l’amant de ma maîtresse.
Parmi mes amis restants, on se douta bientôt qu’une étrange relation se constituait dès les premiers jours de leur veuvage entre de jeunes veuves, que leur mari et ami venait de quitter définitivement, et moi. Malgré une amitié de toujours, nos liens devenaient plus distants. Lorsque nous nous rencontrions, ils regardaient tour à tour leur femme et moi.
Eux exceptés, personne ne parlait de moi. Le journal local, c’est de mes amis qu’il disait quelques mots dans la page consacrée aux notices nécrologiques. Alors que moi, j’en avais de plus en plus conscience, c’est en première page que je souhaitais figurer. Le texte, accompagné d’une photo, je l’aurais volontiers rédigé moi-même. Les lecteurs, et les journalistes, sont ce qu’ils sont. Il leur fallait un mort plus spectaculaire.
 
La psychologie d’un serial killer, c’est dans ce constat qu’il faut le rechercher. Ce n’est pas romantique, peut-être, mais c’est humain. Je décidai d’agir.
La femme d’Edgar, le seul de nos amis qui avait mal tourné, était une vraie beauté. Elle était fascinée par le monde de la nuit. Pour elle, je me mis à fréquenter les endroits louches, il en existe dans toutes les villes. Edgard, enchanté de ce que un de ses condisciples ait des goûts similaires aux siens m’invitait aux parties qu’ils étaient deux, sa femme et lui, à apprécier sans fausse pudeur.
Je ferais d’une pierre deux coups, pensais-je. L’éliminer et faire œuvre pie.
Une nuit, et sous les yeux de sa femme, je lui plantai un couteau dans le dos. Cécile se mit à crier, elle fuyait en criant, tandis que j’attendais la police.
 
J’avais vu juste. Le quotidien local me consacra une page entière le lendemain puis durant de nombreux jours une ou deux colonnes surmontées d’une photo.
Aux assises, les femmes dont j’avais occis le mari étaient là. Chacune de ces femmes qui avaient été, faut-il le dire, mes amies avant d’avoir été mes maitresses, était persuadée que quoi que je dise, c’est pour chacune d’elle que j’avais tué. Mu par un élan irrépressible.
Nul ne devrait dévier de sa nature. J’ai été condamné mais j’avais l’âme en paix…


              



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